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 *Albanie * Là où les mots n'existent pas . [PV]

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Léocadie de Dinechin
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MessageSujet: *Albanie * Là où les mots n'existent pas . [PV]   Lun 17 Oct - 15:59

Le nom du monde est souffrance. Au prix d’un terrible effort, je rampe jusqu'à une table proche et utilise l’ultime parcelle de mes forces déclinantes pour me réfugier en dessous, fermer les yeux. Les rouvrir. Ma vision est floue et baisse encore. Souffrance. Celle qui irradie dans mon corps ensanglanté n’est rien. Même si la vie s’écoule par la plaie hideuse que j’ai à l’abdomen. Un murmure s’étouffe dans l’écume rouge qui jaillit de ma bouche. Je gémis et porte la main à mon visage mais renonce. Visage trop loin. Main trop lourde. Le nom du monde est souffrance et je haïs ma faiblesse, mon sang qui s’écoule, ma vie qui s’enfuie, la mort qui rode. Mépriser douleur et agonie, me lever, marcher, sortir du pub... Ma tête bascule sur ma poitrine. Le nom du monde est souffrance. Et désespoir.

***

Un village niché dans une combe. Une terre sèche et aride balayée par des vents froids. Je frisonne et resserre ma cape autours de mes épaules. Le village n’est pas bien grand et résolument agricole mais une taverne faisant également office d’auberge se dresse en son centre. Je manque de renoncer puis me ravise. Dryden est si proche maintenant. Je pousse la porte et me retrouve face à quatre hommes, sales, l’air mauvais et visiblement sous l’emprise de l’alcool. Je fronce le nez de dégoût.


-Salut ma belle.

-Écoutez-moi bien les gars, on va gagner du temps. Je vous donne les réponses en vrac et vous faîtes le tri ensuite. Oui je vais bien merci. Non je ne cherche pas l’aventure et surtout pas avec vous. Non, je ne vous trouve ni beaux, ni forts, ni intelligents et je n’ai pas non plus envie que vous m’enseignez ce qu’est un homme, un vrai. Une promenade au clair de lune ne me tente pas et oui, je sais ce que je perds en refusant vos avances. Ou ce que je gagne. Donc on se salue, chacun suit sa route et l’histoire s’achève là. Ah non tiens… Savez vous où je peux trouver Dryden ?

-Je ne comprends rien à ce que tu racontes alors tu la ferme et tu nous suis. Tu ne le regretteras pas, on va te montrer ce que des hommes, des vrai sont capable de ..

Je pousse un long soupir d’exaspération puis lance le premier coup. Mon talon percute son sternum, vidant ses poumons et brisant deux ou trois côtes flottantes au passage. Plie en deux. Genou qui emboutit sa figure. Atémi sauvage porté au plexus solaire du second. Coup de coude sur la nuque. Coup de poing sur le genou du dernier. Tous s’effondre comme des masses et avant qu’ils ne puissent se relever, je sors ma baguette et lance un sortilège de bloque langue et de jambe en coton. J’époussette mon pantalon en velours côtelé chocolat et tire sur mon polo pour le remettre en place avant de lancer un sourire éclatant au reste de la salle, pétrifié. Seul un homme vêtu d’une cape vert bouteille dont la capuche mange le visage ne semble pas le moins du monde inquiété de ma présence.

***
Je viens de cesser de bougé. Cessé de lutter. J’observe, indifférente, mes mains pâles et mon haut qui se gorge de sang. Je ne souffre presque plus et me sens presque bien. Détendue. Je suis entrain de mourir. Je ferme les yeux. Mes doigts deviennent gourds et je cherche à produire une pensée cohérente en vain. Je me bats pour garder la tête droite. Combat de chaque seconde plus difficile et dont l’issue ne fait plus aucun doute. Issue proche. Si proche. Je renonce à presser la main contre la plaie béante de mon ventre. C’est inutile. D’ailleurs... Est-ce bien la mienne, de main ? Inerte, livide, translucide… Je me sens glisser dans un tunnel sombre et froid, aux parois lisses comme du verre. Je m’accroche au premier souvenir qui passe, craint un instant qu’il ne cède mais il tient. C’est un souvenir solide.

***
D’un imperceptible mouvement du poignet, il me fait tomber sur le dos et des mains invisibles me trainent sur les dalles de la salle glaciale. Jusqu’à lui. Mon dos est endolori mais pire encore, mes efforts pour contrer sa magie restent inefficaces. Ma faiblesse et mon ignorance à me défendre me valent de graves ennuis. Alors que j’essaye vainement d’attraper ma baguette, j’ai l’impression que mon crâne se fend en deux et un hurlement suraigu déchire l’air, me glaçant le sang. La cacophonie des cris terrifiants qui suivit est si douloureuse que je tombe à genoux en me couvrant les oreilles. Je croise le regard de l’homme à la capuche verte, flamboyant tout comme le rictus qui pare son visage. Dryden. Je veux lui cracher au visage mais la salive refuse de franchir mes lèvres et il me dit d’un ton presque paternaliste :


Tu voulais me voir, jeune sorcière. Me voilà devant toi.

Il claque des doigts en direction de mon poignet. Un couteau invisible entaille ma peau. Il regarde le sang couler, hypnotisé. Je couvre la coupure de ma main, étonnée que ce soit si douloureux. J’attrape d’un mouvement vif ma baguette mais d’un murmure, je suis brusquement retournée à plat ventre et plaquée au sol avec une telle violence que j’en ai le souffle coupé. Un cercle de flammes vertes et malveillantes s’élève de pierres glacées. Je jette un regard autours de moi, les derniers clients se sont volatilisés. Je sens une brûlure le long de mon dos, traçant une courbe d’une épaule à l’autre, puis jusqu’au bas de mon dos à son point de départ. La magie de Dryden m’immobilise, je ne peux lui échapper et la douleur est insoutenable. Au moment où je compris avec révulsion qu’il dessinait un cercle magique sur mon corps, il n’y eu plus que souffrance et ténèbres. Mon corps roula en boule et une violente douleur irradia dans mon ventre. L’incantation suivante me projeta contre le mur, je sens mes os se briser dans un craquement écœurant.

-Pourquoi n’utilisez vous pas votre magie pour vous protéger ? Je la sens en vous. s’amuse Dryden tout en continuant à taillader mon corps en tous endroits possibles et imaginables.

***

Je guette l’inconscience qui approche, la mort marchant sur ses pas. Quand l’une me touchera, l’autre m’emportera. Inéluctable. Ne pas cesser de guetter. Les empêcher d’approcher. Trouver prise pour s’accrocher à la vie. Quelques minutes encore. J’hoquette et du sang coule de ma bouche, goutte sur ma poitrine. Y a-t-il donc autant de sang dans un corps et le mien n’a-t-il pas achevé de se répandre sur la terre meuble du bar ? Je renonce à mes sens. Déjà morts. Il ne me reste que la mémoire. Les souvenirs. Tenir bon. Encore quelques secondes. Le temps de le voir naître. Et puis lâcher prise.

***

D’autres portes bien plus solides claquèrent derrière les faibles défenses qui m’ont toujours suffi jusqu’ici. Je suis prise d’un étourdissement et un frisson me parcours quand je sens une tension à l’intérieur de mon crâne. Comme si l’on tendait un élastique dans ma boîte crânienne. Dryden part dans un rire de gorge, agite sa baguette et me suspend par un pied dans les airs.

-Tu es la fille de Rebecca. Tu as du pouvoir. Je le sens. Pourquoi n’utilise donc tu pas ta magie pour te protéger ! Hurle-t-il, grondant de fureur. Il arpente les dalles froides et humides en cherchant un nouvel angle d’attaque. Il dut s’écouler des heures avant qu’il ne me jette de l’autre côté de la salle, dépité.

Je commence à dériver entre souffrance, peur et froid. Quand Une voix familière se rappelle à moi : Il faut que tu sois très, très courageuse. Alex est assis sous un pommier au delà du cercle de feu. Ses yeux, plus sombres que dans mon souvenir étaient implacables. Il porte un doigt à ses lèvres pour m’intimer le silence. Tiens bon. Sois courageuse. Une vraie lionne. Veux tu que je te raconte une histoire ?


Il était une fois une petite sorcière nommée Léocadie. Quand elle était encore un nourrisson, sa marraine la fée l’enveloppa dans des rubans invisibles qui étaient de toutes les couleurs. Léocadie, bien qu’encore un bébé, aimait faire de la magie et elle savait très bien s’y prendre. Il laisse échapper un doux rire. Mais sa marraine la fée savait très bien que d’autres sorciers seraient jaloux de son pouvoir. Léocadie eu beau essayé, elle ne sut jamais comment ôter les rubans. Elle savait bien que quelque chose l’entraver mais quoi ? Elle finit par oublier sa magie et oublier les rubans. Un jour, Léocadie rejoignit un lieu très spécial où elle retrouva le souvenir de sa magie. Mais pas celui des rubans. Dryden tirent sur tes rubans, ma puce. Il faut que tu les enlèves toi-même.


-Mais qu’est ce que ? Bordel !

En même temps qu’il pousse un juron, Dryden lâche prise. Il pousse un autre hurlement et ce n’a rien d’un rire. Une affreuse odeur de brulé emplie l’air. Je tourne la tête. Ce que je découvre me glace le sang. Bras et jambes écartés, il est entrain de brûler. De l’intérieur. Sa peau devient noire et se racornit. Soudain sa chevelure s’enflamme mettant fin à ses grands cris d’agonie. Incapable de bouger, j’assiste à la destruction de mon ennemi. A son éradication. Au sens premier du terme. Et cela ne me procure aucune satisfaction. Devenu un tas informe de vêtements et de chairs au milieu de la pièce, il achève de se consumer.

***

J’ouvre les yeux. Incapable du moindre mouvement. Ne rien entendre. Ne rien ressentir. Mon cœur renonce, faiblit, rate une pulsation, une deuxième. Ultime lueur de conscience qui s’accroche à ce détail.
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Dakeyras Bremer
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MessageSujet: Re: *Albanie * Là où les mots n'existent pas . [PV]   Lun 24 Oct - 19:50

Après que sa petite amie lui ai dit qu’elle comptait partir, Dakeyras avait fouiné. Il avait tout d’abord interrogé sa camarade de chambrée pour voir si elle était au courant de quelque chose. D’abord elle n’avait rien dit, elle avait l’air d’avoir un peu peur de Léocadie. Mais le jeune gryffon avait su se montrer convainquant et rassurant et elle avait fini par lui dire que tout ce dont elle était au courant, c’était qu’elle avait caché quelque chose sous son lit, des feuillets. Le gryffondor ne pouvait pas y aller pour fouiller et découvrir sa destination. Il avait donc chargé cette même serdaigle de chercher pour lui.

Le lendemain, elle l’informa qu’elle avait eu du mal à farfouiller, ayant peur d’être vu. Elle n’était pas sur mais elle avait vu sur l’un des feuillets le nom Malind avec un autre nom à côté de celui-ci : Dryden. Dakeyras avait alors comprit, elle lui en avait parlé une fois déjà. Il s’agissait du mangemort qui avait mit fin aux jours d’Alex, son ancien compagnon. Cependant, Malind ne voulait rien dire pour lui et Léocadie partait le lendemain matin très tôt pour ne pas être vue. Il s’était donc rendu à la bibliothèque pour faire des recherches. La bibliothécaire n’avait pas pu l’aider mais elle lui avait fourni un dictionnaire des noms propres. Il avait donc trouvé assez rapidement. Il s’agissait d’un petit village d’Albanie, de la région du Skrapar au pied du Mont Tomorr. Maintenant, il fallait qu’il trouve un moyen pour s’y rendre. Il envisagea plusieurs solutions, la première et peut être la plus simple était de se rendre à Londres et de prendre l’avion avec les moldus. Le problème, il n’avait pas d’argent moldu et c’était un voyage très long. Une deuxième solution était de prendre son balai mais c’était également trop long. S’il avait su transplaner, il l’aurait fait mais malheureusement, il n’avait pas cette science. Il ne lui restait plus que la solution du réseau de cheminées. Il poursuivi donc ses recherches pour trouver une carte de ce réseau. Tout d’abord, une carte du réseau mondial pour trouver la cheminée principale d’Albanie, puis une carte du réseau Alban. Bien heureusement, il y avait une cheminée dans le village de sa destination. Ayant bien prit soin de tout noter, il remit tous les ouvrages qu’il avait compulsé à leur place et regagna son dortoir.

*Le lendemain matin*

Enfourchant son nimbus 2001 afin de pouvoir le laisser chez lui, son sac sur le dos et ses lunettes de vol sur les yeux, il décolla et sortit de l’enceinte de Poudlard en prenant soin de ne pas se faire voir. Il était interdit aux élèves de sortir du château mais la situation l’y obligeait. Il était partit deux heures avant la serdaigle car il devait passer chez lui afin de pouvoir utiliser la cheminée. Son utilisation était interdite également et de ce fait, on ne trouvait pas de poudre de cheminette à Poudlard.
Après deux heures et demie de vol, il arriva enfin au manoir Bremer. Rien n’y avait changé depuis son dernier passage. Se dirigeant aussitôt vers la cheminée pour ne pas perdre de temps, il posa son balai sur le sol dans le salon, d’où l’intérêt de ne pas avoir prit son éclair de feu. Il prit une bonne poignée de poudre, et la lançant contre le sol, il prononça clairement :


Tirana !

Il s’agissait de la capitale du pays. Un fois sur place, il se dirigea toujours sans perdre de temps vers la cheminée sur laquelle il était inscrit le mot « sud » en Albanais. Il se rendit donc à Malind. La cheminée se trouvait dans une vieille boutique poussiéreuse. Dakeyras éternua après avoir prit une inspiration par le nez, l’air était chargé de poussière et c’était presque irrespirable. Une vieille femme le regardait bien fixement, sans dire un mot. Le jeune garçon sortit donc vite du magasin. Il se rendit compte qu’il s’agissait d’un village sorcier. Les gens le regardaient bizarrement et il ne se sentait pas à l’aise. Il ne savait pas où aller, où la retrouver. Mais un bruit le lui indiqua, une auberge au bout de la rue, les vitres était illuminée et on voyait des ombres bouger derrière celles-ci. Cela ressemblait à une bataille.

Le gryffon se précipita alors, ouvrant la porte il y trouva tout sans dessus dessous, les tables et les chaises était renversées, seul une table restait debout. Une odeur de cochon grillé flottait dans l’air et un tas trainait à côté de la porte. On aurait dit un reste de tissu humain collé à des vêtements fondus. Il savait que Léocadie était dans la pièce, il sentait sa présence. Mais il ne la voyait pas.

Léocadie !

Il l’appela mais en vain, aucune réponse ne lui était donnée. En même temps, il cherchait des yeux, scrutant la salle. Puis il l’aperçu, elle était là sur le sol, allongée sous la table.

Non, Léocadie !

Dakeyras couru jusqu’à elle, il ne savait pas quoi faire pour l’aider, elle était blessée. Une grande tâche de sang avait salit son haut. Du liquide rouge épais recouvrait également le sol. Il s’agenouilla à côté d’elle et souleva son haut pour voir l’ampleur de la blessure. Elle avait une grande plaie ouverte sur le ventre. Elle était consciente mais ne réagissait pas. Il saisit sa main, elle était glaciale. La serrant, il lui tapota doucement le visage de l’autre main pour tenter de lui donner une réaction.

Léocadie, est ce que tu m’entends ?

Toujours rien. Et la plaie continuait à saigner. Il fallait la compresser. Le gryffon enleva son tee-shirt et le plaça sur la blessure pour éviter de la salir. Il pressa alors le linge aussi fort qu’il le pu. Cela tira un rictus de douleur à la jeune fille mais il ne relâcha pas la pression, pour que le sang cesse de couler.
Une larme perla au coin de l’œil de Dakeyras et elle vint rouler le long de sa joue avant de venir s’écrouler sur le corps de la serdaigle. Il avait peur de la perdre. Il avait déjà perdu deux êtres chers peu de temps auparavant et il ne tenait pas à ce que ça se reproduise.


Reste avec moi Léocadie, ne meurs pas s’il te plait. On s’est promit de ne pas se quitter, jamais.

La jeune femme avait de plus en plus l’air de s’endormir et malgré qu’il maintienne le vêtement bien contre la plaie, le sang continuait de s’écouler. Il se tourna vers la porte de l’auberge qui était resté ouverte.

Au secours, aider moi !

Personne ne semblait bouger.

Que quelqu’un vienne m’aider !

Il se pencha sur le corps de sa petite amie, pleurant à chaudes larmes, se sentant inutile et responsable.

_________________
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Loélia Dannan
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MessageSujet: Re: *Albanie * Là où les mots n'existent pas . [PV]   Ven 28 Oct - 13:39

Tranquillement allongée sur le rebord d’une balustrade, je regardais les étoiles envahirent la voute céleste. J’entendais les conversations étouffées du dortoir et certaines me donne le vague à l’âme. L’été n’avait pas été facile. La rentrée encore moins. Les cours communs relevaient de la torture quand le regard de Caleb daignait se poser sur moi. Je ne voyais plus beaucoup Dakeyras qui avait énormément changé et s’était éloigné, préfèrent son amourette à ses amis. Quant à Hector… Depuis les fâcheux évènements entourant les jumeaux Raven, il passait son temps à compulser des livres dans la bibliothèque. Je me sentais seule. J’étais lasse.

Poussant un soupir découragé, je cherchais une quelconque distraction en effleurant les esprits se trouvant à proximité. Peut être quelqu’un ici aurait-il besoin d’aide ou de soutient. Ne percevant rien d’autre dans mon esprit qu’un ronronnement bienveillant, je me laisser glisser lentement le long de la pierre, n’amortissant ma chute qu’au dernier instant. Il était près de sept heures maintenant, les premiers élèves ne tarderaient pas à aller prendre leur diner dans la grande salle. Je devais sans doute faire de même quand un bruissement furtif attira mon attention.

Scrutant les alentours, une silhouette longiligne à la crinière d’ébène se faufila entre deux ou trois conifères en lisière de forêt. Tendant mon esprit vers cette âme, son identité ne demeura secrète qu’un très court instant.

Léocadie.

Cette fille avait quelque chose de … singulièrement différent. Toute mon intuition me le hurlait depuis le jour où je l’avais soigné dans le parc. Il y avait ce mélange de lumière et de profonde noirceur, comme un faible roseau qui ne demande qu’à plier en faveur de l’un ou de l’autre. Et son aura... D’un vert si sombre. Un vert si sombre d’où s’échappent d’intenses filaments multicolores. Je n’avais encore jamais observé ceci.

La perception des auras n’avaient débuté qu’après l’enterrement des parents de Dake. Je m’étais levé un matin, après un rêve étrange, et avait retrouvé ma tante Ivy toute auréolée d’un champ orangé. Je cru d’abord à une hallucination due a la fatigue mais quand ma seconde tante était arrivé enveloppée de bleu ciel, je pris le problème bien plus au sérieux. C’est ce qui m’avait d’ailleurs amenée à avancé mon retour à Poudlard. Depuis, j’aimais observer les auras de ceux qui m’entourent, c’était, la plupart du temps, apaisant.

Je me décidais à la suivre. Ses escapades nocturnes n’étaient pas si rare, je l’observais souvent du haut de la tour d’astronomie mais je voulais comprendre ce qui la motivé. Restant à une distante prudente, je la vis accroupie sur le sol à tracer un cercle magique dans les aiguilles de pin. Perplexe, je m’accroupis derrière un buisson. Elle y mit les points cardinaux, puis traça un symbole tout à fait particulier en son centre. Elle murmurait des chapelets de formules en latin dont je ne comprenais un traitre mot. Après un dernier coup d’œil furtif, elle se remit en route pour le château. Je restais un moment assise sur le tronc de mousse, indécise. Puis ne sachant que faire d’autre, décidais d’aller prendre mon repas.

La nuit fut particulièrement longue. D’interminables plages d’insomnie me guettaient depuis le jour où j’étais tombé de la tour. Ou plutôt depuis le jour où je m’étais jetée de la tour. Depuis le jour où il était partit. Savoir son aura d’un rouge profond marbré de noir ne me rendait pas la vie plus facile, bien au contraire. Je guettais sans cesse la moindre variation, même infime de cette masse qui restait résolument pourpre. Je passais souvent mes nuits sur le balcon ou dans la salle sur demande, tachant de recréer, de façon si pathétique, ce qui avait fait mon bonheur. C’était une de ces nuits là. Une de ces nuits où je lui en voulais terriblement d’être ce qu’il était et que la fureur ne parvenait pas à bercer. J’étais assise sur le rebord du balcon depuis des lustres, une nuit entière si on en croyait le ciel qui perdait de sa noirceur à chaque minutes.

Elle était partie bien avant l’aube. Une cape noire et un sac en toile sur le dos. Elle marchait de son pas noble et déterminé vers ce cercle qu’elle traçait encore la veille. Je tendis mon esprit vers elle et trois mots scintillèrent devant moi, aussi furtif que les lucioles d’un soir d’été. Trois faibles mots pareil à de la brume. Brume qui relevait d’un caractère d’urgence à en croire la teneur. Descendant en vitesse de mon perchoir, je courue, nus pieds, jusqu’au lieu du sortilège mais déjà la belle ténébreuse s’effaçait dans le flou caractéristique du transplanage. Je resté un moment figée, incapable de réfléchir. Il fallait que je la suive, elle était en danger. Pestant et maugréant à l’attention de mon mentor qu’il aurait mieux fait de me donner une liste d’indications concrètes pour ce genre de cas, je tâchais de la localiser. Impossible. Beaucoup trop de distance. Soudain, illumination. La salle sur demande. Elle allait m’indiqué dans quel endroit Léocadie était allé se fourrer.

Le temps que je fasse tout ceci et que je me rende sur place, un long appel douloureux et angoissé me parvient, faisant vibrer toutes les fibres de mon être.

Dakeyras !

Suivant les vagues d’intuitions qui me tombaient dessus comme des chapes de plombs de plus en plus lourdes, je rejoignis une sorte de vieille ferme de briques grises d’où sortait une épouvantable odeur de brulé. La terre était encore boueuse et collante des dernières pluies, me rendant la progression difficile. Tous les sens en alerte, ce village suintait la magie sans pour autant qu’une âme qui vive ne se profile à l’horizon, je crapahutais, en chemise de nuit et peignoir, vers la porte, délabrée, de la baraque en ruine. La scène se déroulant à l’intérieur me laissa un moment pantelante. La salle était dévastée. Si une tornade était passée dans la pièce elle aurait fait tout autant de dégâts. Tables, chaises, tout était sans dessus dessous. Des trainées de poudres noires jonchées le sol de part et d’autre, il y avait aussi du sang, en longues effilades contre le mur du fond.

Dakeyras était agenouillé là, la tête de Léocadie sur ses genoux, la serrant contre lui comme naufragé s’accroche à une bouée. De longues larmes ruisselaient sur ses joues pâles et ses mains tremblaient imperceptiblement. Je ne sentais plus rien. Plus de battement de cœur ni le souffle d’une respiration. Son aura s’était ternie. Elle n’était plus qu’un fin voile d’un vert transparent d’où claquait encore quelques petites étincelles de couleurs, comme le crépitement d’un feu mourant. Ignorant l’aura d’un turquoise éclatant de mon ami gryffon, je me laissais tomber près d’elle, posant mes mains sur son corps, qui déjà se raidissait et devenait de la pâleur fantomatique propre aux défunts. Je serrais les dents, cherchant la moindre source de vie encore collée quelque part.

La pulsation naquit au creux de mes doigts à l’instant où j’allais tout abandonner. Elle était tellement infime et son écho tellement faible que s’il y avait eu dans la salle en serais ce que le clapotis d’une goutte d’eau, je ne l’aurais sans doute pas perçue. Heureusement, Dakeyras n’avait rien dit et ses sanglots s’étaient estompés dès que j’eu posé les mains sur elle. Il avait les traits brouillés et le regard cave mais je le savais attentif à toute chose. Il n’ignorait pas, comme moi, que la tranquillité serait de courte durée. Je ne pu retenir une exclamation en sentent la petite pulsion de vie dans le bout de mes doigts. Un grand sourire fendit mon visage et il me regarda comme si j’étais soudain devenu folle.


Je l’ai ! Dake ! Je la récupère ! M’exclamais-je, absolument ravie.

La digue de tension céda instantanément. Il sourit, son regard s’embruma, puis il partit dans un fou rire nerveux, embrassant son front et lui murmurant des choses que je ne comprenais pas. Tout en maintenant le lien avec le battement de vie, j’ordonnais au griffon de me trouver des couvertures, de l’eau et n’importe quoi contenant du sucre. Il fallait qu’on puisse la déplacer rapidement, car je sentais dans mon dos les prémices froids d’une mauvaise rencontre qui n’allait pas tarder. L’instinct me poussait sans cesse à me détourner de Léocadie pour tendre vers les esprits au dehors. Je résistais tant bien que mal tout en pressant Dakeyras. Je me sentis soudain envahie par la panique. Je déglutis et, au moment où je détournais les yeux de la jeune Serdaigle, j’entendis Dakeyras pousser un juron.

Un énorme animal dont la fourrure virait du violet au gris et dont deux cornes démesurées ornaient la tête venait de faire irruption sur la place du village. Il était tout bonnement terrifiant et humait l’air en poussant des grognements gutturaux. Tout dans son attitude laissé entrevoir que cette créature était fichtrement dangereuse. Je fouillais dans ma mémoire mais rien ne m’indiquait l’avoir déjà vu quelque part. Dakeyras s’était figé près du bar, la main crispée sur sa baguette. Il m’intima le silence. En effet, le monstre ne nous avait pas encore repéré et était afféré à farfouiller dans ce qui semblait être un tas de fumier. Un murmure s’éleva dans le silence :

C’est un Grapcorne. Ne bougez pas, si vous tenez à vos vies.

Je n’eu pas le loisir de chercher la provenance de la voix. L’infâme créature avait perçu le bruissement et venais de tourner la tête vers nous. Ses petits yeux méchants fixant l’embouchure béate de la porte.

_________________



Quand les larmes de l'ange inonderont la Terre, alors s'ouvriront les portes de l'Enfer.Et tandis que les anges seront sur le point de mourir, ce sera au jeune homme de périr.
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Dakeyras Bremer
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MessageSujet: Re: *Albanie * Là où les mots n'existent pas . [PV]   Lun 31 Oct - 20:38

Lorsque Dakeyras vit Loélia, il se demanda ce qu’elle faisait là, comment avait elle fait pour les trouver ? Il la regarda lentement s’approcher de lui et de celle qu’il aimait plus que tout. Elle était en train de s’éteindre entre ses bras, et il avait juste envie de la rejoindre, de la retrouver de l’autre côté, ainsi que ses parents. La peine était si forte qu’il n’arrivait presque plus à respirer à cause de la boule qui s’était logé dans sa gorge. Sa jeune amie vint s’agenouiller à côté d’eux et posa ses mains sur la serdaigle étendu là. Ne comprenant pas ce qu’elle faisait, il ne dit rien, se contentant d’observer. Il retint également ses larmes. La petite poufsouffle poussa soudain un petit cri de réjouissance avant de sourire largement. Ne comprenant toujours pas ce qu’elle était en train de faire et ce qu’elle trouvait de si bien dans cette situation, il la dévisagea de façon appuyée comme si elle était folle.

Je l’ai ! Dake ! Je la récupère !

Mais qu’est ce qu’elle fait ?

Il comprit alors qu’elle était en train de la soigner. Il ne savait pas comment mais il s’en fichait, tout ce qui comptait, c’était qu’elle arrive à la sauver. Il laissa alors son visage afficher un grand sourire et rit nerveusement. Il se pencha pour lui embrasser le front et s’approcha de son oreille pour murmurer.

On va te sauver, tien bon, tu n’as plus rien à craindre. Je t’aime tellement, tu ne me quittes pas, je ne te quitte pas, on reste ensemble pour toujours.

Loélia l’envoya chercher des linges, de l’eau et de la nourriture sucrée. Il se leva alors, posant délicatement la tête de Léocadie sur le sol froid. Puis il se dépêcha de chercher un peu partout dans le bar ce qu’il pouvait trouver. Il trouva une bouteille de sirop de citrouille et un torchon. Il ne manquait plus que l’eau tiède. Mais il n’eu pas le temps de la prendre. Il aperçu un gros animal poilu par l’ouverture de la porte. Son pelage était d’un gris foncé tirant sur le violet et deux cornes pointues avaient leur place sur le crâne de la bête. Il se raidit aussitôt, posant tout ce qu’il avait dans les mains et saisit sa baguette. Il ne se souvenait plus du nom de cette créature mais il se souvenait l’avoir vu chez lui. Son père lui avait souvent parlé de certaines bestioles magiques et celle là était particulièrement dangereuse.

Ho me*de !

Il se tourna vers Loélia qui avait elle aussi vu le monstre et lui figne de se taire. La bête ne les avait pas vus et il ne valait mieux pas. Puis une voix s’éleva de derrière le bar, une voix de garçon. Elle les informa sur le nom de la créature et leur conseilla de ne pas bouger. Elle aurait mieux fait elle-même de ne pas parler car le grapcorne l’avait entendu et avait tourné la tête vers eux. Ses yeux perçant étaient fixé sur les quatre personnes dans la taverne. Il grogna plusieurs fois et frotta le sol du pied. Sans perdre de temps, Dakeyras couru vers les deux jeunes filles au centre de la pièce et plaça ses bras sous la serdaigle encore inconsciente et s’adressa à Loélia.

Vite, viens il faut se mettre à l’abri. Cette créature est très dangereuse et à nous deux, nous n’avons pas la force de la battre.

Il souleva la fille et marcha assez lentement pour que la poufsouffle puisse garder le contact de ses mains avec la blessure mais assez vite pour avoir le temps de s’abriter derrière le bar. Avant qu’ils n’y arrivent, il entendit un choc sourd et tout le bâtiment trembla. De la poussière tomba du plafond. Le gryffon jeta un coup d’œil vers l’embrasure de la porte et vit que la bête avait foncé dans celle-ci. L’une de ses cornes était plantée dans la paroi. D’un coup de tête, il s’en dégagea en arrachant un pan du mur. Ils se cachèrent donc derrière le bar. Ils y découvrirent David, c’était de lui que venait la voix de tout à l’heure. Le gryffondor ne chercha pas à comprendre comment il était lui aussi arrivé là. Un autre choc se fit ressentir. La solution aurait été de fuir ou de combattre mais avec Léocadie dans cet état, ni l’une ni l’autre n’était possible. La seule solution encore possible été d’attendre et d’espérer que le grapcorne n’arriverait pas à passer la porte et se détournerait d’eux.

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Loélia Dannan
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MessageSujet: Re: *Albanie * Là où les mots n'existent pas . [PV]   Mar 22 Nov - 20:40

Grondement sourd. Le mur qui craquelait et qui se délitait. Grondement sourd. La poussière tombait en trombe du plafond. Grondement sourd. Je n’arrivais plus à me concentrer sur Léocadie. Grondement sourd. La panique m’envahissait. Grondement sourd. Crissement de la pierre sous les griffes. Je frémissais imperceptiblement quand Dakeyras détala pour nous trainer de force derrière le bar. Grondement sourd. Le chambranle de la porte grinça. J’avalais péniblement ma salive en jetant sans arrêt des coups d’œil au monstre violet.

J’aurais voulu lui dire que Léocadie était encore bien trop loin pour que l’on puisse la déplacer sans risque. J’aurais voulu lui dire qu’en agissant ainsi, il allait la tuer mais déjà ses bras étaient sous ses épaules et je ne pu essayer que de garder le maximum mes mains sur sa poitrine en ignorant du mieux que possible le vacarme infernale que faisait l’immonde créature à l’entrée de la taverne. Mes jambes, mes mains, mes lèvres, tout en moi ne criait que « danger mortel ». C’est les jambes flageolantes et au bord de la nausée que je me laissais tomber près de David.

Un David dépenaillé, aux énormes cernes gris bleus sous les yeux. Un David qui n’était que l’ombre de lui-même au physique mais qui avait toujours dans les yeux cette lueur farouche de grande détermination. Son pull en laine chocolat semblait deux fois trop grand pour lui et son jeans était couvert de boue. Je savais que la guerre avait donné à notre monde cette empreinte acide et pugnace. Je savais que David faisait des rondes toutes les nuits pour assurer la sécurité des élèves. C’était sa manière à lui de se sentir utile. C’est pourquoi je n’étais guère étonnée de le voir là. Lui l’étais sûrement plus de nous voir tous ici, en Albanie, avec une mourante sur les bras et deux élèves incapables de transplanter ou d’avoir droit à l’usage de la magie en dehors de l’école. Il n’en laissait rien paraître pourtant.

Mon cœur avait perdu toute notion d’un rythme cardiaque normal. Il sprintait dans ma poitrine, loupant quelques battements au moment propice, s’enfonçant dans mon estomac et remontant dans ma gorge à intervalle régulier. L’adrénaline me donnait des fourmis dans les jambes et me tordait les entrailles et c’est avec la plus grande peine que je repris mon self-control. Alors que Dakeyras m’aidait à installer Léocadie plus confortablement, sa tête sur mes genoux, La taverne toute entière s’ébranla, nous noyant sous des litres de poussières blanchâtres et poussant des gémissements lugubres. Le pan entier de l’avant de la maisonnette venait d’être réduit à néant. Je me sentis défaillir. Et tachant de garder une bulle de sérénité autours de ma personne pendant que les garçons débattait de la manière de s’en tirer, le pire arriva.

Le sol trembla à nouveau violemment et, à l’intérieur du corps de la jeune serdaigle, on entendit un craquement étouffé. Instantanément, son corps devint mou et quand je m’efforçais d’ouvrir ses paupières, je me rendis compte que ses prunelles n’avaient plus aucun éclat. La panique envahit mes traits et je vis Dake s’affaisser à côté de moi. La seconde d’après, la beauté froide se mit à hurler. Non pas un cri mais un hurlement de douleur à vous faire hérisser les poils sur les bras. Hurlement qui s’acheva dans un gargouillement, les cris, les larmes, le sang. Les yeux de l’aimée du gryffon se révulsèrent, son corps s’arqua et se mit à se contracter et à se tordre, comme secoué par des courants électriques.

David était tétanisé et moi, en larmes. Tout ce qui me constituait venait de se délité pendant que je fixais le visage de porcelaine de la jeune fille que j’étais venue sauver. J’avais échoué. Il était trop tard, je le savais. Elle était morte, je le savais. Je le savais car je ne sentais plus rien. Elle n’était plus ici. Ce n’était qu’une coquille vide.

Tous les fils qui me retenaient à la vie furent vivement tranchés. Tout ce qui participait de celle que j’étais – mon amour pour le démon serpent, mon amour pour le gryffon, mon amour pour ma famille, ma loyauté envers ma famille céleste, mon amour pour Lilian et Cassie, la haine de nos oppresseurs, de ma condition, de mon ignorance, de mon rang, de moi-même – fut coupé en instant comme les ficelles d’un ballon qui s’envolèrent dans le ciel opaque de cette nuit sans lune. Mais moi, je ne m’envolais pas. Je restai attaché là où je me trouvais. Devant le cadavre, brisé et ensanglanté, d’une compagne, d’une amie, d’une sœur, d’un condisciple. Pas par une ficelle. Par un million de chaînes plus lourdes les unes que les autres. Des câbles d’acier. Qui me liaient à une seule chose- au centre du même monde.

Dakeyras hurlait, hurlait et hurlait encore. Il s’en était pris à David pour je ne sais quelle obscure raison et les voilà maintenant tout deux, ce battant comme deux coqs. Me forçant à reprendre pied dans le présent, je n’eu écho que de condamnation, jugement et autres choses puériles qui ne nous la ramènerait pas. Il était vrai que si David n’avait pas parlé, le grapcorne ne nous aurait pas entendus. S’il ne nous avait pas entendu, on n’aurait pas été obligé de déplacer la jeune serdaigle, si on ne l’avait pas déplacer, les os de son bassin ne se serrait pas fracturé, si .. Je secouais la tête. Londres serait mis en bouteille avec des si. Je m’interposais entre eux en hurlant :


STOP ! STOP ! ARRETEZ TOUS LES DEUX ! CELA SUFFIT !

Je me tournais vers David qui, la joue bleuit sous le coup de poing de Dakeyras, crachait un filet de sang. Il lui jeta un regard plein de défiance.


Tu peux transplaner. Il faut que tu la ramènes au château. Immédiatement. Tu m’entends ? IMMEDIATEMENT !

David grogna mais ne dis rien de plus et saisissant le poignet glacé de la jeune fille, il s’évapora dans la nuit. J’avais envie de me verser de l’eau de Javel dans la tête pour effacer les derniers instants qui s’étaient écoulés. Rembobiner le film. Ne pas commettre les erreurs qui avaient réduit mon meilleur ami à l’état de légume. Les hurlements, le sang, le craquement intolérable… Dakeyras était prostré. J’avais envie de me sauver, de franchir en courant la porte et de m’envoler loin, très loin au dessus des nuages mais mes pieds n’étaient que du plomb et ma carcasse plus fatiguée que jamais. Le grapcorne avait cessé de me poser la moindre inquiétude quand j’eu croisé le regard de mon ami. Les choses que j’y lue se dessinèrent dans mon esprit, devinrent le carburant de mon enfer et refusaient de se laisser anéantir.

Je suis désolé, Dakeyras, tellement désolé …

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Quand les larmes de l'ange inonderont la Terre, alors s'ouvriront les portes de l'Enfer.Et tandis que les anges seront sur le point de mourir, ce sera au jeune homme de périr.
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MessageSujet: Re: *Albanie * Là où les mots n'existent pas . [PV]   Mer 23 Nov - 11:29

La douleur est intolérable. Et déroutante. Je ne comprends rien, je suis incapable de saisir ce qu’il se passe autours de moi. Mon corps essayant de rejeter toute cette souffrance, je suis projetée, encore et encore, dans une obscurité terrible qui efface les secondes – les minutes sans doute- de torture, me rendant encore plus difficile la perception de la réalité.

Deux univers. Noir. Rouge. L’irréel est noir et ne me fais pas mal. Mais il est inquiétant. J’ignorais que les ténèbres pouvaient être aussi sombres. Le réel est rouge et j’ai l’impression d’être sciée en deux, écrasé par un bloc de béton d’un millier de tonne, tabassée avec une batte de Quidditch, jetée dans de l’acide. Le tout, simultanément. La réalité, c’est sentir mon corps se tordre dans tous les sens comme un pantin désarticulé alors que la douleur m’empêche d’émettre le moindre geste ou la moindre parole.

Un événement minuscule, futile... Un tremblement. Déchirure. Brisure. Fulgurance de la douleur.

Les ténèbres s’installent avant d’être balayée par une vague de souffrance. Je ne peux plus respirer. Je panique. Je cherche ce point chaud au dessus de ma poitrine, celui au contact si doux et si moelleux, celui de l’Ange aux cheveux dorées. Loélia. Loélia Dannan. Je ne peux plus respirer, je suffoque. Des bouts de moi se cassent, s’éparpillent, se fendent... Je hurle. Ma gorge me brûle. Elle devient chaude et visqueuse. Un liquide au goût de fer empli ma bouche et me réduit au silence. Je veux qu’elle m’entende. Pitoyable gargouillis. Puis, de nouveau, le noir.


Des cris maintenant.


STOP ! STOP !

Combien de temps s’est il écoulé ? La souffrance a disparue après un dernier raz de marée glacé. Seul mes poumons sont douloureux, privés d’oxygènes. Je suis fatiguée. Engourdie. Je ne sens rien. Ne vois rien. Seuls les sons me parviennent encore aux oreilles. Parfois nets et tranchants. Parfois déformés comme lorsque l’on a la tête sous l’eau.

Tu dois l’emmener au château. Tu entends ? IMMEDIATEMENT.

Loélia. Loélia est donc encore là à essayer de me sauver. J’ai envie de lui dire que je n’allais quitter personne. Parce que je l’avais promis à l’ange blond. Il faut que je tienne bon. Je l’ai promis. Je tente de localiser mon cœur dans tout ce marasme de noir, de gris et de rouge. Malheureusement pour moi, il est perdu quelque part dans mon corps. Je ne perçois pas mon corps comme d’habitude. Rien n’est à sa place. Lutter est épuisant. Il est tellement plus aisé de renoncer, de me laisser submergé par le noir, qui maintenant à pris la forme d’un bandeau bien épais et bien serré autours de moi. Entrainer en bas. Toujours plus bas. Ni fatigue. Ni inquiétude. Ni angoisse.

Dakeyras… Ma vie et la sienne étaient deux brins d’un même fil. Si on coupait l’un, l’autre s’effilocherait à coup sûr. Lui, mort, je n’aurais pas survécu. Je lui avais demandé d’être sage en mon absence. Il était resté pour moi, en dépit de tout ce que je lui infligeais depuis le début de notre relation et à présent, il ne demandait qu’une chose, que je reste pour lui. J’essaye de chasser la noirceur mais elle est telle que je ne distingue plus aucun visage. Ni même aucun son. S’accrocher devient de plus en plus compliqué. Je me contente de résister. J’empêche le voile noir et rouge de me noyer entièrement. Je ne veux pas baisser les bras. Endurer. Survivre. J’allais résister jusqu’à qu’on me vienne en aide.

Je sens comme un courant d’air frais autours de moi. Puis une voix masculine que je ne connais pas dit d’une voix douce :


Miss, on change de destination. Accroche-toi, tu veux.

Bien sûr. Je ne renonce pas. Je maintiendrais les ténèbres de l’inexistence à l’écart. Un peu. Un tout petit peu. Ma détermination flanche. Le voile est trop lourd. Je me sens glisser dans le néant sans pouvoir invoquer le visage de qui que ce soit. Cela me terrifie. Il est trop tard maintenant. Et soudain, une lumière aveuglante surgit de derrière les ténèbres, pendant qu’un liquide chaud et piquant se repend dans mes veines. Bouillonnant. Je sens l’air emplir mes poumons d’un seul coup comme lorsque l’on souffle dans un ballon. Des craquements. Des pressions. Tiraillement. Douleur. Encore. Des heures et des heures de douleur. Puis la fraicheur sur mon visage. Mes bras. Ma nuque. Un froid glacial pendant un cours instant et enfin, la douceur. Le moelleux. Je sens les bulles d’air dans mes poumons. Odeur de lavande. Brouhaha étouffée en fond sonore. Claquement de porte. Et à nouveau la voix très douce :

C’est David. Je sais que tu ne me connais pas. Tu es à Saint Mangouste. Les médicomages se sont occupés de toi. Tu vas mettre un long moment à te remettre. Tu garderas sans doute quelques séquelles de cette mésaventure. Tu n’es pas tiré d’affaire. Ne relâche pas la garde s’il te plait. Bats-toi. Ta réputation est telle, De Dinechin, que tu ne peux pas y faillir maintenant. Pas si proche du but. Reste en vie et prend le temps. C’est tout ce que je te demande.
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MessageSujet: Re: *Albanie * Là où les mots n'existent pas . [PV]   Lun 28 Nov - 19:49

Dakeyras les pensait en sécurité derrière le bar, mais il se rendit vite compte que non lorsqu’un morceau du plafond s’effondra. Une quantité impressionnante de poussière se déversa sur eux. La vieille bâtisse avait tremblé de toute part lorsque la bête avait réduit le mur avant de la maison en un tas de poussière à la seule force de ses cornes. Laissant Loélia s’occuper de la belle, il réfléchît à la façon dont ils allaient s’en sortir, ne trouvant pas de solutions. Il fut coupé dans ses pensées lorsque le sol de la bicoque dans laquelle ils se trouvaient se mit à trembler de nouveau pour les secouer dans tous les sens. Un bruit d’os brisé parvint à ses oreilles, un bruit inquiétant, d’autant plus qu’il provenait du corps de Léocadie. Il se laissa doucement tombé à genou à côté d’elle et de sa meilleure amie, caressant la joue de son aimée du bout des doigts, les yeux embués.

Tu m’avais promis de ne pas t’en aller, et pourtant tu es partie...

Sa voix était tremblotante, animée de sanglots. Puis soudain le corps de la serdaigle se dressa, tous ses muscles étaient contractés. Et elle émit un hurlement strident, un hurlement de mort. Lorsqu’elle retoucha le sol, le gryffon qui s’était mis à hurler de tristesse la prit dans ses bras, collant sa tête contre la sienne.
Il resta comme ça quelques secondes avant de se relever et de jeter un regard noir à David. Si la bête les avait entendu, c’était parce qu’il avait parlé, pour les mettre en garde peut être mais c’est ce qui les avait trahis.

C’est à cause de toi qu’elle est dans cet état !

Se jetant sur lui, Dakeyras enfonça son poing aussi fort qu’il le pouvait dans la mâchoire de son interlocuteur, lui tirant un léger filet de sang. Le garçon répliqua et ils commencèrent à se battre comme deux chiffonniers. Ils furent stoppé par Loélia quoi demanda à David d’emmener la jeune fille à Poudlard pour qu’on lui prodigue les soins dont elle avait besoin. Le gryffon les regarda alors disparaitre en un tourbillon. Il alla s’asseoir sur le sol, le dos contre le bar et se frappa l’arrière de la tête plusieurs fois sur le bois, laissant son regard vagabonder dans le vide. Il avait envie de mourir en cet instant, rien d’autre que ça, il perdait les gens qu’il aimait au fur et à mesure que le temps passait. La série avait commencé avec Fire, son plus fidèle ami d’enfance, elle avait continué avec ses parents et maintenant, c’était au tour de Léocadie.

Loélia vint se placer devant le gryffondor, elle avait un visage d’ange, si pure, si léger. Elle s’excusait, mais elle n’avait rien à voir avec ça, elle avait fait tout ce qu’elle pouvait pour aider Léocadie. Le garçon n’était pas très réceptif mais il tourna tout de même la tête vers la poufsouffle. Des larmes avaient coulées le long de ses joues et ses yeux étaient rouges.

Qu’est ce que je vais devenir Loélia ? Qu’est ce que je vais faire ? Tout les gens auxquels je tiens me sont enlevés un par un. Crois tu que ma place soit ici ? Moi je crois que je serais mieux dans la mort, auprès de ceux qui m’ont déjà quitté et ceux qui continueront à rejoindre l’autre côté.

Il posa sa main sur le visage enfantin de son amie.

Ne t’excuse pas, ce n’est pas ta faute, tu as fait tout ce que tu pouvais pour la sauver. Elle avait fait le choix de venir ici pour se venger et trouver la paix, peut être qu’elle l’a trouvé en rejoignant celui qu’elle a aimé.

Il enleva délicatement sa main, en une caresse. Il revoyait la scène, et une question lui retournait l’esprit, comment avait elle fait ça, le truc avec ses mains. Il entreprit de lui poser la question.

D’ailleurs, comment est ce que tu as fait cette chose tout à l’heure avec tes mains ? Pour la soigner ?

Mais la réponse devrait attendre car déjà un bruissement se fit entendre dans la taverne, c’était David qui était revenu les chercher. Son haut était tout taché du sang de la petite amie de Dakeyras.

Je l’ai emmené à sainte mangouste, elle est entre les mains des médicomages. Ils n’ont pas l’air très optimiste mais ils m’ont dit qu’elle avait une chance de s’en sortir tout de même.

Dakeyras se releva et se dirigea vivement vers David. Celui-ci eu un mouvement de recule, mais le gryffon lui donna juste une accolade.

Merci, je suis désolé pour tout à l’air, j’étais sous le coup de la colère. Merci de l’avoir sortie d’ici.

C’est rien, je comprends. Tu m’as quand même pas raté.

Il avait dit ça en touchant douloureusement sa joue et en souriant.

Bon, partons d’ici.

Il tendait les mains vers les deux élèves plus jeunes que lui. Ils les saisirent et se laissèrent transplaner. C’était la deuxième fois que Dakeyras utilisait ce mode de transport, il en connaissait les risques mais sur ces deux fois, tout c’était passé correctement. Ils étaient revenu à Poudlard, il faisait nuit et ils devaient se dépêcher de retrouver leur dortoir avant qu’on ne les trouve.

Une fois son lit retrouvé, le jeune gryffon s’assit dos au mur. Il n’arriverait pas à dormir, se faisant trop de soucis pour sa belle ténébreuse. Il passa donc la nuit ainsi à ruminer.

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