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 Exister c'est agir (PV Calintz)

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Eden Twinings
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MessageSujet: Exister c'est agir (PV Calintz)   Ven 18 Avr - 19:42

Eden avait ressentit comme une urge, comme un besoin tellement pressant qu’elle en avait mal au ventre, de voir Calintz. Cela faisait maintenant quelques semaines qu’ils se voyaient en douce, cachant à tous autant que possible et de leur mieux le lien qui les unissait car ils savaient qu’il pourrai les détruire aussi bien qu’il les fortifiaient. Seulement l’attente des rares et courts moments passés ensemble commençait à peser sur la fière Serpentard qu’était Eden et là elle ne tint plus.

Elle ouvrit délicatement les lourds rideaux de velours vert foncé qui la coupaient du monde extérieur, qui l’isolaient de ses camarades et prit un pull en laine et une jupe, tous deux noirs. Elle regarda autour d’elle les rideaux fermés que seul les rayons de lune éclairaient. Elle n’avait jamais aimé la compagnie de filles, mis à part Rachel bien sûr, et dormir dans un dortoir aurai été un calvaire si elle n’avait pu se séparer d’elles par son lit à baldaquins. Elle attrapa la première paire de chaussures qu’elle trouva un pied de son lit et sortit sur la pointe des pieds du dortoir où seules les respirations lentes des élèves pouvaient se faire entendre. Ses affaires dans les bras elle descendit dans la salle commune à tâtons, ne voulant pas que la lumière que sa baguette produirait si elle invoquait le sort de lumos la fasse repérer. Bien sûr il y avait très peu de chance que qui que ce soit ne dorme pas vu l’heure extrêmement tardive, mais les insomniaques courent les rues de nos jours !

Eden posa ses affaires sur un fauteuil près de l’âtre et inspira un bon coup. Elle avait peur que son impatience ne lui fasse renverser quelque chose et réveiller pour de bon quelqu’un. Elle posa le pied sur la première marche menant au dortoir des garçons et son cœur se mit à battre plus vite. Elle détestait cette façon qu’il avait de battre lorsqu’elle savait qu’elle allait voir Calintz mais en même temps il lui semblait que lorsqu’il ne battait pas si vite il ne battait pas du tout. Comme si le jeune homme était vraiment le seul pour qui son cœur froid battait. Elle était à présent au sommet des escaliers de pierre, avançant à petits pas, les orteils recroquevillés sur eux-mêmes par le froid, plissant des yeux dans la pénombre. Le lit de Calintz était situé dans les premiers dans la pièce. Elle ouvrit légèrement le rideau pour vérifier que c’était bien son lit et voyant le jeune homme endormit elle tira à moitié le rideau, juste de quoi se laisser la place de passer. Car oui, elle venait de s’allonger à ses côtés.

Le regardant dormir, souriant en sachant qu’il était sien, elle passa une main hésitante dans ses cheveux courts. Le réveiller était sûrement un crime, mais ne pas l’embrasser, ne pas sentir son souffle dans son cou en était un encore plus grand. Eden posa un petit baiser sur la joue du jeune homme qui commençait à bouger. Une fois qu’il eut ouvert les yeux elle lui fit un de ces doux sourires que lui seul arrivait à faire apparaître sur son visage pâle. Posant sa tête sur son épaule et lui toucha la joue du bout des doigts.


Coucou toi…

La grande et froide Eden, la jeune fille qui faisait régner la terreur au sein des communautés de pouilleux d’autres maisons, l’une des membres du Triumvirat qui mettait un point d’honneur à ne pas avoir de faiblesse était justement en position de faiblesse là. Etre dans le dortoir des garçons, dans un lit de garçon, au milieu de la nuit, sachant que Vastare n’était qu’à quelques mètres d’elle avait sa part de danger. Danger plein de conséquences mais où il y aurai très peu de remontrances en fin de compte si elle se faisait attraper. Les seules répercutions que cela pourrai avoir seraient sur son alliance et son couple, mais en rien sur sa vie scolaire en elle-même. Si on pouvait dire qu’elle en avait une.

J’avais envie de te voir. Prend des affaires. Viens, on va faire un tour dehors.

Le jeune homme n’avait pas le choix. Il semblait ne pas encore être entièrement réveillé ni en pleine possession de ses moyens. Eden le tirait gentiment par la main tout en essayant de ne pas faire de bruit. Bien sûr elle aurai adoré rester allongée là, à ses côtés, respirant son parfum, calant sa respiration sur la sienne, vivant seulement d’amour et d’eau fraîche. Ou plutôt d’amour et de whisky-pur-feu ! Enfin, quoi qu’il en soit, elle serai bien restée avec lui là mais c’était beaucoup trop risqué, et puis savoir que Vastare n’était pas loin n’arrangeait pas les choses pour la blonde. Calintz avait prit de quoi s’habiller et ils étaient à présent dans les escaliers descendant vers la salle commune lorsqu’elle s’arrêta net et se retourna pour embrasser Calintz. Premier vrai baiser de la nuit, doux et à la fois brûlant de cette chaleur qu’elle ne pouvait et ne voulait contenir plus longtemps.

Ca te dit un petit tour sous la lune ?

Pendant qu’ils s’habillaient tous les deux, un mince sourire vint se percher sur les lèvres d’Eden. Elle avait trouvé la perle, sa perle rare.

Mon Calintz…
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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Sam 19 Avr - 0:07

Somnifères. Et un. Et deux. Calintz vida le reste de son verre d’eau et le reposa sur la table de chevet à droite de son lit à baldaquin. Il s’assit alors sur l’édredon et prit sa tête entre ses deux mains. Une migraine effroyable ravageait l’intérieur de son crâne depuis plusieurs jours, symptôme flagrant de son manque de sommeil. Même les sortilèges ne fonctionnaient plus et un seul remède apparaissait comme efficace. Dormir. Calintz était donc monté dans son dortoir assez tôt, épuisé d’entendre déblatérer autour de lui et s’était empressé de se bourrer de somnifères. Signe marquant de faiblesse mais il était seul dans le dortoir. Il ouvrit alors les boutons de sa chemise d’une main distraite, le regard toujours délaissé sur le plancher et commença à se dévêtir. Lorsqu’il ne fut plus couvert d’un simple sous vêtement, il soupira. Pris d’une extrême flemmardise, il se glissa sous ses draps ainsi, frissonnant au contact du tissu froid contre sa peau et ferma un instant les yeux. Avant de glisser une main sous son oreiller. Il en tira un épais livre, relié de vieux cuir et l’ouvrit là où il avait laissé sa lecture la vieille.

Les minutes s’égrenèrent alors, le jeune serpentard plongé dans son épais volume. Un élève entrant dans la pièce, découvrant LE fameux Calintz, modèle de mépris inégalable, occupé à lire, se serait laissé à croire qu’il étudiait un recueil de magie noire. Mais loin de là. Calintz était plongé dans un roman. On ne pouvait trouver plus anodin. Mais le jeune homme aimait le pouvoir des mots. Il appréciait particulièrement leur emploi, leur jeu, leurs subtilités, les ravages qu’ils pouvaient faire lorsqu’ils étaient bien employés. Et cet auteur était extraordinaire…

Lorsque ces paupières commencèrent à se faire lourdes, lorsqu’il sentit que ses yeux le brûlaient, lorsqu’une seule image ne parvenait qu’à occuper ses pensées, il repoussa son livre. Le rangea sous son lit. Puis rajusta les rideaux autour de son baldaquin. Avant de se laisser tomber dans ses draps. Et de fermer les yeux avec un bonheur sans limite. Le sourire d’une jolie blonde fit son apparition et ses lèvres esquissèrent un sourire identique. Eden… Puis le noir l’envahit. Somnifères.

Quelques heures plus tard, il fut tiré de son sommeil par une présence contre lui. La surprise fut d’abord de mise. Fichus somnifères. Lui qui s’éveillait dès qu’un frémissement se faisait sentir venait de laisser quelqu’un pénétrer dans son lit. La colère le prit ensuite et il voulut s’éveiller entièrement. Mais l’effet des médicaments était tenace. Et toute crainte disparut quand il sentit une main douce passer dans ses cheveux. Il savait de qui il s’agissait. La jolie blonde au sourire d’ange. Au contact de ses lèvres contre sa joue, il ouvrit les yeux. Offrant à son regard, la vision d’Eden. La jeune fille se trouvait allongée contre lui, lui communiquant la chaleur de son corps, le brasier de son amour.


J’avais envie de te voir. Prend des affaires. Viens, on va faire un tour dehors.

Un sourire naquit alors sur le visage du jeune homme, suivit d’une vague de fierté. Elle. Lui. Eux. Toujours engourdi par les médicaments, il la laissa le guider par la main, et il quitta la chaleur de son lit à regret. Se dirigeant vers ses affaires, il tâtonna, pris les premières qu’il vit et quitta la pièce. Avant de sortir, il nota un regard d’Eden, droit sur un autre lit à baldaquin. Celui de Vastare. Et une joie sauvage envahit Calintz. C’était dans SON lit que s’était glissée Eden. Malgré tout ce qu’elle affichait en public, il savait qu’il avait gagné. La blonde de glace était sienne. Tout comme la réciproque était vraie… Vastare n’était qu’un pion…

Les marches dégringolèrent sous leurs pas hésitants et juste avant d’arriver dans la salle commune, avant qu’il n’ait pu réfléchir une seconde, il se retrouva avec le corps d’Eden pressé contre le sien, ses lèvres chaudes embrassant les siennes, son corps lui offrant l’intégralité de ses sentiments complexes. Mais Calintz, encore plongé dans le brouillard, n’eut pas le temps de réagir. Déjà la jeune femme avait pénétré dans la salle, se dirigeant vers un fauteuil. Toujours vêtu d’un unique caleçon, il commença à prendre ses affaires, mais ne put s’empêcher de rester à observer Eden, occupée à s’habiller. Mais pour s’habiller, il fallait se déshabiller. Se découpant au clair de lune qui traversait les vitres, le corps de la belle serpentard était une fois de plus offert dans son intégralité au jeune homme. Désormais parfaitement éveillé, il s’approcha de la belle, l’entoura de ses bras puissant, et la serra contre lui. Cette nuit, la chaleur était présente, leurs corps bouillonnants et dénudés l’un contre l’autre, si éloignés de cette journée de pluie mais pourtant versés dans une même finalité.

Calintz laissa glisser sa main dans le dos d’Eden, la sentant frissonner à son contact puis il l’embrassa dans le cou. Lui et son impassibilité avaient intégralement disparus pour Eden, en sa présence il renaissait et lui offrait tout ce qu’il était à même de donner. Avec elle, il n’était plus Calintz Ximenes. Il était sienne. Uniquement. Le corps merveilleux qu’il tenait entre ses mains l’emplissait d’une joie sans limite, et les pulsions montaient en lui en vague irrépressible. L’idée d’une ballade avec son amante sous la clarté de la lune le fit sourire, il ne pouvait qualifier cette idée autrement que par le mot « parfaite ». Il prit alors la créature féminine par la taille, passa une main derrière sa nuque et prononça quelques mots délicats :


Allons y ma douce, allons explorer ensemble les merveilles dont regorgent cette nuit étoilée…

Il laissa le sourire naître sur les lèvres d’Eden, conscient d’avoir prononcé des mots qu’elle se refusait. Ma douce… Eden… Et pourtant cela venait si facilement à sa bouche. Et enfin de conclure ce pacte, se penchant en avant, il saisit délicatement son fin visage avant de l’embrasser tendrement...
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Eden Twinings
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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Dim 20 Avr - 1:01

Comment avait-elle pu laisser Calintz échapper à son regard avant cette année ? Comment avait-elle pu ne pas voir le feu qui brûlait dans ses yeux et dans son cœur ? Comment avait-elle pu passer à côté de pareille force ? Questions qui ne trouveraient jamais de réponse car elle les n’en avait point de concrètes. Le hasard, ou la destinée, avait voulu qu’ils soient réunit et là était la seule chose qui comptait vraiment aux yeux de la demoiselle qui le tirait par la main. Ce seul contact envoyait des ondes dans sa main et elle savait inconsciemment que chaque étreinte la rendait encore plus dépendante à cette nouvelle drogue qu’était Calintz. Car oui, il était entrain de devenir une drogue pour Eden. Elle passait moins de temps avec ses compagnons du Triumvirat, n’ayant plus vraiment ce besoin de sadisme qu’elle avait auparavant. Bien sûr elle restait la même Eden qui torturait les élèves dans les couloirs sombres après les cours, mais elle était aussi entrain de devenir une femme différente, moins dure, plus douce.

Elle avait senti les mains de Calintz s’emparer de sa taille, la plaquant contre lui, leurs peaux tièdes se réchauffant mutuellement. Il l’enserrait dans ses bras puissants et elle, elle ne pouvait que fondre un peu plus devant cette douceur et cette force qui émanaient de chacun d’eux lorsqu’ils étaient ensemble. Elle ne dit rien mais son silence et le fait qu’elle se laisse faire voulait sûrement dire plus que les mots n’eurent plus l’exprimer. Le sourire qu’elle ne put réprimer en l’entendant prononcer le mot « douce » n’était pas celui de la vile Eden mais bien de l’Eden de Calintz, l’Eden qui commençait à apprendre à voir la vie avec les yeux ouverts. Ses lèvres sur les siennes étaient le contact le plus doux qu’elle connaissait. Elle fit glisser à son tour ses mains dans le dos musclé de Calintz. Cet homme, son homme, avait vraiment tout pour plaire. Eden eut du mal à s’arracher à lui pour s’habiller. Elle lui fit un petit clin d’œil avant de se retourner pour finir de se vêtir. Un regard de côté la conforta dans son idée qu’il l’observait alors elle prit son temps pour faire glisser son pull et sa jupe sur sa peau blanche et frissonnante. Sa paire de chaussures aux pieds, elle cacha ses affaires derrière un coussin ornant un des canapés et fit signe à Calintz de la suivre.

Cette petite escapade nocturne sous la lune avait des airs de conte de fées : deux jeunes gens se tenant par la main, aucun nuage pour couvrir le ciel étoilé, une nuit de printemps où la morsure du froid se faisait déjà moindre… Elle n’avait pas envie que ce soit un conte de fées. Trop pathétique, trop romantique, trop fragile aussi. Eden voulait que ce soit simplement une histoire, leur histoire. Rien de plus, rien de moins. Elle leva le visage vers le jeune homme qu’elle tirait une fois de plus par la main. Comment pouvait-il être un Serpentard, un ange noir bien qu’il ne prit pas plaisir à torturer son prochain comme elle pouvait le faire en compagnie de ses acolytes du Triumvirat ? Avec elle il était tellement différent. D’une certaine manière, au plus profond d’elle-même, elle connaissait la réponse. Elle savait que l’amour d’un autre pouvait faire changer une personne, aussi dure soit cette dernière. Elle le savait car elle était elle-même en train de changer. En mal ? Peut-être. En bien ? Peut-être. Tout dépendait du point de vue.


Regarde comme c’est beau…

Eden voyait le beau ! Eden Twinings appréciait le simple reflet de la lune sur l’eau du lac au loin. Quelque chose avait définitivement changé depuis ce premier après-midi sous la pluie. Elle se blottit dans le creux des bras de Calintz, pensant avec un sourire que c’était la première fois qu’ils étaient ensemble au grand jour (si on pouvait dire ça en pleine nuit), la première fois qu’ils ne se retrouvaient pas dans le secret de la forêt. Eden inspira une grande bouffée d’air ce qui n’eut pour seul effet que de la faire frissonner. Mais elle s’en fichait, ses cheveux d’or libres dans le vent, sa jupe se soulevant légèrement à chaque nouvel assaut de cet élément invisible, elle était heureuse. Elle posa une main sur l’épaule de Calintz et la laissa remonter le long de son cou, traçant les contours de son visage aux traits durs. Eden fit glisser un doigt sur les lèvres du jeune homme et s’approchait en même temps de lui, le visage paisible, les traits décontractés, les yeux moins froids que d’habitude. Elle posait ses lèvres sur celle de Calintz lorsqu’elle prononça ces mots :

Qui étais-je avant de te connaître mon cher Vastare ?
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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Dim 20 Avr - 17:39

La lune. Phare somptueux. Astre dominateur parmi la multitude de petites étoiles scintillantes. Source de lumière blafarde qui guidait aujourd’hui un tout jeune couple, unis par des liens d’une puissance dévastatrice. Main dans la main, Eden et Calintz traversaient le parc, se satisfaisant mutuellement de leur présence, offrant ce moment d’intimité à la nuit ténébreuse. Calintz avait depuis longtemps renoncé à analyser ses sentiments. Il ne les comprenait pas. Cette émotion qui l’envahissait quand il voyait Eden, ce frémissement quand il entendait prononcer son prénom, ce manque qui l’envahissait lorsqu’elle était loin de lui… tout cela lui était inconnu. Avec Eden, il découvrait ça au fur et à mesure des jours qu’ils passaient loin l’un de l’autre ou au contraire très près. Jamais il ne s’était senti aussi dépendant, aussi impatient, aussi fixé sur une idée. Souvent, il perdait sa légendaire impassibilité, se laissant aller à la violence lorsque la frustration se faisait trop grande. Et c’est ainsi que sa réputation d’homme à craindre avait grandi avec lui au cours de ces semaines. La veille, il avait agressé un jeune homme qui avait eu le malheur de le bousculer dans un couloir. Jamais il ne se serait abaissé à un tel comportement normalement, mais là il avait craqué. Car il avait aperçu Eden au bout du couloir. Mais en même temps, jamais il ne s’était senti heureux. Chaque seconde passée avec l’ange blond valait tous ces manques quotidiens. Savoir qu’il pourrait la toucher, l’entendre, l’embrasser, la sentir suffisait à calmer toute son impatience et à faire naître un sourire léger sur ses lèvres. Sourire qui ne s’effaçait jamais entièrement…

Calintz passait la majeure partie de ses nuits dans le parc de Poudlard à regarder la lune. C’était quelque chose qu’il ne pouvait empêcher. Lorsqu’il se trouvait en parfaite communion avec la sphère argentée ou tout du moins avec la nature nocturne, il éprouvait un calme effrayant de plaisir. Et ce plaisir personnel revenait chaque soir, lorsque tous les élèves étaient enfermés dans leur salle commune ou leur dortoir. Naturellement il le payait par un manque de sommeil flagrant. Son visage parfait ne gardait aucune trace de ses courtes nuits, toujours lisse dans sa beauté mais une migraine insidieuse ravageait son esprit, lui faisant payer ses virées nocturnes. C’est pourquoi ce soir il s’était bourré de somnifères, afin d’essayer de faire une nuit réparatrice. Mais une beauté parfaite était venue le tirer du sommeil…


Regarde comme c’est beau…

Calintz s’arrêta et prit son amante dans les bras, les yeux rivés sur la surface argentée. Combien de fois n’avait-il pas admiré ce voile fragile recouvrant les tumultes du lac ? Chaque fois que la lune se reflétait dans ce miroir transparent, l’étendue d’eau de Poudlard semblait voler en mille éclats. Oui c’était beau. Un mot qui, en jaillissant d’Eden, prenait un tout autre sens. Calintz garda le silence, ne pouvant se résoudre à briser le silence de la nuit. Nuit qui prenait une autre saveur lorsqu’ Eden était avec lui. Il sentit ses doigts fins parcourir son visage, caresser l’angle de sa mâchoire, et il riva ses yeux verts sur la demoiselle. Son cœur accéléra encore une fois sa cadence lorsqu’il vit les lèvres d’Eden se rapprocher. Accompagnées de quelques mots…

Qui étais-je avant de te connaître mon cher Vastare ?

Son sang se figea brusquement. Son cœur arrêta alors à son tour sa pulsation régulière. Et immédiatement, ses yeux perdirent leur douceur, les muscles de sa mâchoire se crispèrent, le froid l’envahit. Vastare. Merveilleux lapsus.

Calintz repoussa froidement Eden, la faisant quitter la protection de ses bras, effaçant tout contact avec elle. Il se sentait meurtri. Trahi. Profondément. Il avait accepté en silence la proximité d’Eden et de Vastare en public. Il avait accusé le coup de les voir s’embrasser. Il avait mis ça sur le compte du jeu public d’Eden. Il ne lui en avait même pas parlé, conscient qu’ils avaient tous deux besoin de liberté. Mais il était convaincu qu’au fond Eden jouait avec Vastare, que seul lui Calintz comptait pour elle. Et voilà que…

Le froid serpentard se détourna de la blonde qui hantait ses nuits et s’éloigna du lac, s’enfonçant dans les ténèbres. Aux légers frottements qu’il entendait derrière lui, il savait qu’Eden le suivait. Calintz avaient envie d’hurler. De frapper. De faire du mal. De se faire du mal. Il ferma les yeux un instant, sa migraine revenant au galop en un instant aussi critique. En quelques secondes, le monde avait basculé pour Calintz. Le froid était devenu maître, ses yeux avaient plongés dans les ténèbres, ses traits s’étaient durcis, toute trace de compassion s’évaporant, toute trace d’amour profondément refoulée.


Voilà… Tu as été pris à ton propre piège… Tu as voulu céder, quitter ta voie, croire en cette femme… Elle t’a manipulé… Elle t’a trompé… Qu’as-tu à dire maintenant… ? … Rien c’est bien ce que je craignais…

Un tremblement irrépressible prit Calintz… et remplaça la peine par la colère. Une colère salvatrice, unique moyen de ne pas céder sous la vague de sentiments qui l’assaillait. Il savait Eden derrière lui. Il fit alors volte face, ses yeux clairs flamboyants d’une douleur incommensurable, les muscles crispés, la colère brûlant dans ses veines comme un poison mortel. Il admira une dernière fois la silhouette d’Eden et laissa jaillir les mots d'une voix dure.

Tu es encore là ? Tu crois que ça ne suffit pas ? Tu as encore autre chose à me dire ? J’avais cru… Je... Dégage Eden… Je ne voudrais pas te faire de mal… Ne m’y oblige pas… Retourne dorloter ton Vastare... Hors de ma vue maintenant… Un sort est si vite parti…
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Eden Twinings
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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Lun 21 Avr - 13:51

Eden ne comprit pas ce que Calintz avait. Son rejet avait été tellement brusque qu’elle était restée pantoise, les lèvres entrouvertes, la main toujours tendue devant elle, cherchant le contact de l’homme qui faisait battre son cœur plus vite, plus fort qu’il n’avait jamais battu. La blonde ne savait que faire. Elle ne comprenait pas sa faute. Elle n’avait pas de raison de se croire en tort. Qu’avait-elle fait ? Depuis quand refusait-il ses baisers ? Eux qui avaient été si proches depuis leur première rencontre à l’abri des sous-bois n’avaient jamais eu un seul moment de doute quant à leur relation. Il était clair qu’ils étaient identiques et en même temps tellement différents. Calintz savait calmer ses pulsions, Eden ne supportait pas de laisser passer la moindre erreur. Pourtant, ils avaient trouvés l’un en l’autre quelque chose de plus, quelque chose de différent, quelque chose qu’ils ne pouvaient expliquer ou contrôler. C’est cette force qui leur était propre qui fit que le cœur d’Eden s’arrêta de battre lorsqu’il la repoussa.

Son cerveau se mit en ébullition, cherchant ce qui avait bien pu pousser Calintz à pareille réaction. Elle ferma la bouche, baissa la main qu’elle avait tendue devant elle et laissa ses neurones se connecter pour trouver l’erreur, la cause de tout cela. Et c’est là que…

Vastare ! J’ai dis Vastare ! Par toutes les furies des Carpates, qu’est-ce que tu avais besoin de faire pareil lapsus ? Eden ! Bouge-toi ! Cours lui après ! Fais quelque chose ! Eden ! Eden ! Allez !

La blonde ne bougea pas immédiatement. Elle continua à le regarder s’éloigner. Il avait l’air tellement fier et beau. Un vrai Serpentard. Mais ces pensées n’avaient aucune importance, il fallait qu’elle le rattrape. Il fallait qu’elle lui dise que ce n’était qu’un lapsus, qu’une simple erreur de sa langue, que son cerveau n’avait pas fait attention, que seul lui comptait, qu’il était seul capable de l’égaler, de la comprendre, de la changer. Elle allait s’abaisser au rang d’adolescente en mal d’amour pour lui montrer à quel point il comptait pour elle. Elle était prête à lui courir après. Ses jambes n’attendirent pas que sa matière grise leur donne l’autorisation de bouger, elles la portèrent, sûrement plus vite qu’il n’était raisonnable pour elles de le faire, en direction du jeune homme qui s’éloignait toujours. Sa gorge dévoila ce qui lui brûlait le corps de l’intérieur depuis quelques instants, depuis que Calintz s’était détourné d’elle.


Calintz ! Arrête-toi !

Cela eut en partie l’effet escompté mais il fut suivit parce que chose qu’elle n’aurai jamais cru possible. Jamais elle n’aurai cru que le jeune Serpentard eut pu lui parler de la façon dont il le faisait à présent. Ses mots durs sonnaient faux. Ses moments d’hésitation au milieu de sa colère n’étaient que preuve aux oreilles d’Eden qui mentait. Il ne savait pas ce qu’il disait. Elle se refusait à croire qu’il était sérieux. Eden avait l’impression que ces mots ne venaient pas de lui. Elle n’avait rien dit depuis qu’il s’était retourné. Les yeux du jeune homme brillaient d’un éclat inquiétant et là il prononça le phrase qu’il n’aurait pas du. Oh non, pas du du tout…

Un sort est si vite parti…

Pour reprendre les clichés littéraires, je dirai que le sang d’Eden ne fit qu’un tour et qu’à son tour son regard se durcit, sa voix aussi, ses poings se crispèrent, ses lèvres se mirent à trembler légèrement. Jusque là elle n’avait rien dit, sachant que la faute était sienne, mais là s’en était trop. Beaucoup trop. Les sourcils blonds se froncèrent et sa main tâtonna pour empoigner sa baguette magique. Ses yeux se firent plus froids que les glaces polaires et son teint plus blanc encore que les neiges éternelles. Un petit rire nerveux s’échappa de sa gorge fine. Rire qui cachait en lui la blessure qu’avait causés les mots de Calintz. Rire qu’il n’aurai jamais du entendre prononcer à son égard. Eden pointa doucement sa baguette vers le jeune homme, laissa la colère qu’il venait de faire monter en elle prendre le dessus sur la personne qu’elle était seulement quelques minutes plus tôt. L’improbablement douce Eden avait laissé place à l’habituelle ogresse vengeresse qui était son vrai caractère.


Tu veux un sort ? Je t’en donnerai moi un sort !

Lapilis lapidere !


Le sort rocailleux s’abattit juste à côté de Calintz, à l’endroit précis qu’Eden avait visé. Elle ne voulait pas lui faire du mal, juste qu’il comprenne que ce n’était pas parce qu’elle n’était pas l’Eden sadique lorsqu’elle était avec lui que sa nature avait changé. Il l’avait offensé en parlant ainsi. Il semblait à Eden qu’il avait cru que par la nature de leur relation elle ne ferai rien contre lui, mais ces simples mots n’avaient fait que la provoquer un peu plus. Elle s’approcha lentement de Calintz, le regard défiant, prête à riposter à toute attaque. Il avait voulu ce qui lui arrivait.

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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Lun 21 Avr - 16:45

Douleur… Un mot qu’il ne connaissait pas. Un mot qui n’avait jamais fait que l’effleurer. Un mot qui désormais manquait de le submerger. Un mot qu’il ne savait contrôler. Un mot dont il comprenait désormais l’entière saveur. Le sort partit d’Eden. Vint exploser à ses pieds. Et sous la nuit étoilée, Calintz ferma les yeux. Car ils brûlaient.

Le silence suivant le coup enveloppa les deux Serpentards, silence assourdissait aux oreilles de Calintz qui mourrait d’une seule envie. Hurler. Crier sa détresse. Sa colère. Son orgueil froissé. Mais surtout son amour pour Eden… Et une fois de plus il serra les poings dans un geste d’ultime défense…

Le sort violent qui avait jailli de la baguette de son Eden était venu frapper ses pieds. Et Calintz n’avait su que garder le silence. Car si ses propres paroles n’avaient été que bravades, Eden lui avait donné une preuve de plus qu’elle avait joué avec lui. Elle n’hésiterait pas à s’en prendre à lui. Alors que lui-même savait qu’il en était incapable… En plus de ce sentiment de trahison qui le révoltait au plus profond de lui-même, une sorte d’angoisse sourde l’envahissait, se distillant dans son sang sombre, marqueur infaillible de sa faiblesse. Il n’était pas maître du jeu. Pour la première fois de sa vie, il ne contrôlait pas. Non, il n’avait jamais contrôlé avec Eden. Mais il avait cru qu’elle non plus…

Il ne releva les yeux que quand elle s’approcha de lui, un regard dur et un sourire froid sur les lèvres. Attitude opposée de celle qui était normalement sienne en sa présence. Attitude qu’elle se réservait lorsqu’elle agissait avec le Trium. Attitude qu’elle embrassait quand elle était le chasseur. Et Calintz hésitait toujours. Mais Eden en décida autrement. Elle le fit basculer de l’autre côté. Elle libéra son côté mauvais. Elle le poussa dans ses retranchements, le força à devenir une simple bête, à se comporter comme tout homme simple. A agir comme un Serpentard. Et elle permis ce changement grâce à un unique mot.


Content ?

Et la déferlante eut lieu. Calintz Ximenes réapparu écharpant l’amant en lui comme une écharpe de brume au lever du jour. Face à face, sous la majestueuse sphère argentée, deux Serpentards se toisaient, déchirés par leurs sentiments, agissant comme deux parfaits ennemis. Eden Twinings. Calintz Ximenes. Un seul reflet dans deux corps. Et un gouffre entre eux. Calintz bascula alors devant les yeux froids d’Eden et laissa la haine l’envahir, le posséder, guider ses pas et ses mots. Droit et fier, les yeux étincelants, le serpent fit glisser sa baguette à son tour dans sa main, lentement, laissant à Eden le loisir de l’observer, de mesurer les conséquences de son acte. Et la douleur, mêlée de haine, guidant ses gestes, Calintz se plaça en position d’attaque.

Attaque ! Détruis ! Déchire ! Ne la laisse pas vaincre ! Elle a déjà gagné… Non ! Ne renonce pas ! Détruis en elle ce qu’elle t’a volé ! Brûle ce sentiment pathétique qui t’anime face à elle ! Mais… Je ne peux pas lui faire du mal… Je ne veux pas… Calintz comment peux-tu encore prétendre détenir la vérité quand tu es aussi dépendant d’une femme ! Tu as échoué, tu t’es trompé ! Elle a joué avec toi ! Non ! Je ne veux pas y croire… Elle ne peut… C’est une Serpentard ! Elle a seulement été plus maligne que toi ! Elle t’a trompé Calintz…

Et la haine l’emporta… Et la colère dévasta son âme, emportant avec elle toute trace de désespoir… Et les yeux de Calintz se teintèrent de noir, ses muscles se tendirent tirant le tissu de ses vêtements, et les mots jaillirent de sa bouche crachant un venin artificiel mais au combien douloureux…

C’est moi qui dois être content ? Tu penses donc que tout ceci n’était un jeu Eden ? Je me suis donc réellement trompé à ce point sur ton compte ? Comment as-tu pu me faire ça Eden ? COMMENT AS-TU PU ?!

Sa tirade avait fini en un cri. De colère. Mais où le désespoir perçait profondément. Fouillant dans sa mémoire un sort qui ferrait plus de peur que de mal, Calintz se mit à murmurer. A son tour de lui montrer qu’il était un Serpentard…

Tectonic…

Le sol se mit à trembler sourdement sous leurs pieds, les éclats de roche jaillissant dans un parfait ensemble et un grondement montait. Terrifiant. A l’image de Calintz. Projetant Eden au sol. Blessant par la même Calintz lorsqu’il vit son amante par terre. Il ne voulait pas faire ça… Il ne voulait pas lui faire ça…
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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Lun 21 Avr - 19:33

Il semblait ne pas se rendre compte. Calintz semblait être totalement indifférent à la propre souffrance d’Eden. Croyait-il être le seul blessé dans l’histoire ? Pensait-il qu’elle n’avait pas du faire taire la petite voix intérieure qui lui disait que c’était sa faute, que c’était ridicule, qu’elle n’avait pas à l’attaquer de la sorte ? Elle aussi eut un pieux qui s’enfonça dans la cœur lorsqu’il lui parla. Ses mots étaient si différent de ceux qu’il employait habituellement. Il était dans une rage qu’elle n’avait jamais soupçonné pouvoir habiter le jeune homme. Lui qui d’habitude n’était qu’aisance et calme avait les yeux qui brûlaient du feu de la colère. Et si seulement ce n’était que de la colère… Il semblait à Eden que la haine aussi s’était emparée de son esprit et de son cœur. Comment pouvait-il ?

Il ose… Il ose… Il ose ! Comment peut-il te parler comme ça après tous les mots doux, toutes les caresses ? La simple provocation aurait-elle suffit à faire surgir en lui un être tout autre ? Un être de haine et de force ? Un être prêt à te faire du mal ?

Un court instant Eden ferma les yeux. Elle revoyait le début de la nuit. Leur étreinte au clair de lune dans la Salle Commune. La main de Calintz dans son cou, son dos, sur sa joue. La chaleur de leurs peaux l’une contre l’autre. La douceur de sa voix à son oreille. Elle se revoyait mettant une main dans ses cheveux ébouriffés pour le réveiller. Poser ses lèvres sur la joue. Tout cela n’avait-il était qu’un leurre ?

La jeune fille commençait à douter de tout. Le doute, ce sentiment si étrange, si désagréable qu’elle n’avait jamais connu auparavant. Elle avait envie de faire mal à Calintz pour le simple fait d’avoir éveillé en elle cette sensation qu’elle n’avait jamais désiré. Elle plongea ses yeux froids dans ceux de Calintz et chercha à y trouver un vestige de ce qui les avait poussés à se rejoindre sous la lumière halée du clair de lune. Elle chercha en vain. Si amour il y avait eu, si passion avait été le maître mot de leur relation, il n’en restait rien dans les yeux du jeune homme. Le cœur d’Eden en prit un coup avant de se souvenir des dures paroles qu’il venait de prononcer. Si elle l’avait blessé comme elle le croyait, il n’en avait pas fait moins pour elle.


ARRETE DE CRIER ! Tu crois vraiment que ce n’étais qu’un jeu ? Tu crois que je suis assez bonne actrice pour mentir ainsi ? Tu me déçoit beaucoup mon cher Calintz. Je n’arrive pas à croire que tu ne sois pas capable de te rendre compte de ma sincérité.

Eden avait vu Calintz faire lentement glisser sa baguette entre ses doigts mais ne l’avait pas pensé capable de jeter le moindre sort. Sa colère l’avait sûrement mené au plus loin qu’il pouvait aller. Il ne lui ferai pas de mal, pas comme elle pouvait le faire. C’était dans leur nature respective d’être opposés, même s’ils partageait un lien.

Oui, partagions… Lien infime, beaucoup trop léger semble-t-il pour les ravages de notre temps, de la jalousie. Sommes-nous seulement responsables dans cette histoire ? Si… Il a…

Calintz avait pointé sa baguette et le sort avait touché. Le sol sous leurs pieds se mit à gronder et trembler, écho du désarroi et de l’instabilité de la surface. Les secousses projetèrent Eden à terre. Elle n’eut que le temps de tendre un bras devant elle pour amortir là chute. La jeune fille sentit des larmes de rage monter à ses yeux. Les deux icebergs qui lui servaient d’yeux étaient entrain de fondre en de fines coulées transparentes, perlant le long du chemin entre ses paupières et son menton, d’où elles tombaient en grosses gouttes sur son pull.

Elle resta à terre quelques instants qui lui semblèrent durer des heures. Qu’attendait-elle ? Un signe de la part de Calintz ? Une main tendue ? Une excuse ? Oh non, rien de tout cela car maintenant elle doutait beaucoup trop de Calintz pour le laisser s’approcher de toute façon. Elle voulait être sûre qu’elle n’avait pas rêvé, que tout cela était vraiment entrain de se passer. Du revers de la manche elle essuya les larmes qui troublaient sa vision et se releva. Cette fois-ci elle ne pouvait ignorer la réaction de Calintz. C’en était finit. Finit à jamais de leur couple. Si couple il y avait jamais eu, car de cela aussi elle doutait. Il l’accusait de l’avoir manipulé, mais elle aussi pouvait dire de même. Qu’est-ce qui lui disait qu’il n’avait pas joué du sentiment qu’il produisait en elle ? Certes il ne savait pas le pouvoir qu’il avait réellement sur elle, il ne savait pas qu’avec lui elle était non seulement quelqu’un de tendre, mais aussi quelqu’un qui pourrai renier sa famille (ce qui était déjà fait à vrai dire !) et sa nature pour le simple fait d’être près de lui.

Non Eden ! Pas de romantisme. Pas de cœur. Certainement pas d’amour. Regarde ce qu’il t’a fait. Il ne mérite pas tout ce que tu avais à lui donner. Il doit payer pour tout. Il payera pour tout ce qu’il a engendré !

Eden avait marché en direction de Calintz. Ses cheveux étaient un étendard élevé face à la lumière pâle de la lune. Sa joue était barrée d’un léger trait de sang, souvenir de la chute qu’elle venait de faire. Son pas était assuré bien que difficile à soutenir face au regard de Calintz. Seules ses lèvres tremblaient et ses yeux continuaient à perler. Allait-elle réussir à arrêter de se rendre ridicule ainsi ? Elle pointa sa baguette devant elle. Cette fois-ci le geste n’était pas vague, mais bien destiné à Calintz. Un mètre seulement les séparait. Un tout petit mètre mais qui paraissait être un gouffre sans fond pour Eden. Elle ravala avec rage les larmes qui commençaient à s’emparer de sa gorge et fixa Calintz.

Jette ce sort ! Jette ce fichu sort Eden ! Un simple petit coupia et il comprendra son erreur. Erreur fatale…

Seulement le sort semblait ne pas vouloir traverser les lèvres tremblantes de la jeune fille. Avec beaucoup de difficulté elle dit les pires mots qui avaient traversés ses lèvres depuis plusieurs mois. Dans un souffle elle allait détruire pour de bon ce qui restait de plusieurs semaines idylliques avec Calintz. Elle ne voulait pas. Elle ne pouvait pas. Son cœur n’était plus que lambeaux. Et pourtant…


Je… Je te déteste Calintz…

Fallait-il en dire plus?
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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Mar 22 Avr - 0:44

Il avait failli. Il avait cédé. Calintz ne parvenait à détacher ses yeux de la femme échouée par terre à ses pieds. Calintz ne parvenait pas à quitter le corps de celle qui avait été son amante. Il avait frappé. Indirectement, il avait agressé de sa main Eden. Il l’avait blessé à la fois moralement et physiquement. Sa main droite se mit alors à trembler violemment, comme refusant une réalité trop dure à supporter et sa baguette roula. S’échappant de la poigne de son maître. Venant frapper le sol dans un petit bruit sourd. Unique signe de son forfait.

Eden releva alors le visage. Jetant un regard de glace sur Calintz. Avant de se relever avec violence et de mener ses pas droit sur Calintz. Un rayon de lune vint frapper obliquement son visage pâle et le jeune serpent cru mourir. Du sang. Il avait versé le sang de celle qu’il aimait. Car il ne pouvait plus se le cacher désormais. Ce sentiment de jalousie qui le déchirait, ce sentiment de manque qui ne faisait plus qu’un avec son âme, ce sentiment de culpabilité qui le rongeait désormais… Ce n’étaient que symptômes évidents d’un mal qu’il avait sans cesse dénigré. Lui, l’impassible Serpentard au cœur de glace, cédait bel et bien aujourd’hui, se laissait aller à la faiblesse de l’amour. Cette terrible prise de conscience acheva de le déstabiliser. Sa colère s’envola alors, fuyant par les multiples blessures de son cœur, ne pouvant plus garder prise sur ce sentiment si pur et si douloureux. Jamais Calintz n’aurait cru qu’aimer pouvait être si dur, jamais il n’avait conçu ça comme une force… plutôt que comme une faiblesse.

Eden n’était plus qu’à quelques centimètres de lui maintenant. Il pouvait détailler le moindre des traits, il pouvait sentir son parfum délicat, il pouvait voir la terre maculer ses vêtements, il pouvait presque toucher cette perle rouge qui coulait sur sa joue. Calintz n’en pouvait plus… Il ne savait plus quoi faire. Il tournait en rond dans sa tête, au fond de lui-même… Il voulait hurler… Il voulait disparaître… Il voulait tuer ce sentiment de gratitude qui l’envahissait, ce besoin qui le rongeait… Il voulait tout lâcher… Il voulait mourir…

La baguette d’Eden se releva. Pointée sur sa poitrine. Dans un geste sans équivoque. Le prochain sort serait pour lui. Sa propre baguette toujours au sol, il ferma les yeux, une envie insoutenable de laisser couler ses larmes. Mais il ne pouvait pas. Car il ne savait pas… Il ne savait pas pleurer. Jamais les larmes n’avaient franchi la barrière de ses paupières. C’était… impossible…

Alors il renonça. Il savait pertinemment qu’il ne ferait pas mal à cette femme. Elle avait su le captiver, elle l’avait prise dans ses filets, elle lui avait montré le monde… Alors qu’il l’avait touchée, alors qu’il l’avait embrassée, alors qu’il l’avait admiré, comment pourrait-il faire une nouvelle fois couler son sang ? Comment pourrait-il se permettre de lui faire du mal ? Il ne le pouvait tout simplement pas…

Souvent, les relations qui démarrent dans l’intensité sont les premières à s’estomper…

Calintz ouvrit alors les yeux. Pour faire face à Eden. Prêt à subir ce qu’elle lui avait réservé. Enfin prêt à assumer son amour. Mais tout ce qu’il trouva fut une femme éperdue, les lèvres tremblantes, incapable de prononcer la moindre sentence. Et des larmes dans les yeux… Le cœur de Calintz sembla à nouveau manquer une marche. Et il comprit. Comprit qu’elle n’avait pas menti. Comprit que leurs égoïsmes respectifs les avaient menés à leur perte. Comprit que tout ceci n’était qu’erreur. Comment avait-il pu être aussi bête ? Son regard désespéré plongé dans celui trouble d’Eden, il s’ouvrit à elle, lui laissant le libre champ dans ses sentiments.


Je… Je te déteste Calintz…

Ce fut ces mots murmurés, ces mots qui en réalité avaient un sens tout autre qui provoquèrent le changement. D’un geste non calculé, Calintz se lança en avant, aucune autre pensée en tête que de vouloir tenir une dernière fois Eden contre lui. A peines quelques secondes plus tard, ils se trouvaient enlacés, comme si jamais rien ne s’était passé. Calintz revivait. Son amante serrée contre sa poitrine, sentant la chaleur à travers leurs vêtements, elle ne le repoussa pas. Car elle ne le voulait pas. Le jeune serpent releva alors le visage de la blonde d’une main douce, rivant ses yeux clairs sur lui. D’un geste tendre, il essuya le sang qu’il n’aurait jamais du faire couler et, embrassant Eden juste à cet endroit, il lui murmura alors à l’oreille…

Mais… c’est que moi je t’aime…

Tout était dit… Unique mot qu’il n’aurait jamais cru prononcer… Unique mot qui valait plus que toutes les excuses du monde… Unique mot que désormais il assumait…
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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Mar 22 Avr - 13:19

Elle était à nouveau dans les bras de Calintz. Seulement dans le creux de ses bras pouvait-elle imaginer un futur. Seulement là pouvait-elle accepter de n’être ni toute blanche ni toue noire. Pensée qui aurait du être tout à fait risible pour la jeune fille car il avait été écrit dans ses gênes et de tout temps qu’elle était une créature diabolique, prête à tout pour arriver à ses fins, ne reculant devant aucun obstacle pour avoir ce qu’elle voulait. Une choses était sûre, elle n’avait jamais été toute blanche. Ni même un petit peu. Dame Nature ne semblait pas l’avoir doté de cette facette de la personnalité humaine. Du moins jusque là… Car oui, lorsqu’elle était avec Calintz la limite entre le bien et le mal se faisait floue, comme inexistante. Comme si ses actions, bonnes ou mauvaises, n’avaient pas d’importance, n’influaient en rien sur le reste de sa vie.

Calintz avait déchiré son corps et brisé son cœur. Il avait fait couler ses larmes glacés ainsi que son sang. Il avait été le pire ennemi qu’elle puisse rencontrer car il était aussi son plus doux ami. Eden n’avait pas envie de le pardonner, ni de l’excuser. Elle ne voulait ni l’abandonner ni le haïr. Tout ce qu’elle voulait était simplement l’aimer. Oui, l’aimer. Comme dans un conte de fées, comme dans une histoire de princesse, comme s’ils n’étaient pas deux serpents, comme s’ils n’avaient pas d’autre futur que le leur, comme si leur ambition n’avait aucune importance, comme si personne d’autre ne comptait qu’eux. La Terre pouvait s’arrêter de tourner, pire, exploser, qu’elle ne s’en soucierait guère.

Elle venait de se rendre compte qu’elle aimait un être autre qu’elle-même. Cela était déjà en soit quelque chose d’absolument extraordinaire. Bien sûr il lui avait semblé aimer Sacha, mais ce n’était pas pareil. Elle l’avait aimé à sa manière, se servant de lui, l’utilisant contre sa mère, mais s’y attachant tout de même un peu. Oui, là étaient les termes justes. Elle s’était déjà attachée, une fois, à un homme, mais les choses n’avaient jamais été plus loin côté sentimental. Là, tout était différent. Calintz avait réussi à créer en elle une dépendance, un besoin incessant de le voir, de le savoir près d’elle. Si elle ne pouvait le toucher, le sentir, il fallait au moins qu’elle le voit, même si ce n’était que du coin des yeux. Elle aimait Calintz…

Tu aimes… Non ! Non ce n’est pas possible… Cette sensation étrange ne peut pas être de l’amour… Tu détestes Calintz… Souviens-toi ce qu’il vient de te faire…

Elle aurai voulu repousser l’étreinte qu’il avait brusquement jeté sur elle, la serrant contre son cœur à lui. Elle aurait voulu lui cracher à la figure tous ces mots affreux qu’elle aurai pu dire un million de fois à n’importe qui d’autre mais pas à lui. Elle ne tenta même pas de le repousser car en fin de compte, malgré tout, elle n’en avait pas envie. Et cela ne venait pas du simple fait qu’elle l’aimait, mais aussi parce qu’il faisait partie de sa vie à présent. Il était un pilier qui soutenait le dôme de son futur et sans lui celui-ci n’aurai pas lien d’être et s’écroulerait. Il avait prit son visage dans ses mains et avait essuyé la goutte de sang qui maculait l’infime coupure qui barrait à présent sa pommette. Posant un baiser à cet endroit précis il lui murmura des mots qu’elle n’avait jamais pensé entendre. Pas venant de lui, pas destinés à elle. Etait-ce possible ? Il l’aimait donc…

Il… Il a dit…

Là, Eden, la grande, la fière, la féroce Eden laissa un flot de larmes passer le rideau de ses cils et elle plongea son regard triste dans celui de Calintz. Elle réprimât un sanglot qui n’aurai du être sien et dit, une pointe de colère mais aussi de résignation dans la voix :


Tu vois Calintz, c’est tout toi ça... Tu tournes les choses d’une telle façon qu’il m’est impossible de te détester. Et crois-moi, je te déteste. Je te déteste vraiment…

Ses mots n’étaient pas siens, comme ils n’étaient pas vraiment sa pensée. Ils reflétaient ce qu’elle aurai voulu. Car oui, Eden aurai préféré haïr Calintz. L’aimer était un sentiment trop pur, trop dur pour elle. Mais tellement doux…

Moi aussi… Je t’aime…

Les larmes qui continuaient à couler sur les joues pâles de la jeune fille, laissant de longues traînées luisantes, seuls reflets du combat qui avait eu lieu à cet endroit peu avant. Eden leva son regard brillant vers Calintz, se laissant faire. La carapace de glace avait fondue. A jamais ? L’avenir seul pouvait le dire…
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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Mer 23 Avr - 15:21

« L’amour n’est qu’un feu à transmettre… Le feu n’est qu’un amour à surprendre… »

Une phrase que Calintz avait lu bien des années plutôt, lorsqu’il s’intéressait à la psychanalyse moldue. Une phrase qui aujourd’hui jaillissait de nouveau sous un angle différent. Une phrase qu’il avait lu distraitement et que seulement maintenant il comprenait. L’amour qui l’animait pour Eden était aussi dévastateur qu’un brasier, son amour, sentiment incorruptible était aussi pur et impalpable qu’un feu purificateur. Son amour le brûlait, son amour le consumait. Mais son amour il le partageait avec Eden…

Sentir de nouveau Eden dans ses bras le transfigurait. Savoir qu’il pourrait encore effleurer cette peau si douce, ces lèvres si délicates, ces cheveux de soie dorée, savoir qu’il n’aurait pas à la quitter le rendait profondément heureux. Tout simplement. Il caressa une fois de plus les cheveux soyeux de sa douce et tenta de réprimer les sanglots qui montaient en Eden. L’entendre pleurer lui déchirait le ventre, chaque tressaillement du corps fin qu’il tenait entre ses mains le faisait hurler intérieurement. Les larmes de son aimée étaient une arme tellement plus grande et plus forte que sa colère. Il pouvait faire face à une Eden violente et mauvaise, il pouvait lui tenir tête, il était lui aussi un serpent, mais jamais au grand jamais il ne pouvait résister dans sa froideur face à une femme éperdue. Elle releva les yeux quand il l’embrassa doucement, puis tentant de masquer sa douleur par de la colère prononça quelques mots dans un souffle…


Tu vois Calintz, c’est tout toi ça... Tu tournes les choses d’une telle façon qu’il m’est impossible de te détester. Et crois-moi, je te déteste. Je te déteste vraiment…

Calintz sourit. Ses lèvres fines se relevèrent dans un sourire merveilleux, un sourire qui signifiait tant. Une esquisse des lèvres qui symbolisait son amour pour un Eden, qui laissait passer une douceur si inhabituelle chez lui. La dureté de ses traits sembla s’estomper un instant et pour la première fois il eut l’air tranquille. Les mots, pourquoi acres, de la jeune fille dévoilaient son amour, même lorsqu’elle affirmait le détester il ne pouvait que voir l’affection qu’elle lui portait. Délicatement, il prit la place de l’homme fort et doux qu’elle lui assignait implicitement et il la laissa se blottir contre sa poitrine. Le nez dans ses cheveux, il garda le silence, tentant d’apaiser les larmes qui continuaient de rouler sur ses vêtements. Puis elle parla de nouveau. Cédant à son tour. Lui offrant le plus beau cadeau qu’elle pouvait lui faire…

Moi aussi… Je t’aime…

Elle avait relevé le visage. Lui avait clamé son amour. Avait laissé les larmes marquer son beau visage. Elle s’était offerte à lui corps et âme. D’une main légèrement tremblante, il dessina les traits tendus du visage d’Eden, la regardant comme si c’était la première fois. Puis du bout des doigts il essuya les larmes nacrées qui lui faisaient tant de mal. Et sous la lumière argentée de la lune, impassible depuis le début, il laissa sa voix le porter bien plus loin que les mots..

Tu sais Eden, j’ai souvent lu des écrits qui parlaient d’amour. Jamais je ne les aie compris. Et aujourd’hui une phrase me revient… Une phrase de Roy Croft… « Je t’aime non seulement pour ce que tu es, mais aussi pour ce que je suis quand nous sommes ensemble »… Un grand homme ce Croft…Je ne pensais pas qu’il était possible d’avoir des mots si justes… Mais pourtant c’est exactement ça…

Il se tut alors laissant le silence de la nuit faire de nouveau surface. Exprimer ses sentiments était quelque chose qu’il n’avait jamais fait auparavant. A vrai dire il avait toujours cru ne pas éprouver d’émotion. Il avait toujours été convaincu que les sentiments étaient encore une tare de l’espèce humaine, une incroyable faiblesse. Et maintenant, grâce à cette femme, il se rendait compte qu’il n’en était rien… Bien au contraire…

Il libéra Eden doucement de son étreinte puis attrapa sa main. D’un pas tranquille, sans le moindre mot, il l’invita à le suivre. Ensemble, de nouveau unis, ils se dirigèrent vers le lac éclatant de Poudlard, étincelant sous la lumière tamisée de la lune. Lorsqu’ils ne furent à peine à quelques centimètres de l’eau, Calintz s’assit par terre, invitant Eden à faire de même, puis retira ses chaussures et son pull. Se dévoilant à la lune. Plongeant une main distraite dans l’eau transparente du lac, il se laissa à tomber en arrière. Allongé dans l’herbe, Eden à ses cotés, le regard perdu dans les étoiles, il vint attraper la main douce de la jeune fille, cherchant le moindre contact. Puis il attendit. Leur relation qui était née de passion et de pulsion s’était transformée en quelque chose de tendre et profond… Quelque chose qui durerait… C’est pourquoi Calintz se tut et attendit qu’Eden parle... Ils avaient des choses à se dire… Et toute la nuit pour cela…
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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Sam 26 Avr - 21:48

Elle tremblait à présent. Les vêtements qu’elle portait n’étaient pas assez chauds pour la protéger des assauts du froid. Etait-ce vraiment le froid qui la faisait trembler ou simplement le trop plein de sentiments soudains qu’elle venait d’extérioriser par quelques mots. Quelques mots qui avaient pourtant tellement d’impact. Ces mots qu’elle ne pensait jamais dire. Mots d’un autre temps, d’une autre personnalité, d’une autre Eden. Jamais elle n’aurai pensé conjuguer ce verbe à la première personne du singulier. Qu’avait-il fait d’elle ? Comment pouvait-il avoir autant de pouvoir sur elle ? Il la serrait contre lui, tentant de calmer les assauts qui frappaient la jeune fille de l’intérieur mais ceux-ci ne semblaient pas vouloir cesser. Elle avait eut tellement peur. Oh non, pas peur du sort qui l’avait projeté à terre, elle avait vu pire. Non, elle avait eu peur de le perdre lui, jeune homme si différent des autres, si semblable, si proche et si distant d’elle à la fois. Elle l’aimait simplement, entièrement. Dans ses yeux elle n’était pas vile et emportée, pas sadique et froide. Il lui semblait que lorsqu’il la regardait rien autour d’eux n’existait plus, ils étaient le centre du monde et le monde autour. Ils étaient les étoiles, le ciel, la galaxie. Ils étaient tout et si peu à la fois.

Calintz prit son visage mouillé dans ses grandes mains et essuya d’une main tremblante les larmes qui perlaient au coin de ses yeux. Là encore il était doux, tellement doux. Le cœur d’Eden avait été déchiré et recousu en l’espace de quelques minutes. Ces simples gestes que Calintz venait de faire en silence avaient suffit à faire cesser les larmes. Plus que ses paroles, ils étaient la preuve qu’il ne mentait pas. Elle aurait pu rester appuyée ainsi contre lui toute la vie. Leurs yeux clairs unis, leurs mains jointes, ils se fixaient. Calintz prit la parole. Il dit des choses qui firent trembler Eden d’un feu intérieur incessant. Tout cela était bien trop romantique et pourtant… Elle aurait voulu parler, trouver quelques mots justes pour lui répondre, mais peut-être qu’à cet instant précis le silence était encore ce qu’il y avait de plus précieux. La jeune fille laissa échapper un petit souffle. Moyen d’évacuer les tensions ou simple soupir de soulagement, peu importait. Il l’avait libéré et elle allait enfin pouvoir respirer à pleins poumons.

Elle sentit la main de Calintz chercher la sienne et ainsi joints ils partirent en direction du lac. Immense tapis de diamants étincelants sous la douce lumière de la lune. La beauté blonde se laissa faire par celui qui aurait pu lui demander n’importe quoi. Lentement, presque à pas feutrés, ils glissaient sur la pelouse où commencer à perler une fine rosée bien qu’il ne fut encore temps pour l’astre solaire de faire son apparition quotidienne. Eden sentait le vent battre dans ses cheveux, passer sous sa jupe, refroidir son visage où tant de larmes avaient coulées. Elle le laissa la guider jusqu’au bord du lac puis s’assied à ses côtés. La jeune fille le regarda ôter ses chaussures et son pull d’un air interrogateur, se demandant s’il n’allait pas avoir la folle idée de faire un petit saut dans le lac. Heureusement pour elle, comme pour lui d’ailleurs, car bien qu’il ne fasse pas froid il aurai pu attraper froid, il se contenta de les poser à côté de lui. Il s’allongea, la tirant contre lui. Nul n’avait prononcé de paroles depuis les déclarations de Calintz sur l’amour cependant, le silence, seul témoin de leur rendez-vous nocturne, laissait Eden troublée.

Parle Eden ! Dis quelque chose. Tu sais parfaitement que vous êtes capables de rester des heures, peut-être même des jours sans parler, à observer les étoiles, à écouter la respiration de l’autre, mais il te faut dire quelque chose.


Elle sentit Calintz chercher une fois de plus sa main. Elle écarta les doigts, le laissant glisser les siens dans les interstices, serrant forts leurs paumes. Comment pouvait-il la réchauffer par ce simple contact ? L’amour sûrement. Sentiment nouveau et beau mais à la fois tellement effrayant. Elle posa sa tête contre l’épaule de Calintz et se décida enfin à briser la sphère de silence et de paix qui les entourait après la tempête qui avait eu lieu plus tôt. Doucement, sa voix grave et quelque peu tremblante s’éleva sous les étoiles, perçant la nuit.

Calintz… Je… Je ne veux pas avoir de secret pour toi. Je ne veux pas que tu te demande ce que je pense ou ce dont j’ai envie. Je ne veux pas quand tu me prends dans tes bras tu penses à l’autre Eden. Je veux simplement être moi avec toi. Moi à part entière mais en étant tellement plus que je le suis en dehors. Je sais que mes paroles n’ont peut-être pas l’air d’être cohérentes et j’en suis désolée. Il faut que je te dise quelque chose Calintz…

Là, Eden tourna la tête vers le jeune homme contre qui elle reposait, plongeant ses yeux froids dans les siens. Sa main glissa sur le torse du Serpentard alors qu’elle inspirait avant de reprendre :

Tu sais, je suis une vilaine, méchante, pédante, arrogante, sang pure, prétentieuse, audacieuse, calculatrice, perverse, sadique fille. J’ai fais des choses très peu recommandables par le passé, et j’en ferai sûrement beaucoup d’autres. Je suis pleine d’ambition et j’arriverai à mes fins, d’un moyen ou d’un autre. Ce que je désire juste, c’est que… tu sois toujours là. Que tu me prennes toujours dans tes bras comme maintenant, que tu me regarde toujours comme tu l’as fait ce soir, que mes gestes ne soient pas des armes que tu pourrai utiliser contre moi un jour… Pour que ça n’arrive pas, jamais, je veux être honnête avec toi. Si tu as des questions sur mon passé pose les maintenant, ou alors la page sera tournée et je n’aborderai pas ce sujet avec toi.

Ses sourcils s’étaient légèrement froncés pendant qu’elle disait sa tirade. Elle ne s’était jamais mise à nue de cette manière. Jamais elle n’avait laissé quiconque la voir sans sa carapace. Il aurai été tellement facile pour Calintz de l’achever à ce moment s’il l’avait voulu. Mais elle savait qu’il n’en ferai rien. Quoi qu’il choisisse, qu’il l’accepte ainsi sans rien demander, ou qu’il veuille savoir ce qu’elle avait fait, elle sentait qu’il ne la renierait pas. Elle retenait son souffle, attendant une réponse…
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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Mar 29 Avr - 19:09

Vivre avec elle. Tout simplement. Entrevoir un futur possible dans ses bras. Se laisser porte par le son de sa voix. Regarder dans le même sens qu’elle. Parcourir son corps comme on parcourrait le monde. Respirer son souffle. La suivre. Maintenant. Demain. Toujours.

Calintz caressait les cheveux d’or d’Eden, le regard plongé dans les étoiles, laissant glisser sa main le long du visage fin de la jeune femme. Rien qu’au toucher, il savait avec précision retrouver le moindre des détails de son visage. Et même de son corps tout entier. Lui seul pouvait avoir la prétention d’affirmer la connaître. Tout comme elle seule pouvait le dire à son propos. Le jeune serpent savourait cet instant à sa juste valeur. Le calme après la tempête. La tendresse après la violence. Ils étaient allés loin. Bien plus loin qu’il ne l’aurait jamais voulu. Mais elle l’avait blessée. Profondément. Il avait réagit par pulsions, tentant tout d’abord de contrôler, puis laissant parler en lui la méchanceté. Et maintenant il s’en voulait. Bien que calme d’apparence, bien que sur de lui de façade, il tournait en rond en lui-même. Jamais il n’aurait cru avoir un tel fond de méchanceté. Jamais il n’aurait non plus cru que cela jaillirait sur celle qu’il aimait. Jamais il n’aurait envisagé aimer…

Les yeux perdus dans les étoiles, cherchant une réponse à cette question non formulé, fouillant parmi les multiples possibilités, il mourrait. Il mourrait d’attente. Il mourrait d’envie. Il mourrait de honte. Il mourrait de peur. Il mourrait d’amour. Et c’était désagréable. Seul le corps chaud d’Eden contre lui l’ancrait au sol. Seule sa présence le guidait vers un ici ou il pourrait construire un avenir. Eden ne s’en doutait pas mais son trouble allait bien plus loin qu’une simple révélation sur l’amour. En cette nuit de printemps, il avait découvert ce qu’était le manque, ce qu’était la honte, ce qu’était la haine, ce qu’était l’amour. Il avait appris qu’il s’était trompé depuis le départ. Il avait toujours cru qu’il savait. Il pensait qu’il était supérieur aux autres, il était persuadé que lui seul connaissait la vérité. Pour lui, il ne possédait pas cette faiblesse que procuraient les sentiments. Il n’avait jamais pensé éprouver lui de la haine ou de la tendresse. Bien sur il n’avait jamais été insensible mais jamais il n’avait ressenti plus qu’un léger frémissement. Même s’il était profondément heureux, il était détruit. En ruine. Avec comme seule base, Eden. Il lui faudrait du temps pour comprendre. Et recommencer.

Puis sa voix s’éleva enfin, tel un murmure dans le silence de la nuit. Parlant d’elle. S’ouvrant entièrement à lui. Eden parlait enfin, lassant s’échapper les mots, ne les contrôlant plus, lui offrant la possibilité d’en savoir plus sur elle. Ou de se taire à jamais. Choix difficile. Et Calintz n’hésita pas une seconde. Il savait ce qu’elle attendait. Il savait ce que lui voulait. Retenant la main que la jeune fille avait posée sur torse, il prit à son tour la parole, pesant soigneusement chacun de ses mots.


Mon choix est simple Eden. Il est si évident que tu n’aurais même pas du poser la question. Je t’aime et te désire tu le sais. Et c’est pour ce que tu es que je te veux et non pas pour ce que tu étais. Ce que tu as fait dans le passé ne me concerne pas. Bien sur si tu veux en parler je t’écouterai, je te comprendrai, je te suivrai. Mais je ne te demanderai pas moi de m’en parler. Tu dis que tu n’aborderas plus le sujet avec moi. Je n’y crois pas. Un jour, lorsqu’il sera l’heure, tu me raconteras. Car tu ne pourras pas faire autrement. Mais pour le moment, ce n’est pas nécessaire.

Il se tut un instant, mordillant légèrement ses lèvres, pensant à son propre passé. Il se souvenait de ce jour où il avait quitté le manoir. Le jour où il avait failli apporter la mort avec lui. Il sentait encore la gorge froide de sa mère entre ses mains, sa respiration rauque, les cartilages sous ses doigts. Et son regard plein de pitié. Il sentait encore la haine pulser dans ses veines, le brûler, la peur dans les yeux de sa mère. Il se souvenait. Il revoyait le moment où il avait cédé, dégoûté, où il avait relâché prise, où il l’avait laissé s’écrouler à ses pieds. Et il s’était enfui, incapable de se supporter.

Eden, on est si différents toi et moi… Tu prends plaisir à faire du mal, j’y suis parfaitement indifférent, je vais même jusqu’à éprouver du dégoût. Tu peux être si vipère avec les autres, tu les persécutes, tu leur prouve ta force et ton hégémonie alors que moi je poursuis ma route sans sourciller, certain de ma supériorité. Je ne prouve rien à personne, j’apparais pour frapper au dernier moment avant de disparaître comme une écharpe de brume alors que toi tu harcèles pour mieux achever. Mais… mais ne va pas croire que je suis blanc… J’ai été si mauvais… Bien pire que tout ce que tu pourrais imaginer… C’était il y a longtemps… Dans une autre vie… Je te raconterais sûrement si tu le souhaites un jour… Et tu me verras d’une autre façon…

Le cœur de Calintz sembla se resserrer un instant, comme s’il voulait l’étouffer puis il put respirer enfin librement. On appelait ça un pincement au cœur… Les mains toujours parcourant les cheveux d’Eden, il ne la regardait plus, puisant la force dont il avait besoin dans les étoiles. Et la lune. Il fallait qu’il parle. Maintenant.

Je n’aurais plus de secret pour toi Eden, comme tu n’en auras pas pour moi. Je vois en toi bien plus que quiconque d’autre, je sais qui se cache derrière ton masque de froideur. Je t’aime et je l’assume désormais. Mais… il me faut savoir… pouvoir comprendre… Pour accepter l’inacceptable. Je le ferais pour toi. Pour nous.

Vivre avec elle. Tout simplement. Entrevoir un futur possible dans ses bras. Se laisser porte par le son de sa voix. Regarder dans le même sens qu’elle. Parcourir son corps comme on parcourrait le monde. Respirer son souffle. La suivre. Maintenant. Demain. Toujours.

Maintenant. Il le fallait. Ne pas se taire et laisser passer une fois de plus. Serrant la main d’Eden, comme de crainte qu’elle s’échappe, il prononça un mot. Unique. Effrayant.


Vastare.
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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Jeu 1 Mai - 19:43

Il avait réagit comme elle le souhaitait. Il n’avait pas voulu savoir. Pas maintenant, pas forcément plus tard. Il disait qu’elle le ferait un jour, d’elle-même, elle n’en doutait pas. Cependant il avait raison, ce n’était pas nécessaire d’en parler à cet instant. Sacha faisait parti du passé. Son passé certes, mais un passé qu’elle souhaitait oublier lorsqu’elle était avec lui. Comme il tenait sa main posée sur son torse elle frissonna. Comment avait-elle pu laisser Sacha la toucher comme Calintz le faisait ? Question idiote car la réponse était déjà formulée. Eden s’était toujours servie de son corps pour avoir ce qu’elle voulait. Il y avait eu Sacha, il y avait eu ce professeur aussi. Il y en avait eu tant. Elle n’était pas dégoûtée parce qu’elle avait fait, ce qu’elle ferait sûrement encore. Non, elle ne pouvait pas l’être car telle était sa nature. Ainsi elle avait été faite. Ses parents étaient en partis responsables pour cela mais pas seulement. Ils l’avaient doté d’un visage d’ange, d’un corps de déesse et d’un esprit de vipère, mais elle était devenue ainsi par rébellion, par désir aussi.

Eden voyait défiler sous ses yeux les nombreux hommes dont elle s’était servie. Ceux dont elle venait de parler sans les nommer. Ceux qui resteraient dans l’ombre de son passé jusqu’à ce qu’elle décide de leur ouvrir la porte pour les laisser s’échapper. La jeune fille regarda l’homme à qui elle ne voulait rien cacher et à qui en même temps elle devait le silence. Elle savait qu’il ne supporterait pas de tout savoir. Elle dit doucement tout en lui posant un léger baiser sur les lèvres :


J’ai fermé pleins de tiroirs dans mon cœur et j’ai perdu les clés. Un jour peut-être…

Calintz avait reprit la parole. Il disait des choses qui faisaient mal. Il les comparaient. Il disait à voix haute tout ce qu’elle pensait à voix basse. Leurs différences n’étaient que plus importantes que leurs points communs. Il le disait avec tellement d’objectivité qu’elle n’eut même pas envie de contester des paroles qu’elle savait vraies. Semblables ils l’étaient. Ils s’étaient trouvés. Ils avaient un lien que ni l’un ni l’autre n’avait jamais eu avec personne, cela n’était pas contestable. Pourtant ils étaient tellement différents. Opposés presque. Et là Calintz dit des mots qui choquèrent Eden. Elle ne pouvait pas croire qu’il ai pu faire le mal. Pas lui. Pas cet homme qui la regardait avec de tels yeux. Elle se raidit. Eden du se retenir pour ne pas enlever sa main de la poitrine du Serpentard. Elle voulait savoir. Elle voulait tout savoir. Il fallait qu’il lui parle de tout ce qu’il sous-entendait.

Eden… Eden ! Arrête ! Tu ne veux pas savoir. Comme lui, tu dois attendre. Pas de questions. Le passé c’est le passé. Il te prend telle que tu es, avec tout ce que tu as fait, sans questions. Fais de même. Les choses seront révélées en temps voulu. Patience…

Eden inspira longuement. Elle écoutait Calintz. Elle s’était calmée. Elle avait comprit que le futur leur montrerai la voie. Elle reposa sa tête sur son épaule. Le vent faisait danser quelques mèches de cheveux sur son front mais elle n’avait pas froid. La présence de Calintz, les émotions… La jeune fille se trouvait absolument ridicule. Elle avait des pensées d’adolescente pathétiquement amoureuse et n’était en rien la fière Serpentard qui savait manipuler les hommes. Malheureusement elle commençait à croire que les choses ne pouvaient pas être autrement. Elle aimait Calintz et avec lui elle était telle un nouveau-né prenant son premier souffle. A chaque fois elle découvrait des choses sur elle-même qu’elle n’avait jamais cru possible. Elle était perdue dans ses pensées, écoutant Calintz mais prêtant moins attention à ses paroles qu’elle n’aurai du le faire.

Tout à coup elle le sentit serrer sa main plus fort. Trop fort peut-être. Il s’était raidi. Il avait prononcé un mot, un seul. Un mot qui en lui-même portait tant de choses. Nom du diable à ses yeux sûrement. Eden aurait pu le taper pour avoir formulé ce nom qui les avait poussé à s’attaquer. A s’aimer aussi… Non, cela n’avait pas d’importance. Il voulait savoir. Savoir tout. Savoir pourquoi. Savoir comment. Son cœur se pinça. La jeune fille au visage angélique mais aux yeux si froids ne s’attendait pas à pareille question. Ses sourcils se froncèrent, son regard se durcit dans la nuit. Il ne le verrait pas, mais elle avait mal.

Comment peut-il douter ? Est-ce même du doute ? Non. Simple question. Je lui dois cette explication. Je lui dois bien ça après le silence qu’il a gardé. Le silence qu’il a du supporter.

Et elle le fit. Elle se lâcha. Elle laissa les mots l’emporter. Les émotions prendre le dessus sur le peu de pouvoir qu’elle avait encore sur son esprit. Ses lèvres formulèrent des phrases, des mots, des idées qui n’étaient pas siennes. Qu’elle pensait ne jamais dire. Elle n’aurait jamais pensé dire pareilles choses un jours et pourtant, elles étaient si vraies, si applicables à leur situation. Il fallait qu’elle lui prouve qu’il était le seul. L’unique dans son cœur. L’unique qui pouvait la voir, la sentir, la toucher. L’unique qui comptait au milieu de tous ces hommes. La nymphomane qu’elle avait toujours été disparaissait dès qu’elle le voyait. A travers une pièce, au détour d’un couloir ou alors seuls, comme à cet instant précis, l’un contre l’autre, il dominait. Il la poussait à être elle-même et en même temps à devenir quelqu’un de différent, quelqu’un qui serai peut-être plus sage, peut-être plus terrible. Elle voulait lui dire tout ce qu’elle ressentait et ceci sortit de sa bouche qui avait prit des couleurs plus vives, plus rouges encore, images de sa passion :


J’aurais aimé que le Ciel, en naissant, ne t’eût rien donné, que tu n’eus ni rang, ni naissance, ni bien, et que j’eusse la joie et la gloire, en ce jour, de te voir tenir tout des mains de mon amour. Vastare n’est qu’une pièce sur l’échiquier de ma vie. Il n’est rien qu’un pion alors que toi, tu es le roi. Nous sommes les noirs, les pièces maudites, les seules à vaincre sans doute, les plus fortes et les plus sombres. Il n’a aucun pouvoir, aucune chance, aucune place. Il n’est autre que le masque de papier qui nous protège à la vue des autres. Sans lui ces instants si précieux, si doux, que nous vivons ne seraient pas. Notre carnaval n’aurait pas lieu sans le masque qu’il est pour moi.

Un instant de pause. Une petite seconde de répit avant qu’elle ne continue. Elle s’était redressée. Sa main posée à plat sur le torse de Calintz lui donnait l’impression d’être en ébullition. Tout comme son cœur d’ailleurs. Chaque battement résonnait dans ses oreilles. Elle sentait le sang parcourir ses veines. Ses yeux s’étaient à nouveaux embués. Vilaine habitude qu’il faudrait qu’elle perde aussi vite qu’elle l’avait gagnée. Et elle reprit.

Les sacrifices que nous faisons ne sont pas simples. Ils sont durs, atroces, dangereux même. Mais ils sont nécessaires. Ils sont nécessaires pour notre survie. Pour que nous ne sombrions pas. Ce soir j’ai découvert que le seul être au monde qui peut me consoler, me faire penser autrement, c’est celui qui m’a fait le plus mal aussi. Toi… Nous sommes… Nous sommes un couple. Pas aux yeux des autres, mais à nos yeux. Aux yeux les plus importants. Sans toi je ne serai pas rien, je serai juste une vipère à l’ambition extraordinaire. Avec toi je suis tout, absolument tout. Courageuse et forte, ambitieuse et travailleuse, jeune et sérieuse. Mais aussi… amoureuse.

Une larme. Une unique larme tomba sur sa joue. Elle saurait arrêter les autres. Elle ne comprenait pas ce qu’elle venait de dire. Ou plutôt d’où venait tout ce qu’elle avait dit. Elle ôta sa main de sur Calintz et recueillit du bout du doigt sa larme, écho de son cœur. Elle souffrait de l’aimer, de devoir mentir autant, ainsi, et pourtant. Pourtant telle cette goutte salée tout lui semblait clair et limpide. Elle était avec lui. Avec lui et pour lui. A cet instant. Le lendemain. La semaine suivante. Pour toujours.

Elle posa le doigt portant la goutte sur la bouche de Calintz, le faisant glisser sur ses lèvres dans un signe de silence. Il ne lui fallait plus que quelques instants. Après il pourrai parler. Dire ce qu’il pensait. Ou alors se taire. Mais une fois de plus, ce silence, si silence il y avait, devrait être éternel. Car là, elle ne reviendrait pas sur ses mots. Jamais elle ne répèterai ces paroles. Trop personnelles, trop différentes, trop sensibles…


Je ne vois pas comment je pourrai te dire les choses autrement. Je veux que tu saches tout de moi, que tu sois le seul à me connaître. Et tu l’es… Quand je te regarde je ne me vois pas moi, je nous voit nous. Nous ensemble. Juste toi et moi…

Elle se tut. Silence après tant de paroles. Elle était assise, droite et fière. Sa main s’était enlevé de la bouche de Calintz pour glisser le long de son menton puis couper le contact net. Avec la fin de ses paroles il y avait eu fin du contacte. Elle attendait, haletante. Plus que jamais elle était vulnérable. Plus que jamais elle avait dit la vérité. Seule et unique fois de sa vie peut-être.
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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Jeu 1 Mai - 23:09

Etait-il possible de soigner une blessure quand la seule chose qu’on ait à disposition soit l’arme qui nous avait blessée ? Etait-il donc possible d’arrêter cette effroyable douleur que provoquait l’amour ? Pouvait-on mourir d’amour ?

Calintz écoutait. En silence. Plongé corps et âme dans un double combat. Il luttait sur deux fronts à la fois, accusant coups sur coups, n’en rendant aucun, se battant contre son passé et pour son futur. Il avait pour Eden réveillé les démons de son passé, fantômes qu’il avait pendant des années si habilement tenu loin de lui. Son histoire lui revenait avec violence, se brisant telle la tempête sur les écueils, détruisant toutes les barrières qu’il avait forgé durant des années et il souffrait. Détruit, il était lamentablement détruit. Une femme avait réussit à dissiper d’un simple baiser tout ce à quoi il avait toujours aspiré. Il avait été mauvais. Il avait incarné l’être le plus abominable qui puisse sûrement être, il avait failli donner la mort de ses mains, il avait failli détruire une vie, il avait été près de faire s’échapper le dernier souffle de celle qui lui avait donné la vie. Et il en payait maintenant le prix. Honte et frustration l’habitaient désormais. Ses démons étaient enfin lâchés. Restait maintenant à savoir qui de lui ou d’eux l’emporterait cette fois ci… Pouvait-on mourir d’amour ?

Et bien plus tard, dans le moment présent, près de ce lac étoilé, aux cotés de cette femme, il menait son deuxième combat. Un combat pour le futur. Pour leur futur. Il luttait contre les mots d’Eden, tentant de ne pas les laisser le détruire même s’ils le rongeaient déjà de l’intérieur. Lorsqu’il avait parlé de lui, lorsqu’il avait laissé échapper ce bref fragment, lorsqu’ Eden avait enfin compris pourquoi il était un Serpentard, il avait senti sa main s’échapper. Il avait senti contre sa peau cette fugace hésitation, cet éphémère rejet, ce doux glissement de deux peaux l’une contre l’autre. Il avait compris qu’il avait choqué Eden. Elle ne voulait pas voir en lui le monstre qu’il avait été. Elle le voulait doux, aimant, intègre, parfait. Ce qu’il n’était pas. Loin de là… Pourtant elle avait laissé sa main. Pourtant elle n’avait pas bougé. Choisissant leur amour à leur passé. Mais la douleur avait quand même jaillit en Calintz. Brisant ses côtés. Coupant son souffle. Fichant une pointe d’acier dans son cœur si insensible. Pouvait-on mourir d’amour ?

Comment pouvait-on être si fort quand on aimait ? Prêt à renverser des montagnes, près à se battre jusqu’à la fin, prêt à pardonner l’impardonnable, prêt à accepter l’inacceptable, prêt à faire l’impossible… Mais en même temps… Comment pouvait-on être si faible quand on aimait ? Il n’avait pu s’empêcher de poser le problème de Vastare, il n’avait pu garder ce silence si approprié, il n’avait pu être assez fort pour accepter le fait en toute confiance. Lui qui passait son chemin sans ciller devant les horreurs du monde, lui qui était si impassible, lui qu’on avait doté de l’objectivité, il retrouvait tous les maux de l’homme quand il était avec Eden. Elle aurait pu faire n’importe quoi de lui… Pouvait-on mourir d’amour ?

Puis toute angoisse s’envola en une fraction de seconde. Eden parlait. Et lorsque sa voix venait se faufiler jusqu’à ses oreilles, il n’avait d’attention que pour elle. Les yeux rivés sur sa peau blanche, sur ses yeux aux éclats d’eau, il écoutait. Tremblant sous le poids de ses mots. Des mots qui le brûlaient tant ils étaient purs, des mots qui faisaient naître en lui un bonheur sans limite, des mots qui entraînaient une reconnaissance sans borne. Des mots si beaux… Il n’existait pas de mots pour décrire un tel enchantement… Hurlant de sincérité…

Une perle nacrée naquit d’un torrent intérieur, seule rescapée et vint rouler sur le velours des joues d’Eden. Une de plus. Par sa faute. Nouvelle pointe de feu. Nouvelle douleur. Eden s’était éloignée de lui, se redressant, gardant uniquement le mélange de leur peau sur son torse. Tremblant d’amour, voulant la prendre dans ses bras, voulant parler, voulant arrêter les larmes sur son beau visage, il la vit essuyer cette perle étoilée. Puis la sentit sur ses lèvres. Le goût salé sur sa langue. Le goût de la douleur d’Eden dans sa bouche. Le goût de son amour. Pouvait-on mourir d’amour ?

Puis elle se tut. Et le quitta. Retira sa main. Effaça tout contact. Et Calintz eut froid. Il se redressa à son tour. Embrassa des yeux le visage de son aimée. Se leva. Et franchit les quelques mètres qui le séparaient du lac. Il y plongea alors son regard, tentant de se noyer dans ses profondeurs, sentant les yeux d’Eden rivés dans son dos. Puis il passa les mains sur ses yeux brûlants. Les y laissant, comme voulant effacer cet instant. Pouvait-on mourir d’amour ? Lorsque ses mains glissèrent enfin, lorsqu’elles relâchèrent leur tension, ses yeux ne se rouvrirent pas pour pourtant. Il sentait naître quelque chose en lui. Quelque chose de profond, de douloureux, comme un soulagement. Il ne comprenait pas ce que c’était. Puis elle glissa. Une larme argentée. Elle vint parcourir un trajet interminable sur sa joue, traversant sa mâchoire anguleuse avant de tomber prise par la gravité et de s’échouer dans le lac. Disparaissait à peine née.

Il ouvrit alors les yeux. Une larme. Il avait donc pleuré ? C’était donc cela ? Cette ligne de froid qui barrait votre visage avec de disparaître comme par magie ? Il n’avait jamais laissé couler ses larmes. Même quand il l’avait voulu. Jamais ses yeux n’avaient acceptés de céder à cette faiblesse. Sauf cette nuit… Cette fameuse nuit… C’était si humiliant… Pleurer comme un vulgaire homme. Les larmes d’Eden la grandissaient, la sublimaient dans la douleur. Mais les siennes… elles étaient indignes de lui…


Je comprends…

Deux mots. Offerts à la nuit. Il ne s’était pas retourné. Cherchant ses mots, il continua, laissant sa voix grave les transporter bien plus loin qu’ils ne le voulaient.

Tu sais… c’est juste que… je comprends très bien… et je suis prêt à l’accepter…mais le voir te toucher… le voir d’utiliser… le voir profiter de toi… alors qu’il n’est qu’un aveugle devant la perfection… il ne sait pas ce que tu vaux… il ne mérite pas de t’approcher… et ça me fait mal… Mais je comprends… Moi... Moi je ne veux plus toucher une autre femme que toi… Je ne le peux pas…

Des pensées décousues. Avec tant d’émotion derrière. N’arriveraient-ils donc jamais à épancher ce surplus de tristesse ? Ne pouvait-il pas s’aimer et être heureux ? Pourquoi fallait-il en passer par là ? Le regard toujours plongé dans le miroir du lac, Calintz reprenait le dessus. Petit à petit. La tristesse refluait, vaincue par une unique question. Celle qui le pousserait à vivre. Pour elle. Pour lui. Pour eux. Pouvait-on vivre d’amour ?
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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Dim 4 Mai - 11:32

Eden se détestait. Etait-ce possible ? Oui. Elle se détestait pour ce qu’elle avait lu dans le regard de Calintz. Ces nuages qui obscurcissaient son regard n’étaient que le reflet de ce qu’elle venait de dire. Elle l’avait blessé. Blessé une seconde fois. Serai-ce la seule ? Plus les minutes passaient en sa compagnie et plus elle était sûre qu’il y en aurait d’autres. Beaucoup d’autres… Elle se détestait parce qu’elle savait que ses actions seraient causes de conflit entre eux. Ses actions et son ambition. Elle allait encore lui faire du mal. Eden le savait et pourtant elle n’avait pas eu la force de partir. Elle aurait dû. Aurait pu sûrement aussi. Et pourtant. Pourtant elle était restée, sachant qu’elle était responsable de cette mélancolie, de cette tristesse qu’elle lisait dans les yeux de Calintz. Etait-elle lâche de rester ? Avait-elle choisi la solution de facilité ? Non. Peut-être…

Il était si facile pour l’Homme de parler d’amour et tellement plus difficile de le vivre. Si facile de donner des conseils et tellement plus dur de les appliquer. Elle aurait voulu lui dire d’autres choses. Lui dire que malgré tout, plus que tout, il était le seul, l’unique. Oui, elle le lui avait déjà dit. Elle venait de le dire. Mais ce n’était pas assez. Oh non, pas assez à ses yeux et sûrement pas assez aux yeux de Calintz. Il souffrait. Elle le voyait souffrir et elle ne pouvait rien faire. Non, ce n’est pas juste, elle pouvait faire quelque chose. Elle aurait pu mettre un terme à ses souffrances en faisant la chose juste. En laissant Vastare là où il était. Malheureusement cela n’allait pas arriver, du moins pas tout de suite. Elle avait trop besoin de l’alliance qu’ils formaient avec Rachel. Vraiment, avait-elle besoin de cela ? Non. Eden se cachait derrière cette raison pour ne pas admettre sa faiblesse : elle restait avec eux plus par habitude que par vrai goût. Le Triumvirat tanguait depuis quelque temps. Il tanguait lamentablement mais elle avait du mal à se séparer d’eux. Malgré les silences et les secrets. Après tout, s’étaient-ils jamais tout dit ? Sûrement que non. Pas elle du moins…

Calintz s’était levé et avait marché jusqu’au lac. Eden aurait voulu le retenir, lui prendre la main, le rassurer encore une fois. Elle n’avait jamais parlé de la sorte à qui que ce soit, même pas à elle-même et pour cela elle n’était pas sûre. Pas sûre qu’elle en ai dit assez, effrayée d’en avoir trop dit. Ses yeux dans son dos… Elle aurait voulu voir son visage à cet instant. Pour la première fois elle aurait voulu savoir exactement ce qu’il pensait. Mais elle n’entrerait pas dans son esprit. Elle n’essayerait pas de violer son cerveau pour voir ce qu’il voyait. Il fallait qu’elle soit confiante. Qu’elle croit en ce qu’ils avaient. Ils étaient plus forts que tout le reste. Ce reste qui comptait peu. Qui ne comptait pas. Enfin, qui ne comptait pas aux yeux d’Eden mais qui était pourtant la raison pour laquelle ils étaient à cet instant présent dans cette position : lui tourné vers les profondeurs du lac, elle cherchant un signe dans le dos qu’il lui présentait.

Tout était de sa faute. Eden se détestait pour ce qu’elle avait fait apparaître en Calintz. Elle était persuadée que sans elle il n’aurait jamais pu être mauvais, qu’il n’aurait jamais douté. Doutait-il ? Il disait comprendre… La blonde se redressa, prenant appuie pour se lever mais n’en faisant rien. Il avait repris la parole. La seconde de pause, d’hésitation avant qu’il ne dise ce qu’il avait sur le cœur et l’esprit n’avait pas été assez pour qu’elle réagisse. Elle aurait voulu qu’il ne dise rien. Elle aurait simplement voulu qu’ils soient ensemble dans ce silence et qu’ils ne parlent pas du monde autour. Malheureusement ce n’était pas possible. Il continuait… Il disait ces choses qu’elle savait mais ne voulait pas entendre. Un poignard dans le cœur… Image cliché mais tellement vraie une fois de plus. Eden aurait presque pu sourire à l’idée que les clichés s’avéraient être vrais.


Chut mon amour… Je sais… Tu sais, c’est atroce pour moi aussi. Ses mains… Non, il ne faut pas y penser mon amour. C’est dur… C’est beaucoup trop dur… Tu es le seul. Le seul qui compte. Tu le sais… Ne parlons plus de ça, de lui, des autres. Toi et moi…

Elle n’avait pu résister un instant de plus. Réussissant à contenir les larmes qui une fois de plus auraient voulu couler le long de ses pâles joues elle s’était glissée derrière lui et avait passé ses bras autour de son torse. Une main posée sur le cœur de Calintz elle le sentait battre vite, plus vite qu’elle ne l’avait jamais senti battre. Eden posa son menton sur l’épaule du jeune homme et regarda dans la même direction que lui. Sous sa paume les battements se faisaient plus lents, plus posés. Ses lèvres se relevèrent légèrement dans un semblant de sourire. La crise était-elle passée ?

Rien que toi et moi… Tu veux… ?
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Calintz
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MessageSujet: Re: Exister c'est agir (PV Calintz)   Mer 7 Mai - 1:29

Si une émotion pouvait tuer alors Calintz ne serait déjà plus que poussière. Son regard perdu dans les profondeurs du lac pourtant paisible, il attendait. Il attendait quelque chose dont il ignorait tout. Ne parvenant plus à réfléchir, ne parvenant plus à établir un lien direct entre deux idées distinctes, il s’était tu. Il était trop fatigué, trop triste, trop amoureux. Trois mots qui le révulsaient de par leur contenu, trois termes qui ne collaient pas avec lui mais qui pourtant l’épousaient parfaitement en cette sombre heure de la nuit. L’eau clapotait à ses pieds, en petites vagues parfaites, circulaires, comme propulsées par le battement d’un cœur régulier, paisible, attendri. Comme son cœur. Puis quand un souffle de vent venait effleurer la surface du lac, le caressant, les vaguelettes venaient frapper l’herbe avec force, complètement affolées, comme un cœur amoureux lorsqu’il apercevait celle qui le faisait vibrer… Comme son cœur quand Eden vint poser ses mains sur lui.

La peau de la jeune Serpentarde vint effleurer son dos, glissant le long de ses côtes, faisant vibrer son cœur comme le vent embrassait le lac, laissant ce frisson si agréable lui parcourir l’échine. Il résista à l’envie de se retourner, d’entourer ce corps si frêle de ses bras protecteurs, de poser ses lèvres dans le creux de son cou, de sentir encore et toujours cette odeur caractéristique qui émanait de cette femme. Oui il résista à l’amour. Il n’avait pas la force. Il était littéralement vidé. Honteux. Et profondément heureux. Les mains d’Eden virent se joindre au niveau de son nombril, et il se retrouva pris au piège de ses bras. Après lui avoir volé son coeur et son âme, elle lui volait maintenant son corps. Pour son plus grand plaisir.

La voix d’Eden vint alors encore frapper ses oreilles, tendant tout son corps dans le plaisir de l’entendre, et les mots qu’elle laissa échapper firent céder une digue quelque part dans son cœur. Un bref frisson tout d’abord, puis une vague d’émotion qui balaya tout trace d’appréhension.

Mon amour… Quand tu m'appelles comme ça... Toi et moi… Uniquement. Tu veux ? Si tu savais comme je le veux…

Les mots d’Eden étaient une supplication, un vœu pieu, un désir profond de le voir renaître, de le voir lui revenir. De voir disparaître la mélancolie de ses yeux. Et Calintz céda à sa demande. Se détournant de l’eau claire, il fit face à Eden, plongeant son regard clair dans les lueurs du sien, effleurant de nouveau sa peau, la serrant contre sa poitrine, mettant un point final sur la crise de cette nuit. Son visage se baissa sur celui de la jolie blonde, ses lèvres trouvèrent le contact de celles d’Eden, elles s’écartèrent puis mieux se mêler de nouveau. Encore et encore. Leur baiser fut long, répété, les mains d’Eden se crispèrent dans son dos, le frisson tant attendu revint hanter son échine, mais il fut offert comme un serment. Intrahissable. Lorsque enfin, ils relâchèrent leur étreinte pour pouvoir respirer, Calintz fit courir sa main dans le dos d’Eden, braquant les yeux de son amante sur lui, puis laissa échapper les mots qu’elle désespérait d’entendre.


Oui je le veux… Toi et moi… Et notre amour…

Il libéra la jeune fille de ses bras, attrapa sa main, et la guida sans un mot. Car tout avait été dit. Tout autre son serait superflu, inutile, ternirait l’éclat de tous les autres, ne serait que futilité à leurs oreilles. Il l’entraîna alors un peu plus loin, sous le couvert des arbres, fit apparaître d’un simple mouvement de baguette une douce étoffe sur l’herbe et invita Eden à s’y installer. Allongé sur le dos, le visage offert à la lune, Eden blottie contre lui, Calintz sourit. Ils avaient fait le bon choix. Ils avaient trouvés le chemin à suivre. Pour cette nuit. Pour demain. Pour toujours. Laissant Eden s’endormir doucement, il laissa ses pensées fuser, son regard se perdre dans l’éclat des étoiles, dans le noir de la nuit.

Parce que sans toi, je ne sais plus trouver ma route,
Parce que sans toi, je n’entends plus mon cœur battre,
Parce que sans toi, je ne sais plus d’où je viens,
Parce que sans toi, je ne sais plus où je vais,
Parce que sans toi, rien n’a plus de sens,
Parce que sans toi, rien n’a plus de saveur,


Parce que je t’aime…

Un sourire qui naît, un soupir qui s’envole, des yeux qui se ferment, la fatigue qui prend enfin le dessus.

Parce que quand Poudlard se lèvera demain, nous serons déjà loin…



"L'amour n'est qu'un feu à transmettre, le feu n'est qu'un amour à prendre..."
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Exister c'est agir (PV Calintz)
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