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 The Red Eyes Boy (Libre)-

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James T. Rayan
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MessageSujet: The Red Eyes Boy (Libre)-   Dim 25 Déc - 17:40

Parfois je suis un gentil garçon.
Il arrive que je me lasse d'en entendre parler. Je traîne deux pieds lourds dans le sillage de traces à la semelle de velours. J'engage la partie d'un nouveau chapitre plus odieux que les deux derniers. Et j'inspire à chaque heure l'air étouffant de ce monde aux cloisons devenues trop étroites pour quelqu'un de ma taille. Je suis un être doué de pensée. Alors pourquoi me veut-on bête et vide ? Les gens ont-ils peurs que je les vois ? Je les observe, je les transperce. Ils ne sont que des voiles fades recouvrant le squelette rongé de la honte et du vice pourrissant dans vos entrailles. Je les méprise ... Tellement ... Et pourtant je les aime. Je rêve depuis quelques nuits d'un désert sans fin et parfois, je me surprend même à désirer le voir peuplé à nouveau. J'ignore ce que je veux. Je n'ai plus rien. Plus de raisons de continuer et à mesure que j'en cherche une, le temps me rappelle que je suis déjà en retard. J'ai une mission. Nombre n'y voient pas l'esprit, seulement l'idée. Moi je considère ce schéma de long en large, à la mesure de cette main que je referme sur le fil de nombreuses vies. J'ai mal tissé ce vêtement d'hiver qui me protège de la neige. A quoi bon protéger ma peau pale d'un mal que je n'éprouve plus ? Vos vies ne valent pas plus que la mienne à présent. J'ai perdu ce qui donnait la force de continuer : Mon rival. Mon ami, mon tout. J'ai conscience de devoir me relever malgré tout.


-Pousses, pousses, pousses, pousses ...

Il me murmure ces mots sans cesse.
Quand je ferme les yeux, il est dans mon esprit, vile comme personne. Sa main sur le sommet de mon crâne, il me retient à la limite de la surface plane de l'eau, entièrement plongé dedans. J'essaie de respirer, de garder mes narines à l'air. Il me pousse. Je m'enfonce. Je lutte. Je ne veux pas me noyer. Je connais ce rêve, je comprends ce qu'il veut dire. Mais je ne sais pas pour autant m'en défaire. Garder la tête hors de l'eau ...


-Andrew, laisses moi ! Je ... Arrêtes !

Et comme à chaque fois, j'ouvre finalement les yeux.
Le rouge de mes prunelles scintille sous un pâle halo d'argent, le rayon d'une lune grossière dont les hanches volent l'espace aux étoiles, trop chétives et frêles pour demeurer à leur place. Mon corps est léger. J'y suis enfin. Dans ce monde qui est le mien. Quand je tourne la tête, il est là, simplement à mes côtés.


-Que dois-je voir encore pour comprendre ce que tu me murmures ?

Il me sourit.

-Tu es mort ... Pourquoi viens-tu toujours me parler ?

Le regard posé sur mon visage, ses doigts effleurent ma peau.

-Nous avons un travail tous les deux. Il est temps de te lancer petit amour ...

Me redressant avec souplesse, tournant vaguement mon visage sur mes épaules pour étendre mon cou endoloris par ma nuit à même le sol, je remonte lentement mes deux bras d'une finesse anormale le long de mon torse, jusqu'à ce que mes mains atteignent sans mal l'arrière de mon crâne. D'un petit mouvement rotatif puis dessiné, comme retraçant la boucle d'un lacet, je relève le gros de ma chevelure noire pour la nouer. Les quelques mèches qui demeurent sur mon front et dans mon cou m'affine un air d'innocence, aussitôt perturbé par la couleur sanguine de mes yeux brillant d'espoir à cet instant précis. Il m'est enfin donné l'occasion de faire ce que j'entends. Vêtu d'une seule et unique combinaison noire, je bascule d'abord mes deux mains à plat devant moi. Me livrant à un nouvel exercice de souplesse, je prends appuis en avant pour redresser mes jambes bien tendues sur les côtés. Les ramenant lentement entre le trapèze de mes bras, je balance un instant d'avant en arrière. D'un saut agile, je vrille sur une poutre voisine et roulant dessus, je me saisi d'un autre débris pour aller plus haut. J'avance, toujours de branche en branche. Mais la seule chose que j'escalade, c'est une ruine de l'ancien monde.

-Tu es sûr de ce que tu trouveras au sommet ?

Inspirant profondément, je me faufilais encore entre deux obstacles, une jambe après l'autre, le torse replié parallèlement au sol. Une rotation, un nouveau bond et une légère chute. Les genoux repliés, je m'effondre sur moi même, juste assez en équilibre pour ne pas rouler encore en avant. Tout ne dépend que d'un geste.

-Mais ... La réponse.

Et quand je me redresse. Elle est devant moi. Le triangle gigantesque de mon destin. Le cercle de ma confiance, le trait de mon ultime espoir.

-James ?

Je m'éveille. Cette fois pour de bon.

-Tu viens travailler ?

Wizzard Coliseum. Londres.

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Carnelune Evebena
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MessageSujet: Re: The Red Eyes Boy (Libre)-   Mar 24 Jan - 21:28

On raconte qu’il existe des portes entre les rêves. Et que parfois, certains rêveurs parviennent à les franchir, surtout quand ils sont proches émotionnellement et psychiquement.
Alors, rêvons.
Et si Carnelune, âgée de 11 ans, était montée dans le Poudlard Express alors que ses parents et son petit frère parfaitement humain la saluaient du quai ?




La première chose que l’on remarquait en entrant au Wizzard’s Coliseum, c’était la musique. Elle emplissait tout l’air, pulsante, puissante, comme une multitude d’omniprésences qui s’infiltraient dans chaque espace laissé libre.
Elle collait à la peau, compagne poisseuse dont on ne se débarrasserait qu’au petit matin, mais elle était en réalité si indispensable que nul n’aurait voulu ne pas subir sa suffocante présence.
Elle était partout, mais elle était tout. Et, dans cette atmosphère confinée, où tous les instincts se réveillaient pour à la fin ne tendre que vers un unique but : ne pas quitter les lieux seul, elle était aussi la perverse partenaire dont le souvenir se mêlerait à ceux de la nuit afin de la transformer dans nos esprits brumeux du lendemain en une fantastique orgie dont on ressort épuisé, rassasié mais aussi sur sa faim ; c’est la musique qui fait que toujours, on souhaite revenir.

Toutefois, il est des gens qui, avant d’avoir envie de revenir, doivent d’abord souhaiter venir. Une promesse faite de bout des lèvres, des amis insistants que l’on adore, et aussi une part de curiosité et d’envie quant à ce monde de sensualité et de plaisir, et une personne qui ne tenait pas vraiment à se trouver là était soudainement assise sur une banquette autour d’une table, dans une petite alcôve.
Ce qui était plus ou moins le cas de Carnelune.

Bien sûr, elle adorait ses deux amies qui, assises à sa gauche sur la banquette, gloussaient sans raison aucune à cause de la trop grande quantité de cocktails ingurgitée. Bien sûr, comme toute personne entrant au Wizzard, elle avait tout simplement été subjuguée par la musique et se sentait vibrer à chaque note, tout son être répondant à l’appel délicatement tentateur diffusé par les mélodies langoureuses.
La foule de corps soudés les uns aux autres dans une danse fascinante et érotique ne la rebutait pas non plus. Elle était jeune, elle était saine de corps et d’esprit, et elle ne demandait qu’à se fondre dans la masse pour parvenir à cette extase en compagnie des dizaines d’autres personnes, ou même d’une seule, si l’opportunité s’en présentait.
Une seule personne… tant que ce n’était pas celle qui, assise face à elle, la caressait ostensiblement du regard tout en tentant de la faire discuter avec lui.
Il n’était pas repoussant, non. Mais quelques mois de cours supérieurs en sa compagnie avaient convaincus la jeune femme qu’ils n’étaient pas faits pour s’entendre, loin de là. Malheureusement, lui n’avait pas encore remarqué les réticences de la jeune femme, ou alors ne les attribuait qu’à un obscur désir inconscient de se faire courtiser ardûment.

Toujours est-il que Carnelune se trouvait coincée là, entre ses amies éméchées qu’elle avait entraînées pour lui servir de barrière de chasteté en cas d’insistance trop marquée de son prétendant, ledit prétendant dont elle ne pouvait poliment se débarrasser, et son désir de tout envoyer valser et de plonger dans la foule caressante, pour enfin se libérer de cette soirée monotone et se donner l’impression d’être en vie.

Mais elle n’osait pas.
Quoique.
En s’y prenant bien…

Elle se leva, prétextant une envie urgent de se remaquiller, et quitta aussitôt la tablée. Le regard du garçon s’attarda sur son dos jusqu’à ce qu’il ait la confirmation qu’elle se dirigeait bien vers les toilettes. Arrivée là, profitant du calme et de l’intimité relative des lieux, elle rajusta ses bas et sa jupe de dentelle volante, vérifia l’aspect de son décolleté moulé au-dessus de sa taille de guêpe enserrée dans son corset, rectifia d’un doigt la ligne de crayon sur ses paupières. Alors qu’elle s’inspectait une dernière fois dans le miroir, un sourire apparut doucement sur ses lèvres. Se redressant, elle le laissa éclairer son visage entier.
De l’impatience. De L’excitation. De la joie refoulée. Comme des dizaines d’autres sorciers ce soir, elle comptait bien profiter d’être en vie.

Quand elle ouvrit la porte, elle se retrouva malencontreusement au beau milieu d’une danse par couples. Sans perdre une seconde sa contenance, elle se dirigea comme si ç’avait été son but premier vers le bar, s’installant sur l’un des hauts tabourets, ses talons appuyés contre l’un des pied de son siège.


- Vodka citron fruits rouges, susurra-t-elle à l’intention du barmen qui s’empressa de répondre à son désir.

Une fois le verre en face d’elle, elle le saisit et porta la paille enchantée à ses lèvres. Celle-ci sépara les divers arômes et les intensifia, faisant couler dans la bouche de la jeune femme un nectar acidulé et sucré qui lui ravit les papilles. Dos à la piste, seule au comptoir, elle savourait tranquillement sa boisson, attendant que la musique reprenne afin qu’elle puisse se perdre dans la foule… Se perdre, mais se retrouver ainsi…


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James T. Rayan
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MessageSujet: Re: The Red Eyes Boy (Libre)-   Mer 25 Jan - 13:35

-( A - C A G E )-

Mon corps est une prison.
Je m'y sens étroit, retenu par des liens invisibles que je déteste. Ces traits qui me trahissent par des émotions que je n'éprouve pas. Je souris quand on me provoque ou m'énerve, je pleurs quand je suis heureux. Le seul, je crois, que je ne sache exprimer, c'est la tristesse. J'ai rarement pleuré naturellement, aussi je suis incapable de déceler la mimique appropriée à un tel sentiment. Je joue étrangement, compose un geste avec un autre, en espérant détenir la bonne combinaison. Suis-je éveillé quand je m'habille pour aller travailler ? Tout en avait l'air pourtant. Prisonnier. Esclave de fils que je ne pouvais pas tirer à ma guise, ensevelis sous une montagnes d'articles de codes sociaux, dont je n'avais jamais été l'auteur, faute d'être arrivé trop tard pour les écrire. Et mon physique. Je haïssais mon physique. La forme étroite de mes yeux, la grossièreté du bas de mes joues, de mon cou gonflé ... Je haïssait ma finesse mal répartie, mes largeurs mal placées. Parfois je rêvais d'être simplement plus épuré ... Mais avant toute chose, de me sentir plus léger.


-Ca va une minute ! J'ai du m'endormir sur le canapé ... Pourquoi la musique est arrêtée ? Je croyais que Max gérait la sono ce soir ?

J'étais une créature de la Nuit.
Mais peut être pas de celle-ci. Les gens ne voient le royaume lunaire que comme un vaste terrain de jeu, le moment de sociabiliser, de s'emporter dans des jeux de séductions frénétiques. La nuit pousse à de drôles de confidences. Ils sont les pantins de l'astre trompeur, tous autant qu'ils sont. Et le noir leur donne l'illusion d'être en sécurité, un sentiment de paix qui les pousse à baisser leurs gardes. Le mal n'est pas dangereux pendant la nuit. Quelle rude erreur de le penser. Il apporte le bien être, mais vous détruit aux premières lueurs du jour. Et si le soleil ne révélait rien d'autre que les complexes de ceux qui se sont un peu trop prêtés au jeu durant la nuit ? Ce n'est pas ce que je vois en la nuit, ni du jour d'ailleurs. Pour moi ce sont les mêmes dans le fond, je me sens seulement moins pressé la nuit, quand plus personne n'est là pour surveiller mes actes, je me sens libéré. Je ne vois plus les limites du monde, mais je ne les connais pas plus le jour. La moindre parcelle d'un jardin, le trottoir d'en face, tout me parle, tout me raconte une histoire. Je vois les choses pour ce qu'elles pourraient être, plus pour ce qu'elle sont au plus basique de leur utilité. Quelle est cette manie du monde à chercher l'utile ? Je ne le serai pas plus en allant voir pourquoi la musique était interrompue qu'en servant un énième verre à une personne qui n'en avait pas besoin.


-Max ?

Et c'est alors que je la vis.
Elle. Magnifique, pâle mais portant un regard curieux sur le monde, débordant d'une chaleur d'envie dont je n'aurais pu me défaire. Elle ne me voyait pas, pas encore. J'aimais cela également. Je m'approchais, abandonnant la sono, abandonnant Max.


-James ? C'est bon je gère ! James ?

Mais je ne l'entendait plus.
Revenant sans doute d'un coin WC, il prit non discrètement la peine d'apposer les doigts sur la fermeture de sa braguette avant de poser à plat ses deux mains sur des CDs pour les faire tourner. Sa table de mixage était énorme, peut être l'équivalent de deux tables de cuisine. Ce qui l'obligeait à user de sa baguette pour en atteindre tous les bouts. Mais la musique qu'il lança, aussi brutale fusse-t-elle, n'était en rien celle qui retentissait à mes oreilles quand je la fixais. Je suivais sa progression, depuis l'instant où elle s'ennuyait seule accompagnée, jusqu'à sa soustraction à cet ambiance défavorable de ses envies les plus obscures. Ses cheveux balançaient au rythme du vent, leur noirceur brillant plus encore que la blondeur de ses amies. Et elle avait ce bleu dans les yeux, cette couleur glacée qui me fit frissonner de la tête aux pieds. Je connaissais cette jeune femme, sans pourtant la reconnaître ? Qui était-elle ? Je me faufilais alors dans la foule à sa recherche, envers et contre tous, je fendais la presse agitée des fous du Roi dans l'intention claire et précise de la retrouver. Je tombais face à elle, quand elle se tourna pour admirer encore les danseurs.


-Ce jeune homme vous embête ? Je peux le faire sortir si vous me le demandez.

Quand quelque chose me souffla son nom, je sentis mes yeux me brûler, ce picotement intense qui me broyait l'échine. Le rouge de mon regard s'intensifia au contact de sa peau laiteuse. Je pouvais sentir au fond de moi les battements de son coeur. Mes crocs ressortirent sans que je le veuille. Une main devant la bouche, j'étouffais une expression d'horreur.

-Je ... Je suis désolé, excusez moi ...

Partant en sens inverse, horriblement gêné, je courrai vers ma loge.
Il me faudrait danser, ou chanter ? Peu importe, tant que ça m'éloignait de mon envie soudaine de la dévorer. Pourquoi, alors que jamais je ne m'en soucia, mes pulsions venaient tout à coup dégoûter ma conscience. Andrew ...


-Je sais que tu es là, quelque part ... En temps normal, elle serait déjà morte. JE suis le prédateur.

Mais aucune autre réponse que la dernière ...

-Regardes la mieux, tu connais son nom.

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Carnelune Evebena
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MessageSujet: Re: The Red Eyes Boy (Libre)-   Lun 12 Mar - 23:01

Gorgée par gorgée, le verre se vidait. Note par note, la musique s’égrenait. C’était ainsi que se déroulait désormais la soirée aux yeux de la jeune femme, rythmée par les sons qui l’enivraient bien davantage que sa boisson. Le slow langoureux s’étirait, faisant naître dans son corps des vibrations agréables, attisées par les regards qu’elle sentait se poser sur ses formes discrètes mais élancées. Carnelune était dans l’un de ces moments où l’on a l’impression que le monde nous appartient, que le Soleil s’inclinerait devant nous s’il était là et que la nuit ne se pare de son manteau d’étoiles que pour nous ravir ; et c’est là pensée bien normale pour un être aussi jeune et aussi innocent, dépourvu de tout souvenir empoisonnant son âme.

Un son incongru effleura ses oreilles, la sortant de sa rêverie. A quelques pas de là, son condisciple s’approchait, et il avait par inadvertance heurté l’un des sièges du bar. La jeune femme se raidit, sa main crispée autour de son verre. Pas là, pas maintenant. Elle n’avait pas de place dans sa nuit pour un garçon tel que celui-ci, aussi banal et terne. Ce qu’elle voulait… Eh bien, une idylle saugrenue mais que sagement elle ne voyait durer qu’un soir, une idylle à laquelle elle aspirait toutefois, avec un être plus digne de son arrogance temporaire et de sa beauté, un astre dans les cieux, une splendeur sans nom, qu’elle soit démon ou ange. Une idylle qui occuperait ses pensées avant que l’alcool ne la chasse, ou d’autres bras moins plaisants et charmeurs, mais suffisants.
En tout cas, pas les bras de celui-là.
Alors que son camarade s’approchait, elle se redressa, prête à l’éconduire, et fut stoppée dans son élan lorsqu’une voix grave, sensuellement rauque, la fit se retourner.


-Ce jeune homme vous embête ? Je peux le faire sortir si vous me le demandez.

D’un mouvement de tête elle redressa le regard afin de croiser le sien, et le contact de ses prunelles sanglantes fut foudroyant.

La grâce déliée de son corps, les mouvements fluides de ses fines mains, le sourire enjôleur ornant son vissage, ces mèches d’ébènes marbrant sa peau de nacre, et surtout, le feu rougeoyant de ses yeux… L’astre était apparu sur terre, et qu’il soit ange ou démon lui importait désormais peu. Il ferait sortir le rustre si elle le lui demandait ? Mais si elle avait une requête à lui adresser, ce ne serait pas une si innocente chose. Ne voyait-il pas dans ses yeux que l’inverse pouvait arriver à tout moment, que si c’était lui qui lui demandait quelque chose, quoi que ce soit, elle ne pourrait en cette nuit qu’y accéder ?

La fuite soudaine brisa son élan premier, mais pas son attirance envers le jeune homme. Elle se sentait être cet homme qui, ayant goûté aux fruits du royaume des dieux, ne put plus supporter le goût de la nourriture des humains, et fut condamné à dépérir de faim. Mais Carnelune n’était pas d’une trempe telle qu’elle accepterait aussi facilement de mourir, et, oubliant son verre, oubliant sa douce ivresse causée par le cocktail, oubliant le garçon qui ayant attrapé son bras lui murmurait à l’oreille des mots qu’elle ne comprenait plus, et où « Vampire » n’était pour elle qu’un son comme un autre, elle suivit la silhouette au dessin si parfait, sans presser le pas toutefois, se laissant distancer, encore perdue dans sa stupeur et son émerveillement face à cette créature onirique. Vampire, lui disait la partie de son esprit qui avait analysé les prunelles de feu et de sang et les crocs entraperçus. Qu’importe, lui hurlait l’autre.
Ses pas continuaient de s’enchaîner, alors qu’elle avait depuis longtemps déjà perdu de vue le visage harmonieux. Une pensée incongrue effleura son esprit, et elle se vit, face à lui, glisser un de ses doigts vernis sur les crocs acérés, le sang perlant recueilli par les lèvres du Vampire. L’instinct de conservation de la proie face au chasseur rejeta cette idée avec force, et alors, soupirante, éperdue, elle s’arrêta et regarda autour d’elle, recherchant cet angélique démon qui la narguait par sa simple existence, et, sans qu’elle puisse les retenir, les mots jaillirent dans un murmure d’entre ses lèvres :


- Je suis là et je t’attends, ô sombre tentateur…

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MessageSujet: Re: The Red Eyes Boy (Libre)-   Mer 21 Mar - 18:07

Finalement, le monde se résumait peut être à cet instant.
Sans qu'elle n'ait pris la peine de me les dire, je voyais défiler en moi toutes ces images que la jeune femme avait à peine osé. Je pouvais sentir la moindre de ses pensées, comme la plus tendre des caresse sur mon visage de monstre, moi qui m'acceptait alors si peu. Andrew était toujours là, le visage au creux de mon épaule. Mais elle, non, Carnelune ne pouvait pas le voir, non. Imaginez vous que cet instant, peint de mille est une attentes, ne peut se résumer qu'en un petit geste de quelques secondes, un rictus manifeste au coin de mes lèvres. Je laissais mes dents dépasser, sentant mes lèvres un peu douloureuses, inhabituées à être étirées de la sorte. Oh dans les films, ce qu'on vous montre demeure le summum de l'esthétisme, la réalité est plus poignante. Rater ma mâchoire littéralement plus volumineuse en cet instant aurait relevé de l'ignorance, de l'imbécilité ... Une faiblesse de plus à mettre sur le compte des petites vicissitudes humaines.


-Vous ...

C'est tout ce que je parvins à lui souffler.
Mon regard changea, de son horreur première se libéra un vent de paix qui passa devant la vitrine de mon âme. Et d'un geste délicat, je laissais mes bras se pointer vers le sol, ballants de chaque côté de mon corps. Une petite ondulation nerveuse s'opéra sous ma peau, comme un sillonnement étrange qui me donna l'air habité, puis, délicatement, mes crocs reprirent leur taille normale. Mes lèvres en restèrent bien marquées, mais ce ne fut que de courte durée. La faim avait lâché sa prise sur moi, pour elle. C'est alors que fermant les yeux un court moment, j'inspirais profondément l'air chaud qui étouffait les gens dans la salle. Cette odeur âpre de transpiration des danseurs. Où en étais-je de mon parcours ? Ah, ma loge. Me tournant vers la porte, je verrouillais cette dernière puis, sans en faire plus, je pris la main de la belle brune pour l'entraîner dans ma course.


-Je ne sais pas pourquoi je fais ça, ni comment vous avez fait. Mais vous avez réussi à calmer une chose que je n'avais maîtrisé avant alors ...

Et là je fis demi tour, immobile.
Je fus presque si brusque, que je puis la sentir venir me heurter dans son élan, avant elle même de de s'immobiliser. Ce qui, autant le dire, nous plaça à une distance très indécente. Prenant ses deux mains, je les remontais entre liées aux miennes sous nos deux regards ébahis.


-Merci ...

Et me rapprochant, j'embrassais l'une de ses paumes, en parfait Gentleman, encourageant toute fois ses doigts à venir effleurer ma joue.
Carnelune devint encore cet instant de paix, ce havre où ensemble nous trouvions le repos n'était pas idéal, mais nous étions ensemble. Son nom ne me revint pourtant pas, car elle était différente. Andrew disparut lentement, un sourire aux lèvres, s'inclinant dans le vide pour nos belles retrouvailles.


-Qui es-tu ...

Murmurais-je alors.
Une main sous son menton, mes doigts se saisirent du bas de son visage pour relever son regard vers moi et, sans respirer, un de mes doigts remonta encore dessiner le contour de ses lèvres.


-Qui ... Qui es-tu ?

Mais à cette énigme murmurée dans le noir, le destin ne m'envoya aucune réponse.
Je cherchais, inlassablement en mon pouvoir la force de tirer de ce brouillard le visage qui me sembla si familier ... C'est lors que l'allure d'une jeune femme m'interpella. Entre elle et moi, logée de façon indiscrète au coeur de mon esprit. C'est elle qui me parla.

-Tu m'as tuée ...

Et, fermant les yeux avec force, je relâchais Carnelune, prenant le risque de la faire vaciller par manque d'appui.
Je la repris bien vite cependant, la ramenant contre moi. L'inquiétude était palpable, même dans on regard rouge posé sur elle. Et je suppliais le temps de m'accorder encore un instant de paix avec elle. Qui était cette fille, qui ... Qui ai-je tué ? Moi ? Qui ...


-Non.

Juste non.
Mes cheveux noirs s'en allèrent de l'avant de mon visage, propulsés par le vent, se mêlant tant bien que mal aux siens, pour isoler nos visage en cet instant. Elle sentit une étrange force la drainer, m'immobiliser à chaque élan de résistance de ma part. Pourtant, incertains, mes pieds commencèrent à bouger, il me sembla même que nous dansions, dès que la musique, dès que la chanteuse venue me remplacer entama son show ... Et nous étions seuls, au beau milieu de cet endroit. Juste elle et moi ...

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