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 *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia)

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Zarahel Xanthay
Le Monde regorge de Créatures
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Zarahel Xanthay

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MessageSujet: *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia)   *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia) EmptyDim 4 Mai - 20:38

Une soirée de plus à errer dans les rues qui se vidaient peu à peu de toutes âmes humaines. Je précise humaines car des êtres il y en avait plein, toujours, dans ces rues sombres seulement ils n’étaient pas souvent humains. Depuis ma renaissance j’avais eu l’occasion de voir et de sentir beaucoup plus d’êtres qu’il ne m’avait été donné de le faire avant. Il faut dire aussi que ma nouvelle liberté m’ouvrait des opportunités que jamais je n’avais eues lorsque j’étais élève à Poudlard. Car oui, peut-être ne le saviez-vous pas mais j’ai été une des élèves de cette prestigieuse école. Elève avec ma chère Aurore… Mais nous ne sommes pas ici pour parler de ça, n’est-ce pas ? Non, je dois vous parler de cette soirée. Donc, comme je l’ai déjà dis, j’errais encore une fois dans les rues de la belle capitale anglais, lorsque l’envie me prit d’aller dans un endroit que je ne connaissais pas.

Drôle d’idée effectivement. Une jeune femme se promenant seule au milieu de la nuit, dans les rues désertes, se dirigeant vers elle seule savait où, cela aurait pu faire partie du scénario d’une de ces séries Z dont les moldus raffolaient. Mais non, je vous rassure, ou pas d’ailleurs… Suis-je si effrayante que ça ? Pourtant je vous promets que j’ai rangé mes jolies dents à l’heure où je vous écris, lorsque je me dirigeais vers Kensington Gardens aussi d’ailleurs. Car c’est bien là que j’avais l’intention d’aller pour changer un petit peu de ce bon Soho. Bien sûr l’idée que je puisse faire des rencontres peu recommandables ne m’avait même pas effleuré l’esprit. Une créature de ma sorte ne pouvait avoir peur de quoique ce soit. Moldus, sorciers ou autres… Je n’avais pas encore pu beaucoup apprendre depuis ma renaissance, mais je savais au moins ça.

Kensington Gardens était fermé bien sûr. L’heure tardive en était la cause. Ah cette manie qu’ont les moldus de tout vouloir fermer. Cette volonté de sécurité et de paix absolue… Je pensais à cela en sautant lestement par-dessus la grille qui entourait la partie sud du jardin. C’est impressionnant ce que le simple fait de se sustenter sur de la potion anti-cramoisie développe tous les sens. Les sorciers appellent les gens comme ça des sentinelles. C’est comme un don, une capacité. Nous autres, sommes tous faits ainsi. Et j’ai entendu dire que ça devient de mieux en mieux avec l’age. Enfin… Par age je suppose que vous comprenez ce que je veux dire. Revenons à notre jardin si vous le voulez bien. Donc je venais d’atterrir dans un buisson de chrysanthèmes, quelles horribles fleurs entre nous soit dit, et me relevais lorsque je sentis une odeur humaine, car oui, sachez bien que vous avez une odeur toute particulière.

Lentement mais sûrement j’avançais, posant un pied devant l’autre, sentant les feuilles crisser sous mes pieds. J’ai entendu dire que plus tard, beaucoup plus tard, je pourrai voler, me transformer… Mais peut-être n’est-ce qu’une légende, je ne saurai vous répondre à cet instant précis. Mes pupilles semblaient êtres contrôlés par une force externe à ma personne, tout comme mes oreilles d’ailleurs. C’était comme si quelqu’un me disait vers où les braquer. Les silhouettes se détachaient dans la nuit comme en plein jour. Bien sûr les couleurs étaient moins faciles à voir mais je pouvais les distinguer. Quant aux sons, j’entendais trop fort tout ce qui ne m’intéressait pas. Ah… Un bruit court, sec. Est-ce que c’était… Je dois admettre que j’eut à peine le temps d’identifier cela comme le bruit d’un briquet réchauffant le bout d’une cigarette que je voyais déjà ce même bout. Un peu plus loin. Une centaine de mètres. Peut-être un peu plus. Un simple point incandescent à hauteur d’homme. Non, c’était une femme…

Je ne pu empêcher le sourire qui vint se peindre sur mon visage. Très léger, subtil, invisible à vrai dire. Mais moi je le savais là. Qu’importait à vrai dire. La vraie question aurait du être pourquoi l’avais-je laissé se ficher là ? L’autre question évidente qui me vint à l’esprit était concernant cette femme. Que faisait-elle à cette heure-ci, dans ce jardin-ci ? Un coup de vent apporta son odeur directement à mes narines. Oh… Elle devait avoir passé sa jeunesse. Elle sentait le talc, les vieux vêtements… Comme si elle venait d’ailleurs, d’une autre époque. Oui, elle sentait le renfermé. Enfin, si on peut parler ainsi d’un être humain bien sûr.

Je restais où j’étais, à l’observer, pensant à la jeunesse qui s’était échappée de son corps avec le temps, à cette vieillesse que je ne connaîtrai jamais. Et cela me mit de bonne humeur. Elle ne savait pas qui j’étais. J’eus alors envie de jouer un petit peu. Je m’avançais lentement vers elle, mes pieds glissant sur le sol. Mes yeux rivés sur elle, j’attendais quelque chose de sa part. Je ne parlais pas, je n’émettais aucun son hormis celui de mes pieds dans l’herbe. L’attente est bonne. Et puis, n’ai-je pas toute la vie devant moi ?
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Anastasia de Rochefort
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Anastasia de Rochefort

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MessageSujet: Re: *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia)   *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia) EmptyMer 7 Mai - 18:13

Anastasia se promenait dans les rues de Londres, bien qu’il fasse nuit.
Elle n’avait pas peur des personnes qui pourraient lui tomber dessus,
Et comptait sur sa volonté de vivre et sa connaissance de la magie
Pour résister aux attaques des Moldus.
Elle n’était pas normalement vêtue,
Mais Anastasia n’aimait pas faire comme tout le monde.
Car Anastasia n’était pas tout le monde.
Anastasia portait une longue robe de soirée blanche,
Ornée de dentelles et de magnifiques perles.
Une rivière de diamants ornait son cou.
Le manteau en peau de vison, posé sur ses épaules,
Le fume-cigarette à la main,
Anastasia déambulait dans les ruelles sombres.
Elle faisait un peu tache, même si, me direz vous,
Anastasia faisait toujours tâche, où qu’elle aille.
Ses yeux s’illuminèrent soudain, comme
Les lampadaires qui s’allument la nuit venue.
Devant elle, Kensington Gardens, ou plutôt,
Entre elle et le parc,
Une grille.
Une grande et magnifique grille en fer forgé.
Mais Anastasia n’avait pas l’habitude de s’apitoyer
Sur des monuments de troisième catégorie.
Mais celui-ci était, un peu plus, important,
Car il était fermé, empêchant Anastasia de
Pénétrer dans le parc.
Mais il ne faut pas croire que cela arrête Anastasia.
Un petit sort d’ouverture, et le tour était joué.
Elle marchait d’un pas leste, et noble,
Dans les allées du parc,
Recherchant un monument en l’honneur
De feu Lady Diana.
La nuit était complète, et
Aucun lampadaire n’éclairait les allées.
Seul le rouge de sa cigarette au
Bout du fume-cigarette signalait
La présence majestueuse d’Anastasia.
Car même en privé, Anastasia se tenait toujours droite,
Comme un balai.
Quelques rares étoiles éclairaient le ciel,
Mais la lune était cachée par de sombres nuages noirs.
Il allait pleuvoir.
D’un geste assuré, et ferme,
Elle ouvrit le parapluie d’une seule main,
Maintenant toujours entre ses doigts frêles
Le Fume-cigarette.

Soudain, devant elle, Anastasia sentit comme
Une présence,
Une ombre.
Quelqu’un était là.
Devant elle, comme si la personne
L’attendait, depuis quelques temps.
Comme si elle savait qu’Anastasia
Finirait par passer par ici.
Anastasia resta très calme,
Même si son cœur battait la chamade.
Elle s’approcha doucement, toujours avec
Son parapluie au dessus de la tête, et
Sa main qui faisait l’aller-retour entre
Sa bouche et le vide.
Sa bouche, qui libérait sans cesse
La fumée.
L’ombre n’avait toujours pas bougé.
Droite elle aussi, elle commençait à se
Détailler. On pouvait maintenant distinguer
Une longue chevelure qui descendait
Sur les épaules.
Ses chaussures, mouillés, frôlaient l’herbe.
Un visage aquilin.


Quel drôle d'endroit
Pour se rencontrer ?
N’est-ce pas ?


J'espère bien que cette rencontre
Sera des plus amusantes ...
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Zarahel Xanthay
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Zarahel Xanthay

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MessageSujet: Re: *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia)   *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia) EmptyVen 9 Mai - 1:04

Je savais à présent qu’elle m’avait vue. Elle avait ralentit le pas, imperceptiblement. Je pouvais voir avec certitude maintenant que c’était une femme d’une cinquantaine d’années, un long porte-cigarette à la main, des manières de grande dame du Moyen Age et un air… détaché ? Elle n’était pas surprise en tous cas. Rencontrer une silhouette, car je ne pouvais être qu’une silhouette à ses yeux, en pleine nuit dans le plus grand parc londonien n’avait pas l’air de la déranger outre mesure. Droite comme un i, elle avançait lentement, continuant à bouger comme si elle ne m’avait pas vue. Un parapluie la protégeait des quelques gouttes qui tombaient du ciel comme autant de marques de colère de ce dernier. Je m’étais arrêtée. J’attendais. Oui, une fois encore j’attendais pour l’autre. Danse incroyable que celle de la personne attendant. J’ai appris à aimer ce moment d’observation unilatérale, cet instant où les muscles sont tendus, où la respiration se fait plus lente. Elle ne le savait pas encore, mais j’avais décidé de lui parler. Le savais-je vraiment moi-même ? Sûrement. Même si je n’avais pas formulée l’idée concrètement.

Il y a quelque chose qui est discutable sur ma nouvelle famille, quelque chose qui me trouble d’une certaine façon. Les questions. Oui, les questions me font réfléchir depuis quelques temps. Je n’arrive pas vraiment à savoir comment je dois les prendre. Dois-je me dire qu’elles sont futiles car un jour j’en aurai la réponse ? Oui, c’est obligatoire. J’ai l’éternité pour découvrir les réponses à toutes les questions de la Terre. Ou dois-je me dire que justement, les questions vont occuper mon quotidien qui est si monotone ? Plus de questions j’aurai et plus e serai occupée. Voyez, rien qu’en pensant à cela je me pose des questions et je m’occuper l’esprit. Deuxième solution peut-être alors.

Elle parlât. Elle prononça les mots que j’aurai presque pu dire. Presque car je n’aurai pas parlé en premier. J’aime savoir à qui j’ai à faire et là je n’en savais pas encore assez. Elle s’était arrêtée à quelques mètres de moi. Près. Deux enjambées, trois peut-être. J’inspirai profondément, sentant l’air froid de cette nuit printanière emplir mon nez, ma gorge, mes poumons. Je fis un pas vers elle. Il fallait qu’elle me voit à présent. Qu’elle me voit bien, moi Princesse de la nuit. Oui, j’aime m’appelle ainsi. Zara, Princesse de la nuit. C’est joli. Bien sûr ceci est parfaite futilité, mais je ne peux quand même pas m’amuser à crier sur tout les toits le nom de ma famille. Numenor… Fut-elle moldue elle l’aurait trouvé étrange, sorcière elle aurai su. Je ne voulais ni l’un ni l’autre. Préserver le mystère est un des maîtres mots de notre société.

Lorsque je jugeais que, pour elle, l’attente avait été assez longue, que j’avais peut-être même pu faire monter en elle un sentiment de légère frustration, j’ouvris la bouche. D’abord je laissais mes lèvres s’écarter dans un mouvement proche de la parole puis me ravisais. Une nouvelle fois je vis le porte-cigarette s’approcher des fines lèvres où un semblant de ride commençait à se former. Inspiration. Expiration. Parole :


Ce ne sont pas les mots que j’aurai employé, ou alors avons-nous des standards différents en matière de comique. Quoi qu’il en soit, il me faut admettre que je ne m’attendais pas à croiser quelqu’un ici et à cette heure. Après, je me fourvoie peut-être en disant que la nuit apporte bien des surprises et qu’elles ne sont pas toutes désagréables. Bien au contraire…

Je ne fis aucun geste pour enlever la fine mèche qui entravait à présent mon visage. Poussée par la pluie elle s’était collée sur mon front, barrant légèrement mon sourcil et œil gauches. Je me demandais ce qu’une femme de son âge, parlant anglais avec une pointe d’accent français, habillée comme une reine déchue en exil, pouvait bien faire dans cet endroit sombre par cette nuit pluvieuse. La suite m’apporta quelques réponses qui n’engendrèrent que des questions. Ah, la vie ne tourne donc qu’autour de questions ? Je commence à le croire vraiment. Sachant que la question ultime selon Shakespeare est bien entendu : Etre ou ne pas être… Je vous l’ai dit, je possède l’éternité pour y répondre.
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Anastasia de Rochefort
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MessageSujet: Re: *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia)   *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia) EmptySam 10 Mai - 17:47

On naît nu, mouillé et affamé. Puis les choses empirent.


La pluie tombait maintenant à grosses cordes.
Le parapluie protégeait le manteau en vison,
La robe de soirée,
La rivière de diamants,
Les talons en peau de crocro,
La cigarette.
Anastasia continuait de fumer,
Malgré son vieil âge,
Malgré ses poumons,
Malgré les maladies.
Elle crachait des ronds de fumés
Au visage de la jeune femme.
Sur elle, la pluie.
La pluie, qui coulait à grosses
Gouttes.
La pluie, qui mouillait ses longs cheveux,
Qui mouillait son visage, et
Plaquait ses cheveux dessus,
Cachant ainsi ses yeux.
Anastasia, elle, était à l’abri,
Et son brushing était intact.

Enfin, les lumières s’allumèrent
Grâce à un petit sortilège bien entendu.
Anastasia ne pouvait tout de même pas se
Permettre de passer inaperçue
Surtout devant une personne
Le soir, dans un parc.
Rien ne pouvait lui faire plus
Plaisir à ce moment que d’avoir
Une personne pour l’admirer,
Mais Anastasia pressentait
Qu’elle n’avait devant elle pas une
Personne des plus normales.
Elle se pinça les lèvres,
Etalant un peu plus
Le rouge à lèvres, rouge.
Ses yeux papillonnèrent avec grâce,
Le mascara aidait en grande partie.
Anastasia ne pouvait pas
S’empêcher de regarder dans les yeux
Les personnes qu’elles croisaient
Pour pouvoir s’en rappeler beaucoup plus
Facilement.
Bien entendu, cela en gênait quelques-uns uns,
Mais pas la jeune femme, apparemment.

Anastasia se contenu.
Il faisait nuit, elle avait envie de courir,
De chanter, de vivre quoi !
Mais non, la vieillisse n’aidait pas,
Et la bienséance non plus d’ailleurs.
Et oui, car Anastasia, vous l’aurez remarqué,
N’était plus très jeune.
Les rides étaient marqués, malgré la couche,
Epaisse, de fond de teint, qui ne cachait plus
Les cernes, ces grandes poches sous les yeux.
Le vent, par bourrasques, faisait bouger les branches
Dans les arbres. Quelques feuilles tombaient,
Soit à cause du vent, soit à cause des gouttes
Qui s’amassaient dessus.

Les quelques années passées à Azkaban
N’avait pas arrangé son caractère
Déjà fort exécrable.
Mais Anastasia aimait jouer de cela.
Elle ne pouvait pas s’en empêcher.
Comment pourrais-je la décrire
En quelques mots ?
Eponge …
Eponge ? me direz-vous.
Eponge, car elle aspire
Tous les défauts.

La jeune femme s’était avancé dans la
Lumière. Elle ne bougeait pas, restait sous
L’arbre. Elle soufflait bruyamment,
Comme si elle avait peur.
Peur de dire une bêtise.
Peur d’Anastasia ?
Et que dire face à cette réaction ?
Qu’elle avait raison ? Certes,
Mais pas seulement …

Ce qui frappait surtout Anastasia
Etait la jeunesse qui sortait d’elle
Comme si elle ne vieillissait pas
Comme si elle ne subissait pas
Les outrages du temps
Comme si elle n’avait pas peur
De la fatalité du destin humain :
La Mort.
Et puis, que faisait-elle là ?
Elle aurait pu se retourner la
Question à elle-même,
Mais Anastasia ne se posait pas de
Questions.
Tout ce qu’elle faisait était normal.
Ce que les autres faisait, par contre,
Sortait toujours de la banalité.


Rassurez-vous !
Je ne m’attendais pas non plus
A faire une rencontre maintenant.
Mais parfois, les surprises sont
Désagréables,
Et je comprendrais tout à fait
Que vous passiez votre chemin.


La grande scène de l’acte II
Un classique d’Anastasia.
Tout consistait à attirer
L’attention, en faisant croire
A un quelconque dédain.
Cette scène !
Combien de fois l’avait-elle
Jouée ?
Sans doute trop de fois …
Mais Anastasia était du genre
A radoter sans cesse les mêmes
Scènes, termes, pièces, paroles.
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Zarahel Xanthay
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MessageSujet: Re: *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia)   *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia) EmptyDim 11 Mai - 21:33

Les lumières s’étaient allumées tout à coup. Je dois avouer que cela me perturba quelque peu. Je ne m’attendais pas à cela. La femme qui me faisait face était maintenant plus qu’une ombre, une silhouette dans la noirceur de la nuit. Bien sûr je savais déjà ce qu’elle portait, comment elle se tenait, mais je n’avais pas pu voir jusque-là les expressions de son visage. Ses traits tombants, ses yeux vieillis, sa bouche légèrement, tout cela trahissait une sorte d’amusement peut-être. Comme je vous l’ai déjà dit, bien des fois j’ai entendu dire que mes frères sont capables de lire toutes les expressions, de savoir ce que les gens pensent au plus profond de leurs esprits, mais pas moi. Pas à cet instant. Pas encore du moins. Elle avait l’air étrangement à l’aise sous son parapluie qui la protégeait des assauts célestes mouillés.

Je dois avouer que j’avais du mal à cerner cette femme. La rapidité avec laquelle les lampadaires du parc s’étaient allumés au moment opportun ne me laissait pas me faire d’idées quant à sa nature. Elle ne pouvait qu’avoir un lien avec le monde qui avait été mien avant. Oh, ce temps paraissait bien lointain et tellement proche à la fois. Lorsque je la regardais, je voyais ces femmes qui avaient peuplées les 18 années qu’avait durées ma vie humaine. Ces femmes qui avaient été les ombres voguant dans l’immensité des salons de ma famille. Autant d’aigries que j’étais heureuse de ne plus avoir à affronter lors d’interminables dîners auxquels j’étais forcée de faire acte de présence parce que j’étais LA fille.

A ce souvenir, l’idée de partir sans demander mon reste effleura sérieusement mon esprit. Oui, je l’avoue, je commençais à me demander ce qui me prenait de rester là, sans bouger, à la regarder. Sans même vraiment lui avoir parlé. Elle avait pourtant quelque chose qui m’intriguait. Quelque chose que je n’avais pas vu depuis longtemps et je crois bien que c’est ça qui me poussait à rester. Il me parut que soutenir son regard était quelque chose de surprenant. Je ne sais pas pourquoi j’ai eu cette impression. Peut-être que sa prestance jouait dans cela. Elle ne devait pas avoir l’habitude qu’on soutienne son regard, cependant moi je le fis. Comme je le fais toujours d’ailleurs. Quelque soient les doutes, les questions que j’ai pu avoir depuis que je suis ce que je suis, une chose n’a pas changé. Je gardais, garde et garderai toujours l’habitude de sonder les gens dans leurs yeux. Les regards trahissent peu, rarement.

Elle toujours sous son parapluie, moi toujours sous la pluie. Elle avait parlé, devais-je répondre immédiatement ? Sans empressement, pesant chacun de mes mots, je décidais de jouer avec elle. Petit jeu innocent, sans conséquence, pour meubler ma nuit. Après tout, qu’avais-je à y perdre ? Ou à y gagner d’ailleurs ?


Désagréables ou pas, elles sont souvent intéressantes. Je ne doute pas que celle-ci soit de celles-ci. Si on peut catégoriser les rencontres bien sûr. Quant à passer mon chemin, sachez que je n’en ai nullement l’intention. Je ne sais pas vous, mais je trouve que les jardins sous la pluie ont toujours un attrait tout particulier. Peut-être est-ce une folie que ma jeunesse ne fait qu’aggraver ? Vous êtes la seule à pouvoir le dire avec certitude. Non, ce mot n’est pas juste. Je ne crois pas en la certitude. Vous seule ici avez fait l’expérience de la jeunesse et de sa suite.

Je ne lui demandais pas ce qui l’avait poussé à venir là, par ce temps, à cette heure, ce soir-là. La question aurait soit une réponse évidente de par elle-même, soit elle trouverai réponse d’une façon plus directe. Mais plus tard. Pour l’heure je m’intéressais plus à la réaction qu’entraînerait la légère pique que je venais de lui envoyer sur l’âge. J’allais enfin voir à qui j’avais à faire.

La pluie qui continuait à tomber en grosses gouttes ne me dérangeait pas. J'avais appris à aimer sentir sa force sur mon visage. Peut-être parce que je ne pouvais plus sentir beaucoup de choses de la même manière. Peut-être simplement parce que c'était quelque chose d'éternelle, sans début et sans fin, un peu comme moi. Je me décidais enfin à ôter la mèche qui barrait mon front. Elle ne me dérangeait pas, à vrai dire je ne la sentait même pas, mais j'avais l'impression qu'elle donnait à la femme face à moi une raison de me détailler deux fois plus qu'elle ne l'aurai fait en temps normal. Non, pas en temps normal, car le temps ne peut être normal, le concept de normal n'existe pas et en plus si ces deux choses existaient, alors je n'aurai pas été là. En temps normal, une jeune femme, quelque soit sa condition, ne se trouvait pas dans les parcs au milieu de la nuit sous la pluie.
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Anastasia de Rochefort
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MessageSujet: Re: *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia)   *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia) EmptyMar 13 Mai - 19:27

Si vous n’allez pas à l’enterrement des autres, pourquoi voudriez-vous qu’ils assistent au vôtre ?


Anastasia avait énormément envie de ranger son parapluie, de le replier, d’être, elle aussi sous la pluie. Les cheveux mouillés, le visage sur lequel dégoulinerait de l’eau, des gouttes de pluie. Après tout, ne dis t’on pas que l’eau de pluie est bonne pour le visage ? Mais le vison ! Le vison ne supportait pas, mais alors là, pas du tout, l’eau de pluie. Mais tout ceci n’était que superficiel … Elle en avait encore une collection chez elle, une grande collection. Enlever ce manteau de vison … Enlever ce parapluie qui était toujours au-dessus de sa tête. Enlever tout … Anastasia pourrait facilement se passer de son manteau en vison. Elle avait acquis depuis le temps une nouvelle ligne pour son esprit : « La superstructure domine l’infrastructure ». Et puis, cette jeune femme, au visage pas encore ridé, heureusement pour elle, avait l’air de mourir de froid sous la pluie battante, alors qu’Anastasia avait chaud, n’était mouillée.

Cette femme devant elle, qui avait encore toute sa vie devant elle, et qui paraissait encore vierge de toute émotion, de toute expérience … Encore une vie, une petite vie, une vie qui se terminera par la mort, comme sa propre vie. La seule différence, c’est que celle d’Anastasia se terminerait sans doute plus tôt que celle de la jeune femme. Mais Anastasia avait fait trop d’erreurs dans sa vie, elle avait tout perdue … enfin presque, il restait toujours son manoir et son pied-à-terre. Mais elle avait perdu la présence humaine. Certes, il restait toujours ses domestiques, mais un domestique est-il un être humain ? Je pose la question. Non, elle avait perdu son mari, sa principale source de revenus. Elle avait perdue sa fille, sa fabuleuse fille, bêtement en plus. Elle avait envie de la prévenir, cette femme dans la nuit, la prévenir des erreurs qu’il ne lui faudrait pas faire.

Cette femme était tout de même assez extraordinaire. Elle n’avait pas l’air d’avoir peur dans la nuit seule avec une femme. Elle n’avait pas l’air d’avoir eu peur quand les lumières s’étaient allumées brusquement dans les allées du parc. Elle n’avait pas peur d’Anastasia, mais aurait-elle due avoir peur ? Je pose la question … Car Anastasia n’était après tout qu’une vieille femme, une vieille femme, certes à l’allure d’une grande duchesse, mais une vieille femme tout de même. Dans tous les cas, elle devait être une sorcière, ou une cracmol, ce qui était pire, sinon elle aurait déguerpie en hurlant, et en criant, en agitant les bras dans tous les sens, en essayant de trouvant un policier pour lui raconter qu’une vieille folle faisait des choses bizarres dans un parc la nuit. Une réaction typique d’une Moldue « normale ». Donc, la jeune femme était, sans doute, une sorcière, ou alors … une Moldue anormale …

En attendant, elle était toujours sous la pluie, et Anastasia sous son parapluie. Me direz-vous, est-ce que dans l’esprit d’Anastasia, l’idée d’accueillir sous son parapluie la jeune fille. Partager ? Anastasia ne connaissait pas ce mot. Elle en avait entendu vaguement parlé dans la bouche d’autres personnes. Mais la notion même de partage lui était inconnue. Tout comme la notion de travail et celle de solidarité. Tout cela été absent du vocabulaire d’Anastasia.


Il est vrai que les jardins la nuit sous la pluie (je rime !) sont … charmants, et les rencontres que l’on y fait souvent … exceptionnelles … Votre jeunesse n’y est pour rien ! Tout ce qui compte, c’est la jeunesse de l’esprit et l’ouverture de ce dernier. La jeunesse du corps n’est que le résultat du culte imposé par les jeunes gens. Mais ils sont trop jeunes pour comprendre que ce qui compte vraiment ce ne sont pas le nombre de rides, mais l’expérience ! Il est vrai que j’ai été comme vous, il fût un temps. Mais ce temps-là est bien révolu. J’ai commis des erreurs, et j’en commet encore, la vieillisse et l’expérience de la jeunesse ne change rien.

Il faudrait … une vie éternelle pour comprendre toute les méandres de cette dernière, et ne plus commettre d’erreurs …


La voix d’Anastasia devenait mélancolique. Ses rides se creusèrent un peu plus. Elle se tassa sur elle-même. Pourtant, elle continuait de fumer, fumer sa cigarette au bout de son fume-cigarette.
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Zarahel Xanthay
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MessageSujet: Re: *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia)   *Kensington Gardens* Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait (Anastasia) EmptyMar 8 Juil - 12:38

La femme n’avait pas prit la mouche à ma réflexion sur l’âge. Décidemment rien ne semblait pouvoir la déstabiliser. Je me demandais si ce n’était pas son arrogance et assurance non dissimulée qui était à l’origine de cela. Sûrement. Je ne sais pas pourquoi mais vraiment elle m’intriguait. Il ne faisait aucun doute qu’elle n’était pas bonne mais cela m’intéressait. Je n’avais pas encore décidé ce que j’allais faire du reste de mes jours. Mes longs jours… Ou nuits plutôt. J’hésitais encore quant à la voie que je devais prendre. Je me disais que peut-être elle pourrait m’aider à me décider. Non, pas m’aider à me décider, plutôt à osciller pour un camp plutôt que pour un autre.

Je n’étais pas étonnée de la voir posée et sûre d’elle malgré le temps, le lieu, l’heure de notre rencontre. Il devait y avoir quelque chose de vraiment particulier en elle qui me poussait à l’approcher contre tout bon sens. Quoique… Puis-je vraiment dire cela ? Non, pas vraiment. Car employer cette tournure aurait voulu dire que j’avais quelque chose à craindre de cette représentante d’une aristocratie passée et mourante et ce n’était point le cas. Qu’avais-je, qu’ai-je à craindre d’une sorcière ? De qui que ce soit d’ailleurs ? Ne suis-je pas désormais et à jamais une fille de la nuit, une chauve-souris humaine, une insomniaque forcée ?

Je la regardais, si droite, si fière sous son parapluie, enrubannée dans son vison. L’idée qu’elle avait été belle à une époque me traversa l’esprit mais, ramenant une fois de plus tout à ma petite personne, je chassais cette idée d’un mouvement de la tête. Elle avait peut-être été belle, moi je le serai à jamais. A jamais…

Je me souviens d’avoir ris lorsqu’elle parla de vie éternelle. Se pouvait-il qu’elle ai compris qui j’étais ? Les fossettes au coin de mes joues étaient les seules marques sur mon visage de ce rire. Jamais je n’aurai le visage sillonné comme elle, reflet d’une époque et d’une vie longue et pleine d’évènements. De sagesse peut-être aussi. Je n’aurai jamais de traces physiques de ma vie et pourtant déjà à cet instant précis je comptais apprendre tout ce que je voulais, tout ce que je pouvais sur le monde. Non, je devrai dire sur les mondes car moi aussi j’avais la « chance » d’appartenir à plusieurs mondes.

Je me rendis compte que je n’avais toujours pas parlé en réponse à son affirmation. Un rire n’était pas une réponse de personne civilisée, bien qu’il fut souvent usité en détournement de conversation pour éviter justement toute réponse. La plus vieille d’entre nous s’était tassée, comme si ses propres paroles l’accablaient. Je décidais alors de tenter quelque chose. Risqué certes mais qui pourrai peut-être mettre un peu de piment à la soirée ; car rester là, sous la pluie, à se regarder, n’était peut-être pas ce à quoi je pensais quand j’étais sorti ce soir là.


Vous savez, même une vie éternelle ne pourrait être suffisante pour tout apprendre. Il y a tellement de choses qui sont subjectives et personnelles. Et si je vous disais que j’en ai rencontré des êtres à la vie éternelle et qu’eux aussi doutaient, qu’eux aussi commettaient des erreurs, que diriez-vous ? La nature de la vie ne fait pas tout. Il faut une personne curieuse et sûre d’elle pour réussir à quelque chose. Même si ce quelque chose n’est que de la compréhension.

La pluie s’était arrêté au beau milieu de mon laïus mais ce n’est que maintenant que je m’en rend compte, sur le moment je n’eut pas l’impression que quelque chose nous avait été retiré. Elle était toujours sous son parapluie ouvert et moi, mouillée jusqu’aux os, je la regardais et me demandais si elle avait compris mon allusion. Enfin, ma réponse à sa propre allusion. Je n’allais tout de même pas crier haut et fort ma nature. Je n’ai jamais voulu le faire, jamais je ne le voudrait. Je ne peux pas. C’est ainsi, c’est notre règle à tous. Je la fixais, histoire de voir si elle avait compris. C’est étrange car je n’avais pas le moins du monde envie d’elle néanmoins quelque chose me poussait à tout lui dire, et dans ce cas il m’aurai fallu la tuer.

Est-ce qu’une petite partie de jeu vous tenterai ?

J’avais dis cela d’un ton posé, presque anodin. Je n’avais pas eu besoin de faire d’efforts pour entendre la jeune femme marcher quelques centaines de mètres plus loin. Ses talons claquant l’un après l’autre alors que son pas était rapide mais pas pressé. Elle devait rentrer chez elle après un repas chez des amis, dans un restaurant peut-être. Ses foulées étaient assurées mais pas autant qu’elles l’auraient été en pleine journée. Elle avait peur de croiser quelqu’un. Je décidais que sa peur allait devenir réalité. Je me souviens avoir tourné la tête en direction de la jeune femme qui venait à présent d’entrer dans notre champ de vision. Tout ceci était très risqué. Pas tant pour moi que pour la sorcière. Mais peu importait. Elle m’avait donné envie de m’amuser.

J’attendais qu’elle bouge, qu’elle fasse un mouvement vers la jeune femme qui se rapprochait de plus en plus. Tout ceci allait être déterminant pour la suite de la soirée.


Madame, à vous l'honneur…
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