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 Là où les pensées naissent et se meurent

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Eterna W
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MessageSujet: Là où les pensées naissent et se meurent   Là où les pensées naissent et se meurent EmptyMer 23 Aoû - 15:18

Un jour venteux sur Poudlard. Le genre de jour où il fait bon de rester dans son dortoir, de préférence allongé sur son lit ou encore au coin du feu de la salle commune, à pourquoi pas lire un livre. Mais malheureusement, ces atmosphères ne sont pas idéales pour réfléchir, car dans le dortoir il y a des filles qui gloussent et qui parlent de garçons, surtout de deux en particulier, et dans la salle commune, il y a peut-être des gens que vous n'avez aucune envie de croiser. Et puis .. les temps venteux, il n'y a personne dehors, alors pourquoi se priver? Et puis les montagnes... c'est haut, vous êtes au dessus de tout problème. Un décor assez enchanteur, une vue imprenable .. que demander de mieux? Pas grand chose.

C'est pour ça qu'Eterna se tenait là, calée contre un rocher, juste au bord d'un grand dénivelé. les yeux rivés sur le ciel gris, elle respirait. Ses longs cheveux noirs claquaient au vent et depuis bien longtemps, elle ne s'était pas senti aussi bien. Depuis très très longtemps. Elle aimait tellement ce temps, gris et venteux... Il la rendait sereine, ce qui n'était pas fréquent chez elle, mais cela lui faisait un bien immense. peut être était-ce aussi dut au rituel qu'elle avait enfin accompli la nuit précédente. C'était comme ça qu'elle tenait le coup. Sinon, comment ferait-elle? Elle ne serait pas humaine? Mais l'était-elle encore? Se décollant de la pierre, elle s'avaça encore d'un pas, ne regardant pas en bas du précipice. Devant elle, le château, avec beaucoup de fenêtres illuminées. c'était beau .. C'était calme, serein, tranquille. Tout était silencieux, à part le gémissement du vent à ses oreilles. Elle se sentait bien ... Oui, bien. C'était une sensation étrange, d'être en paix avec soi même. En réalité, elle n'arrivait plus à penser. ce qui n'était peut être pas un mal. pourtant, elle avait besoin de faire le point. Elle avait changé, elle le sentait. Et ça lui faisait peur.

Baissant les yeux une fois sur ses pieds, elle apercevait le bas. Combien de mètres? Elle n'en savait rien... De toute façon elle n'avait pas le vertige. c'était une sensation assez étrange, de se sentir sur la faille. Un pas de plus, une simple poussée .. et elle finissait en bas. En bas ... Morte. Mourir .. Pas encore ... Elle n'en avait pas le droit. Et même après avoir tout accompli .. En avait-elle encore envie? Son regard se releva et parcourut le aysage; L'après midi était bien avancé, c'était le début de la soirée. Le soleil baissait et le ciel se teintait d'une couleur magnifique. Depuis quand admirait-elle la nature comme cela? Depuis cet après-midi là. Pourquoi ...? Pourquoi y avait-il fallut qu'elle croise son chemin? Elle ne se reconnaissait plus. Elle se sentait calme. Elle avait envie de compagnie. Elle n'était plus tout le temps sur les nerfs. Elle doutait d'elle même. Du chemin qu'elle s'était tracé. Cela ne lui ressemblait pas. Ce n'était absolument pas logique. Alors ...

Alors, si tu sautais Eterna? Tu me fais honte. Quels sont ses sentiments qui surgissent en toi? Où est passé la jeune fille forte qui ne tenait que par la seule force de sa volonté.? Si tu n'est plus à même de t'en sortir, qua vas-tu devenir? Il ne te restait que toi, et si tu n'est plus fidèle à toi-même...? Oui, pourquoi pas ...?

Une larme roula de l'oeil de la jeune fille.

Et si je me trompais depuis le début? Si en fait la vie n'était pas mon ennemie? Si je n'étais pas celle que je crois? Je ne sais plus ...

Elle secoua la tête. Elle n'arrivait plus à penser juste. Et c'est ça qui lui faisait peur justement. Elle était en train de se perdre. Et c'était une chose intolérable. Alors oui, pourqoi ne pas sauter? Qui la regretterait? Lui? Non ... il l'oublierait vite. Après tout, ils n'avaient fait que discuter ensemble une fois ... Prenant une inspiration, elle ferma les yeux, alors qu'une autre larme tombait sur le sol.


Je n'en peux plus ...
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Julian Effeday
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Julian Effeday

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MessageSujet: Re: Là où les pensées naissent et se meurent   Là où les pensées naissent et se meurent EmptyMer 23 Aoû - 17:34

On se dit tous ça un jour. Ce n’est pourtant pas une raison pour verser des larmes.

La voix de Julian, bien plus forte que celle de la jeune fille, résonna un instant en tombant dans le ravin devant lequel il se tenait. Le regard fier, la cape au vent, le sourire au coin du visage, il observait intensément la jeune demoiselle. Ses cheveux noirs négligemment coiffés battaient à présent l’air au rythme des bourrasques de vent. Les mains calées dans ses poches, il regardait la jeune fille qui semblait en proie au doute le plus évident, des larmes horriblement douces coulant ses pommettes. Elle semblait triste et cherchait des réponses. Comme toutes les personnes qui venaient dans ces montagnes sans doute.

Sa longue cape bleue nuit frappa l’air avec férocité. Le vent froid lui fouettait le visage et il sentait ses pieds s’engourdir depuis plusieurs minutes. Comme chaque soir, il arpentait les environs, presque automatiquement. Il surveillait. Sans doute plus que tout autre préfet. On lui avait assigné une nouvelle tâche contraignante. Qu’il exécutait bien volontiers. Car il avait à présent beaucoup de temps pour pouvoir rencontrer des gens en toute discrétion.

Il s’approcha doucement, avec circonspection, de la jeune fille, préferant éviter une chute mortelle. Elle était plutôt jolie. Bien qu’elle ne fût pas rousse. Et elle devait avoir une ou deux années de moins que lui.

Il s’arrêta à trois mètres d’elle. Lui lança un regard à la fois sévère et réconfortant, il se présenta.


Je suis Julian Effeday, de Serdaigle. Qui es-tu ?
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Eterna W
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MessageSujet: Re: Là où les pensées naissent et se meurent   Là où les pensées naissent et se meurent EmptyJeu 24 Aoû - 19:34

Peut-être vaut-il mieux pleurer que se taillader le bras, qu'en penses-tu?

Le vent plaqua les longs cheveux noirs de la jeune fille contre son visage alors qu'elle se retourner pour interroger le jeune homme du regard, ou tout du moins de son oeil bleu, le seul visible pour l'instant. Mieux valait que le noir reste caché, au moins pour l'instant. Les gens réagissaient souvent très mal en le voyant... Mais qu'en avait-elle à faire? Elle tira sur les manches de sa cape, dissimulant ainsi mieux ses bras, de peur que le vent ne découvre la véracité de ses paroles: qu'une fois, pour une seule et unique fois, elle avait préféré essayer de faire le point plutôt que de se procurer n'importe quel objet tranchant et de s'en servir sur elle-même.

Elle détailla la personne qui s'était adressée à elle du regard. Un garçon, comme elle l'avait deviné au son de sa voix. Un préfet, s'il on en croyait l'insigne épinglé sur sa poitrine. De Serdaigle, ainsi que le confirmait son blason au fond bleu et bronze, représentant un aigle aux ailes déployées. Serdaigle. La maison qu'elle méprisait sans doute le moins. moins que ces sans-personnalité de Poufsouffle, et moins que ces prétentieux de Gryffondor. peut-être est-ce pour ça qu'elle ne le jeta pas. Peut-être aussi parce qu'elle pleurait. C'était étrange, pleurer. Elle n'avait pas fait ça depuis très longtemps. Pourtant ... c'était une sensation plutôt agréable. Même si cela la mettait à nu. Quelle importance? Bien sûr, il y avait ce garçon, Julian, puique tel était son nom. Et alors? Elle n'avait jamais baissé sa garde devant personne, c'était vrai. Mais quelle importance... Tout le monde avait ses moments de faiblesse... Tout le monde sauf toi Eterna... Et voilà, ça recommençait. Cette révolution intérieure commençait sérieusement à l'user. Elle secoua la tête, avant de se tourner complètement vers le garçon, dans un tourbillon sombre. Tout était noir chez elle, de la pointe de ses bottes à son pendentif en forme de pentacle. Elle eut un sourire un peu lointain en répondant à sa question:


Qui je suis? C'est justement là le problème. Mais je suppose que tu voulais parler de mon nom... je m'appelle Eterna, Eterna Wyrven. Et je suis de Serpentard, enfin, aux dernières nouvelles.

Son blason vert et argent semblait lui jeter un regard mauvais. Une Serpentard, parler tranquillement avec un Serdaigle? Où allons-nous? Elle l'envoya paître d'une simple pensée. Et alors? Si elle avait envie de parler! Envie de parler. Encore quelque chose qui n'allait pas bien. penchant la tête sur le côté, elle eut un léger rictus en voyant qu'il se tenait à distance. Un peu le vertige sans doute? Un regard en arrière. c'est vrai qu'elle était près du vide. Elle haussa les épaules avant de retourner son regard vers le paysage environnant. C'était magnifique .. Depuis combien de temps n'avait-elle pas observé simplement le paysage? Elle secoua la tête, et une autre larme dégringola sa joue d'une pâleur cadavérique.
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Julian Effeday
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MessageSujet: Re: Là où les pensées naissent et se meurent   Là où les pensées naissent et se meurent EmptyVen 25 Aoû - 15:07

Une partie de moi approuverait ce que tu dis, mais cette partie, cela fait longtemps que je le l’écoute plus. Je préférerais encore m’ouvrir les veines que pleurer. Mais j’ai sans doute eu une éducation assez… extrême.

Cela n’était pas faux. La simple idée de verser une larme ré pulsait Julian depuis toujours. Il avait bien trop pleuré dans sa jeunesse. Il avait bien trop subi. Son père pleurait sans cesse. Il ne voulait pas faire la même chose. Pleurer est la marque des faibles, de ceux qui ne savent pas se contrôler, donc les émotions sont facilement libérables. Julian n’était pas de ces gens, il faisait tout pour ne pas l’être.

Il se rapprocha de quelques pas de la jeune fille, les mains encore dans les poches, un sourire bienveillant au coin de la bouche, malgré un regard dur et noir. La falaise était abrupte. La hauteur ne le gênait pas, bien au contraire, il éprouvait une euphorie particulière à survoler son environnement. Mais il devinait quel serait le résultat d’une chute. Quel gâchis de perdre une jeune fille aussi mignonne.


Ravi de te rencontrer, Eterna.

Une Serpentard. Hum… Sans doute la maison qu’il détestait le moins. Surtout depuis qu’il avait appris qu’il avait les mêmes qualités et opinions que bon nombre d’entre eux. Les deux maisons étaient sans doute le duo de l’intelligence et de la malice : Serpentard le rusé, Serdaigle l’intellectuelle.
Une nouvelle larme coula le long de sa joue. Elle semblait épuisée. Pas par des efforts physiques, non. De grands obstacles étaient venus barrer une vie paisible qu’elle aurait pu avoir. Elle avait presque une tenue gothique. Mais Julian avait discerné une lueur de fragilité dans son regard troublé par les larmes.
Elle était jeune. Quatorze ans ? Quinze, pas plus. C’est triste, de voir une jeune fille en fleur pleurer au bord d’une falaise. Une jeune fille complètement désespérée… face à un ravin… Allait-elle… ?


Sèche tes larmes. Sinon tu vas avoir une mine affreuse.

Un sourire amusé illumina soin visage blanc. Julian s’approcha un peu plus et se fixa devant la jeune fille. Elle avait les cheveux aussi noirs que les siens. Un visage aussi pâle que la lune. Une jeune fille d’aussi effrayante que fascinante.

Que fais-tu ici ? Tu es bien loin de l’école, et les lieux sont plus risqués qu’il n’y paraît. L’école a interdit les sorties aussi tard et aussi loin.
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Eterna W
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MessageSujet: Re: Là où les pensées naissent et se meurent   Là où les pensées naissent et se meurent EmptyLun 28 Aoû - 13:52

J'aurais sans doute dit la même chose que toi il y a à peine une semaine. sauf pour l'éducation. Mes parents auraient dit le contraire. En fait, non, l'idée de s'ouvrir les veines ne leur aurait même pas effleuré l'esprit.

La tête baissée, Eterna se retint de se mettre vraiment à pleurer. Elle n'aimait pas parler de ses parents, et elle s'en voulait d'avoir dit ça. Non, ils n'auraient jamais eut l'idée de s'ouvrir les veines. non, ils n'auraient jamais eut l'idée que leur fille puisse être anorexique. Et enfin, non, il n'auraient jamais pensé, au grand jamais, que leur fille s'intéresserait de près ou de loin à la magie noire. Elle secoua la tête. Elle les décevait sans doute. ils devaient avoir honte d'elle. Ce n'est pas ma faute, c'est la vôtre, vous n'aviez qu'à pas me laisser ... Ces mots, elle les pensa avec une extrême violence, comme à chaque fois qu'elle essayait d'y voir un peu plus clair, ou qu'elle déprimait en pensant à eux. Oui, elle leur faisait sans doute honte, peut-être les répugnait-elle même. Mais ce n'était pas sa faute, elle essayait de s'en convaincre. Elle n'était pas destinée à devenir ce qu'elle était aujourd'hui. Une ado paumé qui ne sait plus où elle en est. non, elle aurait dut aller à Gryffondor, devenir préfète, batteuse de son équipe, première de sa classe .. Oui, mais quelqu'un en avait décidé autrement.

Elle était complètement dans le brouillard, mais sentait la présence du jeune homme, pas loin. Chose étrange, d'habitude la compagnie l'exaspérait, mais là, cela avait plutôt un effet apaisant sur elle. Sa respiration était devenue plus facile. Elle ne releva pas pour autant la tête, trop occupée qu'elle était à attaquer une fleur avec la pointe de sa botte droite. était toujours au bord. Elle pouvait encore changer d'avis et sauter. A quoi servait-il de rester? Bien sûr ... morte, elle ne pourrait plus se venger. C'était un problème. Mais si elle restait en fantôme..? Elle pourrait le hanter jusqu'à la fin de ses jours. Oui mais non. Si elle mourrait, elle mourrait. Elle secoua une nouvelle fois la tête alors que une nouvelle larme perlait à son oeil. Elle y avait déjà réfléchi de nombreuses fois. Etait-ce naturel, à 15 ans, de penser à la mort de cette façon? Non. Une voix lui parvint de loin. Elle fut secouée d'un éclat de rire nerveux en l'entendant:"Sèche tes larmes. Sinon tu vas avoir une mine affreuse".


Comme si j'en avais quelque chose à faire... Et comme si ça faisait quelque chose à quelqu'un...

Elle s'essuya cependant les yeux d'un revers de la manche, relevant son regard vers le jeune homme qui s'était rapproché de quelques pas. c'était étrange, ces paroles. Une éducation stricte. Des principes comme les siens. Et elle qui pensait qu'elle était vraiment un cas à part. Peut être pas tant que ça. En y regardant bien, il avait la peau blanche. Cet espèce de décalage entre noir et blanc. Intéressant. Peut-être enfin quelqu’un qui lui ressemblait. Elle éclata d’un grand rire aux paroles qui suivirent :

L’école l’a interdit .. Je crois qu’il est assez clair pour n’importe qui que le règlement, je n’en ai strictement rien à faire. Même si certains le considèrent comme la Bible. Personnellement ni l’un ni l’autre me font rien. Ils sont pour ceux qui n’ont aucun caractère. Et ces lieux, dangereux ? Tu parles à quelqu’un qui est au bord d’un gouffre je te signale. Je le sais .. Et c’est en partie pour ça que je suis là.

Elle eut un léger sourire et s’avança d’un pas, baissant les yeux sur ses chaussures. Quand elle releva la tête, un léger sourire était apparut sur ses lèvres, et quand elle reprit la parole, ce fut sur un ton beaucoup moins agressif :

Désolée … Je ne vais pas bien… Et c’est le seul endroit bien pour réfléchir en paix, loin de tout ce bruit de la salle commune. Et les couloirs .. on risque toujours de tomber sur une personne indésirable.

Et non, elle ne pensait à personne en particulier.
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Julian Effeday
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MessageSujet: Re: Là où les pensées naissent et se meurent   Là où les pensées naissent et se meurent EmptyMer 30 Aoû - 17:03

Elle était vraiment triste. Quoique triste prenait un sens un peu faible dans cette situation. Elle semblait plutôt abandonnée. Aucune jeune fille de son age heureuse ne se serait retrouvée là. Il le savait à présent. Car il aurait pu être à sa place jadis.

Le visage de la jeune fille même presque totalement caché, lui rappelait d’une certaine façon son propre visage. Julian discernait quelques parcelles de peau blanche. Il était aussi pâle que le sien. Un visage blanc, immaculé, fermé. Un teint de marbre qu’il avait lui aussi arboré pendant des années. Comme maintenant. La faute au travail… et à la solitude.

Il se revoyait encore, avec un pincement au cœur, assis sur ce fauteuil si inconfortable et trop grand, dans cette pièce aux dimensions exagérées. La bibliothèque lui avait toujours parue immense, même à présent. Trop grande pour lui. Pour son isolement. Trop d’élèves pouvaient y venir. Pour le voir.
An 2000. Julian n’avait que 13 ans et ses pieds ne touchaient même pas le sol ; la table lui arrivait presque à hauteur des épaules. Il n’avait pas cette chevelure si désordonnée. Elle était plus assagie, bien qu’il n’avait pas pris grand soin de bien se coiffer et elle était bien plus courte. Ses yeux étaient d’un bleu sombre, et non pas d’un noir corbeau comme aujourd’hui. Mais sa peau était toujours aussi pâle. Et ses yeux restaient malgré tout remplis de froideur.
Les autres élèves de son âge parlaient à force de cris dans un coin. Ils perturbaient le travail de tous les autres, pensait-il férocement. Perturbaient son travail. Julian ne pouvait s’empêcher d’entendre les rires et les moqueries. Les farces qu’ils se racontaient entre eux, donc avait été victime l’un de leur camarade. La jouissance du malheur d’autrui. De son malheur. Et cette indifférence. Il ne pouvait s’empêcher de les haïr pour cela. Pour ce bonheur qu’il n’arrivait pas à recevoir.
Et ce devoir qu’il n’arrivait pas à finir. Quatre heures qu’il y travaillait. Quatre heures qu’il n’avait rempli que quelques lignes. Ils le déconcentraient. Il aurait voulu les faire taire, leur imposer le silence. Mais il savait qu’il ne pouvait pas. Qu’il n’était pas de taille. Il haïssait cette torpeur. Il haïssait ces gosses. Et il haïssait ce mépris.


Ca me fait quelque chose à moi en tout cas... Ce sera bien suffisant pour le moment, non ?

Julian sourit à la jeune fille même s’il ignorait si elle pouvait le voir. Sa voix s’était faite subitement douce. Une voix qu’il n’avait plus connue depuis des jours. Une voix calme et sereine, un accent de réconfort. Quelque chose de complètement impossible chez Julian. Il s’attendrissait ? Non. Il compatissait sans doute. Mais rien de plus. On ne change pas aussi facilement.

Elle releva le visage. Il ne pouvait s’empêcher de remarquer une certaine ressemblance. Des cheveux très noirs, eux aussi. Un visage d’une pâleur de page vierge. Une dureté apparente. Les seuls traits qui semblaient les différencier était non seulement les longues traces de larmes, mais aussi un œil d’un bleu éclatant qui contrastait avec un autre noir. C’était à la fois intriguant et attendrissant. La jeune fille en devenait unique
.

Le règlement, je ne fais que l’appliquer. Je préfère établir les règles moi-même plutôt que de les suivre, dit-il avec un nouveau sourire.

Elle avança d’un pas. Julian s’arrêta de parler. Il savait qu’elle était la position d’Eterna vis-à-vis des règles. Il l’avait sans doute deviné dès qu’il l’avait aperçu, même pas besoin de la savoir à Serpentard. Et ne voulait pas s’éterniser dessus.
Eterna semblait jouer avec ce ravin. Il esquissa un geste pour la rattraper. Mais elle n’avançait pas plus. Elle ne faisait que contempler le vide. Elle ne semblait pas prête à sauter au moindre tort. L’ambiance en serait plus calme. Parfait. Il n’aurait pas utiliser sa baguette.


Réfléchir aide à trouver la tranquillité, Eterna. Mais à trop réfléchir, on s’oublie soit-même. Je peux rester ?

Il ne voulait pas imposer sa présence. Si elle désirait être seul il le comprendrait et partirait. Peut-être…
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Eterna W
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MessageSujet: Re: Là où les pensées naissent et se meurent   Là où les pensées naissent et se meurent EmptyMer 13 Sep - 12:46

Quand vous ne savez plus où vous en êtes, quand vous êtes complètement perdu, que vous doutez de tout, et en particulier de vous, qu’il y a t-il à faire ? La plupart des gens retournent vers leur passé, dans un endroit qu’ils ont aimé. Quelqu’un a dit un jour que c’était en retournant dans un endroit qui n’avait pas changé que l’on se rendait compte à quel point on avait évolué. Il avait sans doute raison. Mais pour Eterna, tous les endroits qu’elle connaissait jadis avaient changé. Sa maison avait été vendue, et c’était le seul lieu qu’elle se connaissait, petite. Il y avait aussi la maison de ses grands-parents paternels, mais depuis le temps qu’ils étaient internés tous les deux … Elle n’avait aucun moyen de s’y rendre, alors pourquoi s’y risquer ? Pour se rendre compte qu’elle se fourvoyait depuis le début ? Depuis le jour où elle s’était rendu compte que c’était si facile de se rendre malade ? Depuis qu’elle avait mis la main sur ce bouquin à Sainte Mangouste et qu’elle avait approfondi ces connaissances à un point que personne n’aurait pensé imaginable ? Depuis qu’elle était devenue ce qu’elle était aujourd’hui, cette espèce de parodie de personne à peine humaine, qui ne savait faire que deux choses : souffrir et faire souffrir ? Qui avait rayé le verbe aimer de son vocabulaire pour le remplacer par le verbe haïr ? Depuis qu’elle n’était plus cette petite fille de six-sept ans, souriante et rayonnante, qui croquait la vie à pleines dents ? Sans doute, oui, pour tout ça. Elle n’avait plus d’attache autre que ce fichu orphelinat où elle retournerait jusqu’à sa majorité. Plus d’autre attache que ces murs de pierre noire déprimants, ce trou où l’on vous crie dessus la plupart du temps. Belle perspective. Bien sûr, il lui restait Poudlard. Oui, mais pour deux ans. Un des rares endroits où elle se retrouvait. Où elle pouvait respirer enfin. Oui, mais ce n’était plus aussi simple.

Pourquoi avait-il fallut que cela arrive ? Pourquoi tout remettre en question maintenant ? Tout était pourtant très clair dans sa tête avant. Elle n’avait d’autre existence qu’un nom sur un dossier, nom que les professeurs les plus patients s’évertuaient encore à prononcer de temps à autre, quelques insultes, un mépris indifférent et des livres, des livres sombres et noirs, torturés comme son esprit. Pourquoi alors ? Elle ne voulait pas la réponse, elle ne voulait même pas y penser. Elle ne voulait plus penser, penser, pourquoi faire ? Et si elle mettait un terme à tout ça ? Ca allait vraiment compromettre sa santé mentale. Rire sans joie de son esprit. Depuis quand avait-elle une santé mentale ? Elle était complètement déséquilibrée. La faute à qui ? Pas à elle. Elle avait réagi avec toute la force qui la caractérisait, se rendant plus faible et fragile encore du même coup. Et maintenant, sa force s’en allait. Sans doute s’était-elle voilé la face trop longtemps. Elle s’était détournée de la réalité, elle avait refusé d’admettre la vérité. Elle était devenue autre. Personne ne l’ayant connue gamine ne l’associerait à l’adolescente qu’elle était. Peut être était ce son but. Puisque rien ne serait jamais plus comme avant, elle non plus. Non. Il avait fallut un instant de déséquilibre, un doute. Peut être était-ce une bonne chose .. Mais non, elle ne voulait pas redevenir comme avant, avant c’était trop loin, elle avait oublié …

Secouant la tête, elle recula du bord du gouffre pour aller s’adosser au rocher qu’elle avait quitté quelques minutes plus tôt. Les bras croisés, le regard tourné vers Poudlard, elle écoutait le vent et la voix de Julian qui s’y mêlait de temps à autre. C’était un ton bien différent de tous ceux qu’elle entendait d’habitude, spécialement quand on s’adressait à elle. C’était tellement doux … Une nouvelle larme perla, sans qu’elle puisse la retenir, avant de s’essuyer les yeux d’un geste rageur. Elle s’en voulait de se montrer aussi faible, mais n’était-ce pas ce qu’elle était vraiment ? Faible physiquement, et, quand on grattait un peu son enveloppe de froideur et de mépris, fragile à l’intérieur. Un léger sourire naquit sur ses lèvres, elle se sentait bien plus calme depuis l’arrivée du jeune homme. Qu’il s’en aille ? Certainement pas ! Non mais c’est quoi cette attitude Eterna ? Elle ferma les yeux, les crispant. Pourquoi se battaient-elles encore en duel ces deux-là ? Mince, elle voulait être tranquille, ne plus réfléchir. Elle avait envie de hurler, mais tout ce qu’elle fit fut tourner son regard vers le garçon qui se tenait toujours légèrement en retrait, et de lui répondre, d’une voix cassée par le trop-plein d’émotions.


Non … tu peux rester … Reste. Je t’en prie.

La dernière phrase était une demande, à la limite de la supplication. Elle ne voulait pas se retrouver à nouveau toute seule face à tout ce doute, à toutes ces questions, à elle même sans doute. C’était trop dur, elle préférerait encore tomber. Mais il ne fallait pas. Elle voulait qu’il reste. Elle arrivait à vouloir des choses bonnes pour elle, elle le sentait. Ce n’était pas sans inquiéter une des voix de son cerveau. Mais elle ne voulait plus rien écouter que les envies qu’elle avait sur l’instant présent, même si cela devait tout changer, tout remettre à sa place originelle. De toute façon, cela ne se ferait pas. Il s’était écoulé trop de temps, il y avait eut trop de souffrance, trop de chemin pour pouvoir faire marche arrière. C’était devenu impossible, et si impossible n’est pas français, il devait sans doute être bien anglais. Elle avait encore envie de pleurer, mais se retint, se rappelant les paroles de Julian. Elle soupira à la place. Qu’était-elle devenue ? Retournant son regard sur ses mains, l’une marquée de traces sanglantes, elle eut un sourire triste, et dit, comme pour elle-même :

Pourquoi faut-il qu’on change ? Et après, tout remettre en question. Pourquoi faut-il un jour se retourner et se dire qu’on a tout raté ? Qu’on est peut-être passé à côté de ce qu’on aurait dut être …

Sa voix se brisa, et elle plissa les paupières, retenant une larme qui menaçait de déborder.

HJ: Désolée pour le retard ...
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Julian Effeday
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MessageSujet: Re: Là où les pensées naissent et se meurent   Là où les pensées naissent et se meurent EmptyMar 26 Sep - 15:59

[HJ : désolé de même pour le retard. /HJ]

La voir ainsi était triste. D’une tristesse telle qu’il n’en avait encore jamais connue. Car cette tristesse était assumée pleinement et libérée. Eterna pleurait, montrait sa douleur, et essayait de faire quelque chose pour la surmonter, même si son acte était inutile et extrême. Mais au moins, elle faisait quelque chose pou ne pas rester dans cet état de larmes et d’abandon.

Pas comme Eric.

Le père de Julian avait sans doute été aussi triste que la jeune fille. Peut-être plus. Peut-être moins. Mais ils avaient tous deux sombré dans le désespoir. Sauf qu’Eric, lui avait abandonné toute lutte. Il s’était laissé allé aux pleurs et au regret. Julian se souvenait d’une seule image de son père : un homme maigre, puant, assis depuis des mois sur le même siège, se nourrissant à peine, ne vivant que parce qu’il n’avait pas le courage de remonter la pente ou de mettre fin à tout cela définitivement.
Eric était un lambeau d’être humain. Julian avait voulu l’aider à cette période. Sauver ce qui restait. Sauver un père qui avait été maladroit et aimant… Tenter l’impossible pour un père…

« Laisse-moi, je te dis ! Tu n’es qu’un gosse, incapable de saisir le moindre de mes sentiments, incapable de comprendre ton propre père, idiot ! Tu ne peux rien, j’ai tout raté, et ça se reproduira pour toi aussi ! Tu finiras comme moi, comme ton grand-père, inutile de lutter pour notre survie… On est des incapables, Julian… J’en suis un, inutile à la société, et tu seras comme moi, tôt ou tard… »

Ces mots étaient inscrits à jamais. Comme les écrits antiques, ces mots étaient devenu son anti-Credo. Il s’était juré de ne jamais être ainsi. Et il a abandonné toute idée de sauver cet homme.
Mais peut-être arriverait-il au moins à sauver Eterna ?


D’accord, Eterna. Je reste…

Julian fit quelques pas en direction de la demoiselle. Elle semblait perdue dans de profondes pensées. Mesurait-elle le pour et le contre d’une fin rapide et immédiate ?

J’ai profondément changé il y a peu. Mon caractère, mes traits, mon moi d’avant, je les ai transformés. Parce que je me suis fais la même réflexion que toi… Je ne voulais pas passer à côté des choses que les autres méritaient mais pas moi. Le bonheur, l’amour, la popularité.
Alors, j’ai décidé de changer. Radicalement. Et cela m’a été bénéfique. Tu as changé aussi, sans doute contre ta volonté, et cela te bouleverse. Tu sais d’où tu viens, ce que tu es devenu, mais tu ne sais pas comment tu l’es devenu ni pourquoi.
Et ça t’effraye. Car comme tout le monde, au bord du gouffre, tu ne peux t’empêcher de penser : et si je tombe ? Ou pire : suis-je déjà tombée ?


Julian s’approcha un peu plus d’elle. Ses mots se faisaient plus doux, sa voix plus tendre. Il essayait de la comprendre. Car il se doutait que leurs sentiments étaient peu être assez proches l’un de l’autre. Le vent sifflait toujours. Les oiseaux piaillaient avant la nuit. Et la falaise résonnait d’un écho sombre.
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Eterna W
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MessageSujet: Re: Là où les pensées naissent et se meurent   Là où les pensées naissent et se meurent EmptyMer 18 Oct - 19:22

Cette nuit. Cette nuit qui tombait, fraîche, et presque douce. Une douceur qui vous donnait à la limite envie de pleurer. Le genre de nuit où on peut voir toutes les étoiles, les compter, les appeler par leur nom. Une Lune pleine s’élevait déjà, nimbant les ténèbres grandissant de sa lumière blafarde. Lumière blanche se reflétant sur deux visages aussi pâles, au bord d’un précipice. Eterna, les yeux rivés sur ses mains, tentait en vain de comprendre comment elle était arrivée là. Comment était-elle passée en quelques jours du statut d’orpheline insensible fière de sa froideur à une jeune fille en larmes au bord du gouffre dans tous les sens du terme, à se demander si finalement, sa vie, elle n’en était pas passé à côté. Mais même vie. Vie. Comment penser à un tel mot ? Pour elle c’était contre nature. La vie. Quelle histoire. Une blague sans doute, une plaisanterie. Qu’était la vie sinon un labyrinthe dont la seule issue était la mort, jalonné de haies qu’étaient les souffrances, de pièges, d’ornières, et dont on ne sortait jamais intact ? C’était exactement ça. Alors pourquoi regretter, maintenant ? cela n’avait aucun sens. Mais avait-elle un sens, elle ? Sûrement pas. Non-sens, en français ou en anglais c’est la même chose. Elle était un non-sens, rien de plus, rien de moins. Non-sens. Son existence n’avait pas de sens. N’avait plus de sens. Pour qui vivait-elle, pour quoi ? pour elle ? mais elle n’était rien ! Elle n’était plus rien, ne valait plus rien, elle n’était qu’une espèce de monstre, tout juste bon à faire le mal, à menacer, à envoyer paître les autres, sans aucun sentiment, un bloc de glace, de marbre, de béton, de tout ce que l’on voulait. Alors penser aussi amèrement qu’elle aurait put avoir une vie… Comment l’aurait-elle pu ? Seule, complètement déboussolée, sans attache ? En écoutant tous ces gens qui lui avaient tendu la main à ce moment-là ? Oui. Mais elle avait peur, elle était perdue … Ils l’auraient aidé à retrouver le droit chemin. Celui de la raison, du bien, cette grande route tout droite et éclairée qu’empruntaient tant de gens. Oui, mais elle en avait choisit un autre. Un autre, plus tortueux, plus sombre … Et voilà ce qu’elle était devenue.

Pas très grande, elle ne l’avait jamais été, mince comme ce n’était pas permis, mais personne ne disait rien, car elle ne tombait que très rarement évanouie, et le peu de fois où cela arrivait elle limitait les dégâts, de sorte qu’on ne l’avait jamais embêtée à Poudlard pour ça. Il n’en restait pas moins qu’elle avait de plus en plus de marques rouges sur les mains et de plus en plus besoin de faire appel à son sortilège de régénération, ce qui n’était pas une bonne chose s’il on comptait que cette « méthode » de magie était toujours accompagné d’un triple retour, qui ne faisait pas forcément du bien, sans compter que les risques de se faire prendre étaient multipliés … Et même, ce n’était pas conseillé de tirer autant sur la corde, un jour elle allait céder et se retrouver sur un lit dans une chambre de Sainte Mangouste à avoir des traitements pour se remettre, sans parler d’un suivi psychologique inévitable. Non, non, elle avait toujours tout fait pour éviter ça. Et elle tenait le choc. Elle pouvait encore toiser le monde de derrière ce rideau sombre que formait sa chevelure, et ses yeux ne trahissaient jamais la moindre flexibilité. Elle n’avait aucun ami, pas d’attache, pas de sentiments, rien. Elle était vide, une simple coquille sans grand intérêt, qui n’avait soif que d’une chose : la vengeance. Le pourquoi du comment du fait qu’elle restait en vie. Se venger. La justice. Quelle justice ? Elle n’était même plus sûre, là maintenant, tout de suite. Tuer cet homme. Froidement, non. Mais avec un plaisir sauvage, le faire souffrir, le torturer jusqu’à la folie, pour qu’il la supplie de l’achever. Le détruire, le réduire à néant comme il l’avait fait pour elle. C’était lui qui la hantait, mais il n’était pas le seul. Un autre la tourmentait nuit et jour, jour et nuit.

Les yeux les plus verts qui soient au monde. Deux prunelles de jade qui fixaient le monde d’un regard froid et lointain. Une chevelure d’argent qui renvoyait les rayons du soleil … Sous l’effet de ce souvenir, la jeune fille se prit la tête dans les mains, enfonçant ses doigts dans ses cheveux, ses ongles prune se plantant à moitié dans son crâne. Pourquoi avait-il fallut qu’il lui adresse la parole, pourquoi ? C’était sa faute à lui après tout si elle n’allait pas bien en ce moment. Il avait tout détruit, de quelques paroles bien ajustées et bien placées qui avaient fait mouche à chaque fois. Pourquoi, pourquoi, POURQUOI ???? Elle secoua la tête, crispant ses paupières dans un effort désespéré pour ne pas se mettre à hurler. Avant, elle ne serait jamais remise en question comme ça. Avant elle n’aurait pas put imaginer que tout ait pu être différent. C’était insupportable, ces vagues de souvenirs qui remontaient, cette mélancolie, et plus que tout, cette détresse profonde qui la mettait au pied du mur ; cette impression d’avoir tout fait de travers, que de toute façon elle ferait mieux d’en finir tout de suite avant d’aggraver encore ce qu’elle était, mais en même temps qu’elle importance avait ce qu’elle était, qui en avait quelque chose à faire, en avait-elle même quelque chose à faire d’elle, ou quelque chose à faire de n’importe quoi d’ailleurs ?

Ces pensées s’emmêlaient dans sa tête, étaient en train de la rendre folle, quoiqu’au point où elle en était, c’était à se demander si plus folle ça pouvait exister, et elle voulait que tout s’arrête, qu’on arrête de l’embêter qu’on la laisse, zut, qu’on la laisse dans son erreur si elle était dans l’erreur, à quoi bon avoir des regrets ou des remords, ce qui est fait est fait, il n’y a plus rien à en dire … Oui et bien alors chut, ça commençait à bien suffire, elle allait exploser, exploser … Dans ce brouillard presque opaque dans lequel elle était replongée, la voix de Julian lui parvint à nouveau, s’infiltrant entre les mailles de son mur, louvoyant entre les écueils des pensées, les récifs des sentiments pour s’imposer à elle, aussi clairement que si elle lui avait été murmurée à l’oreille. Et une fois de plus, le miracle se produisit : tout se tut en même temps, et il n’y avait plus que ces paroles, et le silence de la nuit maintenant tombée. Et ce calme, autant intérieur extérieur … c’était étrange, très étrange, mais elle avait arrêté de se posé des questions, elle voulait juste que la voix ne s’arrête pas de parler, elle avait un effet apaisant sur elle, chose tout à fait bizarre étant donné qu’en temps normal la voix des autres suffisait à l’énerver. Mais celle ci avait quelque chose de plus, quelque chose qu’elle n’avait pas l’habitude d’entendre, cette espèce de tonalité qui vous donnait envie de pleurer et vous faisait vous sentir bien, extrêmement bien. Un peu de douceur… C’était une chose des plus agréables. Et ces mots. Ces mots lui parlaient, l’atteignaient à chaque fois. Pas pour lui faire du mal, la blesser, non … Ils étaient d’une justesse sans pareille. Elle comprenait, elle ressentait chacun d’entre eux.

Desserrant légèrement l’emprise de ses mains sur son crâne, elle releva doucement la tête et planta son regard dans celui de Julian. Son regard complet. En effet, son geste nerveux avait replacé ses cheveux derrière ses oreilles, dévoilant ainsi entièrement son œil noir. Ses deux yeux exprimaient la même chose : le sentiment d’être perdue, infiniment perdue. Son visage n’avait pas réussi à ré enfiler son masque de froideur, et l’expression d’Eterna était une des plus inhabituels. Un visage ouvert, mais triste, profondément. Elle eut un léger soupir, avant de prendre la parole.


Un changement radical que tu as fait … Je ne peux plus changer, il est vraiment trop tard. Et je ne sais même pas si j’ai envie de changer. Sans doute que quelque part oui… ma vie aurait put être tellement différente.

Baissant de nouveau les yeux, elle se leva, se remettant sur ses pieds, elle vacilla légèrement avant de se reprendre. Mauvaise idée déjà pour quelqu’un de normal de se relever brusquement, alors pour elle … Avançant de quelques pas vers le bord de la falaise, enfonçant les mains dans les poches de sa cape, elle laissa son regard errer sur le paysage avant de continuer.

J’aurais put être quelqu’un d’autre, quelqu’un de complètement différent… En fait je n’aurais jamais du aller à Serpentard. J’aurais du être à Gryffondor, comme mon père. Une grande blagueuse, la première à faire des coups tordus pour provoquer les Serpys ; j’aurais dut être brillante en classe sans me forcer, j’aurais dut faire partie de l’équipe de Quidditch j’aurais dut …

Sa voix se brisa, et elle se tourna de nouveau vers Julian.

Jamais je n’aurais dut devenir ce que je suis aujourd’hui. Personne ne l’aurait imaginé. Personne. Ca ne leur serait même jamais venu à l’esprit. Mais seulement, cette vie bien ordonnée, je n’ai jamais put l’avoir. On en a décidé autrement, et voilà où j’en suis.

C’était étrange de parler comme ça de sa vie avec quelqu’un tout court, mais encore plus avec une personne qu’elle ne connaissait que depuis peu de temps. Mais sans savoir pourquoi, elle sentait une ressemblance, quelque chose d’étrange, et ça ne la gênait en fait pas du tout. Elle eut un sourire un peu triste, avant de finir.

La question en se pose pas pour moi je crois. Je suis tombée dans le gouffre depuis longtemps, très longtemps … Sans doute trop longtemps …
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Julian Effeday
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MessageSujet: Re: Là où les pensées naissent et se meurent   Là où les pensées naissent et se meurent EmptyMer 7 Mar - 7:27

[Sur demande d’Eterna (à qui on ne peut décemment rien refuser, l’avantage d’une bonne RPGiste) je reprends le RP après l’avoir laissé en suspens.
Ce RP se déroule il y a plus d’un mois, avant l’absence du Julian. Il n’a donc aucun rapport avec les RPs actuels auxquels je joue..
Voilà pour le contexte.]



Tu ne peux pas changer maintenant en espérant que cela contrebalancera avec ton passé, Eterna. C’est arrivé, quoi que ce fut, et tu ne peux rien faire contre. C’est triste à dire, mais on ne peut rein faire contre les souvenirs, aussi puissants sorciers sommes-nous. La magie peut remonter dans le passé, mais pas briser les lignes du Temps.

Julian disait cela avec une gravité qui ne lui était pas coutume. Il avait un ton de vieux sage conseillant son disciple sur les énigmes de la vie.
Il avait eu des années à pouvoir réfléchir sur sa vie et sur son avenir. Il avait vite compris que, lui non plus, il ne pourrait pas oublier ce qu’il avait vécu. Ce serait se mentir soit même, et voiler sa mémoire ne durait jamais longtemps. Aussi avait-il décidé de vivre avec ses remords, ses mauvais souvenirs, et de les mettre à profit. Pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Pour gagner en force.

Julian ne bougea pas lorsqu’elle se releva, mais esquissa un sourire mi-accueillant, mi-soulagé de la voir témoigner un peu de courage. La jeune fille n’avait peut-être pas eu envie de faire ça. Il fallait parfois se retrouver au bord du gouffre pour voir les choses en face et essayer de résister.
Eterna l’avait fait au sens propre du terme. Mais elle restait fragile.

La question de l’influence des maisons revînt encore à l’esprit de Julian. Lui qui s’était torturé l’âme à essayer de devenir ce qu’aurait pu devenir Julian Effeday en Gryffondor, en Serpentard… Il regrettait presque en être arrivé à cette discussion.

Il se rapprocha de la jeune fille, et observa le paysage lui aussi, mais sans vraiment s’y intéresser. Le tableau restait pittoresque. La jeune Serpentard, perdue et brisée, et le préfet de Serdaigle, toujours fier, toujours arrogant, qui dévoilait une part de sympathie.
Le vent battait leurs cheveux. La robe de Julian claquait au vent, menaçante. Le silence était giflé par les sifflements des bourrasques à leurs pieds. S’ils étendaient les bras, pourraient-ils voler ?


Sais-tu ce qu’est la solitude, Eterna ?

Julian continua de fixer l’horizon. Non, il s’y cramponnait plutôt. Il savait qu’il ne devait pas se dévoiler. Il ne fallait pas. Ce serait dangereux. Autant pour sa fierté que pour son avenir.
Mais le fait était là. La jeune fille en était aux confidences. Julian avait beaucoup de choses à dire, et aucune oreille ne pouvait l’écouter.
Une rancœur datant de plus de 5 ans jaillit de sa gorge, en phrases cassantes et vindicatives.


La solitude, c’est pas être seul. Non, ça, c’est la définition académique. Être seul, point.

Non, la solitude, c’est être ignoré. Du moins, c’était ma forme de solitude. J’étais ignoré, simplement. Pendant un temps, j’ai subi moqueries, blagues blessantes et autres remarques déprimantes quotidiennement, et je gardais le silence. J’étais le sujet des foutons-nous de lui. Le p’tit nouveau, pas bien grand, pas bien charmant, qui inspirait tant de blagues.
Je trouvais cela lamentable. Se moquer d’un mec qui ne pouvait pas répliquer, faute de courage ou de répartie. Julian, petit Serdaigle je-sais-tout, fais-nous rire.
Et puis on m’a oublié. Petit Julian n’était plus amusant. Il était devenu banal. C’est à peine si on me saluait. Je regrettais presque les quolibets.


Julian sentit sa gorge se nouer. Ses mains au fond des poches étaient crispées à en avoir mal. Il gardait le regard droit, la bouche pincée de frustration et de colère.
Il y avait là toute la rage d’un garçon, qui avait bouillit en lui pendant des années, jour après jour.


Devine-tu seulement de quoi je parle ? Passer cinq années de ta vie à ne parler à personne, n’avoir aucun ami, aucun contact avec qui que ce soit ? On peut le comprendre, mais personne n’aimerait le vivre.
Et en plus, je cherchais cette situation. Je détestait le genre humain, pour m’avoir fait souffrir, et donc je rejetais mes bourreaux. Mais, cercle vicieux, en, faisant cela, je ne liait connaissance avec personne. Je ne voulais de personne et je m’en plaignais. Paradoxal, non ?
Donc, de mon côté, j’ai vécu dans l’ombre de tous. Sans me démarquer. Comme un courant d’air. C’était une situation confortable et détestable. J’étais un des meilleurs élèves, on ne m’embêtait pas et je n’avais d’autre souci que ma scolarité. Mais je restais seul au milieu de 600 élèves.

Je voulais être populaire, respecté, aimé, apprécié, doué, désiré. Je n’avais rien de cela, et je ne faisais rien pour. J’étais passif.
Mais voilà, ça m’a fatigué. Fatigué que personne ne me remarque. Fatigué que personne ne reconnaisse que j’étais talentueux, exceptionnellement talentueux. Fatigué d’être promis à un grand avenir, et d’y rêver plutôt que de l’ambitionner.
Donc, plutôt que d’attendre que le destin ou le hasard se décide enfin à faire de moi quelqu’un, j’ai pris les choses en mains, Eterna. Et ce fut la meilleure décision de ma vie.
J’ai fais en sorte de changer, aussi bien physiquement que mentalement. Finis, les raisonnements hargneux contre le genre humain. Je savais ce que je voulais être, et je me débrouillais pour l’être. J’étais timide et maladroit, je suis devenu arrogant et prétentieux. J’étais silencieux et patient, maintenant je parle, j’élève la voix, j’exprime mes idées sans attendre le tour des autres, et je soutiens que mes idées restent les meilleurs quoiqu’on dise.
J’étais méprisable, je deviens admirable. Charismatique, puissant, imposant. On me craint presque aujourd’hui, et j’inspire la curiosité et l’avidité. Imagine donc. Imagine ce changement et ma frénésie. J’ai réussi, et au delà de mes espérances.
Il m’a fallu un an pour en arriver là, et quand je vois ce que j’ai été, moi aussi, je voudrais tout recommencer à zéro.
Mais voilà, je ne peux pas. Tant pis, je rattrape le temps perdu. Qui aurait pensé que le frêle Julian deviendrait la figure de proue de la maison Serdaigle ? Qu’il gagnerait si facilement en responsabilités ? Qu’il serait respecté par les gens même du Ministère ?

Il n’est jamais trop tard, Eterna. Au contraire, plus tu entreprendras le changement tôt, et plus il sera facile de changer. Au delà d’un certain âge, changer est obsolète et inutile. Tu es encore jeune, c’est le moment ; tu peux sauver ce qui reste et le magnifier. Fais comme moi.
Il n’est pas question de ce qui aurait dû t’arriver, Eterna. Ces arguments ne mènent pas loin, et ne te feront pas évoluer. Pense autrement ; ce que tu dois devenir. Fixe-toi un objectif, et ne le lâche pas. On t’a refusé une vie pleine de joies et de réussite. Tu méritais mieux, et cela t’a été interdit ; ne t’en apitoie pas, cela ne changera rien. Venge-toi, et exige encore mieux que ce qui était censé t’arriver. Si tu estime que tu l’as mérité, rien ne doit t’arrêter.
En tout cas, moi, rien ne m’arrêtera.


Il s’approcha encore. Cette prose, il l’avait faite des mois plus tôt, il se l’était répété inlassablement, pour se convaincre, pour s’affirmer, pour montrer qu’il était capable de mieux, qu’il méritait mieux et que c’était à sa portée.
Ces mots lui faisaient encore mal. Car ils démontraient une vérité terrible ; il avait raté près de 15 ans de sa vie.
Il n’en voulait pas d’avantage.


Julian abandonna sa contemplation du monde. Le sujet était Eterna, sa vie, et c’était elle qu’il essayait de convaincre. Il lui saisit doucement la main –froide, terriblement froide-, et par une légère traction, il l’invita à se tourner vers lui. Il l’observa cette fois-ci profondément, plongeant ses yeux noirs dans ceux bicolores d’Eterna, sa dureté comme argument supplémentaire.
Toute cette tristesse… dans leurs yeux à tous les deux.
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