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 [RESIDENCE] *Londres* Demeure de Simon Dorcha

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Simon Dorcha
Serdaigle
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Simon Dorcha

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MessageSujet: [RESIDENCE] *Londres* Demeure de Simon Dorcha   [RESIDENCE] *Londres* Demeure de Simon Dorcha EmptyMer 8 Aoû - 17:39

- Je n’aime pas cette ville », murmura Simon à l’intention de la fenêtre devant laquelle il se tenait debout, mains croisées dans le dos, le regard ancré au ciel pollué de Londres à travers la vitre sale.

Le jeune homme s’était installé au coeur de la métropole depuis quelques jours seulement, non loin de Green Park, dans une bâtisse penchée et délabrée ayant autrefois appartenu à une lointaine tante, une vieille folle nommée Eilidh Dorcha. Une maison maigre comme un squelette, abandonnée depuis des années – depuis que la dite Eilidh, en vérité, était morte entre ses murs sans que personne ne s’en soucie – et entourée d’un petit jardin maladif, lui-même cerné de grilles rouillées. De ces anciennes maisons branlantes et craquelantes comme des navires, habitées de toiles d’araignées aussi épaisses que des suaires, et auxquelles personne ne daigne porter attention tant elles font partie du décor, comme des épaves oubliées depuis longtemps.

La vieille Eilidh avait laissé dans toute la bâtisse, après sa mort, l’atmosphère figée et dégénérée propre aux Dorcha, quelque chose de tenace et de renfermé comme une odeur de poussière, comme le
tac-clac lancinant d’une horloge à pendule ou les crépitements du bois gonflé par l’humidité. Ambiance cloîtrée très familière à Simon qui, bien qu’il eût fait un peu de rangement pour rendre la demeure à peu près viable, s’en accommodait parfaitement. Non, ce n’était pas cela qui lui rendait la ville antipathique, mais plutôt le contraste bruyant et coloré qu’elle lui offrait en spectacle, quand lui n’avait longtemps connu que le silence solennel de l’Ecosse, son calme et son austérité. Londres et son architecture absurde, Londres qui fait se côtoyer l’une ou l’autre époque sans craindre la faute de goût, Londres et – surtout – ses innombrables moldus.

- Je n’aime pas cette ville », répéta le jeune sorcier qui chercha quelques instants le regard de la lune à travers les épais nuages avant de tourner sèchement les talons, sa robe sombre claquant sur ses chevilles comme une marque de désapprobation.

Quelque chose dans l’esprit de Simon s’éveilla, s’étira et bailla avant d’étirer un sourire de requin, mais le jeune homme feignit de ne pas s’en apercevoir, fixant sa table de travail envahie de livres et de manuscrits divers. Plusieurs bougies avaient brûlé pour l’éclairer toute la nuit durant, et la cire fondue formait des arceaux sur le bois usé, des petits ponts, des concrétions informes, comme une ville fantasque. Simon cilla par deux fois et soupira. Prendre un peu de repos devenait une nécessité.


Il y a encore tant de choses à faire, pourtant.


Le jeune homme se laissa choir dans un fauteuil tissé de velours dont la couleur, à l’origine pourpre sombre, s’était délavée avec le temps, et dont les accoudoirs crevés vomissaient par endroits leur rembourrage. Le courage lui manquait pour rassembler toutes les notes prises durant ses voyages, pour comparer – à nouveau, et très minutieusement – ses observations avec celles de son père, recouper les informations, déduire, annoter, corriger. Encore, et encore, et encore.

Balance tout.

Simon ferma les yeux à demi. Ses mains, longues et belles, à l’ossature délicatement saillante, se crispèrent très légèrement.

Quoi ? Balance tout. Prends-moi tout ça et jette-le au feu. A quoi ça te sert ? Tu piétines. Tout ce que tu fais, ton père l’a fait avant toi. Et d’autres avant encore. Tu ressasses.

J’apprends.


Tu ressasses, répéta son double psychique en montrant les dents. Arrête un peu de te leurrer ! Qui se soucie du fonctionnement communautaire des fantômes ou des modulations dans le cri d’une banshee ?

Prendre une bougie, la rallumer, voir la flamme lécher le contour d’une feuille – affectueusement – et d’une autre, d’une autre encore. Le papier qui se racornit, qui noircit, se recroqueville. Feuilles légères comme des mites mortes.


C’est tentant.

Le vrombissement soudain d’un moteur dans une rue attenante fit sursauter Simon, qui rouvrit les yeux. Les livres envahissaient toujours son bureau, pages ouvertes, jaunies, cornées. Les bougies demeuraient froides et innocentes. Rien n’avait changé.

Il se redressa avec lenteur, quittant le fauteuil grinçant, et épousseta sa robe. Peut-être que prendre l’air lui ferait du bien, finalement. Oui, voilà. Il sortirait et en profiterait pour faire quelques achats au Chemin de Traverse. Sa vieille baguette à remplacer, par exemple. Un familier à acquérir, s’il avait le temps. Un peu de compagnie, même animalière, ne pourrait que lui être bénéfique.
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