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 Parce que nos coeurs sont hantés * Ecosse * [PV]

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Léocadie de Dinechin
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MessageSujet: Parce que nos coeurs sont hantés * Ecosse * [PV]   Mar 27 Déc - 13:36

Le froid m’enveloppe en descendant du train, je resserre l’écharpe autours de mon coup. Il est tôt, trop tôt pour les illuminations d’hiver mais j’ai tout mon temps. Je suis sur le quai, une mamie, un peu plus loin, embrasse un homme engoncé dans un imperméable trop petit, deux étudiantes cherchent dans leur sac un mouchoir ou je ne sais quoi. Les volets bleus de la gare sont fermés, la ville bruisse à peine, elle s’éveille. Je traverse la place et m’engouffre dans le premier troquet ouvert.

Des muffins et un thé bergamote, s’il vous plait.


Ah, je n’en n’ai plus des muffins, et la boulangère, je ne sais pas ce qu’elle a en ce moment, mais elle ouvre de plus en plus tard. Vous parlez si c’est commode.

Le patron a un geste large, un sourire désolé, et une moustache à faire pâlir le plus fervent des anglais.


Alors, juste du thé, merci.

Mais j’ai des scones au muesli et au miel, vous m’en direz des nouvelles. C’est moi qui les fais.

Il rit.

Asseyez vous là.


J’obéie, docile comme une enfant. Les scones sont bien rond, la pâte un peu dure mais savoureuse. Une heure plus tard, gavés de gâteaux parfumés, nous voilà cahotant dans une camionnette déglinguées sur une petite route bordée de rocailles et de sapins. Le givre fait son œuvre et pare chaque élément de milliers d’étoiles étincelantes. Mon fils va vous conduire, vous n’allez pas payer le taxi, il a des cubes de vin à prendre par ci par là, ça ne lui ferra pas de mal de bouger un peu sa grande carcasse, à ce feignant.

Le fils, un brun plutôt taciturne, nous dépose au carrefour. Il suffit de continuer tout droit, après le tournant, il y aura le village, c’est à cinq minutes. Il démarre dans un crissement de pneus et je marque une hésitation avant de prendre le chemin indiqué. Une colline ocre, parsemée de taches blanches, un éboulis de toit ardoise et quelques taches mauves. C’est tout ce que je vois du village en arrivant en haut de la colline, car des larmes me brouillent les yeux. Des larmes lentes et faciles, qui ne secouent pas, ne font pas mal. Je les laisses couler, mouiller mon cou, en marchant le long du petit cour planté de rocaille, je n’ai rien essuyé quand j’ai demandé à un passant le chemin du cimetière, je continue, la rue monte, un portail vert vient à notre rencontre et un souffle d’air froid me fait frissonné quand il caresse le bas de mon dos.

Immédiatement, nous sommes cernés par les visages. Il y en a partout, sur les dalles, les caveaux, les ovales de porcelaines. Sur les photos sépia ou colorées, les défunts ne sourient pas, leurs visages étaient graves. La mort est elle une affaire si sérieuse ? Les mots des vivants peuvent ils encore les atteindre ? A ma fille chérie, à mon époux adoré, je ne t’oublierais jamais, à notre camarade, les amis du club de sport, l’or des inscriptions s’éfface vite, la pierre ne retient pas l’éternité des regrets. Je glisse ma main dans ma poche, la lettre est toujours là, l’enveloppe épouse la courbe de ma hanche, déjà froissée. Je plante ma canne dans la terre meuble du chemin pour m’empêcher de faire demi-tour, de repasser le portillon silencieux et de fuir vers le long ruban humide de la route départementale. Mais si j’y retourne, je suis morte, bien plus morte qu’eux sous leurs dalles mouchetées, non, je suis allée trop loin, je ne peux plus revenir en arrière. L’enveloppe craque sous mes doigts, je la sors, la lisse du plat de la main et me répète : Vas-y. Il t’attend.


Je ne m’imaginais pas que je pouvais encore avoir si mal rien qu’à lire ton nom sur la tombe. Ton nom lui aussi souligné de deux millésimes. Je me suis surprise à calculer ton âge et de penser, si jeune, quel dommage. Lentement, je m’agenouille sur le sol couvert d’aiguilles de pin, comment te parler, quels gestes faire, je n’ai rien préparé. Je voulais juste arriver là. Je finis par m’asseoir en tailleur, les avant-bras appuyés contre mes cuisses. Je tourne l’enveloppe entre mes doigts. Toute retraite est impossible mais je ne peux pas rester non plus. Je n’ai plus d’avenir. Ni avec toi, ni sans toi. C’est ça. C’est exactement ça. Je ne peux pas vivre avec toi. Et pas avec toi non plus. Je me penche et appuis l’enveloppe contre une lourde jardinière en fer forgée aux armoiries des Poufsouffles. Le soleil donne en plein sur le petit rectangle blanc et son éclat m’aveugle. Je ferme les yeux.
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Dakeyras Bremer
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MessageSujet: Re: Parce que nos coeurs sont hantés * Ecosse * [PV]   Lun 9 Jan - 21:29

Dakeyras avait accepté d’accompagner Léocadie pour rendre un hommage à Alex, son amant défunt. Elle avait besoin de soutien, et il serait là pour elle. Ils avaient prit le risque de se faire prendre en quittant Poudlard pour se rendre en Ecosse. Mais ce risque était dérisoire par rapport à ceux qu’ils risquaient tous les jours. Rien qu’au sein de l’école, les risques étaient grands, entre les tensions entre l’AD et l’ADT et la surveillance des agents de la LOI qui patrouillaient.
Ils avaient donc emprunté le train, moyen de locomotion banale mais qui reste le plus simple et le plus reposant. Pas besoin de se concentrer pour éviter de se prendre la cime d’un arbre en pleine face ou alors d’être désartibuler. Le jeune gryffon avait dormi une bonne majeure partie du trajet, appuyé confortablement contre l’épaule de sa douce.

A l’arrivée, le train laisse échapper un long crissement, résultant du frottement des roues en acier qui frottent sur les rails sous la pression des freins. Tout le monde descendit et les deux jeunes amoureux firent de même. La température était douce mais le vent était glacial. La cape de Dakeyras bloquait juste le souffle violent et mordant de cette journée. Le ciel était gris et les couleurs alentour ne perçaient qu’à peine dans cette morosité.
Dakeyras suivit la jeune serdaigle lorsqu’elle passa la porte d’un café. Une petite clochette prévint le patron à l’impacte de la porte. Elle commanda un thé, il commanda un chocolat chaud à la cannelle. Et elle prit des scones pour accompagner. Ils s’installèrent plus ou moins confortablement à une petite table près de la fenêtre. La boisson chaude et chocolatée descend doucement dans la gorge du jeune garçon, telle un médicament contre le froid ambiant. Il goutta l’une des petits gâteau, mais ce n’est pas ce qu’il préfère. Il le termine donc par politesse mais ne prend pas la peine de se resservir. Ils restent là un petit moment, suffisamment de temps pour que le gryffon finisse de se réveiller, confortablement appuyé contre la vitre.

Puis vint le temps de quitter cette place pour en rejoindre une autre. Le patron qui avait apparemment apprécié la compagnie des deux jeunes, leur proposa de se faire emmener. Ils hésitèrent un peu au départ mais se laissèrent finalement embarquer. Ils prirent donc place dans une camionnette. Le genre de camionnette qui sert à transporter des caisses de boissons. Il y avait juste une cabine à l’avant et l’arrière n’était qu’une remorque couverte d’une bâche. Le moteur faisait un bruit de fou, et le chauffage n’avait plus l’air de très bien fonctionner.

Rapidement, ils descendirent et le jeune colosse leur indiqua la route. Sans un mot échangé, ils suivirent donc l’itinéraire qui leur avait été indiqué. Plus ils se rapprochaient du village au loin, et plus les larmes coulaient sur les joues de la belle ténébreuse. Dakeyras voudrait la consoler, mais il savait que parfois il faut laisser les larmes couler. Rien ne peu consoler la perte d’un être cher. Rien ne peut le ramener. Le foie se régénère, mais pas le cœur. Quand une partie se perd, elle ne revient pas. La personne disparait, s’en va, mais les sentiments restent. Et c’est ce qui vous fait si mal, ce qui vous brise et parfois même ce qui vous tue.

Ils se trouvèrent alors devant un grand portail vert un peu rouillé. Il s’ouvrit en grinçant et ils suivirent les allées entre les tombes. La mort mettait le jeune garçon mal à l’aise. Il se sentait comme oppressé depuis qu’il avait passé l’entrée du cimetière. L’idée que des gens étaient enterrés là et qu’ils se décomposaient lentement dans des boîtes en bois pour finir par n’être que poussière, ne l’aidait pas à se sentir mieux.
Il se contenta de suivre Léocadie qui savait où elle allait. Après quelques instants, ils s’arrêtèrent en face d’une tombe. C’était celle là, celle qu’ils étaient venu voir. La jeune fille s’avança et s’accroupît devant la pierre tombale. Dakeyras resta en retrait. Il ne pouvait pas faire grand-chose. Il fallait qu’il lui laisse le temps de faire ce qu’elle voulait. Il se contenta de rester debout derrière elle, sans dire mot. Il observait la tombe, puis l’observait elle. Puis il pensa un moment à ses parents. Eux aussi étaient enterrés quelque part. Peut être même avaient ils rejoints le même monde après la mort. Il n’y avait aucun moyen pour le savoir.

Au bout d’un moment, il s’approcha d’elle. Elle était maintenant assise en tailleur et il s’accroupît à ses côtés. Il attrapa délicatement sa main.


Je ne le connaissais pas, mais je suis sur que c’était quelqu’un de bien. Ce n’est pas facile de dire au revoir, mais pourtant parfois, le choix ne nous est pas laissé.

Il saisit Fire et d’un geste souple, il fit apparaitre quelques magnifiques fleurs devant la pierre froide indiquant la mort.

Il faut que tu lui dises tout ce qui pèse sur ton cœur pour te libérer, pour faire ton deuil. C’est éprouvant, mais il le faut si tu veux être en paix.

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Léocadie de Dinechin
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MessageSujet: Re: Parce que nos coeurs sont hantés * Ecosse * [PV]   Ven 13 Jan - 21:07

Ne tenant plus je me suis levée, jetant la lettre sur le marbre gris. Après, je suis descendue jusqu’au pré des bouleaux, ils gémissent doucement sous le vent froid, laissant Dakeyras au prise du monde des morts. Poussée vers un talus où frissonnent des tiges de folles graminées, je sens soudain une caresse d’air tiède dans mon dos.

Alex est là, embardant les épis vides puis les livrant au vent d’hiver, parsemé de flocons. Il porte son pull en laine chiné et un de ses horribles pantalons en duffle coat que pourtant il adorait, il a dix ans, quinze ans ou peut être trente, je ne sais plus.

- Salut.
- Salut.


Les arbres fredonnent toujours et moi je parle à un fantôme. Je n’ose pas tourner la tête, j’ai l’impression que je le vois mieux ainsi, du coin de l’œil, croisant mes mains glacées sur mes genoux pour ne pas être tentée de tendre la main vers lui. Alex si léger, les herbes ne garderaient pas l’empreinte tiède de nos corps.

Alex, rendu à son enfance, délivré, tout proche, Alex pacifié et je sais bien que ces images ne recouvrent que mon désir de lui dire adieu. Je n’ai pas visité, je n’ai eu droit à aucune grâce particulière, il n’y aurait pas de je t’aime murmurer. Je ne saurais jamais s’il était mort en pensant à moi, si je lui manquais autant qu’il me manquait, tous les jours, toutes les nuits. Je ne saurais jamais rien. Il faut que je m’y fasse, et vite.

Le vent s’apaise. Je regarde le ciel qui passe du bleu au gris puis inversement. J’ai froid. L’aube a quelque chose qui invite au désespoir, on pense que la lumière va revenir et puis d’un coup les couleurs éclatent. Sauf aujourd’hui. Je me lève, j’arpente le pré en écoutant le bruit de mes pas, les graminées se plient avec un froissement sec, je donne des coups de pied malhabile dans des cailloux, j’arrache des mottes de terre, je me retiens de hurler ma colère, je voudrais me sentir chaude et vibrante, maladroite et lourde, vivante.

Je ne sais pas à quel moment il a disparu.

Je reviens sur mes pas et croise l’insondable regard de l’ange blond. Je l’observe de très près. Quelque chose cloche. Une odeur douceâtre d’anxiété. Se fait-il du souci à mon sujet ou à celui de quelque chose qui se serait produit aujourd’hui ? Je prends sa main dans la mienne puis trace une ligne sur sa paume avant de l’entrainé a ma suite.


Il y a une confiserie géniale, pas loin d’ici. Ils ont des pommes d’amour fabuleuses. Et des machins tout collants, je ne sais même pas ce que c’est. Sans doute un bon million de calories. Et des chocolats chauds ! Ils sont extra ordinaires.

Je ne sais pas quoi dire de plus, plongée dans un ravissement imbécile. Sûrement le contre coup de la fatigue et du lot d’émotions titanesques que je me traine depuis trifouilles les oies. Je contemple un instant la ville scintillante depuis le portail vert. Chaque bâtiment et chaque pont brillamment illuminé semble lutter vaillamment contre l’obscurité piquante de l’hiver. Je me dirige vers le centre. Je ne me souviens plus quand je suis venue ici pour la dernière fois. Je ne sais pas combien de degrés il peut faire, mais mon haleine se condense en un nuage flou quand j’ouvre la porte vitrée.

Dakeyras, les bras serrés autours du torse, me suit dans l’atmosphère chaude et lumineuse de la boutique. La clochette de la porte n’a pas fini de teinter quand je l’attire à moi et l’enlace étroitement. Je penche la tête en arrière contre son épaule et ferme les paupières. Mon nez n’est qu’a quelques centimètres de sa peau et je prends plaisir à l’humer. Crue. Terrestre. Complexe. Sauvage. Puis une odeur de caramel et de sucre brun, vient m’envahir. Le chocolat noir, amer, le chocolat au lait, doux et sucré. Je soupire d’aise. Je l’embrasse sur la joue.

Viens. C’est maintenant que ça devient difficile. Qu’est ce que tu veux ? Choisis ! N’importe quoi. Je te l’offre.
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Dakeyras Bremer
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MessageSujet: Re: Parce que nos coeurs sont hantés * Ecosse * [PV]   Dim 22 Jan - 18:09

Il était bien là, enlacé tout contre elle dans la chaleur de cette boutique. La vendeuse les regardait avec un sourire niais, surement était elle contente de voir deux jeunes amoureux. Dakeyras se sentait bien, il était heureux avec elle, sa tête caressant la douceur de ses cheveux. Mais il s’inquiétait pour elle, il repensa à l’épisode dans le cimetière. Elle s’était isolé et avait eu l’air de parler à une chose qui n’existait pas. La mort d’Alex l’avait perturbé et continuait de la hanter, il n’était pas facile de faire son deuil. Dakeyras, lui aussi, aurait aimé pouvoir dire une dernière chose à ses parents, les serrer une dernière fois dans ses bras, faire tant de dernières choses avec eux, toutes les choses qu’on ne leur avait pas laissé le temps de faire.
Il avait donc peur pour Léocadie mais il serait là pour elle, il l’aiderait, il la soutiendrait et il l’aimerait.


C’est toi que je choisis, c’est toi que je veux, ça me suffit. Mais moi j’ai quelque chose à t’offrir, je t’offre mon cœur, je t’offre mon âme, ils sont à toi et jamais je ne te les reprendrais, à moins que tu ne me les rendes.

Il se plaça face à elle, lui tenant la main.

Tu es ce que j’ai de plus précieux. Tu es celle grâce à qui j’ai envie de me lever le matin, celle grâce à qui je suis heureux malgré les événements.

Il lui sourit, il l’aimait du plus profond de son être, chaque moment passé avec elle était agréable, merveilleux et donnait envie qu’il y en ai encore tant d’autre.
Le gryffon regarda autour de lui, la confiserie était immense, elle était sur deux étages et il y avait des distributeurs de bonbons sur tous les murs. Un flot de couleur extraordinaire emplissait ses yeux. Il y avait des boules de gommes, des sucettes, des pommes d’amour et bien d’autres douceurs. Il y avait même des chocolats dans des vitrines réfrigérées. Ils avancèrent doucement, main dans la main. Le regard du jeune garçon se posa sur des caramels au beurre salé mous. C’était l’une de ses gourmandises moldus préférées.


Ceci dit, je crois que j’ai parlé trop vite, je prendrais volontiers quelques uns de ces caramels qui ont l’air délicieux.

Ils le sont, soyez en sur. Vous ne serez pas déçu monsieur.

La vendeuse devait les suivre à la trace car elle était postée juste derrière eux. Il y avait plusieurs possibilités, soit elle voulait les servir au mieux, soit elle s’assurait qu’ils ne remplissaient pas leur poches de confiseries en tout genre avant de disparaitre sans payer.

D’accord, merci du conseil.

Dakeyras attrapa un petit sac en plastique et y fourra quelques uns de ces fameux bonbons. Léocadie prit quelques petites choses aussi, puis ils quittèrent la boutique après avoir réglé la note. Le froid était toujours aussi agressif à l’extérieur des bâtiments. Ils s’assirent sur une fontaine gelée qui se trouvait au milieu de la place et picorèrent quelques unes des douceurs qu’ils venaient de s’offrir. Le gryffondor plongea son regard dans celui de la belle ténébreuse. Ils échangèrent un de leur regard silencieux, celui de Dakeyras voulait dire : Je te soutiens, et je voudrais te dire tout ce que l’on peut dire à quelqu’un qu’on aime et qui a perdu un proche, mais je ne suis pas très habille pour trouver les mots dans ces circonstances.

Il laissa ensuite sa main trainer dans la neige derrière lui et sourit largement. Il se réjouissait à l’avance de ce qu’il allait faire. Sa main surgit, remplie de neige et il vint l’écraser sur le sommet du crâne de la serdaigle qui fût surprise car elle ne s’y attendait pas. Elle ne dit rien d’abord, laissant juste transparaître un air sévère. Dakeyras se demanda si elle l’avait mal prit, mais il comprit que non quand elle répliqua. Ils commencèrent alors une bataille de boules de neige en tournant autour de la fontaine. Ils jouaient comme des enfants. Au bout d’un moment l’une des boules de la jeune fille vint percuter le gryffon en pleine face. Il secoua alors la tête pour enlever la neige tout en frottant avec ses mains.

Tu vas voir si je t’attrape.

Dit-il en rigolant avant de se jeter sur elle. Ils se retrouvèrent vite au sol, à se battre gentiment dans la neige. Ils finirent par tous deux abandonner, restant couchés sur le dos contre la poudre blanche. Ils étaient bien couverts et ne sentait pas la fraicheur de celle-ci. Ils se regardèrent un instant et éclatèrent de rire. C’était un de ces petits moments qui vous marque et dont vous vous souvenez pendant longtemps. Qui vous détend et qu’on aime partager. C’était un moment magique et Dakeyras en profitait à fond. Cela leur avait permis de s’évader de l’ambiance pesante de Poudlard ces temps ci et de penser à autre chose que la guerre et la répression du ministre. A leur retour, il y aurait peut être des représailles, des sanctions car les élèves ne devaient pas quitter Poudlard, mais pour l’instant il n’y pensait pas. Il préférait penser à ce moment privilégié en compagnie de Léocadie.

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Léocadie de Dinechin
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MessageSujet: Re: Parce que nos coeurs sont hantés * Ecosse * [PV]   Mer 25 Jan - 21:22

Dans mes narines tournoyait en volutes la menthe poivrée, tranchante comme un éclat de verre et presque trop sucrée, tel un fruit trop mur, la pomme, croquante et pure, l’odeur de beurre des noix, chaudes et croquantes, un moka sombre, riche de culpabilité. Les biscuits au beurre sur les étagères, une note réconfortante de farine, et des sucettes à profusion, le sel des bretzels, l’acidité des agrumes, le fragile tranchant de l’anis.

La jeune fille derrière le comptoir nous lance un sourire affable un peu niais. Je me dis que nous devons avoir l’air d’imbéciles heureux, lui et moi, à saliver d’envie devant toute ces douceurs en ce tenant par la main. Plus tard, allongée dans la neige à côté de lui, je me suis dis que nous n’avions pas simplement cet air là. Nous sommes des imbéciles heureux. Je me tourne vers lui et saisi sa main puis l’embrasse prestement sur les lèvres.

Attaque surprise ! Dis je d’une voix indûment voilée avant de l’embrassé à nouveau, ma bouche s’attardant contre la sienne, le contact rude de ses dents sur mes lèvres me faisant frémir.

Il me regarde d’un air si possessif que je me demande s’il se rend compte que son regard est bien plus intime que n’importe quel attouchement. La neige se mêle de la partie et décide de tomber si drue que la lumière blafarde du lampadaire en fer forgé ne devient plus qu’une faible lueur dans la grisaille environnante. Quand je lui propose de partir parce que je lui prépare une surprise, quelque chose s’éraille dans ma voix. Je me relève doucement, prenant appuis sur ma canne et tenant sa main. Ses doigts serrent si fort les miens que j’en ai presque mal.

On longe quelques devantures, croisant quelques passants. Dix minutes plus tard, trempés et refroidis jusqu’aux os, j’avise le motel deux étoiles. C’est une petite bicoque biscornue en pierre rouge, aux volets en bois bleu avec une longe allée bordée de massifs. Son dirigeant a élégamment décoré le porche de petites loupiottes et sur la porte trône une épaisse couronne en gui. Je pousse le portillon. Dakeyras reste muet, non seulement frigorifié mais sans doute légèrement surpris de la tournure des évènements que venait de prendre notre escapade écossaise.

Je pousse la porte et une sonnette tinte. Un employé se dressa aussitôt de derrière le comptoir de bois sombre, levant les yeux d’un registre à l’ancienne.

Bonsoir, une chambre pour deux ?

J’ai déjà réservé. Sous Dinechin. Une chambre pour deux non fumeur avec vu sur … vous savez bien.


Je lance un regard sévère à l’hôtelier, sous le regard médusé de l’ange blond. Les lumières du plafonnier e fer forgé vacillent puis s’éteignent et le jeune homme, visiblement consterné, nous explique que cela arrive souvent quand la neige encrasse le générateur. Immobiles et silencieux, nous le regardons farfouiller sous son bureau pour en sortir une grande lampe torche.

J’étais scout, plus jeune, toujours prêt. Comment réglez-vous ?

Liquide. Combien pour la lampe ?

J’ai mieux, me répond t’il en posant deux bougies rouges sur le comptoir, avant d’en allumer une. Des bougies longues durées. Cadeau de la maison. Une dans la chambre, une dans la salle d’eau et vous ne serez qu’à votre aise. Je vous laisse même les allumettes.


Dakeyras prend la boîte et l’examine attentivement. Je ne peux quand même pas décemment dire à ce jeune bellâtre qu’il nous suffi de secouer un bout de bois pour embraser sa maison si nous le souhaitons. J’attire l’ange blond par le coude. Chambre douze, je ferme le verrou et pose une bougie sur la table de chevet, allume la seconde, puis essore mes cheveux trempés. Dakeyras me déclare que j’ai besoin d’une douche bien chaude car mes lèvres sont bleues. Il fait quelques pas dans la salle de bain et annonce qu’il y a du savon, des serviettes et deux peignoirs. J’ôte ma veste puis rejoins la salle de bain aussi vite que me le permet ma hanche douloureuse. Ouvrant à fond le robinet d’eau chaude, je me déshabille. La salle de bain est rutilante. J’entre dans la douche et l’eau bouillante fait rougir ma peau. Passant le savon le long de mon cou et de mes épaules, j’essaie de ne pas céder à l’affolement.

Cette escapade à l’hôtel m’avait semblé une bonne idée et voilà que maintenant je la trouve incongrue, absurde voir déplacée. Je suis parfaitement capable de partager une chambre avec l’ange blond, je l’ai d’ailleurs déjà fais. Dans ma tête une petite voix éclate de rire, non sans raison. Au début, nos blessures nous rapprochaient. Maintenant, c’est quelque chose de radicalement différent qui m’unit à lui et éveille en moi de curieuses sensations. Il se passerait quelque chose cette nuit, c’était inévitable.

Je ferme le robinet, sort de la douche, me sèche puis enfile un peignoir moelleux, évitant délibérément de me regarder dans le miroir. Ma peur atteint huit. Mon envie, un bon dix. Un regard à mes vêtements humides me dissuade de les remettre. Poussant un soupir résigné, j’enfile simplement ma petite culotte et mon top, relativement épargné.

Je repasse dans la chambre. Dakeyras tiens son pull a bout de bras et le fait sécher grâce à sa baguette. Je détourne le regard, me concentrant sur sa respiration, puis cédant à la panique, je lui ordonne d’éteindre la bougie.


C’est embarrassant, je murmure. Tu devrais prendre une douche.

A vrai dire, il sent horriblement bon. Je m’assois par terre, appuyant ma tête contre la cloison. L’eau s’arrête de couler dans la salle de bain et quelques instants plus tard, l’ange blond en sort, son pantalon tombant sur ses hanches. Il laisse la porte de la salle d’eau ouverte et la bougie allumée. Une douce lueur éclaire la chambre. Je le regarde et me sent soudain très gauche. Et un peu … marquée.

Tu as un côté préféré ?
me demande-t-il doucement en me montrant le lit.

Non, dis-je avec un aplomb inexistant, sachant que j’étais la pire des menteuses.

Viens là, dit-il en me remettant debout.

Ma volonté fond comme neige au soleil. Toutes mes résolutions partent en fumée. Dans le reflet du miroir, j’aperçois la cicatrice rouge sur mon ventre. La vision me crispe. Je cligne des yeux mais l’image est bien réelle. Sans réfléchir, je me blotti dans ses bras. Je glisse mes mains dans son dos et lâche ma canne. La douleur me fait monter les larmes aux yeux mais je reste de marbre. Du bout du doigt, il effleure la marque sinistre. Je me fige. Toute cette nuit est absurde. Je ne peux pas contrer quelqu’un qui a une telle maitrise de soi.

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Dakeyras Bremer
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MessageSujet: Re: Parce que nos coeurs sont hantés * Ecosse * [PV]   Jeu 2 Fév - 22:51

Dakeyras resta un long moment sous la douche. Assis dans le baquet, sous le jet d’eau bien chaude. Il réfléchissait, à ce qu’il était, à tout ce qui lui était arrivé depuis la mort de ses parents, à toute la route qu’il avait parcouru pour en arriver là. Les obstacles, les épreuves, il avait tout surmonté en faisant le mieux de ce qu’il pouvait. Certains avaient laissé des traces. Il caressait de façon circulaire la cicatrice qui avait su trouver sa place sur son genou. Il pensait aussi à la situation de la soirée. Ils étaient là, tous les deux dans cette chambre d’hôtel. Le jeune garçon avait le cœur qui battait fort, il frappait avec un rythme effréné contre sa poitrine. Il était très amoureux de la serdaigle qui l’attendait dans la pièce d’à côté. Elle représentait tout pour lui aujourd’hui, elle était presque sa seule famille. Il lui restait son oncle, sa tante et ses cousins, mais ils étaient loin et il n’avait pas beaucoup de nouvelles d’eux. L’important, c’était les personnes qui étaient là, auprès de lui, chaque jour. Il tourna la tête vers le lavabo où était posé Fire. Il était apaisé, les reflets étaient calmes et la couleur noir de l’ébène brillait légèrement à la lueur de la bougie. Il y avait longtemps que le gryffon n’avait pas eu le loisir de se relaxer, de prendre une bonne douche et d’admirer la mèche d’une bougie se consumer lentement. Depuis que le feu avait disparu, avant de réapparaitre de nouveau, il n’en avait pas eu l’occasion.

Il se releva et arrêta l’eau. Attrapant une serviette, il s’essuya. Seul ses cheveux restaient humides et en pagaille. Sa peau fumait au contact de l’air frais, il frissonna. Il se rhabilla, laissant juste le haut découvert pour la simple raison qu’il prendrait une deuxième douche en remettant son tee-shirt. En sortant, il trouva Léocadie assise juste à droite de la porte. Elle avait l’air épuisé, abattue. La journée fut forte en émotions. Mais Dakeyras ne savait pas ce qu’il pouvait dire ou faire.

Il lui posa la question un peu stupide de savoir de quel côté elle préférait dormir. Puis il l’aida à se relever et la serra dans ses bras. Il senti qu’elle s’affaissa un peu lorsqu’elle lâcha sa canne et chercha un appui sur le jeune garçon. Le contact de ses mains froide sur la peau de son dos lui donnèrent un frisson qui le parcouru des omoplates jusqu’aux reins. Il comprit que sa cicatrice lui faisait honte, qu’elle n’aimait pas la voir. Elle avait détourné rapidement son regard du miroir lorsqu’elle l’avait aperçue. Le jeune garçon, lui, n’y portait aucune importance, elle était toujours aussi belle et il ne voulait pas qu’elle complexe à cause de cela. Il laissa ses doigts dériver doucement sur celle-ci. Après quelques secondes qui semblèrent être une éternité, il la souleva délicatement pour l’emmener jusqu’au lit. Sans sa canne, elle ne pouvait pas marcher seule. Il la déposa sur la couette, côté gauche du lit. L’hôtel suivait la tendance de modernisation qui voulait que les couettes remplacent les couvertures. Ce qui n’était pas pour déplaire à Dakeyras qui tenait les vieilles couvertures qui grattaient en horreur. Il s’installa de l’autre côté, se glissant dans les draps frais. Le matelas était juste à la limite entre le moelleux et le ferme, alors que les oreillers était moelleux à souhait.

Il attendit quelques instants que les draps se réchauffent. Puis il se glissa pour venir se coller tout contre la jeune fille. Il chercha sa main, qu’il fini par trouver. Elle était très froide. Il la saisi, entre lassant ses doigts avec les siens. Ils étaient bien, là, tous deux ensembles. La douceur de la nuit venait les caresser, la flamme de la bougie vacillait. Dakeyras avait le cœur qui battait très fort. Elle tourna la tête et leurs yeux se rencontrèrent. Ils se caressèrent du regard pendant un long moment. Puis elle nicha sa tête au creux de son cou. Le jeune gryffon pouvait sentir son souffle tiède sur sa nuque. Le calme qui régnait dans la chambre était apaisant. Elle ferma les yeux et sa respiration se fit plus forte et plus lente. Elle s’était endormie. Le garçon l’observa longuement, elle était si belle quand elle dormait, elle paraissait si sereine.
La bougie se consuma et la flamme s’éteint. La nuit reprit ses droits et le gryffondor se laissa glisser dans les bras de Morphée.


* Le lendemain matin *

Dakeyras s’éveilla en même temps que le jour. Léocadie dormait encore, toujours blottie contre lui. Il se dégagea en douceur pour ne pas la réveiller. Il se débarbouilla en vitesse. Pendant qu’il s’habillait, il regarda par la fenêtre. La neige tombait en flocons léger, virevoltants au rythme du vent. Le ciel était bleu et bien dégagé. C’était une belle journée qui s’annonçait. Après avoir revêtu des vêtements bien chauds, il sorti de la chambre. Le parquet des marches craquait bruyamment. Il n’y avait personne à la réception, seul un petit mot indiquait qu’elle ouvrait à neuf heures et demie. Il passa la porte et se retrouva les pieds dans la neige. Il se dirigea vers la boutique de fleuriste. Lorsqu’il entra, il vit toutes ces fleurs magnifiques et colorées. Leur odeur se diffusait dans tout le vieux magasin. La vendeuse s’approcha de lui, elle était plutôt jeune et était habillé avec un style bien anglais.


Bonjour jeune homme, est ce que je peux t’aider ?

Bonjour, oui en fait, je voudrais acheter un bouquet de rose s’il vous plait.

Oh très bien. De quelle couleur les roses ? J’en ai des jaunes, des blanches, des roses et des rouges.

Est-ce que vous pouvez me faire un bouquet de roses rouges avec quelques roses blanches ?

Oui bien sur, combien de roses est ce que je mets ?

Heu..., je ne sais pas trop, vous n’avez qu’à en mettre vingt quatre.

D’accord.


La dame prit le nombre de roses que le garçon lui avait indiqué et confectionna un très beau bouquet. Elle le lui présenta. Dakeyras le saisit, puis elle lui annonça le prix.

Vingt cinq livres s’il te plait.

Le jeune garçon sortit des pièces de sa poche. Il y avait des gallions et des livres. Il compta et s’aperçu qu’il n’avait pas assez.

Finalement, mettez en douze des roses s’il vous plait, je n’ai pas assez d’argent.

Il était très déçu de ne pas pouvoir acheter le nombre de fleurs qu’il voulait pour offrir à sa belle ténébreuse. Tellement déçu que ça devait se lire sur son visage.

C’est pour une fille, n’est ce pas ? Comment s’appelle-t-elle ?

Léocadie.

Alors j’espère que Léocadie sera contente que vous lui offriez ces vingt quatre roses, justement on fait une promotion sur les fleurs aujourd’hui, tout à moins cinquante pourcent.


La vendeuse fit un clin d’œil au jeune garçon en même temps qu’elle lui dit ces mots.

Merci beaucoup, je pense qu’elle sera très contente en effet.

Il déposa alors toutes les livres qu’il avait sur le comptoir et saisit le bouquet.

Au revoir jeune homme et bonne journée.

Merci, à vous aussi madame, au revoir.


Il repassa la porte de la boutique dans l’autre sens, retournant dans le froid le temps d’atteindre la porte de l’hôtel. Il n’y avait toujours personne à la réception. Le gryffondor vit qu’il y avait un vase tout au bout du desk et qu’il était vide. Il le prit pour mettre le bouquet. Il remonta donc bien chargé dans la chambre où il trouva la serdaigle encore assoupie. Il se dépêcha d’installer le bouquet, dans le vase qu’il avait préalablement rempli d’eau, sur un guéridon qui se trouvait dans la chambre et sur lequel était posé de quoi se faire du thé. La bouilloire et autres accessoires avaient donc rejoins le sol et le guéridon trouva sa place au pied du lit. Puis une fois fait, il quitta la chambre de nouveau, en toute discrétion, pour aller demander à la réception s’il était possible qu’on leur apporte le petit déjeuner dans la chambre.

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MessageSujet: Re: Parce que nos coeurs sont hantés * Ecosse * [PV]   Lun 13 Fév - 16:36

La nuit avait été étrange. Mes rêves surtout. Ils n’avaient eu cesse d’exploser en images saccadés d’humains se changeant en loups. Des centaines et des centaines de fois. Des visages que je ne connaissais pas se transformant, des yeux lupins se fichant dans ma mémoire, enrobée d’une lumière blanche et glaciale. Sans cesse. Sans répit. Sans explication. Et puis la neige, le sang, les loups. Et moi dans la neige hurlant à plein poumon. Jusqu’à que ce cri ne se mêle à un hurlement et que je me réveille en sursaut. Pleine de sueur glacée et le cœur au bord de l’implosion.

A moitié aveuglée par le nimbe éclatant de lumière qui transforme les stores vénitiens de la fenêtre en théâtre d’ombre chinoise, j’ai soudain à nouveau sept ans. Je revois le motif en étoile de mon vieux couvre lit. Mes doigts s’agrippent au tissu, le froissent.


Loup ! Lou-oup ! Et ma voix se brisa sur la seconde syllabe. Loup ! Je vais être malade.

Je gis à terre, prisonnière d’un enchevêtrement confus de couverture, de bruits et de flaques de vomi, et je grelotte, je grelotte, griffant le sol, tentant de me raccrocher à quelque chose quand la silhouette familière de mon ami apparait dans l’encadrement de la porte. Joue contre le lino froid du foyer, je le regardai et j’entrepris d’articuler son nom. Pas un son n’en sortit. Il se laissa tomber à côté de moi et assista … assista à quoi ? Assista à quoi, nom de Dieu ?

De rage et d’impuissance, je me mets à pleurer. Soudain, des doigts frais effleurent mon cou. Je sursaute. Je sais qu’il n’y a que Dakeyras. J’avis les roses dans le vase. Je devrais le remercier, lui dire quelque chose de romantique, mais je n’ose pas et me borne à examiner timidement les fleurs en me mordillant la lèvre. Je prends un oreiller, lui jette dessus puis le sermonne. Il n’aurait pas du. A son air stupéfait, j’éclate de rire. Un rire étrange. Comme une fêlure.

Il s’apprête à répliquer quand je saisis ses poignets. Nous sommes restés un moment comme ça, sans bouger. Il me contemple en souriant à demi. C’est l’occasion idéale pour m’embrasser, mais il se contente de me regarder. Et lorsqu’enfin je réalise que je peux aussi prendre l’initiative, son sourire s’estompe déjà. Il me ramène doucement les bras vers le bas et je lâche ses mains. Je fronce les sourcils. Je ne peux détacher mon regard de la courbe de ses lèvres, douce et triste, comme le ton de sa voix, parfois. Je veux désespérément qu’il m’embrasse et je me trouve stupide de le vouloir autant.

Plus tard, dans le train, je n’arrive pas à savoir si quelque chose s’est cassé en nous à ce moment là ou si au contraire s’est renforcé. C’est la pagaille dans ma tête. Il est assis en face de moi. Pour tout avouer, je le rejoindrais volontiers à n’importe quel autre moment mais je veux, je ressens le besoin d’ordonner mes pensées, ce dont je suis incapable, tout près de lui. Finalement, je le rejoins et il soulève la couverture pour que je me serre contre lui. J’appuie mon front contre le sien, ferme les yeux et reste longtemps ainsi, immobile avant de les rouvrir.

Je vais aller chercher deux bols de soupe au wagon restaurant.

Je recule à contre cœur pour le laisser se lever. Je sens une chose me ronger comme une brèche, affamée, vide. Je reste un moment là, à me demander si je n’allais pas le suivre. La raison l’emporte au moment où je le vois revenir avec deux bols de soupe fumante et deux sandwitchs. Je saisi le mien et le pose sur la tablette, puis fais de même avec le sien. Je claque la porte du compartiment derrière lui d’un coup discret de baguette et abaisse le store d’un geste vif.
Je m’approche de lui et, en le fixant dans les yeux, affirme qu’il aurait du m’embrasser. Je dépose un léger baiser dans son cou, puis remonte doucement jusqu’à ses lèvres.

Toute son expression est une énigme, son visage un livre écrit dans une langue inconnue. Son corps se raidit sous ma douceur. Des ombres rodent sur son visage. Je pousse un gémissement étouffée. Mes paumes effleurent la zone de peau découverte au dessous de son t-shirt, mes pouces traçant des lignes sur ses flancs.

Ne me tente pas.

Je ne réponds pas. Je reste dans ses bras, tête levée, à le regarder, il enfoui son visage dans le creux de mon épaule. Mes joues me brûlent, mon cœur cogne. Il ajoute, indécis qu’il veut juste se comporter correctement, qu’il n’a qu’une seule et unique chance. Et qu’il est trop jeune pour tout ça.

J’hésite à en rire.


Tu te payes ma tête ?


Je le contemple. Le silence du wagon n’est troublé que par le bruissement des roues sur les rames. La nuit glaciale presse contre la fenêtre près de nous, telle une menace devenue ce soir abruptement réelle. Ce n’est pas une question de désir. C’est une question de peur. Je me rassois et avale mon bol de soupe dans un silence absolue. Je ne lui adresse plus une seule fois la parole du reste du voyage. Pas plus que les deux jours qui suivirent.

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MessageSujet: Re: Parce que nos coeurs sont hantés * Ecosse * [PV]   Lun 13 Fév - 21:46

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