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 Transition ( One Post RP )

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Corwin Egnis
Serdaigle
Serdaigle
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Capacités Spéciales : Emphrépathie noire - Force Accrue - Métamorphose Démon Sentinelle - Aura d'intimidation - Immunité au feu - Charme Oral
Créature : Démon Hybride
Date d'inscription : 11/03/2011

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MessageSujet: Transition ( One Post RP )   Lun 8 Aoû - 18:20

Une goutte. Deux gouttes. Et leurs sœurs suivent par milliers, bruissement fin, rideau mouillé couvrant les alentours. Quelques rayons viennent à passer au travers des entités liquides, créant des reflets multicolores et enjoués. Elles glissent le long des feuilles, s’éparpillant dans les amas feuillus, et dégringolant comme une représentation miniature de cascades. C’est un clapotement fin, minuscules et fugaces clochettes.


La bruine sonne la fin de l’année au château, et il est temps à présent pour chacun de rejoindre les siens.



*


L’enceinte de l’école était emplie de voix pour la dernière fois avant la prochaine rentrée. Chacun allait et venait, préparant ses affaires, rassemblant ses derniers effets avant le retour en famille. La joie des retrouvailles, et la petite peine des séparations emplissaient l’atmosphère, et lui confiait une légèreté trop peu présente ces dernières semaines.
Les embrassades fusaient de-ci de-là, chargeant l’air d’émotions, notes de couleurs fulgurantes, qui laisseraient une fois de plus, des marques joyeuses dans les pierres du château, et qui résonneraient encore après leur départ.

Une lumière claire et pure baignait les frondaisons aux alentours, et venait frapper doucement les vitraux colorés. Les rayons matinaux répandaient une chaleur agréable, et un petit vent tiède passait de temps à autre dans les chevelures.
Certains improvisaient un dernier chant sous un arbre du parc, dernière manifestation de leur plaisir avant de rejoindre le quai. Les applaudissements et les cris d’exaltation retentirent suite au concert final, et l’avancée le long des jardins débuta, les élèves s’écartant peu à peu des larges murs de pierre.
Tous s’avançaient, lentement mais sûrement, vers les abords du train, s‘étreignant les uns les autres. Et la montée commença, chaque élève grimpant tour à tour dans les wagons, colorés de rouge et de noir. Ce petit manège devenu rituel, et qui était observé non loin de là.

Il se tenait à quelques mètres, sous le couvert d’un haut buisson. Il avait troqué le costume d’élève contre un jean délavé et un t-shirt noir. La tête baissée, toutes les émotions débordantes du train lui submergeaient violemment ce qui lui restait de cœur. Il perdait le fil du temps, et n’était plus qu’une ombre parmi ses congénères. Une ombre bien faible.
Deux semaines avaient passé depuis la mort, la renaissance, et la perte de nouveau. A se demander s’il en supporterait davantage. Son esprit et son corps portaient déjà les stigmates de tout ce qu’il avait vécu. Plus que de raison pour un garçon de cet âge.


Décide-toi…

Il leva un pied. Puis l’autre. Et il finit, lui aussi, par se mettre en marche, se rapprochant peu à peu des autres, pour la plupart déjà installés confortablement. Gagnant l’une des portières, on le bouscula… aucune excuse. Les traits crispés, il renifla et monta dans le train, veste à la main. Par précaution, son esprit se ferma sans attendre. Du doigt, il souleva le loquet. Une fois encore, tous les regards s’étaient tournés vers lui. Les traits de bonheur s’étaient effacés à son approche, laissant place à des visages durs, et dégoûtés de le voir.
Traversant l’allée pourpre et dorée, il ignora tant bien que mal les injures, les menaces, et chacun des mots blessants lancés à son égard. Dorénavant, il n’était pour eux qu’une immondice, digne des geôles horribles et glacées d’Azkaban. Il ne représentait plus rien, si ce n’était l’ignominie. L’image du garçon bon et serviable s’était écroulée comme un château de cartes, envolée, oubliée par chacun.
Il baissa les yeux, ne cherchant nullement à défier qui que ce soit. Lui se savait innocent, et tant que cette certitude demeurerait ancrée en lui, il garderait le contrôle face aux multiples attaques .

Au fond du wagon, se trouvait une banquette libre. En le voyant approcher, certains élèves avaient délaissé leur siège, préférant ne pas se trouver aussi près de lui. Il balança sa veste sur le dossier voisin, et s’écroula sur le siège côté fenêtre, le regard vague. Ses pensées vagabondèrent un instant, revenant sur sa scolarité déjà effectuée à Poudlard; en y repensant, cette année était pour lui la meilleure, mais aussi la pire de toutes.

Le sifflet retentit. La carcasse métallique s‘ébranla.

Quelques applaudissements et cris d’enthousiasme retentirent, et les conversations reprirent bon train. L’excitation demeurait à son comble, et il en eut les larmes aux yeux. Quelques regards se tournaient parfois dans sa direction, mais l‘évitaient tout aussi rapidement.
Peu désireux d’écouter les futilités de ses voisins, le Serdaigle se replongea dans ses pensées. Les toits de l’école restèrent en vue un instant, pour finalement disparaître derrière les pointes sylvestres. Des panaches de fumée blanche troublèrent un instant la vision des espaces verdoyants. Les volutes se dispersèrent, et un nouveau reflet vint troubler la clarté de la vitre. Une voix enfantine et haut perchée s’éleva derrière lui:


- Tu aimerais être comme elle, n‘est-ce pas… - il se tourna - …Corwin?

Elle avait ramassé ses longs cheveux bruns en un chignon serré, et avait passé une robe fine, élégante sans être trop sérieuse. Elle était petite, mais ses yeux trahissaient une maturité bien plus avancée que ne le laissait deviner son visage poupin. Le Serdaigle l’observa un instant, les traits dénués d’expression, les yeux las.

- Peut-être bien Nowlee.

Se détournant, il se concentra de nouveau sur les paysages, la tête posée contre sa main droite, marmonnant.

- Peut-être bien…

Le reflet bougea, et il sentit la banquette s’affaisser légèrement.

- J’aimerais bien moi! N’avoir plus aucune consistance, aller au gré des vents… Tu ne trouverais pas ça chouette toi?

Corwin revint une nouvelle fois à la petite fille. Se raclant la gorge et se redressant, il lui adressa une esquisse de sourire.

- Je suppose que si.

Du coin de l’œil, il vit quelques regards tournés dans leur direction, choqués de constater qu’une des élèves osait venir lui parler. Mais une œillade de Nowlee les refroidit instantanément, les renvoyant à leurs discussions sans importance. Malgré son apparence enfantine, elle restait une personne dangereuse, et même si son , elle se révèlerait une adversaire des plus coriaces. Pour l’avoir vue à l’œuvre, Corwin savait de qui elle tenait ses ’’qualités’’.
Légèrement détendu par la présence de la petite, il se tourna complètement, face à son interlocutrice, et prit la parole.

- Tu ne voyages pas avec ta sœur?

Les deux grandes prunelles sombres et malignes le fixèrent un instant. Un petit rictus fendit le coin de ses lèvres.

- Elle martyrise une dernière fois les neuneus de Gryffondor avant l’arrivée du train.

Il pouffa. Il imaginait bien Atanys, se forçant à mettre toute son énergie dans des derniers efforts de fin d’année, avant de voir tout son gibier passer les portes des wagons, et fuir la semeuse de trouble ne serait-ce qu’un temps.

- J’aurais dû m’y attendre. Venant de sa part ce n’est pas très étonnant.

Il lui adressa un sourire taquin. Il avait l’impression de respirer un peu, de sortir de cette bulle dans laquelle il s’était lui-même enfermé, et que les autres élèves avaient contribué à façonner. Peu avaient cherché à lui parler, ni même à l’approcher ces derniers jours, malgré le fait que l’accusation dont il faisait l’objet n’était pas réellement concevable. Et surtout qu‘ils étaient revenus... tous les deux… en vie… l’un plus que l’autre tout du moins.

Tout a été si vite…

Il fut tiré de ses pensées par la voix de Nowlee.

- Alors, maman te prend avec nous ?

Corwin eut un instant de gêne. Se tortillant sur son siège, il acquiesça rapidement de la tête.

- Pourquoi est-ce que tu te stresses comme ça? C’est de savoir l’effet que tu vas lui faire avec tes habits?

- Qu…qu’est-ce que mes habits viennent faire là-dedans?

Décontenancé, il gardait cependant un sentiment d’angoisse. Il ne faisait aucunement confiance à tous les élèves qui les entouraient, et ne désirait pas qu’ils puissent entendre quoi que ce soit de ses projets.

- Bah c’est vrai que ça fait quand même un peu je-m’en-foutiste ton jean troué et ton vieux t-shirt, mais ne t’inquiètes pas! Ce n’est pas parce qu’elle est un ponte de la mode qu’elle va te sermonner!

- Euh…Nowlee, je ne pige rien de ce que tu me racontes.

Un rire aigrelet s’éleva, créant une nouvelle fois une vague de regards circonspects et abrutis.

- Tu comprendras bien assez tôt! En attendant, je vais te laisser. Il nous reste quand même encore un bout de temps avant d’arriver, et je ne comptais pas rester tout le voyage à tes côtés. Non pas que ton air de chien battu ne soit pas agréable, mais j’ai tout de même des amis moi!

Elle lui fit un petit clin d’œil, et en un dernier gloussement, détala rapidement du compartiment. Corwin sourit, puis alla se renfoncer dans son siège.

Elle est gentille finalement. Moi qui la prenais pour une timbrée… Et elle a les mêmes yeux que sa mère.

Il plaça sa veste sur sa tête, et s’endormit dans le brouhaha et le chuintement du train.


**


Ses paupières s’entrouvrirent, encore lourdes. La chaleur régnant sous le manteau l’étouffait à moitié, et le froid le mordit lorsqu’il s’en dépêtra. Il se secoua rapidement, sortant peu à peu de sa torpeur, et leva les yeux; le wagon était déjà vide. Il jeta un coup d’œil sur le quai. Personne.
Il y eut un grincement, et la porte du compartiment coulissa alors, passée par un amas de brume noire. Elle avança en sinuant, survolant les accoudoirs, pour venir se poser dans le siège d’en face, et demeurer à cette place.
Corwin cligna des yeux plusieurs fois; la forme était bien présente, semblant le fixer, malgré l’absence d‘yeux.

Un râle sourd émana soudain du corps vaporeux et étrange, et deux pointes blanches sortirent de celui-ci, longues et éclatantes. La chose se lança alors dans une danse reptilienne, serpentant vers lui, les deux crocs se balançant dans le même rythme. La tétanie s‘empara des membres du garçon, et tout aussi brusquement, les deux dagues fondirent sur sa gorge, et arrachèrent des morceaux de chair juteuse, allant se gorger bruyamment du torrent vineux s’écoulant des multiples déchirures. Et une voix d’outre-tombe résonna, pendant que les sucions s’amplifiaient.

Viens…Viens…

Les yeux du garçon se voilèrent. Il replongeait dans un sommeil profond. On tirait sur son épaule. Une gifle. Une autre. Les formes se brouillèrent.
Corwin ouvrit les yeux.


Sa joue lui chauffait. La lumière du wagon l’aveugla momentanément, créant une pellicule humide sur ses yeux. Réitérant ses clignements, il réussit finalement à distinguer les contours l’entourant. La foule des élèves était dispersée tout le long du quai, se mélangeant aux multiples parents et membres de leur famille. Les sièges semblaient tous délaissés. Il se retrouvait seul.
Craquant ses articulations dans un résonnement glauque, il se passa une main autour du cou, se remettant du cauchemar morbide. Quelques traces subsistaient encore à sa vue, prolongeant un moment de plus son malaise.


- Tu es dur à réveiller tu sais!

Corwin tourna la tête. Nowlee se trouvait de nouveau à sa gauche, une moue taquine dessinée sur ses traits. Il grogna, et bailla à s’en démettre la mâchoire.

- Une vraie bête! Tu baves aussi des fois?

Il sourit faiblement.

- Fais attention à ce que la bête ne veuille pas faire de toi son dessert!

- Ouah! Mais c’est qu’il ferait presque peur!

Elle lui tira la langue, et partit en sautillant d’un pied sur l’autre.

- Dépêches-toi ou maman ne va pas être contente!

Puis elle sortit.

Il s’étira une dernière fois, et finit par se lever, attrapant sa veste au passage. Le pas un peu balourd, il traversa l’allée centrale, passa la porte, et se retrouva sur le quai de la voie neuf trois quarts, au milieu des groupes qui n’étaient pas encore partis. Un petit vent frais acheva de le réveiller.
Passant son blouson, il prit la direction des tas de bagages. Sa valise était la dernière présente, trônant seule à côté du train. Des battements frénétiques se faisaient entendre de plus haut; quelques pigeons s’adonnaient à un vol collectif, avant d’aller se reposer sur le mur qu’ils avaient quitté.
Corwin les regarda un instant, puis attrapa sa valise et se retourna.
Un souffle vint lui lécher l’oreille, une voix suave et basse.


- Comme tu as l’air paisible quand tu dors.

Un frisson de plaisir et de ravissement le prit. Ses lèvres s’étendirent en un pâle sourire.

- Mon visage seulement.

Il se retourna. Comme à chaque fois, sa beauté glacée le frappa. Rehaussée par de grands talons, elle portait un fourreau noir, légèrement échancré à la jambe gauche. Le tissu, près du corps, laissait apparaître une taille fine, une allure svelte. De longs gants de cashmere recouvraient ses avant-bras, et ses cheveux, probablement ramenés en un chignon serré, étaient coiffés d’un chapeau sombre à larges bords, cachant une bonne moitié de son visage. Mais l’on pouvait tout de même voir un œil glacé, et une bouche, recouverte d’une fine couche d’un rouge cru. Il n’aurait su dire si elle souriait.

- Bonjour Ellana.

- Il est si bon que cela ce jour, Corwin?


Il resta interloqué. Elle lui avait parlé d’une voix neutre, et il ne s’attendait pas un tel accueil. Totalement refroidi, Corwin baissa légèrement la tête, affichant une moue contrite.

- Mais bonjour tout de même. Maintenant, dépêche-toi de ramasser tes affaires, je suis pressée.

Elle se retourna, et partit d’un pas vif vers l’enceinte de la gare. Nowlee se tenait déjà au côté d’un poteau, les lèvres bougeant toutes seules. A l’approche d’Ellana et du garçon, elle sourit de toutes ses dents.

- On y va?

- Oui Nowlee, nous y allons.

Le Serdaigle fronça les sourcils.

- Atanys ne vient pas avec nous?

- Elle a d’autres projets.


La Dame ne prit pas la peine de le regarder pour lui répondre. Corwin commençait à se sentir mal à l’aise; il ne savait plus de quelle manière se comporter face à elle. Quoi qu’il dise, elle demeurait froide, distante, plus qu’elle ne l’avait jamais été. Il avait bien pris conscience, au fur et à mesure de leurs rencontres que, finalement, il semblait peu lui importer. Cependant il avait pensé, non pas qu’il jouirait d’un certain statut vis-à-vis d’elle, mais tout du moins qu‘une sorte d‘«affection» s‘était tissée entre eux. Mais apparemment, il n’en était rien.
Il ravala la boule d’amertume ancrée en travers de sa gorge, et prit un visage et une voix vides d’expression.

- D’accord.

Ellana tendit ses bras de part et d’autre de son corps, paumes en arrière, comme pour leur donner la main. Nowlee s’en saisit sans attendre, au contraire du Serdaigle, demeurant coi devant cette invitation.

- Je t’ai déjà dit que je ne pouvais attendre Egnis. Alors arrête de rêvasser!

La remontrance eut l’effet d’une décharge, et il attrapa la main gantée dans la seconde.

L’instant d’après, ils se trouvaient tous les trois dans le centre ville. Les flux de londoniens ne tarissaient jamais, et tous semblaient s’être donnés le mot pour bousculer le plus de monde possible. Du lieu s’élevait une rumeur grondante, répandant flots de bruits, de moteurs vrombissant, de klaxons frénétiquement enclenchés, du bitume piétiné par les milliers de pas.
Sentant l’étreinte des doigts se relâcher, Corwin regarda tout autour de lui. Il était déjà venu quelques fois au cœur de Londres, mais son atmosphère lui pesait énormément, et le rapprochement dans une telle cohue l’avait, plus d’une fois, laissé le souffle court. Les hautes bâtisses les entouraient. Un martèlement insupportable lui parvînt à quelques mètres; le lapidaire s’enfonçait profondément dans le trottoir gémissant, et lui extorquait des bruits assourdissants.
Il sentit qu’on lui tirait sur la manche. Nowlee se tenait à son côté, seule.

- Tu viens?

Faisant un rapide tour d’horizon, Corwin prit une mine surprise.

- Mais où est ta mère?!

- Elle t’a dit plusieurs fois qu’elle était pressée! Elle ne reviendra pas avant deux ou trois jours. Je suis…

- QUOI??? Mais c’est quoi ce délire?!! Tu ne crois quand même pas que j’ai tout le temps devant moi?! Moi aussi je suis pressé figure-toi!!

- Ne me coupe pas la parole.

Le visage de Nowlee s’était glacé soudainement, sa voix devenue tranchante, sans appel.

- Ma mère a des choses plus urgentes à faire que de te trimballer d’un endroit à l’autre. Si tu veux te débrouiller tout seul, libre à toi de choisir. Pars maintenant si tu en as envie! On verra bien combien de temps tu mets pour arriver à destination! Je t’imagines déjà en train de chialer au fond d’un fossé! Tu peux donc te tirer tout de suite, ou alors, tu patientes deux, trois jours, en ayant la certitude d’arriver à bon port. Pigé?

- Mais…

- Il n’y a pas de « mais »! Qu’est-ce que tu crois?! Sous prétexte de retrouver ton James chéri il faudrait que l’on soit à ta botte? Tu peux toujours rêver! Les Slent ne se soumettent pas! Vas dire le contraire à ma mère, tu peux être sûre qu’elle se tapera une bonne crise de rires, et qu’elle t’embrochera aussi sec! Il va falloir que tu te plies aux ordres dorénavant, à commencer par les miens! Comme j’allais te le dire avant que tu ne me coupes, je suis responsable de ta personne, aussi larmoyante soit elle! Alors finies les jérémiades. J’ai été assez claire?

Durant toute sa tirade, Corwin était resté bouche bée. Tout penaud et abruti par cette correction verbale, il fit signe de son assentiment d’un hochet de la tête, et n’osa plus rien dire. Nowlee retrouva alors instantanément ce visage jovial qu’elle arborait le reste du temps, et lui fit un large sourire.

- Bien! On y va?

Elle passa la porte vitrée de l’immeuble juste derrière eux. Levant la tête, le Serdaigle put voir que l’endroit, devant lequel ils se trouvaient depuis le début, portait une enseigne monumentale, annonçant aux passants l’univers de la mode s‘y trouvant. Il tiqua en se rappelant ce que lui avait dit Nowlee.
Suivant ses pas, il traîna sa valise, et passa à son tour la large entrée du bâtiment. La petite brune l’attendait à quelques mètres, au centre de l’accueil.

- La société appartient à ma grand-mère! Et ma mère travaille avec elle! C’est joli, non? Suis-moi!

Toute excitée, elle prit la direction d’un ascenseur non loin, sautillant comme à son habitude, mains croisées dans le dos. Restant dans son sillage, Corwin regarda un peu plus attentivement le lieu dit: une armature métallique de haut en bas, le tout constellé de fenêtres aux reflets azurs. Le sol était composé de grandes dalles de marbre, et de longues banderoles pendaient du plafond, à l’effigie de modèles tous plus beaux les uns que les autres, et mettant en lumière les créations de la société.

- Allez! Tu auras tout le temps de visiter après!

Corwin pressa le pas, le bruit de sa valise résonnant derrière lui. Les hôtesses lui adressèrent un regard peu amène. Il courut presque pour la rejoindre dans l’ascenseur.

- C’est parti!

Nowlee enclencha un bouton, et la machine partit, dans des notes de musique classique. Après le savon qu’il s’était pris, le Serdaigle n’osait plus émettre une seule parole. Encore une facette de la petite qu’il venait de découvrir, à ses dépens. Cependant, celle-ci demeurait tout à fait guillerette, comme si l’évènement n’avait pas eu lieu.

L’ascenseur stoppa, et les portes s’ouvrirent dans leur dos.

- Viens!

Ils empruntèrent un long couloir, nappé de tapisseries aux couleurs fades, qui ne plurent pas du tout au garçon.

- Faut vraiment aimer le style…

- Quoi?

- Non rien.

Ne souhaitant pas se faire cartonner une fois de plus, il préféra de pas épiloguer sur ses goûts, et poursuivit son arpentement. Ils débouchèrent finalement sur une alcôve, dans laquelle se trouvait une grande porte d’acajou.

- On y est!

Nowlee enclencha la poignée, et ils entrèrent alors dans une vaste salle, remplie de mobilier aux diverses tendances: de larges fauteuils couverts d’étoffes mordorées étaient disposés dans un coin plutôt agréable, entourant une table basse d’un autre âge, en bois sculpté. Au fond se trouvait un bureau immense teinté de nacre. Quelques peintures ornaient des murs, tantôt pourpres, tantôt anthracites. Le tout baignait dans la lumière tamisée d’un lustre aux myriades d’éclats, étincelants comme des diamants. Le fond de la pièce donnait sur une baie vitrée, laissant apparaître une forêt luxuriante, aux plantes exotiques, dominées par de hautes montagnes aux bouts enneigés. Corwin se tourna vers sa comparse, interloqué.

- Comment…?

- Bah avoir vue sur Londres ce n’est pas terrible!

- Mais…et tout cet espace?

- Oh! Tu es un sorcier et tu doutes encore de voir de la magie?

Elle pouffa, et lui fit signe de la suivre. Ils gagnèrent un petit couloir sur la droite, et arrivèrent devant une autre porte, absolument lisse, hormis un petit trou en plein milieu.

- Tends ton doigt!

- Pourquoi veux-tu que…

- Arrêtes de discuter et fais ce que je te dis!

Corwin obtempéra, levant son index gauche devant lui. Nowlee sortit alors une toute petite lame, et lui coupa la peau, le tout en une fraction de seconde.

- Aïe! Mais t’es barge!!

Une goutte se mit à perler lentement de l’entaille.

- Pose-le là!

Elle lui indiqua le trou en question. Décontenancé, il s’exécuta. Des rouages se mirent à apparaître sur toute la surface, les engrenages se bloquant petit à petit, pour finalement émettre un cliquetis, et laisser la porte s’ouvrir. Le garçon jeta un coup d’œil à la gamine.

- Ta chambre est munie d’un charme de protection. Maintenant que tu y as déposé ton sang, tu seras le seul à pouvoir y pénétrer! Cool, non?

- Hm…oui, super!

- Et il y a une salle de bains sur la gauche! Je te laisse t’installer! En attendant je vais voir ma grand-mère! Un conseil, n’essaies pas de me suivre. Si elle te tombe dessus, je ne pense pas qu’elle se montrera très sympathique. Sacré caractère je peux te l’assurer! A plus tard!

A peine eut-il le temps de bafouiller une réponse qu’elle s’en était allée. Doigt à la bouche, il poussa la porte du pied, et entra avec sa valise. Des appliques murales s’allumèrent lentement à son approche, lui dévoilant une grande pièce aux allures japonaises, comme en témoignaient le lit bleu nuit sur le sol en teck, et les estampes accrochées au mur immaculés. Ici aussi, on pouvait trouver des touches plus modernes; un bureau chromé, des lampes au design original.
Le Serdaigle se sentit tout de suite à l’aise, beaucoup plus qu’en ayant emprunté ce couloir aux vieilles tapisseries pourries. Et ici, comme dans la salle précédente, une baie vitrée, montrant le même paysage que quelques minutes auparavant, tout autant verdoyant.

Laissant sa valise près du bureau, Corwin s’approcha, et fit glisser la vitre épaisse, et se retrouva sur un petit balcon, bercé par des vents chauds et parfumés. Fermant les yeux, il prit le temps de savourer ces effluves odorantes, s’appuyant sur le garde-corps. L’impression de flotter, de voguer parmi les nuages, l’apaisement grandissant.

Inspirant amplement, il entrouvrit les paupières, et quitta le balcon le sourire aux lèvres. Retirant sa veste, il jeta un rapide coup d’œil à la salle de bains: une baignoire aux dimensions plus qu’attractives, une douche, et tout ce qu’il pouvait désirer pour se sentir à ses aises.

- Si je m’attendais à un truc pareil…

Par la suite, il examina la chambre un peu plus en détail, admirant les peintures accrochées face au sommier. Ce lieu lui plaisait de plus en plus, et le sortait un peu de ses tristes pensées. Prenant la direction du bureau, il aperçut un papier, glissé sous un porte-plume. S’en saisissant, il le déplia, curieux, et parcourut les quelques lignes:


«  Corwin,

Ma fille a dû te dire que j’avais des affaires à régler dans les plus brefs délais. Je serai donc de retour d’ici deux à trois jours. En attendant, si tu en profitais pour t’exercer quelque peu? Ton projet nécessitera des ressources physiques importantes. Mets donc à profit le temps qui t’es offert.
Je me doute que tu aurais voulu te rendre à destination tout de suite, mais tu vas devoir patienter.

PS: J’ai envoyé un courrier à tes tuteurs, en leur affirmant que tu participais à un stage sur la magie des temps anciens.

Ellana Silver Slent. »



Agacé, il chiffonna la missive et la balança dans un coin. La froideur transpirait une fois encore des mots de la Dame, entamant de colère le contentement apparu quelques minutes auparavant.
Il avisa la porte de la salle de bain.

Ouais.

Retirant ses vêtements, il alla nu à travers la chambre, et gagna la douche. Les jets brûlants lui mordirent agréablement la peau. Ses muscles se détendirent. Ses veines se mirent à palpiter sous la chaleur presque étouffante. Il arrivait finalement à ne plus penser à rien, et cette sensation de vide lui convenait parfaitement. Une épaisse couche de vapeur régnait hors de la cabine lorsqu’il sortit. Attrapant une serviette sur un tas de linges pliés, il profita un instant de la torpeur le prenant, de l’air lourd et moite, comme une couette humide sur son corps trempé. Il soupira.

J’aimerais que ce soit toujours ainsi…



***


Quatre jours passèrent. L’immeuble était toujours rempli de monde, les réunions se tenant ça et là, les essayages, les discussions animées sur les courts du tissu, le ou la modèle en vogue à recruter.
Ce milieu perturbait Corwin. Même après toutes ces heures à errer dans les locaux de la société, à observer les allés et venues de chacun, à mémoriser quelques termes du genre, presque aucune personne ne lui avait suscité de l’intérêt. Le monde, plus que fermé, ne l’attirait décidemment pas du tout.
Il vécut ces quelques temps comme un supplice, l’ennui et l’énervement se jouant tour à tour la place principale de son cortex cérébral. Il déversait son agacement dans les exercices, l’utilisait plusieurs heures par jour, redoublant d’efforts. Il prenait ses repas la plupart du temps en compagnie de Nowlee, dans la grande salle, servis par un elfe de maison qui ne semblait pas vraiment apprécier la présence du jeune homme.
Un autre monde.



*


- MAMAAAAN!!!!

La cinquième journée commença dans les cris. Le Serdaigle se réveilla en hurlant, le visage trempé de sueur et de larmes. Sa respiration était haletante. L’image de sa mère éviscérée lui martelait le crâne horriblement. Choqué, il déguerpit de sa couche et fonça enclencher une douche glacée, sous laquelle il s’empressa de passer la tête. Ses joues bouillonnaient, il suffoquait, et l’eau ne réussit qu’à peine à le calmer. Baissant des yeux écarquillés, il vit les griffes noires qui avaient remplacées ses ongles.
Beuglant de rage, il percuta le mur du poing, défonçant le carrelage immaculé. La colère pulsait dans ses veines, battait à ses tempes, et le cœur au bord des lèvres, il frappa au même endroit, encore et encore, créant au fur et à mesure un énorme trou dans la cloison.
Après quelques secondes, les griffes disparurent, et la colère reflua, le laissant chancelant sous le jet froid. Il finit par s’écrouler en larmes. Des images de son cauchemar lui parvenaient encore par flash, des images de sa mère lui apportant un gâteau surmonté de bougies, le sourire aux lèvres, pour se retrouver un instant plus tard avec une épée, sortie de nulle part, plantée dans le ventre.

Fermant les yeux, d’où perlaient encore les torrents salés, il bredouilla quelques mots pour lui-même.

- Joyeux anniversaire Corwin…


**

- C’est quoi cette tête?? Tu as mal dormi??

La voix de Nowlee lui parvenait difficilement, un brouillard épais obstruant sa clarté d’esprit. Triturant un bout d’omelette du couteau, il finit par tourner la tête.

- Ouais.

- Ce que tu peux être loquace! Tu commences à me gaver avec tes moues de souffrance! Si tu essayais de faire un effort ce serait cool!! Abruti!!

Corwin pinça les lèvres, et fixa froidement la petite. Sa voix se fit grinçante quand il ouvrit la bouche:

- Tu sais quoi Nowlee? TU PEUX ALLER TE FAIRE FOUTRE!! MA GUEULE NE TE PLAIT PAS?! ALORS NE LA REGARDE PAS ET ARRETE DE ME FAIRE CH*ER!! POUR CA TU CROIS QUE TU POURRAIS FAIRE UN EFFORT TOI??

Il balaya d’un revers la vaisselle, qui alla se briser sur le sol, fit tomber le fauteuil en se relevant, et commença à prendre la direction de la porte.

- Eh! Attend!

- QU’EST-CE QUE TU VEUX ENCORE??!
Dit-il en se retournant brusquement.

Nowlee s’approcha, le visage un peu défait, et tira sur la manche du garçon, comme une gamine.

- Dis, qu’est-ce qui ne va pas…?

- T’occupes!

- Dis-moi!!

Une moue implorante était apparue sur son petit visage. La bouche tremblante, Corwin détourna le regard.

- Aujourd’hui c’est…c’est mon anniversaire…

Un large sourire prit place alors sur le visage de Nowlee.

- Oh!!! Mais tu aurais dû me le dire!! Joyeux anniversaire!!

Elle s’approcha et lui fit un genre d’étreinte. Gêné et toujours en colère, Corwin lui tapota la tête et la recula doucement.

- C’es gentil… Ecoute je…je suis désolé de m’être emporté comme ça… C’est juste que, je n’ai pas la tête à fêté quoi que ce soit, et encore moins ça. Je te prie de m’excuser, je n’avais pas à te parler de cette manière. J’ai besoin d’air…je…à tout à l’heure…

Il se recula à son tour, et prit la porte, laissant la petite fille à côté des débris et des morceaux d’omelette.


***

La tête lui tournait. La bouteille bien entamée de vodka était posée au pied du fauteuil, et il faisait tourner son verre à moitié vide, fixant l’étendue de la forêt enrobée par la nuit. Une lune anormalement grande baignait le paysage d’une certaine clarté, et un petit vent tiède venait balayer les mèches du garçon. Avalant la fin de son verre en grimaçant, il s’apprêtait à se verser une nouvelle rasade lorsqu’une voix lui parvint de l’autre côté du balcon.

- Où as-tu déniché ça?

Levant un regard défait sur sa droite, il la vit, accoudée au garde-corps, en train de le fixer. Corwin répondit d’une voix pâteuse, les brumes de l’alcool troublant quelque peu son élocution.

- Qu’est-ce que ça peut te foutre Ellana? T’es venue faire la maman poule?? Laisse tomber va!

- Change de ton Egnis…

- NON !


Corwin se leva subitement et balança son verre plein contre le mur, qui alla exploser en petits fragments mouillés.

- Pourquoi est-ce que je changerais de ton, hein?? Je ne suis pas ton chien!! J’en ai plus que marre d’être traité comme une merde à longueur de temps!! Même ta fille de onze ans s’y est mise!!! J’en ai marre!!! Marre!!! MARRE!!!!

Essoufflé et les yeux en feu, il s’écroula sur le fauteuil, attrapa la bouteille restée ouverte, et l’approcha de sa bouche. On la lui retira alors à quelques centimètres de son but, déversant un peu du liquide sur ses habits.

- Arrête un peu avec ça, tu es ridicule et tu vas te rendre malade.

- Et alors? Tu t’intéresses à moi maintenant?! Désolé si j’avais su j’aurais pris de quoi fêter ça! Tu vois, j’avais une bouteille dans les mains il y a encore un instant, mais je ne sais pas pourquoi elle a disparu! C’est dommage, tu ne trouves pas?!

Il fixa le regard dur de la femme sans ciller. Elle finit par pouffer, but une lampée du liquide, et fit disparaître le contenant par un quelconque sort. A l’inverse, elle fit apparaître un deuxième siège, et s’assit en face de lui, scrutant le visage pâle du Serdaigle.

- Nowlee m’a dit que c’était ton anniversaire.

- Ouais! Et quel anniversaire, hein?! C’est la fête!! La vie est belle!!

Ellana se pinça l’arête du nez.

- Ce que les jeunes peuvent être agaçants parfois… Au lieu de brailler comme un gosse, si tu m’expliquais ce qu’il t’arrive pour que tu sois dans un tel état? Tu noteras que je montre de l’intérêt pour toi! Fit-elle en un rictus.

- Pff… Tu parles! Ce qui ne va pas? Rien ne va! J’en ai plus qu’assez de cette vie où je m’en prends plein la gueule! Elle me dégoûte!!

Ellana attendit, lui enjoignant silencieusement de continuer.

- Quinze ans! J’ai quinze ans aujourd’hui! Et ça fait maintenant plus de sept ans que ma vie est un enfer! J’ai perdu ma mère, la personne que j’aimais et que j’aime encore aujourd’hui le plus au monde! Mon père qui n’a jamais daigné s’intéresser à mon existence! Les orphelinats à la con où ils passent leur temps à t’analyser sans jamais pouvoir t’aider!! Et on fait un petit bond dans le futur maintenant! James qui se fait buté par Voldemort, et moi suis accusé de son meurtre! Je suis détesté de la plupart pour quelque chose que je n’ai pas commis! J’ai ensuite sué sang et eau, pour finir par les faire revenir tous les deux!! Et qu’est-ce qui arrive ensuite??? IL SE FAIT BOUFFER LA GORGE PAR UN CONARD DE VAMPIRE!!! Et le voilà qui disparaît encore une fois!! Et moi dans tout ça?? Qu’est-ce que je deviens dans tout ça?!! MOI!!! Rien!! Je cours encore après lui pour le ramener! Et même toi, tu as l’air de me prendre pour un boulet!! A me traiter comme un moins que rien!!

Une larme coula le long de sa joue.

- Voilà où j’en suis Ellana! C’est ça ma vie! Et ton intérêt pour moi je le pense très relatif!

Il cessa de parler. Il lui avait craché l’amertume qu’il contenait depuis quelques temps. Une sensation de vide le saisit, et il sentit poindre une crise d’angoisse.

- Et l’amour qu’en fais-tu?

- L’amour… Il m’en a donné énormément…et moi en retour. Seulement, depuis qu’il s’en est allé avec ce Andrew, j’ai peur qu’il ne l’ai laissé de côté. Si ça se trouve, l’entreprise dans laquelle je veux me lancer ne m’apportera rien de plus que du désespoir…il m’a d’ailleurs déjà amplement atteint. J’ai…j’ai peur Ellana.

Il sentit alors deux mains fraîches se poser sur chacune de ses joues. Levant les yeux, il croisa un regard empli de tendresse. Elle lui parla doucement, caressant son visage d’un souffle parfumé de bribes d’alcool.

- Ne perds pas pieds maintenant petit aigle… Tu as plus de force que tu ne veux bien le croire. Et je parle surtout de cette force là.

Elle plaça un doigt sur sa poitrine, juste au-dessus de son cœur.

- Il a toujours été ton meilleur allié, et le restera. Tu as déjà beaucoup donné c’est indéniable. Mais si tu gardes l’espoir, et que tu te sert de ce cœur, rien ne t’arrêtera. A ta place la plupart aurait déjà abandonné. Mais toi tu es toujours là. Après tout ce que tu as accompli, tout ce que tu as vécu, tu restes debout, et prêt à te sacrifier encore une fois.

Elle prit sa tête et l’amena contre elle, le berçant tendrement.

- J’ai confiance en toi Corwin Egnis. Tu réussiras, et en sortira, plus grand et plus fort encore que maintenant! Il te suffit juste de retrouver cette étincelle que tu as enfouie. Demain nous partirons, et je te conduirai à destination. Mais pour l’heure, tu as besoin de repos.

A ces paroles, le garçon tomba profondément endormi dans les bras de la Dame.

- Dors maintenant… Tout ira mieux demain.


****


- Réveille-toi mon enfant. Il est temps.

Corwin ouvrit les yeux. Il avait dormi d’un sommeil sans rêves, et réparateur. Lorsqu’il se leva, il se trouva plus en forme que jamais auparavant, et sourit à la Dame se tenant devant lui. Elle lui rendit son sourire, et prit la direction de la porte.

- Prépare tes affaires. Nous partons bientôt.

Elle sortit. Ragaillardi, le Serdaigle prit une douche rapide, et s’habilla rapidement. Ouvrant sa valise, un éclat lui parvint sous un pantalon. Il extirpa le long pieu éclatant dont Ellana lui avait fait dont. Au contact de la bague, l’arme se prit de reflets mauve sombre. Corwin soupira d’aise. Ses yeux pétillaient d’un nouveau feu, et rien ne pourrait l’éteindre à présent.



- Es-tu prêt?

- Oui, plus que jamais.

Il se trouvait en face d’Ellana et de Nowlee, valise à la main. La petite s’approcha, lui faisant signe de s’abaisser.

- Tiens! Pour ton anniversaire, je t’offre l’un de mes farfadets! Tu verras comme il est gentil! Mais ne le cherches pas où il te le fera regretter!

Elle émit un rire aigrelet et ouvrit des mains vides. Tout du moins, Corwin sentit quelque chose le rejoindre, comme une nouvelle présence, sans voir de quoi il pouvait s’agir. Il sourit de toutes ses dents à la petite, et la prit contre lui. Pendant qu’elle serrait ses petits bras autour de son cou, et lui parla à l’oreille en murmurant:

- Merci… Merci pour tout Nowlee. Nous nous reverrons bientôt.

- Il y a intérêt!


- Je te le promets.

Se détachant de l’étreinte, elle lui sourit et se recula. Ellana s’avança alors vers lui pendant qu’il se relevait, et lui tendit la main.

- Allons-y maintenant.

Corwin adressa un ultime clin d’œil à Nowlee, et tendit la main.
Leur transplanage dura quelques minutes. Ils finirent par s’arrêter dans une rue déserte, au pied d’un hôtel.

- C’est ici que tu logeras. Il y a une réservation à ton nom. Mais je ne peux malheureusement pas m’attarder Corwin. Ce lieu m’est normalement interdit, et je viens d’enfreindre plusieurs règles en t’amenant ici. Donc écoute moi clairement.

Et le prit par les épaules et tourna son visage face au sien.

- Venise est une ville dangereuse. Elle regorge de vampires qui ne chercheront qu’à faire de toi leur repas. Aussi garde toujours ta baguette à tes côtés, et n’hésites pas si besoin à puiser dans ton anneau. Il va te falloir un grand courage pour affronter ce futur. Aies confiance en toi…Ma fille et moi-même penserons à toi. Maintenant vas, et accomplis ta tâche mon cher enfant.

Elle s’avança, et déposa un long baiser sur son front. Puis elle s’évapora en laissant une emprunte profonde dans la tête du garçon.

- Merci pour tout Ellana…

Reprenant un peu ses esprits, il observa un instant les environs. A travers les faibles lueurs des lampadaires, se détachait très loin dans une colline une enseigne brillante. Un nom italien dont il ne comprenait rien. Seulement, il distingua comme deux dents pointues au fronton.

Le repère de buveurs de sang était assez éloigné pour ne pas l’offrir en vue à ses occupants.

Il inspira dans l’air chaud de l’Italie, et passa la porte d’entrée.

Je serai là...très bientôt.
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