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 * Emphrépathe *

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Corwin Egnis
Serdaigle
Serdaigle
Corwin Egnis

Nombre de messages : 347
Age : 27
Age Roleplay + Sorts : 15 ans sorts 1 2
Capacités Spéciales : Emphrépathie noire - Force Accrue - Métamorphose Démon Sentinelle - Aura d'intimidation - Immunité au feu - Charme Oral
Créature : Démon Hybride
Date d'inscription : 11/03/2011

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MessageSujet: * Emphrépathe *   * Emphrépathe * EmptyDim 14 Avr - 21:50

- Qu'est-ce que tu attends au juste??
- Lâche-moi je me concentre!!
- Bon ! Prends ton temps...
- Hmm...les gens comme toi font ça?
- Les gens comme nous font ça.
- Et ça t'éclate?
- Eh bien...disons que ça dépend. Chacun a ses propres tendances. La plupart que tu rencontreras ne l'ont jamais utilisé, car ils ne le détiennent tout simplement pas. Mais, de temps en temps, on peut en croiser de la même nature que toi.
- Parce que je suis d'une autre nature que les autres maintenant?
- Par essence nous le sommes tous. Seulement, quand je parle de ta nature, je veux parler de ce que tu es capable de manier. C'est un don formidable, mais terriblement dévastateur lorsqu'il est correctement utilisé. Aussi, il te faut t'entraîner un peu! Tu sors à peine de l'enfance au final!
- C'est ça ouais... T'es sûr de vouloir parler de mon enfance maintenant? Parce que si ça marche mieux en étant en pétard on peut carrément pulvériser les scores !! Qu'esse t'en penses, hein?,
- Hmm... On verra ça plus tard. Allez, dépêche-toi. Il va bientôt partir.


Corwin reprit sa pose initiale. Face à lui se tenaient des tours de bureaux interminables, cylindres vitrés sans distinction aucune. Mais tout concordait. Quoi de plus rassurant qu'une city symétrique, reflets chromés et lumière assommante des néons. Rien de laisser au hasard, alors que pourrait-il bien arriver? Tout est sous contrôle. Tout suit son cours, sans que rien ni personne ne vienne jamais semer le trouble, et mettre à bas cet ordre si durement établi. Alors, qui pourrait s'attendre à ce que ça parte en vrille? Personne.
Surtout pas celui que le Serdaigle observait depuis un petit moment. Un de ces hommes d'affaires, que l'on peut voir dans les films, cheveux plaqués, costard sur mesure et serviette en cuir finement tanné. Le parfait archétype de l'individu contemporain. Tous l'envient et désirent être comme lui. Et une fois qu'ils touchent à leur but, ils découvrent avec horreur, puis abnégation, que tout le monde se ressemble. Entrer dans le moule, pour ne finalement plus être qu'une copie, d'une copie, d'une copie.

Alors autant foutre un peu la jungle histoire de les réveiller...


- Vas-y!

Abigor le pressait. Sa présence était comme une chape de plomb; aux cotés des humains, une aura terrifiante s'échappait de son corps, et à quoi bon la dissimuler ici puisque personne ne pouvait la sentir. Hormis Corwin, qui devait par contre user d'efforts pour ne pas plier constamment lorsqu'il lui parlait. Le passage vers un âge plus avancé en temps démoniaque, une autre enfance durant laquelle tout être supérieur vous faisait courber l'échine par sa puissance. Si vous ne vous montriez pas résistant au bout d'un certain temps, vous deveniez l’un de ces "fonctionnaires infernaux" comme il lui avait expliqué. Dans le cas contraire, les multiples castes s'offraient à vous.
Dès le départ, Corwin avait montré des signes de contestation envers Abigor, mais ce dernier l'avait vite remis à sa place. Cependant, il ne devait pas s'attendre à voir un agneau docile constamment.


- Arrête de penser et agis!!
- Ca va j'y vais!!!


Agacé, Corwin ne se concentra finalement que sur sa cible, faisant abstraction de tout le reste : insectes, oiseaux, piétons, bâtiments, tout se retrouva confondu en un noir total. Seul l'homme à la serviette apparaissait. Il semblait tout voir et tout entendre à présent: le battement sourd de son cœur, les sucs de son estomac en travail, les fibres de tissu sur sa veste, les minuscules résidus d'un pilling trop forcé... Des vagues de chaleur lui vrillaient la tête, une symbiose nouvelle se développait en lui, s'ancrant terriblement le long de ses vertèbres, le raidissant pour ne plus être qu'un point de concentration brute.

- Ne le lâche pas... Imagine que tu te tiens juste à côté de lui, et que tu envoies tes filets pour l'enserrer et ne plus le lâcher. Fais de lui ce que tu veux... Ressens ce qu'il ressent, sers-t-en et utilise-le...contre lui.

Ses pupilles se dilatèrent. Des stries d'encre et d'acier apparurent au coin de ses yeux. Des veines noirâtres et gorgées de fiel se dessinèrent le long de ses tempes. En paradoxe, malgré son cerveau en travail son pouls diminua tellement que plus une seule parcelle de son corps ne sembla bouger. Et tel le froid d'hiver s'abat sur le monde, Corwin délogea subitement la faiblesse recherchée, implacablement: l'homme s'évertuait à cacher sa peur de chuter, de faillir à quelque chose d'important, et cette crainte s'était logée profondément en lui, bien qu'il ait tenté de la dissimuler. Des rubans sombres se mirent à onduler autour de l'homme, que seul Corwin pouvait percevoir, et il s'en servit instantanément, comme mû par un instinct tortueux et foutrement agile. La toile se referma selon son dessein, et bientôt il laissa réapparaître le décor de la city et de ses passants. Il n'avait plus qu'à attendre, ne pas rompre le lien, et envoyer ce qu'il désirait.

L'homme marchait dans la foule. En totale harmonie avec le reste des sympathisants à la course au pognon, son faciès ne laissait rien transparaître, hormis de très légers spasmes peu perceptibles, sous la paupière. Une angoisse terrible l'agitait, celle de ne pas avoir rempli correctement son boulot, de se faire humilier devant les autres par son conard de patron, et de rentrer le soir pour annoncer à sa femme que sa prime n'était plus d'actualité. Ressassant encore et encore, sa main libre se crispa. Et quand la frustration et l'angoisse devinrent soudain trop insoutenables, un hurlement horrible sortit de sa bouche, et creva la bulle si stricte du lieu. Alors que tous se retournaient outragés par un tel comportement, l'homme jeta sa serviette au travers de la foule, et fonça vers une des tours de verre, les larmes aux yeux. Il se sentit tellement démuni face à sa faiblesse, qu'une envie aigre de violence le saisit. Les gens s'écartaient à son approche, comme s'ils craignaient d'être contaminés par ce soudain accès d'hystérie. Et à l'instant où deux gardes coururent à son encontre, l'homme s'écroula, comme fauché en plein vol. Son corps s'affala de tout son long. Des yeux larges et hagards apparurent lorsque les gardes le soulevèrent. Et un nouveau brouhaha se mit en branle.


- Allons-nous-en. Viens.

En un instant, Corwin et Abigor disparurent, laissant le vacarme en contrebas.

- Koph ! Koph !
- Comment te sens-tu ?
- Raah… J’sais pas… J’ai l’impression que je vais m’écrouler. Je suis complètement engourdi…
- Il te faut t’hab…vite penche-toi !!


Le contenu de son estomac se répandit dans le caniveau.

- Respire mon garçon. Reprends tes esprits ça va passer.
- Ouais… Ça va, ça va… Ça commence à aller mieux
.

S’essuyant brièvement, Corwin se redressa, prenant une large bouffée d’air. Sa tête lui faisait encore un peu mal, mais la sensation de malaise s’en était allée avec les restes de son repas.

- On va aller s’installer quelque part, le temps que tu reprennes totalement tes esprits.
- D’accord… T’as raison, faut que je me pose un peu. On croirait pas à de telles répercussions, hein ?


Le pas encore quelque peu chancelant, Corwin suivit le démon dans un dédalle de rues animées. Un marché se tenait non loin, et le vacarme ne semblait jamais cesser, tant les vendeurs s’époumonaient à rameuter la foule. L’odeur des étalages faillit lui retourner l’estomac une fois de plus, mais il tînt bon.
Abigor poussa la porte d’un pub, l’enjoignant à entrer d’un signe de tête. Et ils pénétrèrent ensemble dans une vaste pièce au bois clair et chaleureux. Quelques petits groupes occupaient les tables, sirotant une bière accompagnée de pickles.


- Rien qu’à voir toute nourriture j’ai l’impression que je ne pourrai plus jamais rien manger.
- Ha! Tu vas voir, l’appétit va te revenir plus vite que tu ne le penses.


Ils s’installèrent un peu plus au fond. Un feu trônait à leur côté, réchauffant délicieusement le corps du Serdaigle. Le mal était passé. Toutefois, il sentait que la faiblesse était toujours bien présente.

- Tu vas manger quelque chose, peu importe ce que tu en penses. Et si tu fais la fine bouche, je te promets de t’en enfoncer directement dans le gosier. Ais-je été assez clair?

Les sourcils arqués, Abigor le fixait d’un air dur. Corwin fit un instant la moue, puis hocha la tête.

- Bien. Alors, attends-moi là je vais aller commander quelque chose qui devrait te réjouir au plus haut point !

Et sur ces paroles, il se releva pour se diriger vers le bar.

Pendant qu’il passait commande, Corwin se mit à l’observer: Abigor était un bel homme, mais dont les traits paraissaient pour le moins contre nature. Un visage fin et sans imperfection, des yeux d’un marron chaud attirant sans aucun effort les gens à lui, des cheveux mi- longs passés en arrière, dont quelques mèches venaient lui barrer le regard. Et le tout surmonté d’une moustache et d’une barbe fine. C’était une beauté surnaturelle, mais bien différente de celle des vampires qu’il avait croisés: celle d’Abigor semblait avoir été créée pour plaire à tous, et l’on sentait que la vie bouillonnait en lui. Cependant, quelque chose de malsain en émanait, une odeur trahissant sa nature non-humaine. Corwin sentait les siècles qui avaient marqué son existence, une existence plus que sombre. Et le danger perlait de lui comme un torrent de montagne, dévastateur.
Lors de leur dernière entrevue dans les montagnes, où James et Chloé s’étaient invités, le Serdaigle avait bien senti ce qui animait réellement ce nouveau père: James avait usé de son charisme et de ses pouvoirs pour impressionner Abigor, mais en réalité, ce-dernier n’aurait fait qu’une bouchée de lui. Corwin était même persuadé qu’il les aurait anéantis, lui et Chloé, en un battement de cils. Ce démon était sans doute la créature la plus puissante qu’il avait rencontrée. Et une foule de questions venaient à l’esprit du garçon, avide de savoir qui cet homme était réellement, bien qu’il resta sur ses gardes pour le moment. Avoir un père surgissant de nulle part ne mettait pas forcément en confiance…


- Voilà pour toi !

Sorti de ses rêveries par la voix, Corwin vit en face de lui une assiette remplie de divers morceaux de viande épaisse et juteuse. Le fumet du plat vînt titiller agréablement ses narines, et un grondement sourd émana de son ventre vide.

- Toujours décidé à ne rien manger ?

Un sourire fugace passa sur son visage.

- Je crois que…je vais juste goûter pour te faire plaisir.

Corwin pouffa, et se jeta sur son assiette, avalant goulument les morceaux tendres et savoureux. Et pendant qu’il dévorait, Abigor fit la conversation en se chauffant les mains près du feu.

- A mon avis, ce n’est pas la première fois que tu te régales autant avec de la viande. Vois-tu, ton régime alimentaire a déjà changé sensiblement, car ta vraie nature a pris possession de ton corps et de ton esprit. Tu ne vas pas devenir carnivore non plus, cependant, tu t’accommodes mieux de la chair animale car elle t’apporte plus qu’une nourriture commune d’humain. Beaucoup d’entre nous se nourrissent exclusivement de viande. Et certains même… - il jeta un coup d’œil vers Corwin - …de viande humaine.

Corwin cessa de mâcher un instant.

- C’est dégueulasse !
- Ha ! Tu as encore beaucoup à apprendre quant à la nature démoniaque mon petit ! Nous sommes pour le moins…compliqués.
- Ah bon ?
Corwin repoussa son assiette vide, repus et désormais en pleine forme. Mais j’aurais des questions à te poser sur tout cela…si tu es disposé à y répondre.
- Je t’écoute.
- Ben…à vrai dire, je ne sais rien de toi. Tu es arrivé vers moi après des années d’absence, j’ai grandi sans avoir de père, et maintenant que tu es là, et que nous partageons certaines choses, je me dis que je ne te connais absolument pas. Encore moins ce que tu es réellement.
- Oh…je me demande si tu es assez près pour tout entendre…
- Tu sais, j’ai vécu bien des choses pendant ta fuite… J’aurais beaucoup à te raconter en fait, en partie sur la façon dont tout s’est transformé en moi… Enfin bref, tout ça pour dire que je pense être apte à écouter.
- Mmh… Soit, je vais t’expliquer pour l’instant brièvement qui je suis. Ou plutôt celui que j’étais. Tu comprendras peut-être mieux ce qui nous lie après cela…


Abigor lui expliqua alors pendant de longues minutes ce qu’il représentait : l’un des êtres les plus puissants du monde infernal, l’ordre qui y régnait et son rôle dans cette hiérarchie stricte et sanguinaire.

- J’étais une toute autre personne autrefois. Quelqu’un de…froid, et fondamentalement mauvais. Nous nous ressemblons plus que tu ne peux le croire Corwin car, comme toi tu en seras capable plus tard, je manie les émotions à mon aise. Je manipulais l’esprit de l’Homme pour le mener à tuer son prochain, à semer la discorde aux quatre coins du monde. As-tu déjà entendu parler de la ville de Sodome ?
- Euh…oui bien sûr. J’aime beaucoup l’Histoire et la mythologie.
- Une bonne chose. Alors tu sais sans doute que selon la Bible, Sodome fut détruite par la main de Dieu. Tout comme trois autres villes de la plaine.
- Oui, et alors ?


Abigor le fixa.

- J’ai causé la perte de Sodome.

Corwin écarquilla les yeux.

- Tu es sérieux ?!
- Ai-je l’air de plaisanter ?
- Puta*n… j’suis sur le cul là!
- Parle correctement… Pour faire court, nous nous amusions tous à pousser les hommes aux péchés, à la lubricité… Nous en avons profité de longues années, et avec le plus grand plaisir. Et malgré tout cela, la ville demeurait un symbole pour le monde entier. Aussi, j’ai eu pour mission d’insuffler la destruction au sein même de la cité. Démolir une telle attraction pour le monde des humains aurait des conséquences plus qu’appréciables… Et elle a fini par s’effondrer sur elle-même. J’en ai été l’instigateur. J’ai insufflé dans le cœur de chacun la haine et la convoitise. La violence. Ses habitants ont fini par s’entredéchirer, à avoir recours au viol et au meurtre, revenant aux plus bas instincts pour ne faire plus qu’un avec leur nature bestiale. Ils n’ont jamais été aussi proches de leurs origines qu’en cet instant-là. Et ils ont tous péri dans un brasier des plus gigantesques. Et suite à cela, pendant maints siècles j’ai parcouru le monde, semant à droite et à gauche les graines de la violence et du mal le plus brut que l’on pouvait insuffler. Voilà qui je suis, Corwin. Un démon. Un membre de l’une des castes les plus puissantes du plan infernal, et l’un de ses meilleurs. Tout du moins, je l’étais avant de rencontrer ta mère
.

Corwin tiqua à ces derniers mots. Parler de sa mère lui procurait une sensation étrange venant d’un autre. Mais mettant cela de côté, il demeurait stupéfait, et presque effrayé après tout ce que lui eut conté Abigor. Tout cela dépassait ce qu’il avait pu s’imaginer quant à son rôle de démon. Et il ne savait plus à présent trop quoi penser; Abigor était-il toujours néfaste pour la race humaine ? Ou avait-il réellement changé à l’instant où il avait rencontré Elisa ? Le Serdaigle était légèrement perdu avec toutes ces nouvelles données qui s’agitaient dans sa tête. Mais après tous ces récits, quelque chose comme une fierté malsaine s’était nichée en lui: la fierté d’avoir un père si puissant et capable de mettre à bas tant de choses. Car depuis son enfance, Corwin avait toujours désiré, sans se l’avouer jusqu’à l’année passée, de voir le monde s’embraser, et se vider de tous les rebus néfastes à une existence simple et paisible. Là était d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles l’ADT lui avait tant plu. Finalement, peut-être se ressemblaient-ils un peu.

- Penses-tu que je suis un monstre, Corwin?
- Euh…eh bien je ne sais pas trop. En vérité, je comprends le plaisir que l’on peut trouver à…détruire des choses, même si ce n’est pas quelque chose de juste. On m’a souvent expliqué que le bien n’était qu’une question de point de vue, et je me suis moi-même perdu de nombreuses fois à cause de cela. Mais je ne peux pas te blâmer, non seulement parce que tu n’es pas humain, mais aussi parce que je n’ai pas toujours été bon. Alors non, je ne te prends pas pour un monstre. Et pas pour un ange non plus!


Ils pouffèrent brièvement.

- Ne me parle pas d’eux, ils me tapent sur le système…!
- …t’es sérieux ?
- Tu en rencontreras, ne t’en fais pas pour ça! Et ils essaieront sans doute de te ramener dans le droit chemin…ou de te tuer, ça leur arrive souvent aussi. Donc si jamais tu en croises un plus tard, pousse-le à se foutre sa maudite dague dans le fondement, ça lui fera une fin originale.
- Ha… Pourquoi pas…! Mais…dis, qu’est-ce que je suis réellement au final? Ma mère…elle n’a jamais pu m’expliquer ce qui se passerait. J’ai toujours été seul, et les seules réponses que je désirais amenaient encore de nouvelles questions… Alors, j’aimerais savoir…


Abigor l’observa un instant, mains croisées devant la bouche, sans ciller. Puis, hésitant, il se mit enfin à parler.

- Il existe de nombreux genres de démons, Corwin. Certains ne sont que des créatures de bas étage, extrêmement vicieuses, et occupées à servir le Maître toute leur vie. Et les autres se répartissent en un nombre important de classes, du simple tueur au démon de classe supérieure, comme moi. Je suis un démon de classe B, l’un des plus puissants du monde infernal, sans me vanter. Et nous sommes nombreux à ce rang. Chacun d’entre nous commande des légions de guerriers, et il nous arrive régulièrement de nous bouffer le nez les uns les autres. J’en avais moi-même soixante sous mon contrôle.
- Mmh... la Bible ne ment donc pas sur votre contrôle d'armées assoiffées de sang? Enfin, d'après tout ce que j'ai pu lire sur ton monde, tu détiens donc l'une des plus importantes. Impressionnant...
- Détenais. D’ailleurs, si je revenais parmi mes semblables, beaucoup de mes anciens guerriers reviendraient pour me servir à nouveau. Certains m'ont rendu quelques services pendant ma fuite. Mais je t'en parlerai plus tard. Pour en revenir à nos moutons, tu as ensuite les groupes de fonctionnaires dont je t’ai déjà fait « l'éloge » ! Ceux-là ne s’intéressent pas à grand-chose, hormis à s’occuper des diverses affaires du royaume dans les différents plans. Car même chez les démons, il y a, ce qu’on pourrait appeler, une administration bien rodée. Je te passe après ça les détails sur toutes les autres races car on en aurait pour la nuit. Cependant, il existe encore une caste dans la hiérarchie démoniaque, et elle est pour le moins à part. Communément, on l’appelle la caste des « Sentinelles ». Vois-tu, notre maître a besoin d’avoir une garde permanente, les mutins sont hélas une espèce courante parmi nous. Il s’entoure donc, depuis des siècles, des meilleurs guerriers qu’il est possible de trouver. Et ces guerriers sont, comme toi, des hybrides.
- Il y en a beaucoup ?
- Des tas ! La copulation entre créatures de nature différente est une chose des plus communes depuis des siècles. Cependant, ne crois pas que tous les êtres engendrés après un rapport de ce genre deviennent des gardes de Lucifer. Peu d'entre eux ont le droit à ce...privilège ! Il faut que tu saches que dès qu'un hybride est créé, le Déchu est automatiquement au courant. Et selon la nature de l'hybride, il préconise les dons qu'il sera capable de développer. Un putain de sixième sens hein ? Certains sont donc choisis directement et enrôlés pour subir un entraînement des plus sévères, de manière à créer des guerriers impitoyables et beaucoup plus puissants que la plupart de tous les démons. J'ai déjà vu l'un d'entre eux massacrer une légion entière à lui seul. Alors, tu penses bien qu'ils représentent une protection plus que confortable.
- Mais...comment se fait-il qu'aucun démon ne soit venu me chercher moi ? Enfin, je ne suis pas déçu du tout, au contraire ! Mais je me pose juste la question.
- Mmh...Je t'avais expliqué vaguement les raisons de mon départ quand tu étais encore nourrisson. Je devais te protéger. Ta mère et moi n'aurions jamais souhaité que tu te fasses enrôlé là-dedans, jamais de la vie. Mais nous savions qu'ils viendraient, et j'ai donc fait en sorte que les Sentinelles que j'avais aux trousses s'éloignent de vous. Et Elisa vous à protégés tous les deux grâce à de nombreux sortilèges anciens de protection. Elle a réussi à te cacher aux yeux des démons pour te permettre de grandir dans un monde plus ou moins normal. Je suis fier d'avoir connue une telle personne...vraiment. Seulement, ils ont fini par vous retrouver, et Lilith, l'un des êtres les plus vicieux En-Bas, s'est chargée de la tuer... Et je crains qu'un jour tu ne la rencontres toi aussi, elle ou je ne sais quel autre envoyé du plan.


Ébahi par cette révélation, le garçon resta muet un instant. Depuis quelques temps, les doutes quant à la véritable disparition de sa mère le tiraient du sommeil. Son monde s'était écroulé en la perdant, et connaître enfin l'identité du véritable coupable de ce meurtre lui balançait des décharges douloureuse de peine et de haine.
La chaleur du feu commença à se faire étouffante. La respiration saccadée, ses mains agrippèrent brutalement la table. Bouillonnant de rage, des griffes saillantes commencèrent à entamer le bois. Ses yeux devinrent un puits de noirceur, quand une poigne ferme lui saisit alors le bras.


- Contrôle-toi!! Endure la douleur et canalise-la! Il faut que tu dépasses tout ce qui te ronge depuis ton enfance. Elle a été dure et éprouvante, même pire que cela et j’en suis en grande partie responsable, mais nous ne devons pas pleurer ceux que l'on a perdu. Leur dernier souffle doit nous porter, nous pousser à avancer encore et encore. Et parfois même à écraser ce qui nous barre le chemin.

Les narines dilatées, il essayait tant bien que mal de se calmer, mais il pouvait déjà sentir sa mâchoire s’agrandir et laisser passer des pointes recourbées, entamant sa lèvre inférieure. Abigor lui releva la tête pour le fixer avec force, lui enserrant le crâné, ne lui permettant aucunement de se défaire de son regard.

- Corwin, être ce que tu es demeura la chose la plus difficile de toute ta vie. Elle te forcera toujours à te remettre en question, car tu te demanderas sans cesse « mes actes sont-ils dignes de ce que je suis et représente ?». Mais nous sommes des prédateurs, c'est comme ça. Si tu renies ce que tu es, tu te feras pourchasser, torturer et mutiler. Ils te feraient subir plus que tu ne peux l'imaginer... Alors tu dois être prêt à frapper dur, à rendre coup pour coup si c'est nécessaire, et même à tuer le premier. Tu dois aussi être prêt à tout quitter s'il le faut.
- Je…je ne sais pas si j’y arriverai…
- tentait-il d’articuler.
- Tu y arriveras, sois en sûr. Mais pour cela tu dois te forger une résistance à toute épreuve, et un contrôle d’acier, qui te permettra alors de pousser quiconque à la chute. Et avec le temps, si tu le voulais, tu pourrais même décimer l’entière population de ton école, ainsi que tes compagnons d’arme. Tu serais capable de les pousser à s’entretuer, sans qu’aucun d’entre eux ne puisse résister. Tel est notre pouvoir.

Corwin se leva soudainement les traits crispés.

- Pourquoi leur ferais-je du mal?? Pourquoi voudrais-tu que je les tue?!

La voix alors gutturale d’Abigor le força à reculer légèrement.

- Modère ton attitude Corwin et évite de me menacer avec tes griffes.

Les rétractant, Corwin se rassit, le ton de son père reprenant ses teintes veloutées mais fermes.

- Ne te méprends pas mon garçon, je ne veux aucun mal à tes amis, et je ne désire pas que tu les fasses disparaître. Je tiens juste à te montrer de quoi tu serais capable en t’entraînant. Même si son attitude était plus que discutable, Chloé t'a sauvé l'été passé. Or si tu avais été au fait de tous les pouvoirs que tu possèdes, tu aurais pu t'en passer allègrement. Il est donc grand temps pour toi de te forger de nouvelles armes, et de te détacher de ta vision trop étroite des choses.

En un rire aux relents amers, Corwin s'extirpa de la table. La morsure glaciale du vent lorsqu'ils sortirent lui procura une sensation d'allégresse. Ouvrant une large bouche de contentement, encore munie de quelques crocs, ils s'immiscèrent dans la pénombre de la nuit tombante, empruntant les dédales de rues exiguës à grande vitesse.

Sa nuque se raidit. L'esprit en alerte, une trace nauséabonde vînt le titiller et lancer des vrombissements dans son ventre
.

- L'occasion est trop belle...

Tout comme lui, les pupilles d'Abigor se dilataient en partie, et sa lèvre supérieure se retroussait sous le battement de son pouls accéléré.


La femme gémissait de peur. Son chemisier de soie ballottait mollement, laissant entrevoir le début d'un sein. Sa pommette légèrement fendue laissait s'échapper quelques gouttes de sang, atterrissant lentement sur les ecchymoses naissant sur sa gorge. L'un des types s'afférait déjà à déchirer le pantalon fin sous les pulsions de sexe frénétiques. Les deux autres se contentaient pour l'instant de tenir leur proie solidement, la maintenant tranquille à grands renforts de claques et d'injures obscènes. La jeune femme tentait encore vainement de gesticuler, en un ultime désir de survie déjà avorté.
Campé devant la peau dénudée, le premier homme s'apprêtait à souiller sa victime lorsqu'une poigne de fer sembla s'accrocher à sa nuque. Son dos s'arqua violemment, et une terrible sensation de peur se mit à l'assaillir. Pantalon sur les chevilles, un accès de panique le fit choir dans une flaque poisseuse, constellant ses membres de tâches sombres et odorantes. Ses yeux exorbités et injectés se tournèrent vers ses deux complices, occupés alors à s'entretuer sous le regard ébahi de leur ancien gibier. L'un d'eux avait déjà réussi à arracher à l'autre quelques morceaux de gorge du bout des ongles, et dans une rage démentielle lui avait finalement extrait la carotide d'un geste brusque. Et dans un dernier sursaut d'auto-mutilation et d'autodestruction, il se mordit la langue suffisamment fort pour finir par s'étouffer dans son propre sang.
Le visage horrifié, le dernier du groupe contemplait la scène sans rien y comprendre. La peur revînt alors à la charge, s'insinuant violemment en lui, et se frayant rapidement un chemin jusqu'à son cœur affolé, incapable de supporter plus de ce traumatisme psychique. Son corps s'écroula mollement, au milieu des poubelles éventrées.
Ebahie et effrayée par cette scène morbide, la jeune femme s'était réfugiée derrière une benne à ordures. Hormis sa respiration saccadée, plus aucun bruit ne régnait dans la ruelle sombre. Ses yeux affolés parcouraient le lieu, craignant d'être touchée elle aussi par un nouvel embarquement de violence. Dans la pénombre et le silence, elle sentit alors comme un contact doux et chaud sur sa tête. L'impression que quelqu'un la berçait avec affection, éloignant ses craintes, et les amenant à fuir son corps meurtri. Une sensation de sérénité la gagna totalement, et finit par lui donner la force de se relever. Réajustant comme il était possible ses vêtements déchirés, elle s'éloigna lentement sans un dernier regard pour les corps mutilés, et quitta la ruelle. Ses pas, plus sûrs qu'elle ne l'aurait escomptait, la poussait à revenir vers la lumière, et lui firent bientôt regagner un quartier mieux fréquenté. Des gens accoururent en l'apercevant dans un tel état, et alors que l'on venait s'occuper d'elle, une pensée se logea doucement en elle, à travers une quiétude nouvellement trouvée. Elle se dit que, finalement, quelque chose pouvait parfois encore veiller sur l'humanité.
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