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 Les Rêveries d'un Ancêtre

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Edward Numenor
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Edward Numenor

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MessageSujet: Les Rêveries d'un Ancêtre   Les Rêveries d'un Ancêtre EmptySam 28 Juil - 10:21

Avant qu'une gloire imaginaire ne le prenne, avant que la conscience et la clairvoyance se dessinent clairement en lui et avant que la chimie et l'acidité de ses sens ne fassent de lui un homme, Edward allait souvent chez elle. Il y faisait de la morale et parfois pis.

**


Aelia se versa de l’eau glacée et mit son bouquet de violettes de Parme dans son verre:

"Adieu les vins d’Espagne, et autres sucres délicieux que je savoure chaque soir un peu plus!"

Les deux adolescents riaient, ils s’embrassaient, et savouraient les derniers instants d’une enfance innocente mais triste. Elle se pencha vers un candélabre et alluma, souriante, un cigarillo roulé sur une pincée de Lilas. Ce mouvement fit étinceler ses cheveux noirs comme du charbon de terre. Tous deux avaient bu du Xérès toute la nuit.

Par la croisée ouverte sur les jardins de la villa, ils pouvaient entendre le bruissement des feuillages, et l’horreur qui sous la lune grondait dans le parc.

La nuque d’Aelia était parfumée de santal, et le jeune Numénor n’hésitait pas à se laisser prendre par la passion, la passion de cueillir les roses rouges des lèvres de son amante. Il le faisait avec tellement de charme et de sincérité, qu’il ne suscitait que la jalousie. Sans perversion aucune, ils ne faisaient plus que se retrouver à deux pour se coucher dans les vergers de la famille et sentir l’aurore leur caresser le visage. A mi chemin entre romantisme et poésie, leur relation prenait de jour en jour, un peu plus de sens encore. Ils se voyaient vivre à deux, avoir des enfants, s’installer et toujours nourrir la même passion qui les animait.

Aelia, plus rieuse que jamais, se regardait dans les miroirs du château qu’Edward avait quitté trois années auparavant pour rejoindre Londres. Lorsque la jeune fille se tournait vers lui, avec des airs de reine, c’était pour se voir encore dans ses yeux.

Sur son jeune sein sonnait un médaillon d’or blanc, aux initiales de pierreries, attaché par un velours noir.

Le portes-tu comme tu porterais mon deuil?

Osa lui glisser le jeune garçon, alors qu’il l’étreignait d’avantage. Une expression malicieuse voyait le jour au coin de ses lèvres. Elle s’approcha de l’homme qu’elle pensait aimer, et elle lui glissa très doucement à l’oreille.

"Des muses me l’ont offert pour m’aider à t’aimer Numénor!"

Elle sépara, de son ongle fin, les fermoirs du mystérieux bijou: le médaillon s’ouvrit. Une pâle fleur d’amour, une simple pensée, y dormaient, artistement tressée en un fin cheveux noir.

"Ce sont les songes d’une libertine. Je les porte naïvement comme gage de tendresse."

Je ne crois pas m’y reconnaître, ni même t’avoir jamais entendu me demander de t’accorder une ou deux mèches.

Aelia partit d’un éclat de rire si perlé, si joyeux, qu’elle fut obligée de boire précipitamment, parmi ses violettes, pour ne point se faire mal.

"Hélas mon amour, tes souvenirs ne t’ont pas trahi. C’est l’une de mes boucles que j’ai choisie... et je la porte."

Edward se mit à rire. Il n’osait croire qu’elle pouvait tant s’aimer, et que parfois elle le laissait seul se plonger dans une tendresse dont elle n’avait presque pas besoin.

"Mais si tu en es fou et qu’il peut me permettre de t’avoir pour toujours, alors porte-le. Qu’un Numénor ose montrer fièrement l’amour qu’il m’accorde!"

Elle se félicitait d’apposer clairement sur le bellâtre ce gage d’appartenance. A présent, elle pouvait se targuer de le posséder pour toujours, car chaque fois qu’Edward reverrait le bijou, il se souviendrait de la personne qui le lui avait donné, et qu’il avait aimé.

La fidélité ne semblait pas avoir été trahie et les années avaient fini par donner raison à la feue Aelia. Aujourd’hui Edward demeurait seul et cela n’avait plus grande importance pour lui. Il oubliait la peine et la déception d’une vie évincée par la rigueur des traditions familiales, et suivait le cours d’une vie humble mais engagée.

**


Il avait quitté le Ministère tard dans la soirée pour rejoindre Poudlard. Il était en quête des parfums d’Orléans, et il savait mieux que personne que seule l’Écosse et le domaine d’Iridal parvenaient à retranscrire les odeurs passionnées auxquelles il aimait s’abandonner. La belle et froide directrice le lui avait même fait remarquer au cours d’une ballade improvisée dans les parcs du Château un soir d’Automne.

C’était un crépuscule de petits dieux... Il s’en souvenait toujours. Il lui arrivait même d’en rêver.


Pour rejoindre le château il lui avait fallu passer par Pré au lard. La pluie s’annonçait mais Edward se faisait quand même une joie de partir admirer l’Aurore. Il espérait juste que rien ne lui gâcherait le spectacle.
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MessageSujet: Re: Les Rêveries d'un Ancêtre   Les Rêveries d'un Ancêtre EmptySam 28 Juil - 11:49

La lune était pleine ce soir là. Le disque argenté brillait, signant dans la vaste voûte étoilée la toile parfaite du créateur. La nuit était profonde sur la Terre, et les hommes dormaient, rêvant que l'aurore prochaine serait leur, comme chaque nuit depuis qu'ils fermaient les yeux dans l'ombre. Leurs couches étaient chaudes, certains la partagaient même avec une femme, douce et appaisante, dans les senteurs de l'amour.

Tous, autant qu'ils étaient, trouvaient la paix, ou partiellement, dans les rêves qu'ils formaient, ou osaient former, une fois leurs paupières closes. Ils ignoraient, ils ignoraient tous, les bienheureux, les vertus du sommeil, du vrai, celui qui vous empêche d'ouvrir les yeux sur la nuit. Celui qui vous empêche de contempler le noir qui enserre la Terre et dévoile enfin ses maléfices les plus morbides, ses créatures les plus abjectes et toute la fange de l'enfer qui s'y déverse, à la faveur des ombres.
Fermez vos portes, bienheureux, cloisonnez vos logis, que la racaille maléfique passe sans vous voir. Mais surtout, accrochez à votre mur l'image du sauveur, sacrifié sur l'autel de la sauvagerie des hommes barbares, et priez pour que la plus maudite de toutes les créatures qui hantent la Terre au crépuscule ne s'arrête pas pour vous accorder, à vous et à vos proches, votre dernier baiser.

Telles auraient pu être les pensées de l'ombre qui marchait, semblant planer à la surface du sol, dans les ruelles sombres du petit village.
A vrai dire, l'homme se rapellait ces mots, formés par lui à l'aube de sa seconde vie, ou sa première mort. Celle qui avait fait de lui ce qu'il était devenu, et qu'il haïssait.
Il s'était arrêté au croisement de deux ruelles, pour écouter, dans le silence profond de la nuit, et sentir les présences humaines des environs. Et il le trouva, celui qu'il cherchait, non loin.

Mais la folie des hommes ne se limite pas à eux, Ho non, les coeurs, même morts, des vampires étaient tout aussi gangrenés de mauvaises intentions. Il le savait. Il ne le savait que trop bien.
Sur le siècle qu'il avait passé, errant à travers le monde, il avait eu l'occasion de rencontrer quelques uns de ses semblables. Tous décadents, pour la plupart abusant de leurs pouvoirs pour dominer les autres, ou tuant sans pitié pour se nourrir, pour se gaver de chair humaine, jusqu'à l'aube où ils retourneraient se coucher dans leurs caveaux humides.
A cette pensée, il eu la nausée. Comment pouvaient-ils, pantins morbides, oublier ce qu'ils avaient été...?
Comment pouvaient-ils céder ainsi aux plus basses pulsions, s'abandonner à la noirceur de leur âme dans la plus épouvantable indifférence...?

Ces pensées avaient tellement tourné dans l'esprit de Paul qu'il estima préférable de les écarter pour cette nuit, il avait bien d'autre sujets de préoccupation ce soir. Il reprit son chemin, jusqu'à celui qu'il avait choisi.


Ainsi, je ne suis plus le seul... Le noble sang des Numénor a une fois de plus été souillé. Je dois savoir. Je dois trouver la victime.
J'espère de tout mon coeur que ce n'est pas une goule... je serais obligé de... Mon dieu...
Qui, qui a touché à l'une de mes descendantes... Qui a donné à la nuit un nouveau monstre sans se soucier de la préciosité de l'âme humaine et de la valeur d'un Numénor...
Je le sais, je sens dans ma tête ce tiraillement incessant. L'appel de mon sang, mon propre sang, le sang des Numénor, contaminé à nouveau...

Il est là, tout proche, le plus connu des fils de Aube, celui qui pourra m'aider.


C'est à ce moment là qu'il le vit, Edward Numénor, porteur du sang de sa propre soeur, porteur également d'une magie puissante, et ancestrale. Paul n'avait jamais sentit une telle magie chariée dans le sang d'un sorcier et cela le déstabilisa. Mais il n'avait plus le choix, il devait agir, et trouver l'enfant de la nuit engendré chez les siens.

Tout se passa très vite ensuite, Paul était à quelques mètres d'Edward. Le vampire se mut si vite qu'on n'eut pu le voir bouger. Edward, ayant entendu un bruissement, n'eut même pas le temps de sortir sa baguette.
Paul l'attrapa à la gorge et, l'immobilisant, l'amena entre deux maisons où il le plaqua contre le mur, ses mains dans son dos, sa joue contre la brique.
Les mains du vampire étaient froides, il ne s'était plus nourri depuis quelques jours à part d'une musaraigne qu'il avait vidée de son sang quelques heures plus tôt, dans la forêt tout proche.


Ne bouge pas, Edward, je ne compte pas te faire du mal, mais ne m'oblige pas à user de ces capacités que j'exècre.


Paul parlait d'une voix grave, à l'oreille d'Edward. Le jeune Numénor sembla cesser de se débattre, attendant la suite des explications de cet inconnu qui connaissait, manifestement, son identité.

Ecoute, jeune Numénor. Nous sommes liés. Que tu le croies ou non, tu le sentiras dans ton sang, ce sang que tu charies dans tes veines et qui porte la valeur des Numénors depuis des générations. Ma soeur a donné la vie à ta grand-mère il y'a de cela des années. Tu ne me connais pas, mon nom a été effacé de l'arbre de la famille depuis que j'ai disparu.
J'ai besoin de ton aide. Tu es celui qui pourra le mieux m'aider à présent, es-tu disposé à m'écouter ? User de la force me répugne et le soleil va bientôt se lever.


Paul déserra un peu son emprise et regarda avec inquiétude les premiers rayons de l'aurore à l'horizon, attendant la réponse de celui qu'il reconnaissait comme l'un des siens.
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MessageSujet: ...   Les Rêveries d'un Ancêtre EmptySam 28 Juil - 22:11

Le froid n'était là que pour les faibles. Un certain ressentiment, comme une vague à l'âme, prenante et maladive. Edward préférait ne plus y songer et toujours se concentrer sur le spectacle qui l'attendait. Il ne s’était jamais découvert aucune osmose plus qu’ordinaire avec la tendre Gaïa. Pourtant il nourrissait toujours en lui cet amour de la terre, le sable qui pouvait courir entre les pattes du félin qu’il ne supportait plus d'être. Il se souvint alors qu’il ne s’était plus métamorphosé depuis... le départ de Gabriel. Cet homme qui lui avait tout inspiré, jusqu’au plus profond de sa force même.

Les idées d’un dieu et la réflexion qui déjà le rendait amorphe. Trop occupé à glaner ce qu’il lui restait du mentor, il ne s’aperçut que trop tard du mouvement qui se préparait. L’action lui tombait dessus, ne lui laissant pas même la chance de sortir sa baguette. Les mains résignées, jointes dans son dos comme s’il était préparé au châtiment; il n’avait plus qu’à savourer le contact doux et inhabituel de la pierre contre sa joue. Il était évident que le choc ne fut pas des plus appréciables, mais après tout, là résidait la force de l’agression. La surprise en plus...

Son assaillant n’avait toujours pas de visage. Il n’avait pour lui que le surprenant contact d’une main froide et ferme. Il fallut ajouter à cela le souffle d’un homme haletant, à supposer que tous deux appartenaient à la même personne. Le ton n’avait rien de rassurant et glaçait au contraire le sang du jeune Numénor. Il eut alors tout le temps de s’imaginer les plus fous dénouements. Que lui voulait-on? Les Mangemorts avaient-ils fini par découvrir qu’il était de ceux-là? Était-ce Eilane qui avait fini par tout avouer? Il préférait ne pas y croire. Un Mangemort n’aurait de toute façon pas cherché à discuter, ne laissant derrière lui qu’une traînée aussi verte qu‘implacable.


L’homme lâcha alors ses premiers mots dans lesquels il conseillait de ne pas bouger, prétextant par la même qu’il n’avait aucune mauvaise intention. Mais ce qu’il y avait de plus étrange c’était sa manière de l’appeler Edward. Il y avait trop de familiarité pour qu’il ne puisse être qu’un simple lecteur assidu de la gazette, connaissant de fait les prénoms des plus grandes personnalités du Ministère.

Mon manque de méfiance n’a d’égale que ton arrogance... Cesse de jouer au lâche et laisse moi admirer les fins traits de ton visage!

Après quoi, sans même savoir si l’homme était Legilimens et apte à percevoir les plus profonds échos de sa pensée, Edward écouta avec tout l’intérêt qu’imposait la violence du geste, ce que l’agresseur avait à lui dire. L’expression poétiquement chaotique aurait pu être inventé en cette fin de nuit.

Ne sachant pas vraiment si les paroles avaient sens de question ou d’ordre, le jeune Numénor préféra répondre à sa manière.

Quelles sont ces confidences? Je n’ai pas été appris à traiter les miens de la sorte. Et si vous étiez celui que vous prétendez être, alors jamais notre rencontre ne se serait déroulée ainsi. Laissez de côté vos troubles idées; que l’imagination fructueuse de vos songes ne demeure qu’intime. Je n’ai pas besoin d’entendre de telles bêtises. Si Aube était bien votre sœur, vous ne devriez être que poussière.

Edward sentit alors l’étreinte se desserrer; mais préférant ne pas brusquer celui qu’il cherchait à cerner, il ne se retourna pas.

Quant à cette aide que vous implorez... Je ne saurais vous l’accorder qu’en sachant exactement de quoi il s’agit. Laissez moi vous voir et je vous garantie d’écouter votre étonnante histoire.

Aussi folle se présage-t-elle....
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MessageSujet: Re: Les Rêveries d'un Ancêtre   Les Rêveries d'un Ancêtre EmptyDim 29 Juil - 11:08

Un doux sourire se dessina sur le visage de Paul. La réponse du jeune Edward n'avait pas déçu ses attentes et il s'appercevait avec plaisir que la vivacité d'esprit et le sens de la répartie ne s'étaient toujours pas éteintes de la famille après toutes ces années. La sagesse et la fougue se disputaient même les paroles et les actes du digne représentant de la famille qu'il avait devant lui.

Paul lâcha Edward doucement, puis, se reculant, s'appuya contre le mur derrière lui.


Retourne toi, jeune Numenor, et regarde de tes yeux ce que ton coeur et ton esprit refusent encore de croire. Regarde et comprends. Au début, tes yeux humains ne feront pas la différence, mais approche toi, ne crains rien, et admire avec horreur ce corps qui fait de moi ce que je suis. Ne vois-tu pas, ces ongles transparents, presque brillant... ? Et cette peau si pâle que tu peux y distinguer à travers les veines qui charrient tellement de sang impur.


Paul sourit, à dessein, et trop largement pour que ce sourire soit sincère. Il découvrit ses canines, chose qu'il n'avait plus l'habitude de faire, ayant appris assez tôt qu'il était bon de les cacher le plus souvent possible. C'était un vieux truc de vampire. Mais ce soir, il n'y avait plus de mascarade. Plus de faux-semblants. Il s'était tenu à l'écart de sa seule famille si longtemps... Seule sa soeur avait pu le voir, une dernière fois, sur son lit de mort.
Il avait fui, par peur de ce qu'il était, par honte aussi. Il s'était dégagé de toutes les relations qu'il avait avec les hommes. Parce qu'il ne voulait pas qu'ils le voient, qu'ils comprennent, et qu'ils aient honte de lui, du monstre qu'il était devenu.
Sa grand-mère, qui lui avait donné son nom pour éviter des problèmes administratifs, l'avait élevé comme un Numénor. Et Aube n'avait d'ailleurs pas dérogé à la veille tradition... C'étaient elles qui lui avaient manqué le plus. Bien sûr...
Il était souvent repassé par le manoir famillial, se tenant dans l'ombre et contemplant, des larmes de sang aux yeux, le fantôme de sa vie passée.
Sa grand-mère qui vieillisait trop vite, ses yeux trop usés pour encore parcourir les centaines de pages qu'elle avait coutume de dévorer, restant plantés dans le vide, attendant, peut-être, un signe de retour de celui qu'elle avait toujours un peu préféré.
Il n'était jamais venu.

Et maintenant, se tenait face à lui, l'arrière petit-fils de sa soeur. Il sourit encore une fois. Le jeune homme lui rappellait étrangement celui qu'il avait été, à peu près au même âge... Et il fut fier. Fier d'appartenir, du moins dans son coeur, à la lignée qu'il avait toujours aimé.


Je hais ce que je suis, tu l'auras compris. Mais je n'ai jamais eu le courage de mettre fin à la comédie que je joue depuis si longtemps...
Mon nom est Paul de Duclois, le nom te dis quelque chose, n'est-ce pas...? Rappelle toi, la grand mère de Aube. Celle qui nous a élevé tous les deux... Je suis son frère, Edward, et cela fait 130 ans que je me tiens dans l'ombre. Là bas ou ici, ayant peur de ma propre famille comme de la flamme d'une bougie. Mais aujourd'hui, les choses sont différentes. Si tu crois ce que tu vois, si tu reconnais en moi un peu de ceux qui t'ont précédé, alors écoute moi encore, et aide moi.


Il détourna les yeux, contemplant l'horizon ou le soleil montait, comme chaque matin, redonnant au jour le pouvoir de faire fuir toutes les créatures que la nuit avait créé.


Je suis désolé pour ce que je t'ai infligé, mais cela fait tellement longtemps que je n'ai plus approché personne. Et tellement longtemps que, quelque part au fond de moi, une partie de moi attendait mon retour parmi les miens...
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Edward Numenor
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MessageSujet: Re: Les Rêveries d'un Ancêtre   Les Rêveries d'un Ancêtre EmptyDim 29 Juil - 22:52

Enfin l'assaillant relâchait sa lourde étreinte. Edward put sentir les veines de son poignet gonfler et reprendre une taille normale. Le flux de sang retrouvait sa place. Il se caressait machinalement les mains, aux endroits mêmes ou l'agresseur le tenait fermement il y a quelques minutes encore. D'un mouvement lent et prudent il se retourna, suivant presque les instructions de l'inconnu. Une fois face à lui, il risqua un regard; un bref et subtil regard qu'il avait peur de rendre provocant. Toutefois, il ne fallait pas croire qu'Edward en était pour autant craintif, oh non, car demeurait dans les traits de celui-ci un air grave et déterminé.

A présent, tous deux se faisaient face, et l'un comme l'autre admiraient, analysaient et s'interrogeaient. L'homme dont la voix avait un instant effrayé Edward n'apparaissait finalement pas plus vieux que lui. Il était étrangement beau. Évidemment le jeune Numénor n'avait jusqu'alors jamais prêté attention à la beauté particulière d'un homme. Mais de tous temps et de tous lieux, il songeait n'avoir jamais connu pareille triste beauté. Ses traits étaient fins, et aucun ne semblait disgracieux. Il s'avançait d'un pas incertain, il n'était même plus sûr d'agir comme il l'entendait, si c'était bien lui qui décidait de s'approcher...Les mètres se réduisaient, il n'avait plus qu'à tendre le bras pour entrer en contact avec lui.

Il s'arrêtait avant de l'atteindre. La tête légèrement penchée sur le côté, un air interrogateur et un regard empli de questions. Il n'attendait que de trouver des réponses. Il ésperait les entendre de sa bouche, le voir articuler à nouveau ses lèvres pour lâcher l'évidence de sa condition. Edward lui, ne l'admettait toujours pas, et le mouvement de sa main n'avait plus rien d'intentionnel. Ses doigts glissaient, suspendus à des fils invisibles dont la gestuelle n'avait aucun sens. Sans même toucher le jeune homme, il ressentait la tension d'un monstre, l'horreur de sa nature, la dépravation de ses fantasmes et la corruption du sang voué à sa propre cause.

Cela ne tenait pas du fantasque, ni du surnaturel. Ce devait être dans l'ordre des choses, du moins Edward le supposait. Le destin lui accordait de pouvoir comprendre, une sorte de force clairvoyante... Qui n'allait pas durer, car déjà il ressentait le frémissement quitter son avant-bras, et abandonner sans doute pour toujours un esprit en quête d'explications.


Vous...

Les mots n'assumaient pas leur lourde signification, et mieux que se perdre en un idiot murmure, ils finissaient comme simple égarement de l'entendement et de l'esprit.

Vous semblez si froid que je ne me risquerai pas à vous croire vivant.

Il admirait la pâleur du teint de son interlocuteur, l'éclat de ses ongles qu'on aurait pu croire sculpté dans des opales, ainsi que ses impressionantes canines. Désormais il pouvait être certain du bien-fondé de ses doutes.

"Je hais ce que je suis, tu l'auras compris. Mais je n'ai jamais eu le courage de mettre fin à la comédie que je joue depuis si longtemps..."

N'ayez pas honte Paul... En me disant ce genre de choses vous ne faites vraiment pas honneur à ma révérence et à ma tolérance, bien au contraire.

Edward semblait enfin accepter qui il était. Ce n'était pas sa condition d'enfant de la nuit qui l'avait dérangé, mais simplement la lignée de laquelle il se déclarait être. Il lui avait semblé plutôt étrange qu'un Numenor survive aux âges et à une paire de siècles sans en subir les conséquences physiques que cela impliquait.

Je ne prétendrai pas vous reconnaître. Ce serait mentir et peut-être même blasphémer...

Abondance ne me le pardonnerai pas.

Toutefois, vous en savez trop sur celle qui a engendré trois matriarches, et ma génération par la même, pour que je ne vous accorde pas une once de confiance. Il est temps pour moi de me laisser aller à vos confidences.
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MessageSujet: Re: Les Rêveries d'un Ancêtre   Les Rêveries d'un Ancêtre EmptyJeu 2 Aoû - 11:18

Et Edward se tourna face à lui, comme il l'avait espéré, ne comprenant pas encore ce que ses yeux lui montraient comme macabre spectacle.
Le jeune Numénor s'avança, doucement, comme attiré par quelques filins invisibles. Mais ce soir là, ce n'était pas lui le pantin.
Paul se laissa aller à un vague sentiment d'amertume qui montait peu à peu jusqu'à sa gorge. Non, la marionette désarticulée, le fantoche morbide, c'était lui, uniquement lui.
A partir du moment où il avait commencé à appartenir à la nuit, il avait toujours été manipulé, de quelque façon que ce soit.
Mais ce soir, c'est lui qui avait les cartes en mains, lui qui avait pris son destin en main et décidé d'occuper son éternité autrement qu'à se morfondre dans des égouts humides, dans des caveaux répugnants, à contempler avec effroi l'horreur de sa condition.

Et il l'avait trouvé. Le catalyseur. Celui qui les rassemblait tous. Il était jeune, fier et beau, comme ne peuvent l'être que ceux chez qui l'amour et la tendresse ont pu grandir dès la naissance. Et fleurir, et s'ouvrir, et croître, pour offrir à la Terre la plus magnifique des créations. Edward faisait partie de ceux-là. Il était homme. Il était faiblesses et doutes. Il était parfois orgeuil et colère. Mais avant tout, il était amour. Et Paul s'en appercevait chaque seconde un peu plus, à mesure que son descendant s'avançait vers lui, et faisait courir ses doigts le long de sa peau glaciale.
Edward, était le réceptacle de tant d'amour, de bonheur, de tendresse, qu'il resplendissait d'une force incroyable. Son unique conviction, son dernier bastion de certitude était là, et Paul le savait, au plus profond de son être, là où l'organe de vie battait, mais ne battait que pour les autres.
Et, suivant la courbe de ses bras, le tracé de ses regards, à mesure que le jeune Numénor le sondait, lui, son âme et son être, avec toute la force de sa candeur restante, de sa pureté, de sa grandeur d'âme, Paul pleurait.
Les larmes de sang coulaient sur ses joues, y laissant de pâles coulées vermeilles.
Mais, pour la première fois depuis des mois, des années, des décennies, Paul retrouvait ce qu'il avait perdu, tout au long de sa fuite, hors du temps et de l'espace : l'Amour. L'Amour! Seul ciment des hommes. Seule force capable de sauver le monde. Seul remède à la plus froide des solitudes, aux plus noirs tourments. Et lui, perdu dans le néant, dans le brouillard de tant de nuits moites et confuses où il attendait la mort comme on attend un présent, rampant et criant comme une bête, lui, retrouvait enfin ce bout d'âme qui lui avait tant manqué.

"N'ayez pas honte Paul... En me disant ce genre de choses vous ne faites vraiment pas honneur à ma révérence et à ma tolérance, bien au contraire."

Paul, qui avait fermé ses yeux en pleurant, les rouvrit, et se risqua à perdre son regard dans celui d'Edward.


Qui es-tu...? Si je n'étais pas ce que je suis, si j'étais plus fou que ce que j'essaye d'être, je croirais... Je croirais, mon Dieu,
que derrière ton dos, tu as replié tes ailes... Montre-les montre les moi, et...


Edward sourit

et je te suivrai...

Paul, qui avait cessé de s'appuyer contre le mur au moment où Edward s'était approché, posa ses mains de part et d'autre de la nuque de celui-ci.
Il sourit, sincèrement, pour la première fois depuis longtemps.


Le temps s'écoule, et il ne me reste que peu de temps. Je ne te demanderai pas de me croire, mais juste de m'écouter jusqu'au bout...
Si je t'ai trouvé, ce soir, si j'ai choisi de revenir à la vie pour ma famille, c'est parce que, ..., il y a peu de temps, un nouveau monstre a été créé.


Paul baissa les yeux


A... A l'intérieur même de notre famille. Un nouvel enfant de la nuit a rejoint les ténèbres. Et je dois le trouver. La seule information que je puisse te donner est que le sang qui coule dans ses veines est neuf, et qu'il appartient donc à la dernière des générations du clan Numénors. Je sens son appel chaque nuit. Je pourrais trouver moi même la source de l'appel mais je ne suis pas assez puissant, ... J'ai besoin de toi Edward. Pour l'approcher.

Paul sentait le temps s'écouler lentement, il savait qu'il ne lui restait que 10 à 15 minutes pour trouver un abris contre les premiers rayons du soleil.
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MessageSujet: Re: Les Rêveries d'un Ancêtre   Les Rêveries d'un Ancêtre EmptyMar 7 Aoû - 19:38

Il n’y avait plus d’idées en suspens, seulement des paroles volées. La force et la poésie de Paul le forçaient à parler d’une habile manière plus que d’une façon austère. Les secrets avaient touché la grâce de ses lèvres et la repentance, celle de sa raison.

Un Numénor forgé dans l’ombre…

Tu m’attendais et tu craignais toujours de ne jamais me trouver. A présent et alors que tu me fais face, laisse les années jouer en dessous de ton nez et animer en un mouvement fou et capricieux cette bouche qui cent fois s’est plongé dans le sang et le vice. Laisse moi goûter à tes rêves !

Les sens aux aguets, l’esprit vif et le regard plein de promesses, Edward se laissait aller à de vaines espérances. Son aïeux, si mystérieux soit-il, l’emmenait avec lui dans un monde démonté par la passion et la folie. Le jeune homme rongé par une jeunesse regrettée et tout entier dévoué au culte de la plus belle des sagesses, ne pouvait que luire au contact de celui qui représentait à lui seul, trop d’histoires et d’années…

…Damné, parce que Paul l’était et qu’Edward le comprenait. Comment donc la nuit et ses muses avaient-elles pu créer un monstre aussi beau ? La vision était plaisante…Assurément Calliope s’était éprise d’Apollon et avait mis au monde le plus curieux des sages.


Je tuerais pour y goûter…Savoir ce que cela fait de plonger les lèvres dans ce sang si froid.

Il ne savait plus comment se justifier, expliquer un tel comportement, et une telle envie. Personne ne pouvait désirer incarner le Prince des crépuscules. Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, Edward y songeait. Des mots l’avaient blessé et profondément remué, alors en cette toute fin de nuit, il ne jouerait plus qu’au fou.

« La Force du Père, l’Amour d’une Mère »… Ces paroles entêtantes qui ne quittaient plus son esprit. Noxis occupait trop ses pensées. Il avait parfois l’impression de n’être plus qu’elle, alors qu'il ne le fallait pas. Sans doute était-ce la plaie ouverte des Anciens. Une sentence infligée à celui qui ne mérite pas l’héritage. Fallait-il y croire ? Non, la réponse semblait bien trop facile. A quoi bon rejeter la faute sur Gabriel tandis qu’il lui avait tout laissé…jusqu’à sa force même.

Se pouvait-il alors que ce ne soit que Paul qui soit à la base d’un tel trouble ? On dit communément que le face à face avec le temps n’est pas sans risque, mais ce qu’on omet toujours de préciser c’est que la crainte qui l’accompagne est des plus jouissives. Assez jouissive en tout cas pour parvenir à dérouter le plus prude, le plus saint et le plus chaste des hommes…

Après quelques courtes secondes, il sentait la raison regagner timidement les combles de son entendement et chasser les plus petites considérations de folie. Les mots hâtés et tranchant qu’avait fini par lâcher Paul en étaient les garants. Ils avaient sorti Edward d’un épisode malade et schizophrène, qui ne serait finalement que marginal dans cette aurore naissante et peut-être même dans sa vie entière. Il fallait qu’il reprenne la parole sans même laisser apparaître de trouble. Là était toute la subtilité du personnage.


Je vois bien que l’Aube vous effraye. Je n’avais pas même songé aux risques que vous encourrez ainsi exposé aux caresses du bel Astre. Laissez-moi vous mener dans un endroit où l’obscurité demeure. Où la lumière n’a pas sa place et où en conséquence, je déteste me rendre.

Pour t’entendre encore, je n’en ferai rien.

Les deux hommes avancèrent dans l’allée commerçante en s’éloignant toujours un peu plus du centre du village. Edward s’était bien tenu durant toute la durée du trajet de ne pas regarder le bellâtre, ni même de l’effleurer. Il lui aurait été insupportable de plonger de nouveau dans une folie malvenue.

Après quelques minutes seulement marquées par la continuité d’un silence sans faille, ils atteignirent l’endroit recherché. Le jeune Numénor s’y engouffra le premier. Il passa par une porte de cave et ouvrit les deux battants branlants qui la refermaient, afin de descendre avec précaution les nombreuses marches qui les mèneraient au dit endroit. Tout en entrant, Edward caressa d’une main peu habile les briques rouges qui formaient une voûte au dessous de l’ouverture et qui paraissaient être les seuls appuis à disposition des visiteurs qui se risquaient à descendre.

Là en bas, quelques tables basses avaient été aléatoirement disposées autour de coussins profonds et larges. Il s’agissait en fait d’un comptoir colonial dans lequel s’échangeait toute sorte d’épices et de mets non conventionnels. Edward n’avait pas coutume de s’y rendre mais il avait connaissance de l’existence de ce lieu simplement parce qu’Ariane fournissait les propriétaires en fleur de Cerisier. L’ambiance semblait assurément pesante, elle était meurtrie et tiraillée par une forte odeur de bergamote brûlée et la douceur des fumées de chocolat qui s’échappaient des cuisines.

Edward s’assit dans l’endroit le plus éloigné et le plus sombre. Là où une table s’enfonçait dans une sorte d’alcôve. Il ne pria même pas Paul de le suivre et de prendre place à ses côtés, car celui-ci le fit de lui-même. Ils n’avaient que la lueur de quelques bougies entre leurs deux visages, ainsi qu’une coupe d’amandes au gingembre qui rebutait déjà le jeune homme. De l’endroit où ils étaient, ils pouvaient tous deux jeter un œil sur le reste de la salle, et ce y compris à leur opposé, là où quelques clients matinaux se rejoignaient pour partager une pipe à eau. Il y en avait d’ailleurs deux qui fumaient paisiblement et qui ne se gênaient pas pour recracher en quantité impressionnante une fumée à l’odeur de menthe.


Edward se décida à parler le premier, ou du moins à enfin donner suite aux paroles de Paul qu’il n’avait jusqu’alors pas pris le temps de considérer.

Un enfant de la dernière génération est devenu monstre… Je ne vous cacherai pas qu’à présent j’ai peur d’avoir à vous parler. Car si vous venez pour de si macabres nouvelles, il ne m’est pas plaisant de poursuivre avec vous.

Je crains que ce ne soit elle. Ma douce Aurore, pourquoi me l’aurait-elle caché ? Sans doute l’évènement est-il récent, et elle n’aurait pas encore eu l’occasion de me le confier.

Avez-vous seulement la moindre idée de son identité ? De quelle branche des Numénor est-il issu ? Est-ce un de mes frères ? Sentez-vous le poison dans le sang des miens ?
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