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 Et ta vie pour mes yeux lentement m'empoisonne (Coin du Monde)

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Kurun Aven
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MessageSujet: Et ta vie pour mes yeux lentement m'empoisonne (Coin du Monde)   Mer 29 Fév - 19:58

- Morning Dew -

Le temps n'est qu'une notion abstraite. Non, c'est une instance de réflexion, il n'est pas. Il n'est que le regard que Kurun abandonne à sa propre trajectoire. Il est l'avant veille du néant qui précéda le vide.
Tout cela, elle l'avait compris auprès de son maître et mentor, loin des babillages d'un Poudlard déjà trop embourbé dans un enseignement sans raison et sans consistance. Et, aujourd'hui qu'elle avait encore tant de choses à apprendre, celui par qui elle était avait dû s'absenter, la laissant réfléchir sur ses pratiques et s'entraîner à voir l'invisible et inscrire son existence dans une époque au delà des âges. Naïf sont ceux qui croient encore posséder une existence, loin d'une vision antique du monde.


L'espace, comme le temps, n'a pas de corps, pas de présence si ce n'est celle que lui accordent les Hommes.
Et c'est dans ce non-espace et dans ce non-temps que traversent les intentions, les idées, et tout évènement prévisible d'une vie un temps soit peu humaine.



Cette nuit là, ou peut-être un matin, alors que les oiseaux déjà adressaient leur ode aux fraicheurs de ces terres, elle savait. L'avait-elle vu, l'avait-elle ressenti ? Elle ne savait plus. Exercice épuisant que de voir ce que le monde lui offrait, ou plutôt, de voir ce qu'on lui donnait à voir. Car elle en était encore là, travailler, oeuvrer, lutter pour percevoir une bribe... Maître Cal les lui soufflait sûrement pour l'aider à croire en elle, et l'habituer, probablement, à former son regard. Intelligence d'un autre ordre que celle de comprendre les flots indéfinis de matière.
Mais elle apprenait, et maintenant qu'elle avait compris le fonctionnement et la réalité de ce monde décharné, qu'elle avait exploré les époques à la recherche d'un oeil sans propriétaire et sans nom, elle commençait à maîtriser son art.
Anrev envoyé en mission, dans cette partie mystique du monde qui porte ses racines, elle ne pu qu'accueillir Furentez, ce petit duc. Il portait le message de confirmation qu'elle attendait, envoyé quelques minutes après que ce visage se soit inscrit en elle. Les yeux verts-jaunes du rapace la rassurèrent.
Elle se leva alors. Ses cheveux, son visage, sa robe de lin blanc, ses pieds nus, et l'herbe verte et fraîche qui l'entourait abandonnèrent la rosée. Son sac était déjà prêt.
Elle parti.
Les silhouettes des arbres dressés là se tenaient noirs devant le bleu pâle du ciel et ls quelques éclats orangers de l'instant. Les mystérieuses forêts et les puissantes montagnes se faisaient écrin pour protéger quelques vieilles bâtisses de bois et de chaume. Les colombages encore apparents apportaient à ce village moldu un charme réel.
Elle était loin de l'Angleterre. Dans cet autre pays, ce repère, ce refuge.
Kurun n'avait pas quitter sa robe de lin blanc, le drapé couvrant parfaitement ses formes, sans la gêner pour autant. Et c'est, dans sa tenue d'apprentie, tout juste recouverte d'une cape immaculée qu'elle se rendait à sa rencontre.
Si Kurun avait hâte de retrouver l'enfant, elle savait également qu'il fallait laisser du temps au temps. Elle ne pressa donc pas le pas, laissant son regard maintenant neuf trainer sur le paysage alentour. Un chat ici, immobile dans la lumière naissante. Et ces pavés frottés par le pas de ceux qui ont su.
Elle poussa la porte. Personne dans l'entrée de la maisonnette. L'escalier était là, elle le savait. Son pied se posa sur la première marche, le bois craqua sous son poids pourtant bien allégé par ces derniers moments de formation. Et elle monta la seconde marche, et la troisième. Et chaque seconde la rapprochait un peu plus du but de son escapade. Elle choisi une porte numérotée, ne sachant toujours pas ce qui guidait son choix, et la referma doucement après elle dans un cliqueti rassurant. Elle se faisait un peu maman dans cet instant, protégeant chaque particule l'entourant.

Elle était là.
Dos à elle.
En mauvais état.
Elle ne l'avait pas encore vu.
Nul besoin de la brusquer.
Le temps des questions viendrait bien assez tôt.





Ce moment était celui de l'observation, puis, dans quelques secondes, des retrouvailles. Comment expliquer une disparition aussi soudaine, et sans au revoirs ? Mais ça aussi, elle savait qu'elle lui pardonnerai. Juste était le besoin de la serrer dans ses bras et d'entendre son coeur battre contre son corps de femme. Sentir la chaleur de ce corps sans esprit.
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Erell Bowen
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MessageSujet: Re: Et ta vie pour mes yeux lentement m'empoisonne (Coin du Monde)   Lun 5 Mar - 20:30

Un son. Des pas. Une respiration. Une odeur boisée.

Quelqu’un. Une vie, une âme, une présence.

Son cœur rate un battement. Puis un deuxième. Déjà ? C’est trop tôt, bien trop tôt. Il est déjà là, il l’a retrouvé. Comment a-t-il fait ? Assise en tailleurs, face à la fenêtre, dans un haut d’homme bien trop grand pour elle, la jeune fille hésite. Le regarder en face, enregistrer ce visage comme le dernier qu’elle aura vu ou rester de dos, et attendre seulement quelque chose de déjà trop attendu ? La jeune fille ne songea même pas à fuir. Pourquoi essayer, tenter une action inutile ? Elle savait. Elle n’avait aucune chance.

Et puis, un éclair de lucidité. Une odeur boisée ? Les sourcils de la jeune fille se froncèrent, et dans un même mouvement calculé au millimètre et d’une rapidité fulgurante, Erell se retourna et se redressa. Son cerveau mit une fraction de seconde à mettre un nom sur ce minois tant demandé lors de ses moments de peur. Mais il n’était jamais venu, alors pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi maintenant, alors qu’elle commençait enfin à aller mieux, à se faire à cette vie, à accepter ?


- Tu es partie. Tu m’a laissée.

Une constatation amère, un reproche glacial. Elle était partie, elle l’avait laissée seule quand elle avait le plus besoin d’elle. C’était injuste. Elle n’avait pas le droit de revenir maintenant, pas quand elle le voulait. Non. Elle avait trop souffert, trop réclamé des bras qui n’étaient jamais venus, trop supplier l’apparition d’un visage qui n’était pas apparu. Elle avait trop attendu après elle sans rien avoir en retour pour la laisser revenir comme cela.


- Tu ne devrais pas être ici. Je ne veux plus de toi. Tu es partie, tu m’a laissée. J’avais besoin de toi ! Tu entends ? J’avais besoin de toi ! Tu es partie sans un mot, sans une explication ! J’ai supplié mon dieu pour que tu reviennes ! J’ai supplié, tu comprends ? Mais tu n’es pas revenue. Tu étais partie, et tu ne reviendrais pas. Je l’ai compris après des soirs entiers à pleurer ton absence, ton silence, après des jours à guetter ton retour. Mais tu ne revenais pas. Alors j’ai compris. Va-t-en ! Tu n’as pas à être ici, tu m’as bien abandonnée sans un mot, alors pourquoi tu es là ? Je ne veux plus te voir, va-t-en ! Tu n’es plus la Kurun que j’ai connue…

Se détournant, Erell attrapa une clef, ouvrit un tiroir et en sortit une liasse de papier griffonnés et chiffonnés par des doigts meurtris et fébriles. Les jetant aux pieds de sa visite, elle lui adressa un regard de défi. Les lettres étaient toutes reliées entre elles par un morceau de cuir noir, et même celui-ci semblait usé. La jeune fille les avait déjà lues toutes une centaine de fois, elle en connaissait chaque mot, chaque virgule, chaque point ou point de suspension. Toutes pour une seule personne. Sauf une.


- Elles étaient toutes pour toi. Toutes sont parties, toutes sont revenues, car l’oiseau n’avait pas trouvé le destinataire. Toutes pour toi, ou presque. Lis les, celles qui sont à ton nom, quand l’envie te prendra, et reviens vers moi si tu en a encore le courage. Si les autres te le permettent aussi, de revenir. Il y en a une que je te confis, mais qui n’est pas pour toi. Ne la lis jamais. Ce n'est pas une volonté, mais un ordre. Ne la lis jamais. Si il m’arrivait quelque chose, envois la à ma mère. Elle ne se souvient plus de moi aujourd'hui, mais je voudrais qu’elle lui revienne quand même. S’il te plaît.

Même si c’était dur d’être comme cela, même si cela lui écorchait la bouche, même si son comportement lui donnait l’envie de se gifler elle-même, Erell ne pouvait réagir autrement. C’était son caractère, et, blessée au plus profond d’elle par une personne qui lui était chère, elle ne pouvait lui pardonner aisément son absence, bien qu’elle se doutait que ce silence en valait la peine. Sans dire un mot de plus, la jeune fille attrapa une feuille vierge sur la petite table bancale, située dans un coin de la pièce, et sortit une plume de son sac en bandoulière, dont le cuir usé témoignait des nombreux voyages déjà effectués par la jeune fille avec ce sac. La plume aussi était mal en point, la pointe commençait à sérieusement pâtir des écrits furieux et incompréhensibles de sa propriétaire, mais elle tenait le coup. Il le faudrait bien, puisqu’Erell avait bannit tout contact avec le monde magique depuis le début de sa fuite, et se procurer une plume comme les leurs dans le monde moldu, sans passer pour une folle ou une sorcière aux yeux du monde, était tâche impossible. Écrivant lisiblement un nom, elle tendit le bout de papier, préalablement déchiré, à la jeune femme. Le nom d’un seul homme était écrit dessus.


- Si il m’arrivait quelque chose, je voudrais que tu le préviennes.


Puis, une esquisse d’un pauvre sourire se peignit sur son visage fatigué.

- Je suis heureuse de te voir ici. Qu’est-ce qui t’amènes si loin de chez nous ?

_________________



Dernière édition par Erell Bowen le Mar 24 Avr - 12:55, édité 2 fois
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Kurun Aven
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MessageSujet: Re: Et ta vie pour mes yeux lentement m'empoisonne (Coin du Monde)   Lun 5 Mar - 22:27

La colère de l'enfant était légitime. Ses mots durs et les larmes les illustrant également. Oui. Elle était partie. Sans prévenir. Sans au revoirs. Avant des évènements bien trop douloureux et graves pour être imposés à l'innocence. Mais elle savait. Elle savait tout.

Et la belle crachait encore sa colère, sa haine, déversant ce qu'elles n'avaient pas vécu ensemble. Mais même si quelqu'un avait trahi, menti, sali, à quoi pouvaient servir les regrets ? Après tout, elle n'avait pas toujours été dans ce temps, et, la culpabilité déjà née se cachait derrière le mur qu'étais Kurun en cet instant. Elle encaissait, écoutait, entendait, comprenait même la souffrance de sa cadette.
Mais elle était là maintenant. Dans cet instant.

La jeune brune savait-elle à quel point elle avait manqué à Kurun, adolescente en son départ, femme aujourd'hui, épanouie et presque prête à affronter ce à quoi elle avait échapper...
Un tas de lettres. Cela faisait quelques mois maintenant qu'elle n'avais pas reçu ou envoyé de courrier, rares exceptions faites de ces derniers jours.
Et une demande. Un nom. Un ordre.
Elle mélangeait tout. Tout. Ses vives émotions noyaient sa rigueur...

La vague s'apaisa, et, offrant un visage paisible de serrenité et de sécurité, Kurun ouvrit grand ses deux bras, pliant gracieusement les genoux pour accueillir contre elle celle qui avait tant lutté. Elle était belle dans cette triste colère. Triste. C'étais le mot.

Mais la priorité était donnée à la soeur se tenant là. L'aînée avait failli, et elle allait reconstruire. Pas à pas, pierre à pierre, le monde qu'elle avait laissé en ruine. Son regard était neuf.


- Je vais tout t'expliquer ma puce. Tout. Je suis désolée...

Elle avait chuchoté, confiant au creux de son oreille un poids dont elle ne pouvait se délester. Elle n'était plus bien lourde pour l'heure, mais déjà la charge qui lui étais confiée prenait le pas sur le bonheur des retrouvailles.
Leurs coeurs battaient, se complétant dans ces quelques minutes de fusion. L'amour pouvait-il s'exprimer de cette façon ? Etait-il aussi simple et naïf que le tableau donné là ? Qu'importe.

Quelques respirations le temps de s'enivrer du parfum de l'enfant en ses bras. Plus tout à fait une enfant en fait. Elle avait trop vécu en trop peu de temps, notion si abstraite qu'elle faisait perdre sens au sens même de la pensée... Mais le raisonnement était là.
Son coeur qui bat.
Ses yeux humides.
Sa peau brûlante.
Son corps fragile.
Son corps habimé.
Son corps tremblant.

Mais Kurun n'avait pas cédé, ni à l'émotion de cette tendresse, ni à l'orage grondant quelques gestes auparavant. Non, elle était resté la Dame douce, bienveillante et aimante qu'elle voulait être. Elle gagnait en sagesse, en maîtrise. Elle pourrait protéger à jamais celle qui était sa soeur. Celle pour qui elle s'était enfuie, avait désobéi...
Elle souleva alors la jeune, et, attentive à chaque vibration de douleur de sa peau, s'assit à côté d'elle sur le lit mal fait. Le drap propre se confondait avec sa robe, lui rappelant son état, et, l'urgence de la situation.

Mais elle se serrait encore contre le corps meurtri de la douce. Les larmes n'avait toujours pas trouvé chemin jusqu'à ses yeux, ni même passage sur son visage toujours rassurant et serrein. Sa voix était toujours murmure, souffle, à peine plus puissant que les danseuses de vent dans les feuilles humides du matin...


- Il faut faire vite tu le sais. Je suis venue te mettre en sécurité... Allonge toi, repose toi, reprends des forces, je veille sur toi. Je serai toujours là à ton réveil.

Mais elle savait que la jeune fille avait bien trop de question pour pouvoir dormir, et, si seulement elle voulait les poser, alors elle y répondrai, le plus sincèrement possible.
Elle lui devait la vérité.
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MessageSujet: Re: Et ta vie pour mes yeux lentement m'empoisonne (Coin du Monde)   Dim 18 Mar - 16:13

Et elle ne su plus pourquoi les larmes coulaient, pourquoi elle criait, pourquoi elle s’était emportée. Elle oubliait tout dans ses bras rassurants, elle oubliait enfin. Comme plusieurs mois auparavant, qui lui semblaient si loin, la mémoire, la culpabilité et la douleur s’en allaient, pour ne laisser la place qu’à une paix infinie. Infinie mais en même temps tellement courte. Dès que la voix retentit dans la pièce, son cœur se serra douloureusement, et elle pleura de plus belle. Erell ne comprenait pas. Pourquoi était-elle partie, pourquoi l’avait-elle laissée ? Était-ce de sa faute ?

Enfouissant sa tête dans le cou de son ainée, elle se sentit soulevée et crispa la mâchoire. Son dos n’était plus rien qu’une source de douleurs perpétuelles, et elle avait essayée, en vain, de les faire disparaitre. Puis, petit à petit, la jeune fugitive avait finie par s’y habitué, à le ménager, à travailler ce dos meurtrit. Mais sans jamais se défaire de cette souffrance. C’était un peu comme si elle avait cherché à arrêté un rhinocéros en colère à mains nues. C’était un massacre. Elle qui avait toujours été souple était devenue raide, elle qui était gracieuse était devenue pataude, lourde même, la grâce et la finesse avait disparues, au profit d’une grande maladresse. Mais si son corps l’avait lâché, trahit, son esprit lui s’était affiné, il devenait plus raisonné, plus vicieux, beaucoup plus critique.

Elle avait changé.

Pouvait-on la blâmer pour cela ? Non. On pouvait regretter celle qu’elle était avant, mais non la blâmer pour être devenue quelqu’un d’autre au fil des épreuves qu’elle avait traversé.

Le murmure ramena la jeune fille dans le monde réel, car elle divaguait déjà dans le monde qu’elle s’était créé, dans la volonté d’échapper au sien, le vrai, celui dans lequel elle évoluait, ou plutôt, dans lequel elle périssait. Car c’était ce qui était un train de se passer, en ce moment même, dans une chambre d’un hôtel un peu miteux de France. Une jeune fille, chargée d’une mission très importante, qui l’emmenait loin de son univers, périclitait, inexorablement.


- Tu es parties … Pourquoi ? Ai-je fais quelque chose de mal pour que tu t’en ailles ?

Erell se sentait responsable de ce départ, elle se croyait coupable. Elle s’imaginait en avoir demandé trop à Kurun, elle pensait que celle-ci l’avait fuie car elle se sentait étouffée. Et ce doute ne l’avait jamais quitté. Aujourd’hui, elle aurait peut-être des réponses. Enfin. Après temps de temps à se demander, à s’en vouloir, à pleurer, aujourd’hui, elle aurait pu comprendre. Mais non. La jeune fille ne pouvait rester là, avec la femme qui s’était enfuie avec une part de sa vie. Non, elle ne devait pas rester. C’était dangereux. Surtout pour Kurun.


- Tu peux aller me chercher un verre d’eau dans la salle de bain, s’il te plait ? C’est la porte au fond du couloir …

Oh, elle n’avait pas soif. La Gryffondor partait juste. Et tandis que son aînée avait disparue à l’angle du couloir, Erell bondit du lit silencieusement, en grinçant des dents, et attrapa un sac en toile caché sous une commode, enfila une longue cape noire, puis saisit sa baguette sur la table. Ouvrant la fenêtre, elle s’apprêtait à plonger dans la vide quand le grincement du parquet la coupa dans son élan. Retenant un juron, elle se tourna de profil et le vent balaya la pièce, faisant danser ses cheveux devenus ternes.

- Pardonnes moi, c’est trop dangereux pour toi d’être auprès de moi.


Et, lentement, elle bascula vers l’avant, les doigts encore agrippés au bois de la fenêtre.

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MessageSujet: Re: Et ta vie pour mes yeux lentement m'empoisonne (Coin du Monde)   Lun 19 Mar - 0:42

NON !

ça ne se passerait pas comme ça. Elle était venue la protéger. Elle, la seule, l'unique... Et si la question avait fait mal, Kurun avait choisi, pour répondre à cette enfant là, de prendre le temps de l'explication. Le temps de s'assoir et de lui répondre que non. Le temps d'aller lui chercher un peu d'eau...
Et elle avait déjà tenté de s'éclipser ! Mais pourquoi, pourquoi la fuyait-elle alors même qu'elle l'avait appelée ?


L'eau toute entière se vida sur le parquet grinçant et le verre explosa en milles morceaux... Comme la colère de Kurun en cet instant où, submergée par la peur, elle bondit vers la brune en partance.
Ses mains se posèrent brusquement sur sa taille alors même que son poids la tirait vers le sol... Elle ne pourrait pas la retenir, juste lui signifier qu'elle était là, présente, sincère et authentique, juste pour elle. Et pour cela, elle pris son courage à deux mains, et pleurant déjà à l'idée de la perdre, de la voir partir, elle entama son
Chant*.

Après la dernière note, un silence étonnamment plein envahi l'espace. Trop lourd et trop douloureux pour survivre en cet instant, c'est Kurun qui l'assassina, le brisant dans un murmure...

- Ce n'est pas à cause de toi, ça ne l'a jamais été... C'était pour toi, pour un jour être utile, développer ce que je possédais pour nous aider, tous, à survivre... et peut-être même à vivre...

Ses larmes s'étaient arrêtées sous la voix de ses paroles. Elle attendait maintenant. Elle ne savait pas quoi, mais elle attendait. Son corps entier en suspend, alerte au moindre geste, au moindre mouvement, à la moindre respiration de sa cadette...
La mettre en sécurité, c'est pour ça qu'elle avait été appelée. Mais si seulement...
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MessageSujet: Re: Et ta vie pour mes yeux lentement m'empoisonne (Coin du Monde)   Mer 20 Juin - 14:16

- Vas t-en. Laisses moi. Pars. Fuis, tant que tu le peux encore. Tu n’es pas en sécurité à mes côtés, ils te retrouveraient. Ils te tueraient. Je t’en pris, vas, pars. Fais le pour moi, juste pour moi.

Le disque était remit, enclenché, et cette fois ci, rien ne pourrait le faire dérailler. Toujours perchée sur la fenêtre, la demoiselle attend. Le moment où elle comprendra qu’elle ne rigole pas, l’instant où Kurun desserrera son emprise sur sa taille. Il ne faudrait pas que cela tarde trop d’ailleurs, une douleur la lance au niveau de la hanche, et Erell a toutes les peines du monde à ne pas grimacer ou chouiner comme une petite fille trop fragile. Serrant les dents, elle décide de se retourner, et bien que très émue par la chanson, affiche une mine dure, sévère qui lui sert à cacher sa douleur. Elle se trouvait à quelques millimètres à peine du visage de Kurun, elle sentait son souffle sur sa peau, son odeur si particulière, la tension dans ses muscles, la peur dans son regard.

- Si ce que tu dis est vrai, si tu l’as fait pour moi, alors permets moi de te dire que tu t’es trompée, et que tes choix n’ont fait que ravager ma misérable existence, et la vie que j’essayais de reconstruire, pas à pas, petit à petit. Ton départ a soufflé mes rêves d’avenir, et ton absence a été le terreau de mes souffrances continuelles. Aujourd’hui je vis, que dis-je, je survis, mais ce n’est pas grâce à toi. Ca ne l’a jamais été, finalement. D’autres ont été là, à ta place, alors que je ne voulais pas leurs bras, pas leurs mots de réconfort. Je ne voulais que toi, tes bras, ta présence, mais non. Alors, faute de mieux, j’ai fait avec, et je me suis mise à me reconstruire, comme j’ai pu, avec les moyens du bord. J’ai cru que j’y arrivais, et c’est sûrement ça le pire, j’y ai cru. Mais ce n’était pas le cas, et ça ne le sera jamais. Tu n’étais plus là, tu ne me tenais plus la main, tu ne m’empêchais plus de tomber. Je me suis crachée, en beauté. Et il a prit ta place, il m’a aidé, donné une chance de repartir, de m’élever à nouveau, alors que je creusais le fond. Et on aurait pu croire que ça marcherait. C’est-ce qu’on a tous cru, idiots qu’on était. On a cru que ça marcherait, que j’allais à nouveau voler, que les ennuis étaient derrière, que je n’aurais plus besoin de personne, que je serais libre à nouveau. Mais c’était une erreur. Je suis retombée, à croire que c’est mon truc, de tomber et de me relever, pour tomber encore. J’allais mal, j’étais perdue, seule, je ne savais plus comment c’était de vivre, pendant que toi tu parcourais le monde pour faire je-ne-sais-quelles-choses abso-lu-ment palpitantes et sûrement très utiles pour ton avenir.

Les derniers mots étaient affreux, dit avec une ironie sans pareille, crachés même. Finalement, elle n’avait plus honte. Elle avait mal, c’était pire. Son cœur tout entier saignait d’une blessure jamais pansée, son âme brûlait d’un feu jamais éteint. Personne ne comprenait. Elle-même ne se comprenait plus. Elle en venait à parler d’elle à la troisième personne du singulier, elle utilisait le ‘on’ pour parler d’elle, et de ce qu’elle avait ressenti. C’était grave.

- Garde tes talents pour toi, tu en auras besoin. Le monde change, les gens changent, le nous n’existe plus. Plus pour moi. On a un jour fait un bout de chemin ensemble, ce n’est plus le cas. Trop de choix différents, trop d’actes blessants, trop de mots déchirants, c’est fini. Il y a un jour eu un nous, plus maintenant, c’est trop tard. Pardonnes moi, vraiment. Pardonnes moi et apprends à vivre. Je n’ai pas su personnellement, c’est dommage. Vivre, ça doit être une sacrément belle aventure, comme on dit. Apprends pour moi, vis pour moi. Pour mon souvenir.

S’approchant lentement, Erell s’attendit à recevoir une gifle, ou peut-être, à être poussée en arrière par un accès de colère ou de peine de la jeune femme. Mais rien ne vint. Alors elle réduisit l’espace entre elles à un millimètre, jusqu’à poser un baiser sur son front. Elle descendit dans ses genoux pour lui poser un baiser sur le bout du nez, et se mordant quelques secondes la lèvre inférieure, dans un mouvement un peu fou et pas vraiment calculé, à la lisière entre le réel et l’imaginaire, entre le voulu et le redouté, elle attrapa ses lèvres. Ce ne fut qu’un bref contact, un symbole d’adieu. Il n’y avait rien d’amoureux, rien de possessif, juste quelque chose de charnel, pour qu’elles puissent chacune se souvenir de l’autre.


- Je m’en vais en Bretagne. J’aime bien ce coin là bas, c’est paisible. J’y serais bien. Ne me cherches pas, vis ta vie. Apprends la vie. Ne penses plus à moi, ne viens plus. Même si je te supplie, ne viens pas. C’est mieux. Pour nous deux.

Elle se défit de l’emprise de Kurun et bondit sur le parquet, se rétablissant de justesse, dans un grincement de dents. Son jambe avait failli se dérober sous elle. Erell ne jeta pas un regard en arrière, et se dirigea vers la sortie, son sac en toile sur l’épaule, le sac en cuir à bout de bras. Elle pivota d’un coup et sourit à sa sœur de cœur.


- J’irais peut-être voir ton frère. Le jeune homme aux galets de runes. Au fait Kurun, je t’aime.

C’était tout. Tout était dit, c’est fini.

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