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 Can't stand the light... [PV]

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Carnelune Evebena
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MessageSujet: Can't stand the light... [PV]   Sam 2 Avr - 17:34

- fond musical -

Le vent faisait naitre de douces ondulations à la surface du lac, et bruire les feuilles du grand hêtre sous lequel se tenait Carnelune. Le soleil, encore haut dans le ciel, ne chauffait que peu, mais la jeune femme préférait la fraîche ombre que lui prodiguait l'arbre aux rayons inquisiteurs de l'astre diurne. Elle s'était toujours sentie plus à l'aise la nuit que le jour, se sentant une étrange affinité avec la lune... sans doute à cause de l'impact qu'avait la pleine lune sur sa vie. Mais jamais elle ne l'avait considérée comme une ennemie à craindre ; plutôt comme un témoin muet des horreurs qu'on peut croiser dans ce monde...
Ainsi, la nuit, la jeune femme se promenait silencieusement dans les couloirs du château, se familiarisant avec ses portes et ses recoins, ses escaliers et ses tableaux, ses statues et ses passages secrets... Et le jour, elle se terrait dans la bibliothèque, écumant les rayons, parcourant les livres, avide d'en savoir toujours plus sur ces gens qu'elle s'était autrefois refusée à connaitre mais qui l'avaient malgré tout accueillie...

Elle ne savait toujours pas à vrai dire comment elle était exactement arrivée ici. Il lui semblait qu'à peine une seconde s'était écoulée depuis qu'elle avait rencontré le professeur Kalyll à Londres, puis qu'il l'avait menée à Poudlard afin de rencontrer le directeur, qui loin de lui montrer du ressentiment à l'égard de sa lettre d'il y a 8 ans, avait été cordial et lui avait même proposé un poste d'assistante professorale... Qu'elle avait d'ailleurs accepté aussitôt ; elle voyait mal quelle place serait plus adaptée à une personne qui souhaitait en apprendre le plus possible sur le monde des sorciers... Elle avait par contre demandé deux semaines avant de prendre ses fonctions. Deux semaines qu'elle jugeait nécessaire à son adaptation aux les lieux .

Les premiers jours ici s'était lentement écoulés, et elle s'était, au petit matin, pour la première fois aventurée en dehors du château, un lourd chargement dans les bras. Menée par ses pulsions, elle s'était dirigée vers la vaste étendue d'eau qui l'avait interpellée dès son arrivée, et elle s'était alors assise au pied d'un grand arbre.

Les jambes croisées, un lourd livre posé dessus, ses yeux glissaient le long des pages couvertes de petits caractères, et elle sélectionnait toutes les informations qu'elle jugeait intéressantes. Elle n'avait jamais été à l'aise avec des concepts abstraits comme le temps, les lieux ou les noms ; seuls les faits la marquaient. La jeune femme ne s'était pas encore aventurée du côté des manuels de sortilèges ou autres, mais avait déjà impressionné la bibliothécaire au vu du nombre de livres qu'elle avait déjà lus sur les créatures magiques, les sorciers dans le monde, les cultures, les mœurs de ces gens qu'elle considérait encore comme des étrangers...

A côté d'elle était ouvert l'étui d'un violon. Elle faisait distraitement glisser un doigt le long d'une de ses cordes, attendant d'être dans l'état d'esprit approprié pour pouvoir en jouer. Elle se révélait totalement incapable d'aligner deux notes quand elle était dans un lieu inconnu, mal à l'aise, voir même perdue... Le violon était un art qu'elle savait ne pas parfaitement maitriser, mais elle aimait se réfugier dans ses sons vifs et vibrants qui reflétaient tant ses humeurs...

Ainsi, petit à petit, Carnelune apprivoisait ce nouveau monde comme lui l'apprivoisait. Et si elle s'était arrachée un instant à l'étude de l'Histoire de Poudlard, elle aurait vu, qu'assise dans l'herbe, à l'ombre d'un arbre, face à un immense lac, un livre traitant de sorciers posé sur son jupon tendu sur ses genoux, ses cheveux noirs voletant légèrement dans la brise, une main sur son violon... Eh bien, elle aurait vu qu'elle était...

Heureuse ? Peut-être. Sereine ? Sûrement.

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James T. Rayan
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MessageSujet: Re: Can't stand the light... [PV]   Dim 3 Avr - 15:02

- L'ombre qui s'approche, musique d'un homme en perdition -

Mais pour combien de temps ?
Il avait senti son odeur de loin. Elle avait ce parfum de ceux qui glissent entre les mails du temps, de ceux qui sont égard à ce monde éparse, ponctués d'une amertume palpable. Attiré par l'alléchante possible rencontre avec cette ombre, ce visage poupin qu'il n'avait pas encore admiré, James progressait entres les feuillages des arbustes, entre les pierres rocheuse des hauteurs de Poudlard. Il avançait, poussé par le vent, vers cette mélodie qui lui teintait les oreilles de si loin. Bien au delà de sa propre personne, il avait le sentiment ambiant qu'il devait s'investir dans cette aventure qui serait leur. Mais comment était-il si sûr de sa rencontre ? Il y ait des choses qui ne peuvent vous mentir. A l'opposé de Carnelune, sur une autre rive du lac, il admira cette silhouette macabre au pied d'un grand arbre. Cette muse, cette dryade magnifique qui chatouillaient les cordes d'un bois avec ses longs doigts pâles. Osseuse vision, trouble perception. Ses longs cheveux noirs qui ondulaient dans les airs lui rappelait les siens, lui donnant cet air sinistre et ce regard noir de la personne qui voit bien plus que les apparences quand elle pose ses yeux sur le monde. Ils voyaient la vie, la vraie et savaient qu'elle n'était pas rose. Emerveillé par cette image, il s'assit simplement, outrageusement secoué. Il l'admira des minutes durant, hésitant à la déranger, à apposer sa marque pétrifiante sur cette scène emprunte de la pureté la plus véritable, la plus forte.


-Qui es-tu, toi qui me comprends déjà sans me connaître ?

Il se releva alors, cherchant à marquer lui aussi sa présence.
Regardant autour de lui, il chercha un moyen, une astuce pour entrer dans son monde sans la brutaliser. De sa baguette il fit s'amonceler les racines des quelques arbres proches qui venaient se noyer dans l'étendue humide des songes de tout un chacun. Et il sentait encore la présence de Corwin et Djaniah dans cet eau trouble, sans comprendre son malaise. Investi d'une peine de trahison dont il n'était pas coupable, il tira du sol et des lieux un énième violon. Et pour jouer le drame aurait-il la corde sensible ? Fossoyeur, tâchant d'enterrer une note ou deux pour étancher son mal. La vision de la belle le ramena poétiquement dans un songe plus doux et le violon calé sous la joue, il s'arma de ce qu'il faut pour en tirer des notes. Il se surprit finalement à en faire quelque chose, bien qu'il n'avait jamais su en jouer. Concrètement c'était horrible, macabre, désagréable, distordant et malgré tout, il vibrait comme sous la mélodie révélatrice d'une parole tendre. Il apprécia ce cri de signe discordant et s'il avait pu étendre ses ailes pour voler jusqu'à elle, il se serait fait signe noir pour leur première rencontre. Mais avait-il la grâce d'un oiseau si noble ?


-De ta beauté mes yeux s'enivrent, de ton regard je voudrais m'abreuver, de ta douceur je suis déjà saoulé, car de ce doux nectar on ne peut se passer. Laisse moi boire à la source, goûter de mes lèvres de pécheur la pureté de ta saveur. Je voudrais que tu sois mienne en cet instant, à jamais figée sous ce saule majestueux, dryade de mes rêves.

Il avait parlé en chantonnant, de sa voix grave et emplie pourtant d'une légèreté peu commune à un être mâle. Mal aimé assurément, malfaisant plus que certainement. Un être prodigue dans l'art de sévir à l'inverse de ce monde qui veut l'entraîner dans le sens du courant et il lutte, depuis les quelques mois de sa création pour rester cette entité indépendante, cette vie descendante qui ne suit pas le filon de la mort. Il ne connaîtra pas le fiel de la vieillesse, figé à jamais dans les traits de son autre, maudit reflet. Il s'avança alors, d'un pas lent, hésitant, mais finalement oserait-il la déranger ? Gâcher cet instant qui la rendait si belle ? Il tentait, encore, en vint, de capter son regard, ces beaux saphirs qui ponctuaient la pâleur de son expressif pouvoir visuel. Titubant, se sentant faiblir, il s'engagea à renoncer, restant un instant immobile. Il tenait le violon d'une main, ballant dans le vide, oscillant au gré des émotions qu'il ressentait. Mais le tic tac de son aiguille défilait en rythme et il était toujours figé pourtant dans le temps qui lui échappait. Elle était là, belle, immobile, figée dans cette peinture qu'il ne voulait dépeindre.

-Je ...

Il renonça.
Tournant les talons, il commença à s'éloigner, sentant une larme perler au coin de son regard propre, se détestant de devoir s'émanciper de cette forte beauté, naissante d'un son et d'un coup de vent, portée par l'essence magnifique d'un arbre ancestral. Il comprenait la langue de Carnelune, car il parlait la même et ensemble ils pourraient être dignes de la plus belles des poésies. Mais composeraient-ils un jour tous deux ? Emancipés des chaînes de la terre et du regard envieux et jaloux des normaux infernaux ? Car ils étaient tous deux des êtres particuliers. Au delà de l'essence qui les compose. Elle avait cet attrait dont il voulait se sustenter, non sans violence mais pouvait-il prendre le risque de l'absorber, de tâcher vilement d'en faire sa gourmandise, son caprice. Il ne la connaissait pas. Mais pourtant ... Ils semblaient déjà si bien se comprendre. Elle avait l'âme d'une alliée, la droiture d'une ennemie, la finesse d'un égal. Une amie future ? Pourtant ii lui tournait alors le dos.

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Carnelune Evebena
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MessageSujet: Re: Can't stand the light... [PV]   Lun 4 Avr - 17:35

- Un monde qui éclot... -

Totalement immobile, une page à demie tournée, Carnelune ne voyait plus. Ses grandes iris grises, si troublantes, avaient atteint une fixité quasi inhumaine, tant elle avait délaissé sa vue au profit de son ouïe.

Au gré du vent, ce son lui parvenait, tantôt lointain, tantôt si proche qu'il lui semblait qu'en levant la tête, en tendant la main, il lui semblait qu'elle aurait pu toucher ce qui était à sa source... Mais elle ne pouvait pas bouger, ne voulait pas, préférant même retenir sa respiration plutôt que risquer de perdre une note, une seule, de cette sombre complainte.

Jamais encore elle n'avait entendu pareille chose. La plupart des hommes tenant un violon entre leurs mains se contentaient de reproduire des mélodies mortes en même temps que leurs créateurs, sans même essayer de leur redonner un peu de vie, un peu de saveur, mais...
Mais...
Un monde entier. Des cris et des regrets, des larmes et des gouffres, de la raillerie et de la puissance, des cœurs et des âmes, des souffles et des agonies ; tous les éléments brisés, dissouts et refondus en une masse auditive, des saveurs, des sons, des images, des odeurs et des textures, des... des fragments de perfection qui réveillaient des milliers d'autres sens...

Une perfection, oui, mais ô combien imparfaite, pleine de brèches et de défauts, brutale et poignante, celle d'un être sombre et mouvant, incarnation des côtés les plus obscurs des humains, mais bien plus vraie que cette beauté fade dont se parent les anges purs et faibles qui posent pied sur terre...

Qu'était-ce vraiment ? Elle ne savait pas, ne savait même pas si elle voulait le savoir, tant perdue dans les profondeurs sinueuses de la mélopée qu'elle n'aurait pu distinguer les limites entre le rêve et la réalité. Il lui sembla que pour la première fois de son existence, si brève, si chargée mais pourtant si insignifiante au vu de ce chant qui se parait de tant de nuances qu'on aurait voulu s'en rendre ivre, tant de promesses et de non-dits qu'il en donnait le vertige, il lui sembla qu'un écho à ses impressions les plus intimes venait de s'élever...

Quand le violon s'arrêta, Carnelune eût l'impression d'avoir été projetée de force dans un monde froid et hostile, bordé de dédain et d'ignorance, creux, comme s'il n'y avait plus aucune présence dans l'univers... Il lui fallut quelques secondes pour se rendre compte qu'il s'agissait toujours du même monde, mais que maintenant qu'elle avait goûté à cette sensation affolante, il lui laissait dans la bouche un goût de cendres, quelques secondes supplémentaires pour remarquer qu'elle ne respirait plus, quelques autres encore pour se rappeler comment reprendre son souffle... Encore sonnée, elle releva la tête, et chercha du regard l'origine de cette perturbation. Sur la rive opposée s'éloignait un jeune homme, souple silhouette sombre et indistincte, et face à ce départ le monde sembla se vider un peu plus. Sans même s'en rendre compte, la jeune femme glissa son violon sur son épaule, se leva et après une profonde inspiration, posa son archet sur l'une des cordes et la fit vibrer, en un lancinant appel... Puis sans plus se soucier de ses mouvements, elle laissa ses doigts parler pour elle...



Elle n'aurait su dire ce qu'elle avait joué. Ses notes livrées à elles-mêmes avaient dépeint sa perception du monde comme les mots en auraient été incapables, et comme elle savait qu'il serait impossible de le refaire. Chaque instant possédait son unicité, chaque instant devait être vécu différemment, chaque instant serait perçu imparfaitement... Chaque instant possédait une vie à part entière.

Laissant son bras qui tenait l'archet retomber le long de son corps, elle rouvrit ses yeux qu'elle ne se rappelait pas avoir clos, et les tourna vers l'autre rive.
Il y avait ces instants si rares... Ceux qui pesaient sur le cœur d'une façon insoutenable, et qui s'étiraient, s'étiraient... jusqu'à se briser...

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James T. Rayan
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MessageSujet: Re: Can't stand the light... [PV]   Lun 4 Avr - 18:25

Il s'arrêta.
Figé. Elle l'avait entendu. Elle avait écouté sa complainte, son appel à l'aide et comme ayant compris ce qu'il voulut lui dire, elle lui répondit. Un son, un seul, il le perçu comme tel. Ému il virevolta, tournoya sur lui même et relevant le violon, il en remit une couche violente en se rapprochant. Bientôt il affronterait son regard, se présenterait à elle. Mais la distance les séparant était encore longue. Après ce prélude il se rendit à l'évidence, il en faudrait bien plus pour lui dire tout ce qu'il ressentait présentement. Effleurant à nouveau l'instrument à corde entre ses doigts, il le fit remonter encore jusqu'à son visage, car désormais ils ne pouvaient plus parler autrement que par ce biais. Fixant alors Carnelune de toute sa distance, l'admirant de l'autre rive, inaccessible, il inspira profondément après un presque trop long silence qui n'avait pourtant duré que quelques secondes. Soupirant, fermant les yeux, il laissa parler son coeur à son tour et non sans s'efforcer de rester concentré, oubliant tout ce qu'il y avait autour, il prononça de nouvelles paroles.


- Les paroles qu'il prononça -

Les cordes se frottaient entre elles, créant partout en lui d'étranges vibrations, mélodieusement accordées aux pulsations de son coeur car présentement, il ne jouait non pas de ses mains, mais de son âme. S'extirpant de son enveloppe, se libérant de toutes ses chaînes, il envoya voler son tortionnaire dans les profondeurs du lac et sur les ondulations d'une eau particulièrement agitée par la brise, il repensa à ses beaux cheveux bruns, volant dans les airs parmi les feuillages. Il essaya de sentir son regard posé sur lui et dans le souci de ne pas lui rendre médiocre image il laissa son élément parler lui aussi. De ses avants bras naquirent de jolies flammes dansantes, entourant ensuite ses mains, donnant une couleur chaude à ce son qu'il créait sans savoir y faire. Il jouait pour elle, maladroit, vierge de toute sensation égales à celles-ci. James avait le besoin violent de l'appeler encore, de la faire venir à lui. Avançant de quelques pas, il continuait de jouer, allant à mi chemin, pensant enfin la rencontrer. Poussant alors son filon d'émotion au maximum, il parvint à émettre un autre son. Sa voix éclata la barrière de sa bouche aux dents serrées, elle jaillit comme l'essence bouillonnante d'un volcan crachant le tonnerre. Il hurla d'abord. Poussa un cri, mais un cri mélodieux et en suivant, il s'accorda à la demie mesure pour exprimer ce qu'il eut envi de lui dire alors.

-As the sun rises in the East
So the breaking dawn of my desire begins
As the sun sets in the West
I am overwhelmed with a burning desire
A desire locked down deep inside
One that cannot be concealed anymore ...


Bientôt il attendrait le point d'impact.
Celui où en rouvrant les yeux, il espérait la voir, celui où lorsqu'il se serait échoué, il espérait lui saisir la main. Le point de non retour, emprunt d'une délectable perdition. Envoûteuse et envoûté, Envoûteur d'envoûteuse. Il voulait introduire son regard bleu grisonnant dans la noirceur de ses cheveux, glisser ses doigts à l'intérieur d'une simple pensée, à la conquête de cet objet dont il ne serait jamais digne, même dans ses rêves les plus fous. Elle n'était qu'un songe, il était une ombre ...


-I long for one tender touch that will last a lifetime ...

Et il cessa aussi sec.
Tombant à genoux, il laissa sa tête basculer sur le violon. Il garda les yeux fermés, attendant la radiance de sa réponse, la dissonance d'une nouvelle raisonnée, pour accueillir comme une aubaine la joie de l'admirer de près. Mais il craignait que ses yeux ne soient pas faits pour regarder pareille beauté. Il feignait d'être indigne d'elle, trop orgueilleux, trop épris de sa musique. Il voulait la connaître, il voulait lui paraître. Il voulait goûter cet être, oublier à quel point ce pouvait être traître ... Non, ce que James voulait dépassait de loin les simples barrières du monde des illusions. Car il ne visait autre chose que la profondeur d'une unique et véridique vision.

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Carnelune Evebena
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MessageSujet: Re: Can't stand the light... [PV]   Ven 8 Avr - 18:07

- Violon et pureté -

Carnelune n'aurait pu, même avec la plus féroce des volontés, esquisser un seul geste. Toute son attention était focalisée sur une chose, une seule ; une silhouette sombre qui de ses doigts savait faire naitre cette mélopée si... vraie...

Pas à pas, il avançait, contournant le lac au rythme de ce qu'il jouait, envoutant à chaque note un peu plus la jeune femme. Elle se sentait retransportée dans ce monde qu'elle avait découvert quelques instants auparavant, peuplé d'ombres et de larmes, sans faux-semblants et masques inutiles, bien plus réel et dur que tout ce qu'on aurait pu rêver... Bien que cela ressemblât étrangement à un rêve, avec cette silhouette masculine qui marchait avec grâce, tel un fantasme inavouable issu d'un songe secret au point qu'on préfère nous-même l'oublier...

Mais ces mèches brunes qui ondulaient dans le vent étaient vraies. Ce visage d'albâtre aux yeux clos était réel, cette mélodie existait, elle le savait, car ses rêves à elle étaient peuplés de regrets et de doutes, mais surtout de solitude...

Peu à peu, presque timidement, de douces flammes naquirent sur les mains de l'homme, puis se propagèrent le long de ses avants-bras, soulignant leur ligne droite et pure. Curieusement, elles ne paraissaient pas déplacées sur lui, en tout cas pas dans ce monde qu'il lui avait ouvert... Puis soudain il poussa un cri, brutal mais encore une fois il ne la surprit pas... Et quand ce cri s'éleva en une déclamation, il ne la fit vibrer que davantage, prisonnière d'un charme auquel elle s'était elle même soumise... Ses paroles se perdirent dans l'esprit de la jeune femme, les mots perdant leur lourdeur et leurs attaches pour devenir aussi vifs que l'air, aussi prenants que les battements d'un cœur... Et une dernière phrase...


-I long for one tender touch that will last a lifetime ...

Brusquement, il plia le genou, les paupières fermées, silencieux, le violon désormais muet... Presque sans s'en rendre compte, Carnelune s'avança et se laissa à son tour tomber face à lui. Elle posa sa main sur sa joue, découvrant de ce geste les trois pétales de rose noire qui ornaient son avant-bras, et murmura :

- J'étais sourde et je t'ai entendu,
J'étais aveugle et je t'ai vu,
J'étais muette et je t'ai appelé,
J'étais seule et tu m'as trouvée...


Puis courbant la tête afin d'échapper à ces paroles qui avaient surgi de ses lèvres sans qu'elle le veuille, elle recala son violon sur son épaule et à son tour se mit à jouer. Elle qui depuis longtemps ne craignait plus le regard des autres, voilà qu'elle redoutait ce que pouvait penser cet inconnu dont elle avait entraperçu les traits si fins avant d'à son tour fermer les yeux, ressentant comme jamais ce qui l'entourait...

Et elle se déversa pleinement, totalement dans sa musique, se séparant de son corps pour devenir l'instrument, pour être chacune de ses notes, pour retranscrire ce que même les pensées ne pouvaient dire... Elle était toujours prisonnière du carcan des mots, incapable de les utiliser pour souligner ses sentiments... Mais ses doigts qui faisaient vibrer les cordes de l'instrument parlaient à sa place.

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MessageSujet: Re: Can't stand the light... [PV]   Ven 8 Avr - 23:56

- L'air de l'emportement -

Il ouvrit les yeux brutalement.
Le charme visuel à son sommet, il engloba de ses yeux saphir la splendeur de la femme qui lui faisait face. Il était bien piètre à côté de la beauté qui l'illuminait, une beauté amère, sombre, mais terriblement enivrante. Avait-elle seulement conscience de la magie qui se libérait de ses traits ? A chaque fois qu'il admirait une nouvelle marque de son visage, James sentait son coeur tressaillir comme sous l'excitation enfantine devant un cadeau, un matin exceptionnel. Les première neiges. Elle était aussi pâle que l'hiver, si pure, si fine. Et tellement intelligente. Aucun de ses mots ne raisonna comme une fausse note à son oreille, et pourtant, les crissements sourds de biens des idiots l'avaient habitué à de médiocres sonorités ... Mais pas à ça. Le contact de ses doigts l'avait paralysé, tétanisé, comme s'il venait pour la première fois de sa vie de recevoir le choc d'une nouvelle existence. Elle le rendait réel. Ca ne suffisait pas.


-Plus, j'en veux plus.

Et comme un drogué face à sa dernière cancerette, il se jeta au coup de la douce.
Ensorcelant son violon, il le laissa jouer tout seul, les berçant d'une mélodie toute aussi affreuse que la première, mais tellement vraie. Prenant les deux poignets de Carnelune, il regarda ses mains avec attention, comme analysant le vestige d'un savoir ancien dont la valeur n'avait pas d'égale. Remontant doucement jusqu'à elle lui même, il écarta les doigts pour les emboiter dans les siens. Sans attendre, il impulsa leur remontée vers le ciel et sous les nuages qui les couvraient, il la fit tourner pour la mettre de dos, croisant ses bras autour d'elle, tenant sans possibilité d'en démordre inlassablement ses deux mains. Allant chercher son oreille, il se décida à lui susurrer quelques mots.


-Nous sommes toujours seuls. Est-ce que tu as peur de moi ?

Et dans un rire enfantin il s'éloigna.
Mais pas bien loin, car à présent à côté d'elle, il se mit à danser, gesticulant les pieds au rythme des claquettes et tapant dans ses mains, courbant parfois les hanches qu'il n'avait pas. Il se livrait à un rituel impur. Un air malicieux sur le visage, il voulait voir la belle dryade étendre ses charmes au gré du vent, lui offrant toute la splendeur de son corps onéreux, serré par des habits qui devait étourdir sa pulpeuse volupté. Le criminel qui l'avait conduite à cela devrait assurément être puni. Face à la douceur des nymphes, quel satyre pouvait s'empêcher de danser ? James était un animal quand elle incarnait une grâce presque divine. Peut être était-il ridicule, mais il y avait là un moment d'égarement par delà les apparences dont il serait tous deux victimes, du moins il l'espéra. Puis il se laissa aller, totalement éperdu dans un rêve homérique, dépendant des toiles athéniennes qui lui avait masqué l'esprit. En agitant sa baguette, il fit naître quelques fleurs, aussi belles que les yeux de sa douce cavalière. Puis il dessina dans l'air le plus magnifique des centaures, le faisant tournoyer autour d'eux. Et sous le regard chimérique du sphinx, il s'imposa une énigmatique tenue, revêtant le masque de celui qui se présente sous un nouveau rôle.


-Je suis chat à présent.

Et reprenant le violon qui jouait tout seul, il l'irrita à nouveau de ses mains.
Créant lui même les sons qui suivirent, il répondit à Carnelune, dans ce décor qui n'avait plus rien d'existentiel. Ils vivaient alors le conte qu'il avait écrit pour elle. Il espérait qu'elle s'y plairait, qu'elle se prendrait au jeu, car à présent, non sans crainte de finir oeuvre inachevée, il voulait la pousser à en écrire la fin avec lui. Elle était cette dose d'inspiration, cette bouffée d'air frais dans ce monde pollué qui ne l'épanouissait plus depuis longtemps. Et elle seule serait assez forte pour lui donner le goût de vivre à cet instant. Il recommença à chanter, d'une voix roque, une voix d'homme, posée, sans forcer. Elle était juste douceur, volupté des mots qu'il tenait à lui adresser alors.


-Oooh Ophélie ... Je vois, je lis, je vie ... Je cri, je sens, mes sentiments ...
Oooh Adélie, je suis ... Ravi, dans ce doux pays, je vie ...
Ooooh Amy, j'envi ... j'écris ... Ta douceur jolie !

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Carnelune Evebena
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MessageSujet: Re: Can't stand the light... [PV]   Dim 10 Avr - 16:43

- Que le conte s'écrive... -

Quand était-ce, la dernière fois où quelqu'un l'avait touchée ? Quand était-ce, la dernière fois où elle n'avait pas esquivé le contact ? Quand était-ce, la dernière fois où n'avait pas frémi de répulsion à l'idée qu'on pose un doigt seulement sur elle ? Il y a longtemps... Très longtemps...

Mais surtout... Lui était-il déjà arrivé de chercher le contact, de le vouloir, par pur égoïsme, juste pour ressentir... cela, ce qui faisait battre son cœur plus vite ? Lui était-il déjà arrivé d'éprouver cette ivresse, celle dont on ne guérit pas, celle qui nous bouleverse au plus profond de nos âmes, celle qui nous donne encore et toujours plus soif ?

Ses mains, enserrant les siennes ; son corps, pressé contre le sien ; sa bouche, murmurant à son oreille ; son souffle, se mêlant à ses boucles noires ; son cœur, dont il lui semblait percevoir le battement... Le temps lâchait son emprise sur elle, qui était-elle, d'où venait-elle, que serait-elle ? Tout cela ne lui importait plus. Elle voulait juste demeurer dans ce songe étrange, à la saveur sombre et sanguine dont elle ne se lassait pas...

Et la seconde suivante il n'était plus là, et dans un élan elle se retourna, ne voulant perdre un instant ce contact si particulier... Ses yeux le parcouraient avec une telle intensité qu'elle se demandait s'il n'en sentait pas la brûlure sur son corps, mais elle ne pouvait s'empêcher de détailler chacun de ses traits, et si son inconscient avait cherché à voir sur lui un quelconque défaut, alors sa quête était vaine, car jamais la jeune femme n'avait vu telle beauté, telle splendeur réunie en un seul être... Le violon l'avait entrainé dans une danse effrénée, elle aussi pourvue de cette vie, cette perfection que contenait sa musique, en un hymne destiné uniquement à leurs deux âmes jointes en ce moment si particulier.
La jeune femme ne put s'empêcher d'avoir un doux petit rire, non pas comme l'utilisent les abjections qui peuplent la Terre pour se moquer, mais pour tenter de faire s'échapper un peu de cette émotion qui enflait en son corps... Elle ne savait utiliser les mots comme elle l'aurait voulu, et jamais encore ses sentiments n'avaient atteint cette ampleur, ainsi ne savait-elle plus comment parvenir à les contenir... Mais elle préférait de loin ce dépaysement intense à sa solitude morne, qui l'empoisonnait un peu plus un seul jour, et il lui semblait que pour la première fois depuis longtemps elle soupçonnait ce que signifiait vivre, guidée par les pas de cet inconnu qui d'un coup de baguette redessinait le monde. Elle qui avait toujours fui la magie, elle tendit la main vers les fleurs qui dansaient vers elle, et tandis qu'elle les effleuraient, se transformaient en volutes de fumée et de lumière, longues boucles d'argent et de vent qui se courbèrent et se glissèrent entre ses doigts, avant de disparaitre. Puis un centaure naquit de l'imagination de son compagnon, dansant avec grâce autour d'eux, enchantement pour les yeux, mais bien loin d'égaler la magnificence de l'homme...

La tête légèrement penchée, laissant son corps tout entier se prendre à la musique, Carnelune esquissa un premier geste presque timide, puis l'allongea en une arabesque aérienne, avant de laisser glisser au sol son long manteau sombre et d'onduler dans le vent, tournoyant au gré de ses fantaisies, jouant de son corps et de ses hanches dans une sarabande presque démente. Plus rien ne lui importait, elle retranscrivait de son être tout entier ses larmes et ses choix, ses membres ployant avec souplesse à chacune de ses incitations ; elle n'était plus femme, elle était vent, de la brise douce du matin au blizzard féroce de la nuit ; elle était feu, de l'étincelle qui s'allume dans un regard au bûcher qui flambe dans le cœur ; elle était eau, de la pluie qui caresse le visage au torrent qui broie les corps ; elle était terre, de l'immatérialité de la poussière à la dureté du roc... Elle était entière, sombre présage de mort mais aussi de renouveau, prête à entrainer le monde entier avec elle dans cet univers qu'elle dépeignait en tournant, en se courbant, en se tendant vers le ciel. Puis elle s'arrêta avec souplesse, et utilisant pour la première fois de son existence sa magie de façon consciente, elle fit naitre dans ses mains une bulle de cristal qu'elle se mit à faire danser entre ses doigts, le long de ses bras, au creux de ses épaules, donnant l'impression qu'elle flottait dans les airs, puis l'instant d'après, elle allait et venait dans un huit infini entre ses deux mains, jonglerie folle et sans raison d'être, autre que le simple plaisir de l'instant.
La jeune femme fit revenir l'objet entre ses doigts et souffla doucement dessus, l'envoyant planer vers l'homme, se parant de mille couleurs et mille scènes, lever de soleil, salle de bal, tourbillon de poussière dans la lumière, reflet d'une flamme, avant d'être emportée par le vent dans le lointain...

Mais déjà Carnelune était derrière le conteur qui lui avait ouvert tout un monde, faisant glisser l'un de ses doigts le long de sa nuque, humant le parfum qui se dégageait de lui, ne pouvant plus se passer de sa présence, et alors qu'il continuait à jouer cette mélopée qui l'avait ensorcelée, elle lui glissa à l'oreille :


- Être seul, c'est craindre l'autre... Et si j'ai toute une vie souffert de l'isolement, maintenant que ta silhouette s'est dessinée sur mon horizon, jamais plus je ne supporterai la solitude...

Elle s'écarta, esquissant un pas de danse, et tendit une main vers lui dans une invite :

- Chat, vraiment ? Montre moi...

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MessageSujet: Re: Can't stand the light... [PV]   Lun 11 Avr - 20:45

Il lui afficha le plus radieux des sourire.
James se sentit alors vibrer, laissant raisonner en lui le roucoulement sourd d'un ronronnement félin des plus marqués. Il avança lentement ses doigts vers la douce main de sa cavalière et s'abaissant vaguement vers elle, il déposa à peine ses lèvres sur la fraicheur de sa peau sucrée. Une délicieuse personne, à l'odeur délicieuse et au goût délicieux. Que de bonheur, que de sucrerie dans cette affaire rondement menée. Mais c'était bien plus encore que cela ... La faisant tournoyer à nouveau, il la ramena contre lui et sous le coup d'un tressaillement, il ne put réprimer cette fois l'envie de la toucher plus encore. Amenant son visage contre l'une de ses joue, il laissa son nez la toucher puis l'enfonçant dans sa peau, il laissa alors ses lèvres venir au contact, lui déposant ainsi le plus tendre des baisers. Et il resta comme ça un moment, descendant, glissant vers son cou qu'il embrassa de même, à deux reprises, l'autre main plongée dans sa chevelure noire, avec douceur, menaçant de lui faire violence. Une poigne virile qu'il trouva sensuelle.


-Il y a moins à voir qu'à sentir. Je suis étonné que tu aies choisi mes yeux, petit chaperon ...

Il était loup menaçant, elle était fillette comme il la voyait en cet instant.
Lui tendant alors le bras gauche sur le côté, il quitta son cou pour en continuer le long, tel un Adams face à Morticia. Et dans le plus long râle soupirant, expiration emprunte d'excitation, il se détacha d'elle, tremblant. L'admirant encore, il souligna chacune de ses formes, les imprimant dans sa terrible mémoire, afin de n'en perdre jamais la moindre miette. Elle avait posé sa marque sur lui. D'un claquement de doigt, il fit s'enflammer le décor, répandant l'enfer tout autour d'eux, l'isolant, pauvre enfant, perdue dans ce décor édifiant, terrifiant. S'avançant vers elle à grand pas, encore, il la reprit par la taille et l'envoya tourner encore, déroulant son bras comme la ficelle d'un yoyo et sans surprise, elle la remonta jusqu'à lui sous l'impulsion de leur mutuelle attirance, ou ce qui devait y ressembler. Car ils étaient alors pour lui comme deux aimants, se repoussant tout en s'attirant et il n'aspirait que plus alors à ne faire encore qu'un, à jamais.


-Pourquoi me torturez vous ainsi, petit chaperon ?

Et parce que le charme exige la passion, le vouvoiement ramène à l'honneur celle qu'il aurait dé-fleurer d'impures pensées. Mais il l'avait fait sans la moindre pitié. Un air carnassier sur le visage, il manipula les flammes pour qu'elle dessine au sol les ombres chinoises d'un air de folie furieuse. Les morts s'étaient éveillés sous l'égide de leur macabre rituel et en un rien de temps, il s'était fait Hadès, elle sa Perséphone. Drapés tous deux de noir et d'un teint blafards, il étaient assortis à la plus pure des blanches neiges, dans le monde sinistre et infernal où règne la plus torride des chaleurs. Il s'interrompit aussitôt, car il avait oublié.

-Je crois que c'est à vous de parler !

James s'éloigna alors, traversant le feu.
Il la laissa seule au beau milieu de nulle part, l'observant de par delà l'écueil solide de sa nouvelle isolation. Puis désolé il parvint à nouveau, admiratif de sa surprise. Mais ne la touchant pas encore, il libéra ce monde qu'il avait asservi, tout n'était alors que fine couche pâle, au sol et dans le ciel, neige de cendres qui venait après le feu, la recouvrant, elle et lui du plus impur des symptômes. Celui du calme après la tempête. Il attendait, simplement, la fixant. Il espéra vainement qu'elle serait satisfaite, rassasiée, mais déjà il craignait que sa Dryade lui demande encore de chanter. Si c'était là sa volonté ... Il le ferait. Pour elle, pour la beauté de ses yeux, pour ce qu'elle était, quelqu'un d'exceptionnellement savoureux. Son pêché mignon, sa damnation.


-Y a-t-il une chose que j'aurais oublié de te dire ?

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Carnelune Evebena
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MessageSujet: Re: Can't stand the light... [PV]   Mar 19 Avr - 10:18

Carnelune passa sa main dans le feu, la retira. La trace qui meurtrissait sa paume... Elle avait espéré qu'elle parviendrait à lui faire reprendre pied. Mais elle se sentait toujours aussi dépaysée, perdue... La brûlure du brasier n'était rien, comparée à celles qu'avaient laissées les lèvres de l'homme sur sa peau. Jamais elle n'avait connu chose aussi bouleversante que ses baisers, qui lui donnaient l'impression de mourir et de renaître en une bouffée d'étincelles...

Sombre silhouette livide de l'autre côté des flammes... Qu'était-il, ce parfait tortionnaire, qui lui apportait à la fois pure joie et affolant désespoir ? Juste un homme qui se distinguait des autres, ou alors une ombre, de celles qu'on ne peut normalement voir qu'en les regardant indirectement ? Elle caressait des yeux sa splendeur, imprimant son image sur ses rétines, celle d'un homme bordé de feu, tel le plus tentateur des démons...

D'un battement de ses paupières il fit mourir les flammes qui l'entouraient, ne laissant autour d'elle qu'un cercle d'herbe roussie, et un monde de cendres pâles. Carnelune se baissa, recueillant dans ses mains jointes une poignée de poussière, et une fois debout, la laissa filer dans le vent. Son cœur battait, affolé, comme un oiseau enfermé dans sa poitrine, son souffle était court. Entourée de flammes, elle s'était sentie piégée, jouet privé de volonté... Chaperon prisonnier des bras du loup.
Et qui n'aspirait qu'à y retourner.

La chaleur intense avait rougi ses joues, tâche incongrue de couleur dans son visage blafard, contrepoids à ses yeux gris si fixes. S’avançant vers l’homme, elle leva une première main, une brûlure ornant sa paume :


- Le feu, destructeur et craint, presque impossible à maîtriser…

L’autre main, encore couverte de poussière grise :

- La cendre, puissant engrais, signe de renouveau…

Ses deux mains réunies :

- Et… toi.

*Une chose que tu aurais oublié de me dire… Feu ou cendres, lequel est-tu vraiment ? Mais je crois que je ne veux pas le savoir…
Tu es pour moi encore un songe… Une figure de marbre et d’ébène assortie à la mienne… Des mains pâles à la fois fraîches et brûlantes… Un musicien qui a su me rejoindre dans mon monde… Il vaudrait peut-être mieux que je n’apprenne rien de plus sur toi ; la désillusion est la pire des ennemies…*


Elle pencha la tête, ses mèches noires voletant devant son visage, un léger sourire étirant ses lèvres.


- Il y a toujours des choses qu’on oublie de dire… Si elles ne nous viennent pas d’elles-mêmes aux lèvres, alors c’est qu’elles doivent être omises…



As-tu un nom ?


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MessageSujet: Re: Can't stand the light... [PV]   Mar 19 Avr - 16:52

- Jusqu'en Enfer -

-James ... Rayan ... Mais ...

Il baissa les yeux, la mine du boudeur meurtrissant son visage.
James semblait alors emprunt d'émotivité, comme tout droit ramené et avec brutalité à une réalité pour le moins dérangeante, beaucoup plus dure que la précédente. Pourtant il ne détourna pas le regard de la jeune femme aux cheveux noirs. Toujours ballotés par le vent, ses mèches brunes ne dissimulaient pas néanmoins une apparente rougeur qui devait la rendre plus belle encore. Repensant au passé, à la vérité de son existence, il ne put réprimer une sensation d'amertume, un sentiment puissant le poussant alors qu'il le craignait à employer les mots justes.

-Mais mon créateur m'a nommé Tanis.

Non, il n'était pas humain.
Se redressant, James fit alors quelques pas délicats vers Carnelune et tendant à nouveau les mains vers elle, il lui montra clairement son intention. Attrapant les siennes, meurtries par son propre feu, il les ramena toutes deux contre lui, puis la rapprocha, par la même. Son corps irradia alors d'une femme plus délicate, intensément plus belle et forte que la première. Mais à l'inverse, cette dernière alla recouvrir Carnelune, de la tête au pied, sans prendre la peine de la bruler. Bien au contraire, la jeune femme devait se sentir véritablement bien à ce contact. C'est ce que voulait James, lui apporter la paix après le mal qu'il avait du lui causer avant. L'air réprimé, réservé qu'elle dégageait, ce froid qu'il lui avait infligé, il ne voulait pas le lire dans son regard. Ce n'était pas comme Corwin ... C'était ... Différent.

-Je suis un reflet. Une ombre sur ce monde, qui passe ... Mais je t'ai vue.

Murmura-t-il.
Pris dans l'instant présent il ne voulut pas la lâcher perdu dans son regard alarmé de jeune femme troublée. Il ne l'aurait été pour rien au monde. Mais pourquoi devenait-il si tendre tout à coup ? Alors qu'il était loup ? La règle était clair, on ne mord pas la main qui vous a nourri et il fallait bien l'avouer, Carnelune venait d'offrir à James des images desquelles il s'inspirerait dans les pires moments. Rassasié, apaisé, ayant pu enfin se confier à quelqu'un, il se demanda pourtant si alors qu'il était à découvert, une part de lui ne demanderait pas à fuir. Et quand l'idée lui traversa l'esprit, l'envie se fit sentir. Elle pouvait l'admirer, tel qu'il était, tressaillant, irréel, lévitant au dessus de lui même comme détaché d'un corps sans consistance. Il pouvait l'enivrer toute entière et d'un simple regard, il s'était d'ailleurs fixé au sien, ne remarquant pas que sans le vouloir, ses pupilles s'étaient alors dilatées, engloutissant de fait Carnelune dans une hypnose sans pareil.

-Tu sembles ... Différente.

Murmura-t-il alors.
Le feu cessa lentement. Hochant la tête, James se demanda ce qu'il avait de mal. La jeune femme semblait figée, comme dans l'attente de recevoir un ordre. Se doutant de ce qu'il venait de faire, il secoua la tête, rompant aussitôt le contact. D'habitude il en avait la maîtrise. Pourtant Carnelune l'avait exacerbé, tiraillé au plus loin de lui, éveillant ses sens, appelant ses désirs les plus profond. Elle. Elle était tout ce qu'il voulait alors, un court instant, bien avant tout le reste et sans murmurer, il le lui avait dit par le regard. Et pourtant ...

-Je ne ... Oh non je suis désolé ! Je n'aurais pas du ... Je ...

Faisant demi tour, il lâcha lentement les mains, glissants de leur poigne.
Avant tout il le savait, il n'avait plus le droit de s'égarer ainsi dans les yeux d'une autre. Malgré toute l'envie qui le traversait, il devait se garder d'elle, préserver son amour pour Corwin d'un entichement quelconque ... Même s'il semblait si doux de le faire avec elle.

-Tu es ridicule James ! Elle n'est qu'un objet inaccessible ... Ton esprit en veut mais tu n'en as pas besoin. Si tu avais eu le droit d'aller vers elle, aurais-tu tenu à ce point à te retourner pour ... NON !

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Carnelune Evebena
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MessageSujet: Re: Can't stand the light... [PV]   Mer 20 Avr - 16:01

- Les êtres brisés... -

Carnelune resta quelques secondes totalement immobile, le regard dans le vide. Puis elle tourna lentement la tête vers celui qui lui tournait le dos, James - Tanis...
Les informations s'assemblaient lentement dans son esprit, autant celles que lui avait livrées (le reflet) James que celles qu'elle avait elle-même déduites de ses gestes et postures.
Au cœur de cette chaude flamme, ses mains enlacées dans celles de (l'ombre) James, engloutie dans ses yeux couleur saphir, elle s'était sentie se détacher d'elle-même, perdant toute volonté ; mais ce qu'elle avait cru percevoir dans son regard...

Une... ombre. Un reflet. En temps normal, peut-être aurait-elle souri de le voir utiliser les mots par lesquels elle l'avait désigné, mais son état d'esprit l'en empêchait. Ce n'était pas qu'il soit ce qu'il prétendait être, non, c'était juste la... souffrance qui suintait de ses paroles.
Comment peut-on n'être que l'image d'un autre ? La jeune femme l'ignorait, mais sentait que le mot douleur devait y être étroitement lié... Un instant, elle souhaita étreindre cette silhouette, la soulager un peu de sa douleur, mais si cela lui apportait un peu de réconfort dans un premier temps, ce serait surtout une nouvelle blessure au long terme...


- J'espère... J'espère que je n'ai pas causé plus de mal que de bien.

Murmure inaudible, expiation d'une âme en détresse... Eux qui avaient su être si proches, un écart se creusait entre eux, à cause de cette brèche qu'il lui avait montrée dans ses défenses, et qu'elle ne pouvait combler. Elle avait cru voir dans ses yeux un désir réprouvé, ainsi qu'une supplique silencieuse... Oui, si elle pouvait le soulager un instant, cela ne le briserait que davantage par la suite.

Peut-être y en avait-il une autre ? ... En ce cas, Carnelune espérait juste qu'elle saurait panser ses blessures comme elle-même s'en savait incapable. Elle avait laissé les siennes, égratignures insignifiantes, s'envenimer lentement avant de les soigner de son mieux, alors que pouvait-elle faire face aux gouffres qu'elle devinait en James ? Elle le voyait composé de deux facettes, l'une irréelle et splendide, pleine d'assurance et de charme, et l'autre bien plus sombre et vraie, estropiée par les aléas de la vie...

Cette première part l'avait envoutée et blessée... La seconde, blessée mais réveillée.
Ils se ressemblaient trop. Si des instants de pur bonheur, pleins de magie et de beauté, pouvaient exister entre eux, ils se détruiraient mutuellement... On n'obtient pas du clair en mélangeant deux teintes sombres.

Elle le regrettait. Elle en souffrait. Elle l'acceptait. Mais elle en souffrirait encore, au moins aussi longtemps que cette vision au bord du lac lui reviendrait, aussi longtemps que le son du violon viendrait la hanter la nuit, aussi longtemps que la plaie ne se serait pas cicatrisée. Elle aurait voulu, oh, elle aurait tant voulu pouvoir faire quelque chose pour James, mais ce moment dans le parc, c'était déjà trop. Elle espérait qu'au moins celui-ci pourrait lui mettre un peu de baume au cœur dans ses heures les plus noires, qu'il se souviendrait d'elle non pas comme une forme vêtue d'un capuchon s'éloignant de lui, mais comme celle qui avait le temps d'un rêve marché à ses côtés...

Quelques pas vers lui, contre sa volonté. Pourquoi ? Le rappeler ? Lui demander de ne pas faire cela, qu'elle ne le voulait pas, ne le supporterait pas ? Ce serait un mensonge... Si on ne tombe pas, comment peut-on apprendre à se relever ? La chute viendrait, s'empirant au fil des secondes qui s'égrenaient, et la retarder ne rendrait la souffrance que pire.


- Ne m'oublie pas. Laisse-moi au moins cela : une place dans tes souvenirs.

Elle se plaça à côté de lui, figeant dans sa mémoire ce profil marmoréen, empreint d'une beauté irréelle, auquel elle n'avait plus le droit d'aspirer, et coupa de sa dague l'une de ses longues mèches de cheveux. D'un geste elle la fit flotter dans l'air, la tressant en un bracelet aux reflets de nuit, et la fit glisser au poignet si pâle de cet être torturé. Malgré le désir qu'elle en avait, elle prit soin de ne pas toucher la peau de James en récupérant l'une de ses mèches, et réitéra l'opération afin d'en tirer un bracelet qui, aussi longtemps que sa magie tiendrait, ne quittera pas son bras.

- Tu étais un beau rêve... Nous étions un beau rêve. Prends-soin de toi, James.

De sa démarche féline elle s'était déjà éloignée, rangeant son violon dans son étui, glissant son livre dans sa besace. Oui, elle fuyait, ne pouvant plus rester une seconde à côté de ce reflet si prenant, auquel elle se serait donnée sans états d'âme...
Et tandis qu'elle marchait dans ce monde de cendres qu'il avait créé, ses grands yeux, miroirs gris d'habitude si inexpressifs, se bordèrent de larmes jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus les contenir et qu'elles ruissellent sur ses joues encore brûlantes du contact de cet autre...

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MessageSujet: Re: Can't stand the light... [PV]   Ven 22 Avr - 17:45

- Just For One Day Later -

Mais partir ainsi aurait été trop dur ...
Hésitant, James fixa le petit bracelet autour de son poignet et il laissa en lui remonter l'amertume qui lui était provoquée par le fait de lui tourner le dos. Il ne put se résoudre, se laisser priver de la sorte de quelque chose qu'il désirait alors plus que tout au monde. James fit demi tour puis d'un pas rapide et lent tout à la fois, il avança pas à pas jusqu'à Carnelune, fixant sa silhouette à nouveau lointaine avec résolution. Si il ne pouvait pas l'avoir, personne ne l'aurait et étant donné que priver le monde d'une telle splendeur d'âme serait un crime qui dépasserait de simples notions d'ordre social ... Il se contenterait juste de se saisir d'elle, de lui céder. Il pouvait sentir sa peine, les sanglots qui coulaient le long de ses joues depuis sa place et à mesure qu'il se rapprochait, il visualisait déjà ce qui allait suivre.


-Dryade ! Ondine ! Quoi que tu sois !

Car elle ne lui avait pas dit son nom.
La voyant se redresser, sûrement surprise, il arriva enfin tout près d'elle et sans la moindre vergogne, pourvu d'une profonde compassion, James serra le bras de Carnelune avant de la retourner vers force face à lui. La rapprochant, il lui attrapa le cou puis il laissa ses doigts remonter doucement jusqu'au bas de sa mâchoire. Approchant ses lèvres, il les saisit d'une traite et se laissa emplir de son aura. Caressant à présent sa joue, il plongea littéralement en elle, ressentant chacun de ses frémissements, la moindre parcelle de rejet, si elle existe, les battements de son coeur ...


-Ne me tourne plus jamais le dos.

Murmura-t-il alors, le front contre le sien.
Mais déjà le son des cloches retentit, assommant James d'un mal de crâne affreux. Une lueur pâle brilla dans le regard de sa belle qui petit à petit se dispersait dans le vent, comme réduite en cendres. Il voulut la retenir mais il ne put rien faire. Se débattant, il hurla à la mort, appelant l'horizon, prévenant les cieux que pour elle il se battrait, que pour la revoir, il monterait jusqu'en haut s'il le fallait, ou brûlerait tout en bas. Tirant le sabre de l'amour, le sorcier le brandit bien haut, hurlant toujours de toutes ses forces. Il la voulait pour lui, elle devait être sienne, à jamais ... Mais les choses devinrent bien compliquées, les années passèrent d'une traite et James s'enracina dans le sol, meurtri malgré lui, attendant qu'on lui la rende ... Et jamais elle ne revint ...


-(Fin du Songe)-

James secoua la tête.
Ce rêve ou ce cauchemar, qu'importe, seulement ces images avaient traversé son esprit à toute vitesse, lui broyant l'encéphale, le faisant fléchir, se pencher vers le sol. Une goutte de sang dégringola de son nez et roula jusqu'à la commissure de ses lèvres pour rejoindre la terre. La regardant avide, il se demanda ce qui en lui avait bien pu provoquer un tel phénomène. Le charme venait de se rompre, brutalement. James était sûr d'aimer Corwin, de le vouloir, pourtant, il ne voulait pas se défaire d'elle. Il veillerait sur cet ange noir qui l'avait détourné de sa route pour lui apprendre une autre vérité. Il existe de la noblesse en ce bas monde, ailleurs que dans les yeux d'un homme apeuré prenant son courage à deux mains. C'est une gifle que Carnelune venait de lui mettre.


-Je suis tellement désolé ...

Susurra-t-il.
Et contrairement au souhait de son inconscient, il continua sa route, se détournant d'elle. L'heure pour eux de se rejoindre n'était pas venue. Mais James savait que dans une autre forme, peut être dans une autre existence, ils seraient tous deux faits pour s'unir dans un geste commun, qu'importe sa nature et que ce jour là, plus rien ne pourrait se dresser contre eux.

-Ce n'est que partie remise ... Mon Ophélie.



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